LIVRE XIV
dans la direction de Vitry, le mouvement de l'armée française. Le général comte de Wrede et le prince royal de Wurtemberg, formant l’avant-garde avec les Wurlctn-r bergcois et les Bavarois , cherchèrent en vain à intercepter la marche de l’arrière-garde de Napoléon. Leurs troupes légèr(« volligeoient sur les flancs pour éclairer et balayer le pays. Le lendemain , dans la matinée , la division de cavalerie ru^e , sous les ordres du général comte Ozarowski, se dirigeant de Metiercelinà Sommepuis, atteignit une partie de rartilleric du maréchal duc de Tareute , qui filoit à la suite de son corps d’armée. Le convoi consistoit en '\’ingt-deux pièces de canon, plusieurs caissons et soixante voitures de bagages : il fut attaqué, et tout fut pris , ainsi que cinq cents hommes d’escorte. Cen'étoil là qu’une affaire de partisans; mais elle fut conduite avec tant de célérité et de bonheur, qu’elle eut sur le sort de la campagne une influence prodigieuse. A la suite de différentes charges, la cavalerie légère russe prit un courrier français , porteur d’une lettre de Napoléon à l’impératrice Marie-Louise, dans laquelle il devoiloit lui-méme l’objet de son mouvement sur Saint-Dizier.
i34 CAMPAGNE DE 1814.
Il fut aussi constaté, par ces mémos rencontres , que les corps des maréchaux Ney et Macdonald, restés en arrière près de Yitry , étoient en échelons pour joindre Buonaparte , et couvrir sa marche vers Saint -Dizier et au-delà.
Enfin le même jour; les cosaques interceptèrent un courrier expédié de Paris à Napoléon, par son ministre de la guerre , et dont les dépêches contenoient la nouvelle officielle de la descente de dix mille Anglais à Livourne; de l'entrée des Autrichiens à Lyon ; de la situation critique de l’armée du maréchal Augereau ; de l’occupation de Bordeaux par des troupes anglaises , et du dessein qu’on supposoit à Wellington de s’avancer le long de la Garonne, pour lier ensuite ses opérations à celle."* du général autrichien Bianchi. A ces dépêches , étoit joint un rapport du ministre de la police , sur le mauvais esprit public de Paris, et sur la crainte d’y voir éclater des troubles à la moindre apparition des alliés.
Il étoit pressant de délibérer sur le contenu de ces papiers , et sur la découverte des intentions de Napoléon , afin de prendre , sans délai, une détermination décisive. En conséquence , dans la nuit même du 23 au 24