‹ Histoire des canadiens-français, 1608-1880 [microforme] (volume 4)Chapitre 35 sur 39 · ARE · texte numérisé non relu

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A peine M. de la Vérendrye avait-il vécu’ sur le seuil de la contrée inconnue qui appelait l'attention de plusieurs hommes éminents, que son esprit actif et observateur lui avait fourni les moyens de l'étudier, À mesure que lui parvinrent de nouvelles lumières, il sentit grandir en lui la détermination de risquer son avenir à la découverte des terres de l'occident. Au commencement de l'été de 1727, après avoir dressé sous forme de mémoires les notes qu'il avait recueillies en questionnant les sauvages, il résolut de se mettre à l'œuvre et pour cet effet, descendit à Michillimakinac, où, par une coïncidence heureuse, il se rencontra avec le père Flavien de Gonor, jésuite, de retour du pays des Sioux, qui cherchait un plan d'opération pratique et peu coûteux pour se rendre à la mer de l'ouest. La Vérendrye possédait les renseignements désirés : le père Gonor pouvait trouver des protecteurs, Tous deux échangèrent leurs vues. Ils se complétaient l'un l'autre, La Vérendrye confia son mémoire au père et ils se séparèrent. Le 11 aout 1728, M. de Beauharnois écrivit au ministre : “ M. de la Périère et le révérend père de Gonor sont arrivés à Montréal, venant des Sioux.” Ils ont passé, ajouta-t-il, chez les Renards, fort tranquilles dans leur village. Le gouverneur attend le père à Québec pour avoir des nouvelles de son voyage. La Périère a été très malade et n'est pas encore en état de descendre à Québec.

Revoyons les affaires du pays des Sioux, car elles ont eu une grande influence dans la décision qui ensuite fut prise d'adopter la route du nord proposée par M. de la Vérendrve. Après l'insuccès de l'expédition contre les Renards, en 1728, M. de Ligneris * dépêcha sept Français et deux Folles-Avoines (gens du côté sud-ouest de la baie Verte) vers Pierre Boucher de Boucherville, au fort Beauharnois du lac Pepin, pour lui donner avis de ce qui s'était passé et afin qu'il prit des mesures pour la sûreté des personnes placées sous ses ordres. On espérait aussi qu'il engagerait les Sioux à refuser leur protection aux Renards. Les envoyés rencontrèrent M. de Boucherville le 7 septembre 1728. Deux jours après, celui-ci fit partir six hommes, pour conduire chez les Sioux du saut Saint-Antoine, les deux Folles-Avoines chargés d'exhorter les Sioux à se déclarer contre les Renards ou tout au moins ‘eur refuser un asile sur leurs terres. Nous empruntons ces détails et ceux qui vont suivre à la “ Relation ” de M. de Boucherville, ?

“ Ces députés revinrent au fort, quelques jours après, assez mécontents de leurs négociations. Les Sioux, après avoir reçu leurs présents et les avoir amusés par de belles promesses, laissèrent bientôt entrevoir qu'ils avaient le cœur rewaærd. Néanmoins Ouacautapé les vint reconduire et m'assura que jamais les Renards n'obtiendraient une retraite chez les Sioux. Mais voyant qu'on ne pouvait sagement se fier à ces peuples volages, j'assemblai, 1: 18 septembre, tous nos Français, pour prendre une dernière résolution. Tous convinrent que le poste n'était plus tenable ; que les vins qui nous restaient ne pouvaient suffire à notre

