‹ Histoire des CampagnesChapitre 82 sur 267 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

velis sous les ruines de la ville ; toutes les fenêtres , sans exception , furent réduites en atomes ; toutes les maisons furent endommagées , ainsi que la cathédrale , édifice remarquable par sa structure , ses ornemens , et surtout par le chœur , chef-d’œuvre d’architecture.

• Les alliés avoicnt déjà jeté sur la Marne plusieurs ponts , afin de filer sur la rive droite en plusieurs colonnes. Le passage fut disputé à Tréport. Toutefois , malgré le feu des Fran-; çais, le pont fut bientôt achevé, et l’armée de Silésie passa tout entière.

Ainsi , dès le 28 mars , quatre jours après le mouvement de Vitry, les souverains alliés se voyoient transportés aux environs de Paris sans qu’aucun obstacle , aucune force imposante pussent leur en interdire les approches. Cet avantage décisif , ils le dévoient à la célérité de leur manœuvre, et à la vigueur de leur résolution , qui leur avoient fait gagner quatre marches sur l’armée française et sur Napoléon en personne.

Voyons maintenant par quel esprit de vertige ce conquérant déchu , mais toujours si actif, si redoutable., se laissa enlever sa capi- > taie sans en concevoir le moindre soupçon.

i68 CAMPAGNE DE i8i4.

An moment même où les alliés commençoient leur rapide mouvement , il montroit aux yeux de son armée cette confiance hypocrite et insultante avec laquelle il s’étoit si souvent joué des nations. « On a parlé de paix ,

» disoit- il, mais je ne traite point avec des » prisonniers ; » car flejà il regardoit les armées alliées comme coupées et enfermées au cœur de la France. Le sort de Paris, abandonné pour ainsi dire à lui-méme , ne lui avoit inspiré qu’une légère sollicitude , accoutumé, comme il l’étoit, de tout rapporter à sa personne. En effet , il sé voyoit au milieu d’une armée fidèle , intrépide , infatigable , qui avoit remporté plus de victoires qu’elle n’avoit éprouvé de revers , et dont les succès , dans une campagne si pénible , rehaussoient encore la gloire. En s’efforçant de changer le théâtre de la guerre pour frapper un coup décisif, il n’entrevit d’autre danger pour sa capitale , que d’etre insultée momentanément par quelques corps détachés de l’armée de Silésie , jusqu’à ce que la renommée de son mouvement sur les communications de la grande armée forçât toutes les troupes ennemies de rétrograder vers le Rhin.

Persuadé que tel seroit le résultat de ses

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