‹ Histoire des CampagnesChapitre 9 sur 267 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

II importoit au général anglais , pour la sûreté de ses mouvemens , d’empêcher la communication directe du camp de Bayonne avec la division française établie à Saint- J ean-Piedde-Port ; il lui importoit aussi de donner plus d’étendue à ses cantonnemens , pour mieux assurer la subsistance de l’armée , les arrivages par mer étant en hiver difliciles et périlleux ; enfin lord Wellington vouloit, dans une reconnoissance générale , apprécier au juste la force de l’armée du maréchal Soult , et l’état de l’opinion dans les provinces méridionales. Son grand objet étoit de préluder à l’invasion , de concert avec les armées alliées prêtes alors à franchir le Rhin par les frontières de l’est. Tous ces motifs le décidèrent à tenter un mouvement général. La cessation des pluies et l’état des chemins permettant de tout préparer pour la construction des ponts , il fit sortir ses troupes de leurs cantonnemens le 8 décembre , et prescrivit les dispositions suivantes. Le général Hill , avec l’aile droite , fut chargé de franchir le passage de la Nive 4 Cambo, d’occuper à l’instant la grande route ; et , secondé par le centre sous les ordres du maréchal Béresford , qui devoit aus^ pass^ la Nive à Biaritz, de marcher df oit à l’armé^ 3. %

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française , et de l’attaquer ; en même temps le général Hope , commandant l'aile gauche , devoit menacer le camp retranché de Bayonne par la grande route de Saint-Jean-de-Luz.

Deux ponts de bateaux sont jetés sur la Nive pour faciliter les mouvcmens ; et Wellington , après avoir expédié scs dernières instructions, part de son quartier- général de Saint-Jean-dc-Luz , le g décembre , à trois heures du matin , et prend la route d’Uslaritz.

Il y arrive à la pointe Au Jour , au moment même où la sixième division , formant l’avantgarde du centre , venoit de passer la Nive ; la même opération venoit aussi d’être effectuée par le général Hill à Camho où le général Foy se défendit avec intrépidité.

Menacé d’une attaque générale et combinée , le maréchal Soult replie toutes ses troupes sur la rive droite , et concentre son armée au nombre de cinquante mille hommes , à une lieue et demie de Bayonne, sur une chaîne de hauteurs qui courent parallèlement à l’Adour, sa gauche protégée par cette rivière , et sa droite appuyée à Villefranque, sur les bords même de la Nive. L’attaque commence sur ce village qui , attaqué avec vivacité parles alliés, est défendu avec courage par les troupes fran-

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