T De l'été de 1727 à l'été de 1728,

? En 1727, les officiers dont les noms suivent commandaient dans les pays d’en haut : La Gorgendière à Témiscamingue ; Tontf au lac Erié ; Dubuisson aux Miamis ; Amariton à la baie des Puants ; Ligneris à Michillimakinac 3 Godefroy de Lintot au lac Supérieur

de Verchères chez les Sioux ; Saint.Ours d’Eschaillons à Kaministigoya, 3 Publiée dans la Biblicthèque Canadienne de Bibaud, année 1826,

subsistance jusqu'à l'arrivée des convois ; que les Renards fugitifs ! auraient recours à leurs ruses ordinaires pour nous débaucher nos alliés, et que, pour obéir à l'ordre de M. de Ligneris, qui nous défendait de nous exposer mal à propos, en gardant un poste si mal assuré, le mieux était de partir au plus tôt et de profiter de l'embarras de nos ennemis. Après cette décision, on se retire, et chacun prend des inesures pour le départ, Le lendemain, plusieurs vinrent me dire qu'ils avaient changé de sentiments et qu'ils ne trouveraient pas ailleurs le débits de leurs effets.* J'eus beau leur représenter quele service du roi et le bien de la colonie devaient l'emporter sur l'intérêt, leur parti était pris, et je fus obligé de partir sans eux. Nous primes trois canots et nous partimes, le 3 octobre, au nombre de douze,” entre lesquels étaient le KR, P. Guignas et les MM. Monbrun.‘ Quoique les eaux du Mississipi fussent basses, nous crûmes devoir tenter cette voie pour aller aux Illinois, et de là à Montréal, À peine fûmesnous rendus vis-à-vis l'Ouisconsin que nous découvrimes les traces d'un parti Renard ; et après trois jours de marche, nous trouvâ”:": leurs canots, qu'ils avaient laissés à la rivière des Ayous pour marcher plus librement dans la profondeur des terres. Le 12 octobre, assez près de la rivière Kikapous, nous trouvâmes d .utres cabannages, des vestiges d'hommes, de femmes et d'enfants ; et le 15 quantité de bêtes qui, courant le long du rivage, semblaient fuir les chasseurs. De grands feux allumés et le bruit de quelques coups de fusils, me firent juger que l'ennemi n'était pas loin. Je crus devoir, pour plus grande sûreté, marcher la nuit ; mais les eaux étant fort basses, nos canots d'écorce étaient à chaque moment en danger de se briser, Le 16, à huit heures du matin, des Kikapous”® nous ayant découverts, quittèrent leurs pirogues et coururent au village, situé sur une rivière, à trois lieues du Mississipi, À peine fûmes-nous auprès de l'embouchure de cette petite rivière, que nous vimes venir, par terre et en canot, quantité de Sauvages qui semblaient vouloir nous barrer le chemin. Aussitôt nous chargeâmes nos vingt-cinq fusils, résolus de nous bien défendre. Ils nous crièrent de loin : “ Que craignez-vous, mes frères ? Les Renards ° sont loin d'ici. Nous sommes Kikapous et Mascoutins” et nous n'avons aucun mauvais dessein.” J'envoyai deux Français et l'interprète, à qui ils dirent que leur village n'était qu'à trois lieues. ”

Les Français ne voulurent pas se rendre à l'invitation de descendre à terre. Les Sauvages alors les entourèrent avec vingt-cinq canots et force fut de les suivre chez eux, au milieu de protestations d'amitié dont on pouvait à bon droit suspecter l'intention. Cette capture eut lieu près de la rivière aux Bœufs (Buffalo Creek, Jones County Town)

jourd'hui.* La “ Relation ” de M. de Boucherville est longue et très intéressante. Nous nous

1 Leur pays avait été ravagé par M. de Ligneris, mais leurs bandes n'avaient pas été anéanties et elles n’en étaient que plus redoutables par l'esprit de vengeance qui les animait.

? Les articles qu’ils avaient apportés du Canada pour traiter avec les Sioux.

