LIVRE XIV. i4x
tnent disposée k prendre les armes , et à touC sacrifier pour Ja cause d’un chef universellement abhorré , les monarques confédérés décidèrent que la totalité des deux armées alliées marcheroit en hâte sur Paris.
La masse de ses habitans néanmoins étoit toujours abusée par les relations mensongères des journalistes ; par l’annonce de prétendus avantages et de savantes manœuvres , qui répandoient une sorte de sécurité factice ; en un mot , les Parisiens étoient persuadés que Napoléon tenoit l’ennemi en échec loin de la capitale.
Ils n’avoient plus d’autre boussole que les articles des journaux commandés par la police , et sortis de l’atelier de l’esprit public. « C’est y> à l’histoire militaire , disoient les jooma- >» listes, qu’il appartient d'exposer l’ensemble » des savantes manœu^TCs par lesquelles l’em- »> pereur a déjoué de nouveau les projets des » deux armées ennemies qui paroissoient vou- » loir se réunir sous les murs de la capitale. » Depuis son départ de Troyes le 27 février, » jusqu’au 20 mars , Napoléon a parcouru une » ligne de cent vingt lieues dans divers sens',
et s’est trouvé présent à sept combats. L'en- » nemi a été repoussé à cinquante lieues de
•i4a CAMPAGNE DE i8i4.
O» Paris , dans les deux directions de Mézière^ J» et de Bar-sur-Aube. »
Mais ces hommages de l’adulation expirante n’étoient , aux yeux de la classe éclairée et honnête , que le signal de la détresse. On s’attendoit à des événemens qui dévoient décider la crise sous peu de jours. On savoit que Napoléon étoit venu, comme à l’attaque de Laon , se briser à Arcis ; on savoit qu’il y, avoit couru des dangers personnels, et l’on citoit cette phrase d'une de ses lettres à Marie- Louise : « J’ai été en péril , et obligé de tirer » mes pistolets. »,On savoit également , par une lettre du secrétaire d’Etat, qu’à l’imitation de Napoléon, toute sa suite avoit mis l’épée à la main. A ces nouvelles si tristes pour la cour, venoient se joindre des bruits plus alarmans encore , et plus avérés, tels que la .révolution de Bordeaux , et la prise de Lyon parles Autrichiens. Voici comment cette ville avoit succombé.
Les renforts conduits par le général Blanchi s’étoient d’abord dirigés vers Dijon ; de là vers la Saône et Mâcon, pour reprendre l’offensive , en combinant leur mouvement avec la marche du corps du prince héréditaire de Hesse-Hombourg , formant la réserve autri-