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train d’artillerie de se placer en position. Mais on ne tarda pas à reconnoître que ces troupes ■ appartenoient à l'armée du maréchal Blucher. Dès lors , la jonction des deux armées fut effectuée entre l’Aube et la Marne. Un avantage brillant et imprévu alloit marquer cette réunion , prélude d’événemens si mémorables.
Paris avoit vu sortir de soji sein une colonne detachee, forte de cinq mille hommes, sous les ordres des généraux Amey et Pactod escortant un immense convoi de munitions , et cent mille rations de pain pour l’armée de Buonaparte. Ce convoi étoit par lui-même , et par le nombre de troupes qui le suivoit , d’une extrême importance. II s’étoit avancé des environs de Montmirel pour joindre Napoléon ; mais par sa direction même , il ne pouvoit plus échapper aux deux armées alliées, alors si près l’une de l’autre.
Il fut d’abord aperçu par la cavalerie du maréchal Blucher , ou plutôt ce fut le capitaine ^arris , aide-de-camp du lieutenant-général Stewart, commissaire anglais, qui , allant à la découverte avec quelques cosaques , donna au feldrmaréchal le premier avis de la marche et de la position du convoi. Le mare-' chai détacha à l’instant les généraux de cava-
i6o CAMPAGNE DE 1814.
lerie Korff et BasilischikofT pour l’attaquer.'
A la vue de l’ennemi , la colonne et le convoi se replièrent sur Fère - Champenoise , au moment où arrivoit sur ce point , par la route de Vitry , la cavalerie de la grande armée austro-russe. Informé de cette rencontre , le prince de Schwartzenberg fait revenir en hâte une partie de la cavalerie qui poursuivoit les maréchaux Mortier et Marmont ; en même > temps l'empereur Alexandre ordonne lui' même de faire avancer les canons russes. Pressés et chargés de tous côtés par des troupes sous les ordres immédiats des souverains alliés ■' et du généralissime, les Français , ne consul- ■ tant que leur courage , et sans compter l’enîiemi , se forment en plusieurs carrés , et se • disposent à la plus opiniâtre résistance. Leurs colonnes n’étoient composées néanmoins que de jeunes soldats et de gardes nationales; . mais rien ne put intimider ces militaires encore novices. Les carrés continuent leurmarche en faisant feu , bravant les charges de : la cavalerie , rejetant les sommations réitérées des parlementaires russes, et refusant toujours, de mettre bas les armes, malgré les plus vives attaques. £n vain le colonel Rapatel , , le même qui avoit recueilli les dernières pa->