3 Dix-sept Français, selon Ferland, Cours d'Histoire, 11, 436.

* Montbrun, La Perrière, Boucherville étaient cousins-germains de La Vérendrye, Leur demeure était au bas de la rivière Ouisconsin ou Wisconsin, Ils parlaient la même langue que les Mascoutins dont il va être fait mention,

5 Nation qui habitait le territoire à l’ouest de Chicago.

T Le pays des Renards était entouré par ceux des Puants, des Folles-Avoines, des Kikapous et des Mascoutins,

8 Ferland, Cours d'Histoire, II, 441,

Lornerons à enrésuiner la suite, parce qu'elle ne fournit pas de nouvele lumière sur l'état du pays des Sioux, Ils y eut de nombreuses assemblées pour savoir s'il serait opportun de brûler les captifs, Les Renards firent leur apparition et, naturellement, compliquèrent les choses, Cependant le père Guignas et M. de Boucherville gagnèrent si bien la confiance des Kikapous et des Maskoutins qu'ils finirent par les détacher des Renards et les engager à demander la paix aux Français. A la fin de décembre, étant rendus chez les Péoarias, dans la rivière Illinois, à vingt lieues du Mississipi, le père Guignas réussit à faire parvenir des lettres au

sieur Henri Desliettes de Tonty ! qui commandait un poste français à quatre journées de là.

} Le 15 mars 1729, M. de Boucherville et le père Guignas se trouvaient réunis au fort de Chartres, près de Kaskaskias, et la paix se conclut en présence de M. de Saint-Ange, commandant, Devenu libre, de Boucherville partit des Illinois, le 2 mai, et, passant par le Détroit, atteignit Montréal, où paraît avoir été signé le certificat suivant mis au bas de la Relation. “ Nous, soussignés, témoins de tout ce qui est mentionné dans cette Relation, certifions qu'elle est juste et véritable, et que nous devons la vie à l'auteur, par ses travaux, fatigues et expérience. En foi de quoi nous avons signé : — Campeau, forgeron ; Ménard, interprète ; Dumais, capitaine de milice ; Réaume, interprète ; Boiselle, voyageur.”

On distingue deux sortes de Sioux, écrit M. de Boucherville, à savoir “les Sioux des Prairies et les Sioux des Rivières, qui se servent de canots d'écorce très petits et commodes pour les fréquents portages qu'ils ont à faire. Les Sioux sont fort nombreux. Ils ont dix villages fort éloignés les uns des autres. Quoiqu'ils n'aient que depuis peu l'usage du fusil, ils s'en servent parfaitement bien. Le plus beau chemin que l'on puisse prendre pour aller aux Sioux c'est de passer par la Baie, * par la rivière des Renards, ensuite on fait le portage des Ouisconsins et l'on entre dans le Mississipi, qu'on remonte jusqu'au lac Pepin, où nous avons bâti notre fort. De Montréal aux Sioux, il n'y a pas plus de six cents lieues. En descendant des Sioux aux Illinois, sur le Mississipi, je compte environ trois cents lieues et des Illinois à la mer quatre cents. En remontant ce fleuve depuis l'embouchure de l'Ouisconsin jusqu'au saut Saint-Antoine, il y a cent lieues. On compte parmi les Kikapous environ deux cents hommes ; et six cents hommes dans les trois villages illinois. Il y a deux élablissements français fort considérables ; on y compte près de deux cents Français, les uns mariés avec des Illinoises, d'autres avec des Françaises de la Nouvelle-Orléans. Ils vendent des farines et du lard, du côté de la mer,” etils en remportent des marchandises, ”

En bref, la guerre des Renards était une affaire à recommencer : lorsqu'elle fut entreprise, quelques années plus tard et menée à bonne fin, La Vérendrye était rendu, par la route du nord, au centre de la province actuelle de Manitoba. Le 30 avril 1729 M. Silly écrit au ministre : “ M. le général doit vous informer que onze Français et le père Guignasse, jésuite, étant partis du fort Pepin pour descendre le fleuve 1 Né à Montréal le 13 mai 1697.

