‹ Histoire des CampagnesChapitre 76 sur 267 · LIVRE XV. i · texte numérisé non relu

LIVRE XV. i

armée alliée , au moment même où ils s'attendoient à trouver celle de Buonapsirtc ! Apercevant un corps d’armée considérable qui marchoit en avant, les deux divisions françaises eurent à peine le temps de songer à la retraite. On canonna pourtant l’ennemi , et les colonnes se seroient repliées en bon ordre si , arrivées à Sommesous , elles ne s’y fussent arrêtées pour rallier quelques troupes restées en arrière à Bussy-l’Estrée et à Vatry. Là il fallut tenir contre des forces colossales, dont le nombre croîssoit toujours. En vain essaya-t-on de faire volte-face ; on fut accablé et vivement poursuivi jusqu’à Corantray et à Fère-Champenoise , par la cavalerie du quatrième et du sixième corps, sous les ordres du général Rayefsky. Dans plusieurs charges ce général prit lui grand nombre de caissons et de chariots de bagages. En même temps la cavalerie légère des gardes russes , commandée par le grand-duc Constantin en personne , débordoit , sui^ la gauche , les- colonnes en retraite, chargeant d’ahord les cuirassiers, puis les masses d'infanterie, que les cavaliers wurtemhergcois et les cuirassiers autrichiens vinrent assaillir d’un autre côté. Exposés dans presque toutes les directions au choc d’une

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cavalerie si nombreuse, les bataillons français laissèrent un grand nombre de tués et de blessés sur le champ de bataille , et perdirent , au passage des défilés , dix pièces de canon et près de mille soldats faits prisonniers de guerre. Les deux maréchaux poursuivis ainsi jusqu'à Sézanne , abandonnèrent encore vingt pièces de canon qu’il fut impossible de sauver; la frayeur s’étant emparée des conducteurs et des soldats du train , ils coupoient les traits , fuyoient à cheval, et laissoient là les pièces. Les troupes terminèrent cette journée malheureuse en prenant position sur les hauteurs d’Allement, près de Sézanne.

La cavalerie seule avoit pris part à leur poursuite, tandis que la masse de la grande armée alliée filoit sur Fère-Champenoise , où fut établi aussitôt le quartier-général. A peine les monarques et le généralissime venoient-ils d’y arriver , qu’on entendit sur la droite une assez forte canonnade ; c’étoit le canon autrichien qui , par méprise , tiroit contre le canon prussien. Bientôt on aperçut un corps de cavalerie qui marchoit droit au quartier-général. On crut voir d’abord des Français qui débouchoient inopinément; et l’empereur de Russie, accompagné du roi de Prusse , ordonna à un

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