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LIVRE XIV. iSg

Ssolation. Mais par .sa marche surSaint-Dizier, laissant la route libre, Napoléon ofFroit aux alliés l'occasion la plus heureuse , ou au moins la possibilité d’entrer à Paris en libérateurs et en amis. Tel étoit le point décisif ; telle fut la résolution magnifique et hardie qu'adopta immédiatement l’empereur Alexandre , de concert avec le roi de Prusse , le prince de Schwartzenherg , ses ministres et ses généraux. Une fatalité irrésistible venoit d’entraîner IBuonaparte loin de la capitale qu’il vouoit à la destruction , et une sorte d’inspiration alloit y amener Alexandre.

Depuis la rupture des conférences de Châtillon , depuis que toute perspective de paix s’étoit évanouie , le czar avoit reçu , du sein de Paris même la première communication lan peu authentique sur la situation réelle de cette capitale sous le point de vue politique et militaire. Il savoit , à n’en plus douter, que le gouvernement de Buonaparte étoit divisé en deux partis : l’un composé d’hommes décidés à tout sacrifier , à consommer la ruine de la France , pour le maintien d’une puissance tyrannique , seule égide contre le mépris public qui les accabloit ; l’autre parti , plus nombreux , plus diversifié , détestoit en

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secret celte exécrable domination , et n’y tc^ noit plus que par l’empire de la nécessite. Il sentoit que l’humanité en réclamoit la chute pour le repos de la' France et la sécurité de l’Europe. A la tête de ces nombreux mécontcns se plaçoit l’homme d’Etat célèbre qui avoit expié les services que ses talens avoicnt rendus au dominateur dans le début de sa haute carrière , par la désapprobation franche de tout ce que la conduite de Buonaparte avoit offert depuis d’extravagant et d’horrible , notamment l’énorme crime de la guerre d’Espagne. Aucun point d’appui cependant , au-‘ cune ancre de salut n’avoicnt encore été offerts à ce parti puissant qui ne se montroit pas insensible aux vues et à l’espoir des royalistes. La déclaration par laquelle l’empereur Alexandre fit conncnti-e que les puissances alliées n'étoientpas dans l’intention d’intervenir dans la détermination que le peuple français pourroit prendre relativement au choix de son gouvernement , lui présenta une garantie solennelle , et donna aux esprits une impulsion qu’aucune autre circonstance n’auroit pu produire. Sûrs que Paris et le gouvernement même renfermoient des mécontens ; que la population de cette capitale n’étoit nullc-

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