‹ Histoire des CampagnesChapitre 71 sur 267 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

tanon à Tennemi , lui fait neuf cents prisonniers, et pare ainsi au danger d'une trop vive . poursuite et d’une retraite en désordre.

L’armée française , si inférieure en nombre, soutint ce combat inégal en débordant par sa droite toute la gauche de l’ennemi , et s’emparant ainsi de la route de Lyon à Saint- Etienne.

Ces différentes actions commencées à Limonet , ne finirent qu’aux portes de Lyon et à la nuit. Les deux armées avoient montré beaucoup de valeur; mais l’ennemi , à la faveur de sa supériorité numérique , pouvoit entrer à Lyon en vainqueur, et user de tous ses droits. La consternation et le découragement régnoient dans la ville : les blessés y refluoient ; on y étoit partout dans l’agitation et dans le trouble.

Les administrations s’étant assemblées le soir même pour aviser aux moyens de soustraire Lyon aux dangers qui le menaçoient , le maréchal prit séance au milieu des autorités ; il ne leur dissimula rien de la gravité des conjonctures , leur fit connoître au juste la situation respective des deux armées , déclarant que Lyon ne pouvoit être défendu sans être exposé à tous les désastres d’une ville prise

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d'assaut. La re traite fut décidée ; elle s’effectua dans la nuit même par le pont de la Guiliolière , l’armée se portant sur Vienne. Les généraux Barbet et Digeon formèrent l’arrièregarde , le général Barbet ayant rejoint l’armée par le pont Morand.

Le comte de Bondy , pi-éfet du Rhône , qui , pendant celte pénible et douloureuse campagne , avoit concouru à maintenir l'ordre dans Lyon , et pourvu aux immenses besoins des habitans et de l’armée , laissa au maire une instruction à l’effet . de réclamer une capitulation favorable. M. de Fargues, commissaire de la municipalité , se rendit au quartier - général autrichien , et là il obtint sans peine que la sûreté publique seroit garantie et respectée , et que la garde nationale lyonnaise feroit concurremment le sei^'ice avec la garnison. Mais, dans les campagnes environnantes , un corps de partisans , formé sous la conduite de M. de Damas, attira sur plusieurs communes la vengeance des alliés.

Le prince de Hesse-Hombourg et le général Bianchi firent une entrée pacifique à Lyon. Trompés , comme les Parisiens , sur le nombre des ennemis , les Lyonnais virent défiler avec surprise cinquante mille autrichiens dans leurs

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