‹ Histoire des CampagnesChapitre 98 sur 267 · LIVRE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE XVI

cl dans la masse de la population : tout ce qui étoit en dignité ne trembloit que pour la • perte de ses richesses.

Paris avoit pour défenseurs les restes des corps des ducs de Trevise et de Raguse , repliés devant l'ennemi , et les troupes de vétérans et de divers dépôts commandés par les généraux Compans et Ornans, indépendamment de trente mille gardes nationales , sur lesquelles sept à huit mille au plus étoient propres ÎFun service hostile. Avec toutes ces forces réunies , Paris ne pouvoit guère mettre en bataille plus de vingt-six à vingt-huit mille hommes , et seulement dix-huit à vingt mille soldats aguerris. Cette petite armée se trouvoit sous le commandement immédiat de Joseph Buonaparte , assisté des maréchaux ducs de Trévise et de Raguse , et du général gouverneur Hulin. Mais ce Joseph , possesseur éphémère du trône des Espagnes , avoit fui trois fois de Madrid à l'appi’oche de l’ennemi ; et ; à la journée de Vitloria, dernière bataille de la péninsule , il avoit donné lui-méme le premier signal de la déroute. Quel présage pourtant de braves qui se dévouoient à la défense de Paris!

Joseph toutefois se montroit décidé à tenir dans ce dernier boulevard de la puissance de

Dinitized by 'jijijgle

soo CAMPAGNE DE 1814.

sa famille. Dès la veille , ses proclamations avoient dit aux Parisiens ; « Je ne vous quitterai pas ! » soit qu’il voulût atténuer l’effet du départ de Marie-Louise , soit qu’il prétendit contracter l’engagement sérieux de ne plus fuir. Le lendemain il parcourut la ligne. Les troupes prennent aussitôt une position concentrée , leur droite sur les hauteurs de Belleville , Mesnil-Montant et la butte Saint- Chaumont , s’appuyant à Vinceimes Je centre vers le canal de l'Ourcq , protégé sur les derrières par le mamelon de Montmartre ; la gauche se prolongeant de Mousseaux à Neuilly. La nature du terrain coupé sur la droite , plusieurs redoutes couvrant le centre , Montmartre commandant la plaine en arrière du canal de l’Ourcq, et enfin cent cinquante pièces de canon avantageusement disposées sur toute la ligne , ajoutoient à la force de cette position défensive. Le duc de Trévise défendoit Paris depuis le canal de l’Ourcq jusqu’à la Seine ; et le duc de Raguse depuis le même canal jusqu’à la Marne; aux troupes de ce dernier, on adjoignit celles du général Compans , ce qui éleva les forces du duc de Raguse à sept mille quatre cents hommes d’infanterie , et à njille chevaux environ.

Page 1