LIVRE XIV
chienne. Le maréchal Augereau, que des forces supérieures environnoient déjà , se vit conti'aint d'abandonner ses opérations offensives en Franche-Comté , et de se borner à défendre la ligne de la Saône. L'ennemi, qui s’étoit emparé de Mâcon, s'y fortiiioit; il éloit couvert par une tête de pont , et pouvoit mettre en ligne sur ce point quinze mille hommes , dont huit régimens d'infanterie hongroise , et quarante bouches à feu. De l'autre côté de la Saône , il alloit- être soutenu par le corps du général Hardegg et la brigade iVieland.
Le général Meusnier, qui de Lons-le Saulnier s’étoit replié vers la Saône pour se réunir au maréchal Augereau , attaqua les Autrichiens à Mâcon sans se faire éclairer, et donna dans une batterie masquée, établie dans un jardin anglais à la porte même de la ville : il fut repoussé avec perte. Le maréchal Augereau , revenu lui-même en toute hâte sur Lyon , réunit à Villefranche le gros de scs forces composées de dix à douze mille hommes de troupes excellentes , parmi lesquelles figuroient le treizième régiment de cuirassiers cl le quatrième de hussards. Le maréchal avoil laissé à Bourg le général Burdet avec trois à
Digiliz.- C^."iOgle
i44 CAMPAGNE DE 1814.
quatre mille conscrits et quelques troupes de ligne, et ayant déjà devant lui huit à dix mille Hongrois : aussi se replia- 1 -il bientôt sur Maximieux ; là il reçut ordre de pi-endre position à Miribel.
Déjà le général Blanchi , après avoir poussé ses avant-postes jusqu'à Saint-Georges , avoit joint le 1 4 mars, à Bage-le-Châtcl , le prince de Hesse-Hombourg , qui prit le commandement en chef de l’armée autrichienne du sud. Il se porta immédiatement sur trois colonnes pour livrer bataille à Villefranche au maréchal Augereau , et attaquant d’abord , dans sa marche , le général Gudin (i) à Belleville , força ce général de se replier sur Villefranche où il opéra sa jonction avec le reste de l’armée. L’ennemi formoit déjà une ligne étendue qui se prolongcoit par sa gauche sur les montagnes du Beaujolais. Le 16 mars , les deux armées bivouaquèrent en présence. Le lendemain., les Français furent attaqués sur tous les points ; un combat très-vif s’engagea ; l’ennemi fut contenu pendant plusieurs heures ; mais il fallut céder à la supériorité de sa
(i) Frère du f>éné'al de divi.sion Gudin, tué à la bataille de Boredino ou de la ftloskowa. ■-