‹ Histoire des CampagnesChapitre 66 sur 267 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

complot tendant à égorger la foiblc' garnison bavaroise , à se porter aussitôt sur Huningue, pour attaqticr les assiégcans , encloucr leurs canons , brûler le pont de Baie, et piller cette ville. Les ramifications de cette trame s’étendoient à plus de quarante paroisses : une femme l’avoit révélée , dans la seule intention d’empécher son mari , l’un des complice.^, de se compromettre. Les perquisitions les plus sévères pour le désarmement des paysans , avoient fait découvrir beaucoup d’armes , et quinze cents fusils cachés dans une seule maison. Ces dispositions hostiles étoient de nature à inspirer de l’inquiétude aux souverains alliés. Ils ne se dissimulèrent pas qu’ils ne pouvoient, sans danger, laisser man«]euvr€rsur leurs communications une armée aussi mobile , et conduite par un chef si entreprenant.

•*VAu moindre revers la population entière de.s provinces envahies pou voit se lever , couper les ponts et les routes , attaquer les convois , brûler les magasins , harceler et affamer les ennemis; en un mot, transformer la guerre en insurrection nationale , et répondre ainsi aux provocations et aux efforts de Napoléon. Paris , cette ville immense et populeuse , n’étcsit-elle pas en état de guerre , et disposée

pour une défense sérieuse? Presque tous les rapports secrets s’accordoient sur ce point ; les journaux, les proclamations et les bulletins ctoient unanimes. La postérité pourra-t-elle le croire? Non-seulement la nation Trançaise , mais les princes et les généraux alliés se laissoient abuser par le style et le ton des journalistes , qui tenoient la plume sous Tinfluence de la police de Buonaparte !

Quinze jours encore d’indécisions , d’impostures et de manœuvres pouvoient porteries coalisés à se replier sur le Uhin pour éviter une guerre de désespoir; mais le ciel alloit présider lui-même au dénoùment de ce grand drame.

Le seul parti qui pût terminer la crise, étoit d’entrer dans Paris avec des forces imposantes. Sans doute les alliés pouvoient y pénétrer .sous un point de vue militaire , et à la faveur de certaines circonstances ; mais aussi les suites les plus funestes n’auroient pas manqué de signaler ce mode violent d’occupation. Napo- •léon se plaçoit-il entre les alliés et Paris? En admettant même la perte d’une bataille , il auroit défendu sa capitale avec fureur, et alors les alliés ne pouvoient plus s’en emparer qu’en la rendant le théâtre de la misère et de la dcr

Page 1