‹ Histoire des canadiens-français, 1608-1880 [microforme] (volume 4)Chapitre 36 sur 39 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

1728-1731 ADOPTION DU PROJET DE LA VÉRENDRYE POUR LA DÉCOUVERTE DU NORD-OUEST.

n° OV

IP'HEURE était donc propice à l'adoption du projet de La Vérendrye, Le

gouverneur pensa qu'il devait le soumettre au ministre et appuyer en faveur de ja route de la Kaministiquia. Voici le texte même d’une partie du mémoire

confié au père de Gounor, à Michillimakinac, été de 1728, ainsi qu'un rapport

€ # fait au printemps de 1729 : “ Suite! du mémoire du sieur de la Vérenderie Ac" envoyé l'année dernière par le révérend père De Gonore, sur la découverte de la mer de l'ouest. Un sauvage nommé Pacco, le chef du lac Népigon, Lefoye et le Petit-Jour, son frère, tous chefs Cris, me rapportèrent avoir été au delà de ja hauteur des terres? à une grande rivière qui descend droit au couchant du soleil et qui s’élargit toujours en descendant ; qu'il n'y a dans cette grande rivière qu’une seule cascade, envirc

trois journées de sa source ; que l'on ne trouve de bois que pendant l’espace de deux cent lieues * de chemin environ, à suivre l'estime de leur marche, Ils font un grand récit de ce pays-là ; que c'est une terre toujours unie, sans montagne, tous bois francs, entremélés de chénières ; qu'il y a partout quantité d'arbres fruitiers et de toutes sortes de bêtes ; que Îles nations sauvages y sont très nombreuses, toujours errantes, ne demeurant point en un lieu arrêté, mais portant sans cesse leurs cabanes d'un lieu à l'autre et se campant toujours en village. [14 nomment ces nations Asséniboils et Sc:oux parce qu'elles parlent toutes la langue scioux, Ces nations, à trois cents lieues environ plus bas { sont sédentaires, font des grains

et, faute de bois, se construisent des cabanes de terre.® Le bois finit au bord d'un grand lac

1 Ce mot Suite, ferait croire qu'une première partie du mémoire, un préambule peut-être, aurait été supprimée ou perdue, ? Située à quelques miliss de la baie du Tonnerre,

3 C'est à peu près la distunce de la baie du Tonnerre au lac Winnipeg.

* Trois cents lieues vers le couchant à partir du lac Winnipeg — ce serait nu milieu des prairies

# Ce qui ne veut pas dire qu'ils vivaient sous terre, comme l'ont prétendu des écrivains.

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que le fleuve forine, environ à deux cents lieues de sa source, C'est à la gauche en descendant!

qu'a (?) la sorte du lac Outran,* une petite rivière Gont l'eau parait à la vue rouge comm

le vernullon, Les Sauvages en font une grande estime. C'est du même côté de ce fleuve,

Fl bien plus bas,! qu'est une petite montagne dont les pierres brillent® la nuit comme le jour, Î Les Sauvises l'appellent la demeure de l'Esprit." Personne n'ose en approcher, Cette espèc de mont:,gne et la rivière rouge ‘où 1 se tronve, par endroit, un sable fort fin, couleur d'or) sembleit quelque chose de précieux à toutes les nations des environs. Comme je vais $ rapporter ce que j'ai appris ae nouveau, cette année 1729,7 par rapport au pays dont je viens de parler, je finis sur les autres particularités que j'at apprises lan passé, pour les rapporter plus au net sur le témoionage de nouveaux Sauvages qui ont parcouru Fi même rivière, N'ayant rien ségligé depuis l'automne dernier que je suis arrivé au poste du nor? pour avoir le plus qu'il me serait possible de connaissance sur le beau et grand fleuve qui descend au couchant du soleil et la route qu'il faut tenir pour s'y rendre, J'ai en soin aussi de m'assurer d'un Sauvage capable d'y conduire un convoi, en cas que, sons Îe bon plaisir Ge F Sa Majesté, vous vouliez bien m'honorer de vos ordres pour en faire là découverte, et voici | ce que je puis assurer comme certain sur les nouvelles connaissances que j'ai eues Les Sauvages des terres, pour la plupart, ont connaissance de ce fleuve. Les uns en parlent pour y avoir été, les autres par ouï dire, et tous conviennent dans leur narré, I vint, l'automne dernier, des Cris avec des gens des terres au fort Camanistigouia. Tacchigis, qui est le chef des Cris, me dit alors qu'il avait été jusqu'au lac du grand fleuve de l'ouest et plusieurs fois. me fit ensuite le même récit que les autres m'avaient déjà fait. Je ui démandai sil n'avait point de connaissance d'autre grande rivière ; il me répondit qu'il en connaissait 3 plusieurs, mais que celle qui va à l'ouest passait toutes les autres par sa largeur. Me faisant ensuite l'explication des plus grosses rivières qu'il avait vues d'une hauteur des terres qui va iu sud-ouest, 11 me dit que quatre grandes rivières y prennent leur source, dont l'une,

