‹ Histoire des CampagnesChapitre 97 sur 267 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

se formoient sur les quais , les places , les boulevards ; le trouble visible des agens du gouvernement , le mystère dont ils cherchoient à s’environner, tout annonçoit un prochain dënoûment. Mais , tandis que la stupeur et l’efifroi régnoient à la cour de Napoléon , tandis que les ressorts de l’Etat se détendoicnt , la masse de la population parisienne conser- Toit une attitude calme.

On voyoit clairement que le colosse épuisé , appelé l’empire français , tomboit en dissolution. Des trésors et de nombreux bagages fruits de tant d’exactions et de rapines , fdoient sur les routes de la Loire. Les ministres inquiets et tremblans faisoient évacuer leurs bureaux , et présidoient eux-mêmes au brûlement de tous les papiers mystérieux , témoignages accusateurs d’un gouvernement criminel.

Bientôt il n’y eut plus , dans tout . Paris , aucun doute sur la réalité du danger. On avoit eu connoissance d’une première délibération du conseil , portant que le gouvernement et l’impératrice Marie-Louise se maintiendroient dans Paris. Tout à coup l’archichancclier de l'empire prend une délibération contraire, t sur des informations secrètes, ne laissant rien transpirec.de ses motiis, pour nc ‘pas’

propager le sentiment de la frayeur dont il étoit lui-méme saisi.

Des ordres formels émanés de Napoléon enjoignoient au président, au chancelier et au trésorier du sénat de suivre aussi Marie- Louise ; toutefois le corps entier des sénanateurs , par une aveugle imprévoyance , resta livré à lui-mème , c’est-à-dire que Napoléon laissoit à la disposition de ses ennemis les éléraens de son propre gouvernement.

Ainsi , les principaux dignitaires , l'impératrice et son fils , abandonnèrent subitement Paris , désertion injurieuse à la garde nationale , à qui on avoit confié le dépôt de la dynastie de Napoléon ; désertion qui accéléra la reddition de la capitale. Pleine d’honneur et de loyauté, la garde parisienne vit avec indignation les chefs du gouvernement se mettre à l’abri , emportant avec eux leurs richesses et la malédiction publique , osant encore recommander aux Parisiens de verser leur sang, de sacrifier leurs propriétés, leurs personnes pour le soutien d’une cause désespérée et d’un maître défendu par ses ministres et ses courtisans , avec la même lâcheté qu’ils avoient apportée à le servir. Le sentiment de l’honneur et du devoir n’étoit plus que .dans les camps

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