‹ Histoire des CampagnesChapitre 81 sur 267 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

iGS

et Soissons, et que , dès le 26 , elle combattoit à la Ferté-Gaucher, après une marche de vingtsix lieues , on est entièrement convaincu qu’il n’est aucun effort physique qui puisse jamais surpasser ceux qu’a produits, de part et d’autre, la crise sans exemple dont nous retraçons l’histoire.

Dans la nuit du 26 au 27 , le général Woronzow surprit près de la Ferté-sous-Jouarre un corps français au bivouac , et le fit prisonnier. De Mcilleret , où la grande armée avoit pris position le 26 , elle continua sa marche sans interruption , et dès le 27 le quartier-général fut établi à Coulommiers , les Austro- Russes ayant fait ainsi vingt-sept lieues en trois marches, et ne se trouvant plus qu’à treize lieues de la capitale. Le même jour, le maréchal Blucher porta son quartier-général à la Ferté-sous-Jouarre, avec le projet d’y passer la Marne le lendemain, tandis que la grande armée la passeroit à Lagny. L’intention des souverains alliés étoit de concentrer la totalité de leurs forces sur la rive droite de la Marne et de la Seine pour attaquer Paris au nord , en prenant position dans la plaine de Saint - Denis devant les hauteurs de Montmartre.

iGG CAMPAGNE DE i8i4.

De quel étonnement ne furent pas frappé# les habitans de la Brie en voyant défiler dans un ordre admirable ces masses prodigieuses» ces armées immenses qu’on leur avoit représentées comme étant en déroute , en fuite , et n’offrant plus que des débris ! rîr ri

Le 28 mars , elles continuèrent leur marche sur Meaux par les deux routes de la Ferté- Gaucher et de Montmirel. Dix mille hommes de gardes nationales, mélées à quelques troupes de ligne, essayèrent, entre la Ferté-sous- Jouarre et Meaux , de tenir tête à l’armée de Silésie : tentative inutile. Le général Hom les attaqua brusquement; et, se mettant à la tête de quelques escadrons , il perça dans une masse d’infanterie , et fit le général français sonnier.

' Le même jour, une partie du corps d'armée du maréchal Mortier, sous les ordres du général Vincent , traversa la ville de Meaux rompit le pont en se retirant , et retarda ainsi la marche des alliés. L’évacuation de Meaux fut marquée par l’épouvantable explosion d'un immense magagin à poudre que les troupes en retraite firent sauter sans en donner le moindre avis aux habitans. La commotion fut telle , qu’ils se crurent à la veille d’être ense-

tiuiîi^ed by CjOO^It-

Page 1