descendant au nord jusqu'au lac du grand fleuve de l'ouest, prend ensuite sa route vers

l'ouest à la décharge du lac ; l'autre, prenant sor cours au nord-est, tombe dans une rivière

qui, allant à l'ouest-nord-est, se de charçve dans lé même lac, Le troisième, courant d'abord

iu sud-ést et suivant ensuite le sud, va chez les Espagnols, La quatrième, courant entre les ji LE Desceodant la rivicre Wir our atteindre | ce Winpipeg, on a à sa gauche lu rivitre Rouge, | | & Faveil lire Winnipr É + Premièx tion de la rivière KRou re t uora, £ { en plus | tà-cli ‘ ip couchan | | { ité une ment { ulleurs, des montagnes Rocheuses, Î Î 6 Comine dans les narrati de Jacques Cartier le tant d'autres voyareurs, le mérveilleux se mêle dans ce mémoire à des faits 4 réels que le lecteur appréciera à 1 La Vére irait d écri l en 1729 ê | su ne ‘le 1723, après avoir pris congé du père de fiounor à Michillimakinac, Îl Nipigon, . 0 C'est la le lacs et de vivière i vont la 1 lu Tonnerre lac Winnip 4 Certaines cartes de cette époque en font les : sources «lu Saint-Laurent, ] 4h 1 Ce qui montre bien que ceci est ane suite du mémoire de 1728, È | Ces Gens des Terres, comme on les appelait, habiteient au nord, entre le lac Winnipeg et le lac Nipigon, Ils commerçaient | aver les Têtes-duHoule que La Vérendrye avait di naître sur le Saint-Maurice,

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de erroné entente tptnsentene ant

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deux dertières, forme le Mississipi. 11 me

ft, avec du charbon, la carte de ces pays et v plaça les rivières selon ses remarqus.! J'attends, ce printemps, * plusieurs Sauvares que l'on m'assure avoir été bien bas dans le fleuve de l'ouest, qui me pourront donner la carte du chemin jusqu'aux endroits où ils ont été, Un esclave adopté chez les cens des Terres et donné au vieux Grapau, chef du pays plat, par les Cris, après avoir été fait prisonnier par les Asseniboils, sur le continent qui est à la gauche’ du fleuve de l'ouest, rapporte que les villages sont là très nombreu:, qu'il ÿ en a plusieurs de près de deux lieues de longueur : que les profondeurs sont habitées comme la devanture du fleuve, dont tous les Sauvages, selon son rapport, y font quantité de grains. Les fruits y sont abondants, On ne voit que bêtes pour la chasse, qui ne se fait qu'avec l'are et les flèches. On n'y sit ce que c'est que canot. Comme il n'y à point de bois dans tout ce vaste continent, on fait sécher de la fiente de bêtes pour faire du feu, ! I ajoute qu'il a passé plusieurs fois à la vue de la montagne dont la pierre luit jour et nuit ; que de cet endroit on commence à s'apercevoir du flux et reflux : que depuis le lac” auprès duquel est Fa rivière Rouge, jusqu'à bien plus bas que la montare ny a point d'habitation sauvages ;* qu'il n'a jamais out parler s'il y avait loin de là à la mer : quil ne pense pas qu'il v ait d'homines assez hardis pour entreprendre de passer devant les différentes nations * qui se trouvent ensuite en crand nombre, à dessein d'en faire Ja décou verte, 1 faut mention de toutes les particularités que contenait le mémoire que j'eus l'honneur de vous envoyer l'année dernière, par le révérend père Gonore, assurant quil v a sur la droite du fleuve une nation de nains ° qui n'ont que trois pieds environ, nation du reste fort nombreuse et fort brave ; et qu'à l'endroit enfin où le flux et reflux commence le fleuve à pius de trois lieues de large. Par rapport au guide, j'ai fait choix d'un nommé Ochakah Sauvage de mon poste, fort attaché À la nation française, le plus en état de bien guider le convoi, et dont il n'y à pas lieu de craindre qu'on soit abandonné dans la route. Lorsque je ui proposai de me conduire à la grande rivière de l'ouest, il me répondit que j'étais maître de lui et qu'il marcherait dès que je voudrais. Je lui donnai un collier par lequel, selon leur manière de parler, je liais sa volonté à la mienne, disant qu'il eût à se tenir prêt pour le temps que j'aurais besoin de lui, et lui marquant la saison de l’année que je pourrais me trouver au pays plat, à dessein d'aller faire la découverte de la mer de l'ouest, si j'avais l'honneur, monsieur, de recevoir vos orures pour cela. Je lui fis ensuite des présents pour l'affectionner davantage et l'affermir dans ses promesses. Outre cela, j'ai pris connaissance du chemin par

