‹ Histoire des CampagnesChapitre 88 sur 267 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

L’armée française arriva sur le terrain le même jour 26 , et trouva tout le corps de ^ iWenzingerode en bataille sur la rive droite de la Marne, occupant la route de Saint- Dizier à Vitry. Napoléon fit attaquer aussitô.t Saint-Dizier par le maréchal Oudinot ; et , passant en personne la Marne au gué de Valcoui , a la tête de sa cavalerie d'elite , il renforça sa gauche dans l’intention de tomber sur l’extrême droite de l’ennemi , et de le refouler sur Saint-Dizier. La cavalerie de Wenzingcrode formoit un rideau très-étendu qui trompa le coup d’œil de Buonaparte. Cependant les dragons , les chasseurs et les lanciers de la garde , commandés par le général Sébastiani , firent plusieurs charges brillantes , secondés par des corps de cavalerie , arrivés récemment de l’armée d’Espagne , et qui brûloient de se signaler. Le terrain fut d’abord disputé , mais la cavalerie ennemie fit bientôt sa retraite en désordre dans la direction de Bar-sur-Ornain , laissant les prés et les bois jonchés de morts ; quelques fuyards seulement prirent la route de Vitry. La cavalerie française victorieuse fit un grand nombre de prisonniers , et ramena- quatre ou cinq i pièces de canon , montrant de l’ardeur dan.s

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cette rencontre , glorieuse sans doute , maii qui n’étoit d’aucune importance pour l’état général de la guerre. Personne dans l’armée «e doutoit plus qu’au moment où l’on poursuivoit un corps isolé , la masse des forces de la coalition ne fût aux portes de Paris , et peut-être même dans les murs de cette capitale. Mais, toujours dans l’aveuglement, Napoléon ne paroissoit occupé que de l’avantage qu’il venoitde remporter sur la cavalerie russe dont les chefs prolongeoient leur fuite en désordre , pour l’attirer et l’éloigner encore davantage du siège de sa puissance.

On eût dit que , satisfait de ce succès brillant; il oublioit à la fois Paris , ses ennemis et la France , à l’exception des seuls points qu’il occupoit. Il s’applaudissoit surtout de manœuvrer sur les derrières de la grande armée austro-russe; il se voyoit en possession de Saint-Dizier , de Joinville , de Montierender, de Brienne ; maître aussi de Chaumont , poussant ses patrouilles jusqu à Langres , se trouvant en communication avecTroyes ; il voyoit que de tous côtés on ramenoit des prisonniers , des bagages , on interceptoit des courriers , et il jugeoit impossible que l’ennemi pût résister à l’ascendant d’une telle manœuvre : il

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