LIVRE XV
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cqce. Cette circonstance cxtraordinai^ influa sur les destinées de la France , en faisant disparoître pour les allies une grande partie des obstacles et des fatigues d’une campagne entreprise au cœur de 1 hiver.
Cependant il ne l'estoit plus , entre Paris et la grande armée austro-russe, que les deux foibles divisions des maréchaux Marmont et Mortier , qui , réunies , ne s’élevoiciit qu’à douze mille honunes.î^apoléon , après le combat de Reims , les avoit laissées sur l’Aisne , pour contenir l’armée de Silésie. Mais que pouvoient douze mille combattans contre plus de quatre-vingt mille ? L’armée combinée , forçant tous les passages , avoit contraint les deux maréchaux à se replier sur la Marne. Leurs instructions portoient de couvrir la capitale , et s’étant d’abord retirés sur Fismes, ils avoient adopté un système d’opération qui , sans compromettre leurs forces , devoit retarder la marche de l’ennemi : tous deux étoient résolus de prendre successivement de fortes positions , qu’on ne pût attaquer sans les avoir tournées ou reconnues. Mais de nouveaux ordres leur prescrivirent bientôt de se diriger, à marches forcées , sur Châloüs, poiu* joindre l'année de Buonapartc. C’étoit au moment*
même il s'abandonnoit h l'illusion trom^ pcuse que ses mouveincns sur les communications de rcnncmi forccroient enfin les alliés à effectuer leur retraite. Les deux maréchaux prirent à l’instant la direction de Vertus et de Soudé , croyant joindre plus sûrement Napoléon. Arrivés à Vertus , ils sont informés que la plus grande partie de l’armée combinée occupe Cliàlons , tandis que de fortes colonnes débouchent par Epernay, et que le corps de Kleist, qui avoit suivi de près les deux maréchaux , passoitla Marne à Château-Thierry. Ils apprennent en même temps que Napoléon est devant Vitry , et son arrière-garde à Sommesous ; ils y marchent à l’instant même , et prennent position , le 24 , à la naissance de deux ruisseaux qui forment la rivière de Soudé.Tou tefois on néglige d’occuper les hauteurs , dans la persuasion qu’on ne peut rencontrer d’autre armée que celle de Buonaparte. Qui auroit pu croire , en effet, qu’il eût laissé entre Paris et lui des forces dix fois plus considérables 'que celles dont il pouvoit disposer? Au lieu de trouver l’armée française , les deux maréchaux tombent, le lendemain, dans l’avant-garde du prince royal de Wurtemberg. Quelle dut être leur surprise en se voyant si près de la grande-
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