3 La baie Verte du lac Michigan.

# Le golfe du Mexique,

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du Mississioi jusqu'aux Illinois et gagner ensuite le Canada, ont été arrêtés par les Mascou Lens et Quicapous et menés dans la rivière au Bœuf à dessein de les livrer aux Renards, et que le sieur de Montbrun et son frère, avec un autre Français, s'étaient échappés ! de leurs mains la veille qu'ils devaient être remis à ces Sauvages. Le dit sieur de Montbrun a laissé

son frère malade aux Tamaroids et est venu donner cette nouvelle à M, le général," Le 2

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octobre, même année, M. de Beauharnois écrit au ministre que Montbrun, qui avait été pris par les Mascoutens et les Quicapous ‘“ en revenant du fort des Sioux” mérite de l'avancement. “ [l'est cadet dans les troupes et très excellent sujet. Le sieur de la Jemeraye, qui était resté chez les Sioux avec quelques Français, et qui a amené des chefs Renards à la rivière Saint- Joseph... ne mérite pas moins, monseiwneur, l'honneur de votre protection. Le fort que les Français ont bâti au Sioux, sur le bord du lac Pepin, paraît mal situé, par rapport aux débordements des eaux, mais aussi elles ont monté, en 1727, comme elle n'avaient point encore fait, sur le dire des Sauvages, et on pourrait y ajouter foi puisque cette année elles n'ont point approché du fort, Lorsque le sieur de la Perrière a placé le fort dans cet endroit il s'était fait informer avant, par des Sauvages, s'il pouvait être à l'abri des inondations, et il lui fut répandu que les eaux ne montaient point jusque là. Il considéra ea même temps qu'il ne pouvait le placer dans un endroit plus avantageux, tant par rapport à la quantité de la terre propre à la culture qu'à cause de l'abondance de la chasse. Ces deux raisons, aussi nécessaires l'une que l'autre, joint à ce que ces Sauvages lui avaient dit au sujet de l'inondation qu'il craignait, lui firent prendre le parti de placer ce fort dans cet endroit, après en avoir considéré tous les avantages. Mais comme il pourrait arriver que les eaux montassent, comme elles ont fait en 1727, l'on pourra porter ce fort à quatre ou cinq arpents des bords du lac, sans que cet éloignement pût préjudicier aux vues que l'on avait eues de le bâtir dans l'endroit où il est. [1 ne paraît pas vraisemblable, monseiwneur, que cet établissement, non plus que le fort, ait pu donner aucun ombrage aux Sioux, qui l'avaient eux-mêmes demandé ; et la bonne réception qu'ils ont faite aux Français à leur arrivée chez eux paraît contredire ce que l'on vous a mandé à ce sujet. Il est bien vrai que peu après l'arrivée des Français, ces Sauvaces partirent pour aller en chasse, comme ils ont coutume de faire pour leur subsis

tance et celle de leur famille qui n'ont que ce secours pour vivre, ne faisant aucune semence. Je viens d'être informé que le motif de leur absence n'avait été occasionné que par une rencontre qu'ils firent (étant arrivés au lieu de leur chasse de plusieurs Sioux des prairies, qui les invitèrent de se joindre à eux pour aller en guerre contre les Mackas, ce qu'ils acceptèrent et qui fut cause que l'on n'eut point de leurs nouvelles par le canot que le sieur de la Perrière avait envoyé avec dix hommes pour s'informer de ce qu'ils étaient devenus, p'isq''ils ne revinrent qu'au mois de juillet suivant. Lorsque vous m'avez fait l'honneur de

me mander que je ne vous avais rien dit sur les vues que j'avais eu d'établir le poste des

Sioux, ce n'a été, monseigneur, qu'en exécution de l'article du mémoire du roi, de 1726, qui

1 Ce qu‘ nous reste de la Relation de Boucherville ne mentionne pas ce fait,

m'ordonne de ne rien négliger pour suivre les vues que Sa Majesté a de faire un établiscement dans cet endroit, et d'engager deux missionnaires à y monter avec le commandant que j'y ai envoyé, j'en sentis trop la nécessité pour n'y pas donner tous mes soins. Le bien du service, celui de la colonie et de la religion s'y trouvaient intéressés, et ce que vous m'avez fait l'honneur de m'en mander semble renfermer ces trois principes. D'ailleurs, il a paru

d'autont plus nécessaire d'y avoir fait cet établissement qu'il n'y a point à douter que les