différents Sauvages : tous rapportent, comme lui, qu'il y a trois routes ou rivières qui con-

! Toutes vagues que soient ces données, ne s'agissait-il pas du M ;souri, du Mississipi, la Rivière Rouge et l’Assiniboine ? ? La Vérendrye écrivait donc du lac Nipigon, au printemps de 17209,

% Pays des Sioux,

+ C'est encore la pratique aujourd'hui, % Lac Winnipeg, Montagnes-Rocheuses,

Ce sont les fameuses prairies de l'ouest,

Les fils de la Vérendrye ont traversé ces territoires pour se rendre aux Montagnes-Kocheuses, Les sauvages ne manquaient jamais d'introduire le fabuleux dans leurs récits,

La Vérendrye connaissait l'esprit cayricia x des “auvages « conséquences,

qui, au moindre incident, retirent leur parole, sans s'inquiéter des

ent à la grande rivière de l'ouest. En conséquence, je me suis fait tracer la carte de ces

trot vières, afin de poumoir choi e chemin le plu , court et le plus aisé, J'ai l'honneur, ns de vous envoy: tte carte! telle que Chagah me l'a tracée, Des trois rivières q ombent dans le lac Surérieur, savoir : celle qu'on nomme la rivière du fond du lue : celle

et celle de Gamanissisouïa, les deux dernières sont celles où tout se trouve

de Nantua TAN ; plus « ictement marque dans la cart: I lacs, Les ramides, les portages, le côté dont il faut faire ces portages, les hauteurs de terre, tout cela y est représenté ou indique, De ces deux routes, la rivière de Nantuouagan, * qui est à deux journées de la rivière de Camanistigouïa n'en a que vinot-deux, mai 1, elle n'a point de rapides et l'autre en a douze, dont il y en a deux

qui sont lones et fort plate. D'ailleurs, le chemin est droit et d'un tiers plus court ; la hauteur

des terres par cette route, n'est que de cinquante lieues, ? et au bout soixante et dix au plus

on va toujours en desceandart." Enfin, malgré tous ces portages, le Sauvage m'assure qu'à marcher doucement nous arrivi d ibérieur à celui de Tékamamihouen,° en vingt jours au plus tard, et de là, en quatre jours, ic des Bois° pour l'établissement. Il est venu ce printemps des Cris ou Christinaux qui habitent ver lécharge du lac des Bois où cornmence la grance rivière de l'ou sauvages la Marte-Blanche et deux autres chufé de la même nation, Fls m'ont fait la ca le | terres et de toutes celles dont ils unt colliuiauanice, | lt due lus | 1 sont sui auch cette erande rivière en descelidant que se trouvent les minéraux et les métaux en quantité. mi les métaux juil trouvent, ils eonnal it le plomb et le cuivre, mais il y en a une troisième sorts qui ne sapplatit fiolnt quatil li bit, mais qui casse celle-là ils ne la connaissent point Mi vouleut blanchi leur lait croirt que cC est de l'arvent ouivant leur carte Iue j'ai jointe’ à celle d'Auchoah, le bas du fleuve de l'ouest nmme à l'ouest-nord-ouest, il assure qu'il y a des blancs à l'embouchure du fleuve ; qu'ils n'ont point de connaissance quelle nation ce peut-être ; qu à longueur du chemin fait qu'aucun d'eux nose entreprendre d'y aller ; qu'il faudrait partir du lac des Bois dès le mois de mars pour en faire 1 voyage, qu tout ce que l'on pourrait C£DCTEr « Grailt EN ctrt etour au moi

