LIVRE XV. i6i
ï-eîes, èlreçu les derniers soupirs du gi^ncral Moreau , s’avança seul pour faire cesser la lutte inutile de cette brave troupe , qui , entourée et désespérant de vaincre , vouloit au moins mourir avec gloire. « Mes amis . mes rompa- » triotes, leur crie le colonel, cessez de com- » battre; vous avez acquis l’honneur; Alexandre » vous rendra sur-le-champ la liberté. » A peine il achève , que , frappé de deux balles , il tombe et meurt, honoté des regrets de l’armée , et de l’empereur de Russie dont il étoit devenu l’aide-dc-camp.
L’artillerie seule put ' vaincre la résistance de ces braves , qui lultoient contre toute une armée. Des batteries ouvrent leur feu , et entament les carrés; des charges simultanées de cavalerie achèvent de les rompre et d’y porter la mort et le désordre : il fallut céder. Les généraux de division Amey et Pactod , cinq généraux de brigade , douze pièces de canon , quatre mille huit cents hommes d’infanterie, et le convoi entier, tombèrent au pouvoir des deux armées confédérées et réunies.
Les prisonniers «léfilèrent devant l’empereur Alexandre , qui daigna leur adresser des pa* rôles de bonté et de consolation. Plusieurs gardes nalioivaux et plusieurs conscrits, indi-