‹ Histoire des CampagnesChapitre 89 sur 267 · LIVRE XV. i8i · texte numérisé non relu

LIVRE XV. i8i

(étoit persuadé qu’il se hâteroit de fuir pour enter son entière ruine; car ce qu’il soupçonnoit le moins , c'est qu'il marchât vers la capitale , ne croyant pas les alliés capables d'une résolution aussi vigoureuse.

Le même jour 26 , tandis que le maréchal Oudinot poursuivoit Wenzingerode jusqu’à Bar-sur-Omain , Napoléon transféroit à Saint- Dizier son quartier-général. Le lendemain il marcha de nouveau , avec sa garde et le corps du maréchal Macdonald , sur Vitry qui n’avoit pas cessé d’ètre occupé par une garnison prussienne. Il vouloit absolument rester maître de cette position. Ainsi , quoiqu’il ne vît rien autour de lui qui pût confirmer l’étrange opinion que l’ennemi le suivoit avec toutes ses forces, quoiqu’il eût déjà perdu un temps précieux , et que depuis huit jours il n’eût pas reçu directement de Paris un seul courrier , il employa encore une journée entière à faire des dispositions pour s’emparer de yitry, dont l’occupation étoit alors d’une si foible importance. Quelle preuve plus manifeste que son génie militaire s’étoit évanoui devant les revers ! Furieux de ne pouvoir intimider la garnison pnissienne , il prend la résolution de brûler Vitry , et à l’instant il

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fait braquer contre ses murailles cent vingt pièces de canon et obusiers. Vitry étoit perdu si Napoléon n’eût reçu dans la soirée mém» du 27 mars , le premier avis indirect que les deux armées alliées marchoientsurla capitale : il suspendit aussitôt l’attaque, et donna l’ordre du départ.

Ici va se manifester bien plus encore cet esprit de vertige auquel il étoit alors en proie. La route directe par Sézanne pouvoit conduire à Paris ses têtes de colonnes en quarante heures , ou en trois marches forcées. Si dans cette direction il avoit à craindre de tomber dans la masse des forces alliées , il pouvoit suivre au moins la route directe de Vitry à Troyes; mais, dans son trouble, dans son anxiété , il abandonne Vitry brusquement sans rien laisser transpirer, puis il erre , pour ainsi dire , à l’aventure dans les chemins de traverse de Vassy à Troyes , s’éloigne encore de Paris et vient retomber, le 28 mars, sur Doulevant. L’armée se retrouvoit ainsi au même point où elle étoit le 28. Alors néanmoins Napoléon parut sentir qu’il n’y avoit plus de temps à perdre , et qu’il falloit se rapprocher de Paris- Le 29 , au point du jour , il se met en marche pour Vandœuvres , la cavalerie , l’artillerie et

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