novembi ( qu'ils en rapportent est sur des ouf dires, mais ce qui les détourne le plus d'entreprendre le voyage de la mer, € t qu'il périt autrefois, pat le laces, à ce qu'ils rap portent, deux de leurs canots, à dix journées du lac Ouisnipigon.* La frayeur les retient et l'atllet ils trouvent chez les Anglais du petit nord, qui ne sont qu'à vingt jours de marche

de chez eux, tous leurs besoins, Quiratent-1ls chercher de plus à la met de l'ouest ? Il n'y a

il ta la bibliothèq Ottawa, N La i les { ill est appel Nantal ne, En remontant à } 1 l'embouchure de cette rivière on voit les lacs Long, Plat, Sa kinagu, Tekamamiouen, Le lac des Bois est tracé mais sans nom,

Rivière des Groseillers, On le nomme aussi Pigeon

Cette route devait être connue des Français, car on assure qu'ils allaient par là tx juer au lac La Ci Pluie d même de Chouart des Groseillers (1666) qui paraît lui avoir donné son nom,

# I] faut lire cinquante mil]

tard lac la 1

Premii mention du nom de ce | l'après ce que La Vérendi Clair = issaietit cette nappe d fl | à ts d

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point d'apparence, en voyant la carte qu'ils ont tracée, que ce fleuve ait communication avec la mer du nord, Comme il y a plusieurs rivières qui vont à la hauteur (de terre ?) qui est dans la carte au sud-ouest vers le lac Nipigon, il est prohable que de cette hauteur il y en a aussi qui descendent à la mer de l'ouest, Pour être en état de s'éclaircir de la vérité, il faudrait faire un second établissement au lac Ouinivon.! La Marte Blanche m'a promis de m'y conduire, ou, comme il est vieux, de m'y faire conduire par son fils. Ce lac est environ à cinq cent lieues? de la rivière de Camanistigouia.* En partant de Montréal au mois de mai, on peut se rendre en septembre au lac des Bois. Depuis le fond du lac Supérieur'jusqu'à ce deuxième lac, il y a aussi loin que depuis la décharge de ce second lac à aller au lac Ouinipisor, avec cette différence qu'il n'y a que deux cascades où l'on fait portage dans toute la grande rivière d' l'ouest, au lieu que, du lac Supérieur au lac des Bois, pendant une centaine de lieues, ce ne soat presque que portages sur portages. Les deux cascades dont je viens de parler se irouvent dans un terrain de pierre à fusil, Le grand fleuve qui va à la mer est la décharge du lac et de la grande rivière qui s'y jette en courant toujours ouest. Ce grand fleuve court aussi ouest pendant l'espace de dix journées, après quoi il détourne ouest-nord-ouest, et c'est dès lors qu'on s'aperçoit du flux et reflux. Telles sont les connaissances que m'ont données les chefs Cris. leur carte contient tous les pays qu'ils ont parcourus du nord au sud, et depuis le lac des Bois jusqu'au fleuve de l'ouest, Toute la droite de la grande rivière, en descendant depuis le lac des Bois jusqu'au Nipigon, est occupée par les Cris, et c'est le pays de l'original et dés martes, La gauche de la même rivière est habitée par les Assiniboils et les Scioux ; c'est un pays fertile en métaux et où le bœuf sauvage est abondant, S'ils parlent de plus loin, c'est presque toujours des ouï dires et sans grande assurance. ! Après ce détail, monsieur, il 14 fn reste qu'à vous représenter l'importance qu'il me semble v avoir de presser cetié fécouverte, Les Cris en commerce avec 'es Anglais" où ils sont interprétés par les gens des Terres, Il est naturel qu'ils y parlent du projet d'avoir des Français chez eux et qu'il y donnent (aux Anglais) le: mêmes connaissances qu'ils ont données ici, L'Anglais a tout intérêt à nous prévenir, ét si on lui en donne le temps, ilne perdra pas l'occasion de le faire. °

D'ailleurs cet établissement ne peut nuire au poste de Camanistivouta. C'est un nouvel

vantage pour la colonie, indépendamment de la découverte de la mer de l'ouest, par la quantité de pelleteries qui s'y fera et qui se perdent chez les Sci les Assiniboils, ou qui, par le moyen des Cris, vont aux Anglais, Heureux, monsieur, de m'être trouvé en lieu de faire ces découvertes sous les auspices d'un général plus en état que personne de les pousser

jusqu'où elles peuvent aller, c'est ce qui fait ma plus vrande satisfaction, J'ai l'honneur d'être,

ave: ve très humble reconnaissance, etc, P, L."? Puis un post scrtplum sh J" us l'honneur, Winnipeg.

