LIVRE XV
Jonction des armées alliées entre l’Aube et la Marne. — < Retraite des maréchaux Marmont et Mortier sur Paris-
— Combat de Fère-Champenoise. — Prise d un convoi et de cinq mille bammes destinés pour l’armée de Napoléon. — Marche des alliés sur Paris. — Passage de la Marne à Meaux — Mouvement de Napoléon vers Saint-Diiier et Doulevant. — Il croit la grande armée sur ses traces.
— Contre-marche sur Vitry et Saint- Diiier. Combat de Saint-Dizier ; la cavalerie russe est dispersée et mise en fuite. — Napoléon apprend enfin la marche des alliés sur la capitale. — 11 se dirige sur V'andœuvres et Troyes, par la traverse , et envoie intercéder auprès de l’empereur d’Autriche.
En partant de la rive.' droite de l’Aube , les monarques allie's , pour mieux masquer leur dessein , avoient mis les austro-russes en monrement dans la direction de Vitry, où le prince de Schwartzenberg, par deux marches forcées de dix-huit èt de douze lieues , parut avec le gros de son armée.
Par une singularité remarquable, au moment meme où Napoléon portoit le z3 mars
i5a CAMPAGNE DE 1814.
son quartier- général à Lonchamps, dans la maison de M. Duplessis , sur la route de Vitry à Saint-Dizier , l’empereur Alexandre' établissoit le sien chez ce meme M. Duplessis à Vitryle-Français,
L’empereur d’Autriche , abandonnant au czar et au roi de Prusse la direction des événemens qui alloient décider du sort de Napoléon , prit séparément la route de Bar-sur- Aube , de Châtillon- sur -Seine et de Dijon, avec sa garde et un corps de Wurtembergeois.
Au même moment, le prince de Schwartzenberg forma , sur la ligne de Bar-sur-Aube , un corps intermédiaire dont il donna le commandement au général Duca , chargé de protéger le quartier-général de l’empereur d’Autriche , ses magasins , ses bagages et ses parcs de réserve, et, au besoin, de les transporter à l’armée de Lyon. Le général Duca.devoit assurer aussi les communications de la grande armée , tandis qu’elle presserait sa marche vers la capitale.
Rien ne manquoit plus au complément de cette grande entreprise , c|ue la joncti on de l’armée du maréchal Blucher. Les souverains alliés reçurent avec joie l'avis certain que le feld-maréchal venoit d’arriver, avec une grande
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