‹ Histoire des CampagnesChapitre 95 sur 267 · LIVRE XVI. 19Î · texte numérisé non relu

LIVRE XVI. 19Î

« De la ville immortelle » Ils n’oseront insulter les remparts. »

Mais , déjà , tout démentoit une sécurité trompeuse. Les nouvelles prcnoient un caractère alarmant. Des réfugiés de Coulommiers et de Meaux déclaroient avoir vu défiler sur les collines de la Brie une armée innombrable. On les traita de visionnaires ; et , malgré les rapports des généraux en retraite , l'homme qui s'intituloit le roi Joseph , et les ministres eux-mêmes persLstoient à ne voir qu’un détachement de l’armée de Blurher , dans les forces immenses qui s ‘approchoient de la capitale.

Il fallut pourtant se mettre en défense ; et le dimanche 27 mars , Paris vit dans son sein tous les avant-coureurs des combats. Six mille hommes de troupes de ligne, et vingt mille hommes de gardes nationales , rangés en bataille , furent passés en revue dans la cour des Tuileries , défilant ensuite d’une manière imposante sur les quais et sur les ponts. L’aspect sévère et lugubre des parcs d’artillerie à pied et à cheval , le froissement des trains , la tenue martiale de l’infanterie et des escadrons , le silence morne du soldat , l’inquiétude et l’attente d’une foule curieuse , formèrent les a. i3

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principaux traits de cette représentation TOïlitaire hostile. On étoit oppressé : Tâme la plus forte se sentoit saisie d’une crainte in- Tolontaire.

Au même moment , le corps prussien du général York en venoit aux mains, à Claye et dans la forêt , avec rarrlère - garde des corps qui se replioient sur Paris. Postée sur nn terrain avantageux, cette troupe, par ses nombreux tirailleurs, fit éprouver aux Prussiens une perte de quatre à cinq cents hommes ; mais ils reçurent bientôt des renforts , et le général York resta maître enfin de Claye et des bois qui Tavoisinent. Son corps d’armée et celui du général Kleist se portèrent immédiatement de la route de Meaux sur celle de Soissons , faisant place à l’armée du prince de Schwartzenberg. A peine le sixième corps sous les ordres du général Rayefski fut-il en ligne , qu’il en vint aux mains à son tour avec Tarrière-garde française à Yille-Parisis. La , -après plusieurs escarmouches , les généraux des deux partis convinrent d’une suspension ■4’hostilités pendant quatre heures. La marche ■de l’ennemi 'en fut moins rapide , mais plus assurée. Ainsi l’orage grondoit sur la tête des Parisiens , et les Parisiens se croyoient à l’abri

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