kns les écrits de cette époque, les mots lieue et mill ' vent employ l'un pour l'autre » la baie du Tonnerre au lac Shebandowan, 60 milles ; de là au fond du lac la Pluie (fort France »4 milles ; de là au lac Winnipeg, 310 mil lotal : 564 milles, De la baie d'Hudson à la rivière Roug » milles, 1 [l'est évident que la Vérendryé n'avait vu que des Sauvazes du lac de ns, et non pas ceux de la rivière Rouge, LE llud

de.

monsieur, de vous marquer, l'an passé, qu'il me faudrait soixante et dix à quatre-vinots hommes pour venir à bout de cette découverte, C'est à vous à déterminer qui en fera la dépense ; s'il convient que le roi s'en charge, ou si ce sera la compagnie d'Occident, ou une communauté de marchands du pays. ”

Le 3 novembre 1728, le père de Gonor avait écrit une lettre destinée à accompagner le rapport de la Vérendrye. Le to. était parvenu en France ; lorsque le second rapport (1729) dont le texte vient d'être cité, eut aussi été reçu à Québec, le mémoire suivant fut dressé pour l'usage des ministres. C'était probablement dans les premiers jours de l'année 1730 : “ Mémoire sur la découverte d'une grand: rivière qui a flux et reflux courant à l'ouest du lac Supérieur par le nord qui peut servir à la découverte de la mer de l'ouest. Le sieur de la Véranderie, enseigne en Canada, commandant au lac Nipigon, rapporta, en 1728, que le nommé Pako, chef des Sauvages habitués à Camanistisoya, étant parti de son village pour aller en guerre vers le soleil couchant, arriva en peu de jours à la hauteur des terres, où il trouva un grand lac qui a trois décharges. La première qui va au nord et conduit jusqu'à la mer ; la seconde au sud et se rend au fleuve de Mississipy ; et la troisième, qui est la plus grande, descend droit au soleil couchant. C'est cette dernière, sur laquelle ce Sauvage et ses gens s'embarquèrent, et, après trois jours de marche, ils arrivèrent au flux et reflux, ce qui les épouvanta et ne poussèrent pas outre. Cependant, l'un d'eux qui avait vu la mer à la baie d'Hudson, ne fut point effrayé du flux et reflux et dit que ce n'était point autre chose que la mer. Les Sauvages d'un village qui était proche leur dirent qu'on ne pouvait y aller en canot. Là, ils apprirent de ces Sauvages que leurs ancêtres avaient été autrefois par terre jusqu'à la vue d'un grand lac dont l'eau est si mauvaise qu'il est impossible d'en boire et où il a quantité de villages. Cette rivière à l'endroit du flux et retlux est très large et l'eau en est mauvaise, Les Sauvages font des cabanes en terre faute de bois ; ils labourent la terre avec des chevaux ; ils ont quantité de grains ; le climat est beau et les hommes y sont robustes. 11 y a quantité de mines, entr'autres une dont ils font grand cas : c'est une source dont l'eau est rougeûtre, elle teint en couleur d'or en la faisant bouillir, et forme une petite rivière qui roule sur ses bords un sable couleur d'or plus pesant que le sable commun. Qu'à dix jours de marche plus loin il y avait une nation de petits hommes d'environ trois pieds et une autre nation ensuite qui parle comme les Français, et qu'il y a une petite montagne de pierres luisantes qu'on dit être fort respectée des Sauvages du pays. ! Une nouvelle relation * du dit sieur de la Véranderie, envoyée par M. le marquis : Beauharnois le 25 octobre 1729, porte : Que Tacchigio, chef des sauvages Cris, ou Christinaux, accompagné de plusieurs utres Sauvages, est venu l'automne dernier au fort de Camanistigoya, qu'il lui a dit avoir été plusieurs fois jusqu'au lac du grand fleuve de l'ouest et lui a fait le même récit contenu dans la relation précédente — à quoi il ajouta que la rivière qui va à l'ouest passait toutes les

autres par sa largeur, et, lui faisant ensuite l'explication de plusieurs grosses rivières qu'il

1 Ici se termine le résumé du rapport que de La Vérendrye avait livré au père de Gonor, ? Ecrite au printemps de 1729. Nous venons de la mettre sous les yeux du lecteur,

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