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Renards (dans leur déroute) n'eussent trouvé asile chez les Sioux si les Français n'y avaient été établis et l'on ne peut attribuer aujourd'hui la docilité et la soumission que les Renards font paraître, qu'aux attentions et aux offres avantageuses que les Sioux ont faites aux Français. J] serait donc nécessaire d'entretenir les Sioux dans ces heureuses dispositions, pour tenir les Kenards en respect, et rompre les mesures qu'ils pourraient prendre pour s'attirer le cœur des Sioux, qui rejetteront toujours leurs propositions tant qu'ils verront les Français chez eux et que l'établissement qu'on y a fait subsistera, Mais quoique tous les avantages que je viens d'avoir l'honneur de vous marquer sur l'importance qu'il y a de conserver cet établisse ment, me paraissent d'une nécessité indispensable, je ne puis cependant prendre aucun parti que je n'aie des nouvelles des Français qui m'ont demandé de monter cet été, avec un canot chargé d'effets, qui comptent passer par les Sauteux de la pointe, ! et que je ne sois assuré que les Français qui y ont hiverné n'aient point désemparé le fort, et que les Sioux soient dans les mêmes sentiments. D'ailleurs, il ne paraît pas bien aisé, dans la conjecture présente, de maintenir cet endroit à moins d'une paix solide avec les Renards. D'un autre côté, la plus grande partie de la compagnie qui a fait le traité dont j'ai eu l'honneur de vous envoyer copie, s'en est désistée et ne veut plus y envoyer. La rupture que nous avons avec les Renards, chez lesquels il faut passer pour aller en canot chez les Sioux, les ont engagés à n'y plus penser, mais dans l'un ou l'autre cas, on pourrait y remédier. Il y à toute apparence que les Renards viendront l'année prochaine demander la paix, ou qu'ils y enverrort de leur part ; ainsi en leur accordant à de bonnes conditions, il n'y aurait rien à craindre pour aller chez les Sioux. L'on pourraît aussi former une autre compagnie, moins forte que la première, avec laquelle on ferait un nouveau traité, ou le faire avec quelques négociants qui pussent en supporter les avances. Ces difficultés seraient, par ce moyen, bientôt levées. Il ÿ en a qu'une, Monseigneur, à laquelle j'ai cru devoir me joindre avec M. Hocquard * pour prendre la liberté de vous l'exposer. C'est celle d'y faire monter un officier commandant et un en second, avec quelques soldats, qu'il serait nécessaire d'y envoyer absolument pour maintenir le bon ordre dans ce poste ; et les missionnaires n'iraient pas non plus sans commandant. Cet article, qui regarde le service et dont les frais doivent être pour le compte de Sa Majesté, nous font prendre la liberté, Monseigneur, de vous demander sur cela ses ordres. Nous engagerons,

autant qu'il nous sera possible, les traitants de ce poste à se charger de cette dépense (qui

1 Chagouamigon, près du fond du lac Supérieur, 2 Il agissait alors comme intendant.

pourra monter à mille ou quinze cents livres par an pour le commandant et pour l'officier en second, au prorata) mais comme dans ui commencement d'établissement il y a plus de frais à faire que de gain à recevoir, nous ne croyons pas que des marchands associés s'en chargent, et c'est dans ce cas que nous vous supplions de nous honorer des ordres de Sa Majesté sur cet article, aussi bien que sur ce qu'elle pense sur la nécessité qu'il y a de nous conserver un endroit aussi salutaire, et une nation qui nous a donné déjà des témoignages de sa fidélité et de son attachement. Vous pourriez, Monseigneur, nous faire part des intentions de Sa Majesté sur c2 sujet, par l'île Royale, ? ou par les premiers bâtiments marchands qui seront destinés pour cette colonie. Le temps qu'il faut pour avoir des nouvelles de ce qui se sera passé aux Sioux, depuis ce printemps, nous donnera celui d'attendre les ordres de Sa Majesté avant de rien faire. Le sieu” de Beauharnois ne négligera rien de ce qui pourra entretenir les dispositions favora"les où: ils sont à l'égard des Français (en attendant la décision de Sa

Majesté) et y donnera toute son attention. à

1 Le cap Breton,

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