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La nouvelle reine n'était pas encore en roule pour la France, et déjà de nouveaux soujx'ons étaient entrés dans le cœur du roi. On répandait le bruit cpic la princesse d'Espaj^ne, destinée au roi de France , était le fruit d'une union illégitime.
Son voyage Louis , pour s'cD assurcr, se rendit en Espa-
cu Espnj^ne , ^ . ' ,, . -1
àccsujet. gnc SOUS le prétexte cl un pieux pèlerinage; il y fut accueilli avec magnillcence par le monarque de la péninsule. La fausseté des bruits répandus sur la naissance de la reine lui fut prouvée. 11 revint en France et convoqua à Soissons une grande assemblée ^ : tous les seigneurs qui y assistaient, pressés par le roi de mettre un terme à leurs discordes , jurèrent de maintenir entr'eux la paix pendant dix ans.
Vaintraitc Daiis la mômc année, Henri II et Louis con-
oiilre lui et . • > 15 1
juiui. férèrent ensemble et signèrent un traite d alliance et d'amitié. Jamais il n'en fut conclu de plus formel, de moins observé et de plus promptement rompu. Cependant voici les termes de l'engagement inviolable qu'avaient contracté les monarques pour conserver la paix entre les deux royaumes : « Nous voulons que » tout le monde sache que telle est et telle sera n désormais notre amitié, que chacun de nous )) défendra la vie de l'autre, ses membres, sa
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» dignité, ses possessions. Moi, Henri , j'ai- )) derai de toutes mes forces Louis , roi de )) France, mon seigneur; moi, Louis, je se- » courrai de tout mon pouvoir Henri , roi » d'Angleterre , mon homme et mon vassal , » sauf néanmoins la foi que nous devons rén ciproquement à nos vassaux tant qu'ils nous » seront fidèles. »
Le monarque anglais, aussi adroit en politique qu'impétueux dans les combats, ne perdait pas une occasion d'étendre ou son pouvoir ou son influence. Il gagna tellement la confiance de Thierry d'Alsace, comte de Flandre, que celui-ci, partant pour Jérusalem, mit sous sa protection ses États et son lils. INon moins actif dans sa politique intérieure , Henri se rendit successivement maitre de tous les châteaux-forts d'Angleterre, abattit l'orgueil féodal, et devint maitre absolu de ses sujets. Se trouvant ainsi à l'abri de toute opposition et de toute diversion dans son pays, il débarqua en France, enleva Amboise au comte de Blois, porta la puerre en Bretapine , et contrai^rnit Conan de Ilichemont, duc des Bretons, à lui céder la ville de Nantes.
Louis-le -Jeune, jaloux de tant de succès, ^■ouvclle ménageait cependant encore par prudence \in cnireux. lival qui chaque année devenait plus icdouta-
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blc; il donna même sa fille Marguerite en mariage au fils aîné de Henri '*'. Mais le roi d'Angleterre, dont l'ambition semblait devenir plus insatiable par les faveurs de la fortune, forma le projet de s'emparer de Toulouse. Cette entreprise lassa la patience de Louis, et renouvela la p:uerre entre les deux rois.
Arm,fe de Heuri , commc tous les princes babilcs, con-
Br.iljaiiçons, , . • . l i i i • •
côieieaux uaissait SOU siècle, son peuple, et les dominait. Loin de se borner à ces levées de troupes féodales qui ne donnaient qu'une force précaire, il ne demanda à ses vassaux que des tributs, et avec leur argent il se forma une armée soldée qui s'éleva au nombre de vingt mille liommes. Elle était composée de ces aventuriers ou bri.q:ands, triste fruit de l'anarchie etdescroisades; ils ne vivaient que de pillage, et répandaient partout reffroi et la dévastation. On les nomma Brabançons , Côtereaiix ^ Routiers.
Les seigneurs achetaient d'eux tour à tour ou le repos ou des secours passagers. Le roi d'Angleterre, en les prenant à sa solde, rendit SCS succès plus rapides , et délivra plusieurs contrées des brigandages de ces bandes redoutables.
Robert de Dreux , envoyé en Languedoc pai- Louis, fit de vains eiforts pour arrêter la mar-
revc avec l'An-
LOUI3 "VU. 3l5
che du roi d'Angleterre. Henri s'empara d'un grand nombre de places et assiégea Toulouse. Mais bientôt Louis, accourant lui-même sous les murs de cette cité , força les lignes ennemies et pénétra dans la ville *.
Le monarque anglais leva le siège ; mais , tandis qu'il prétendait s'éloigner par respect pour ne point combattre personnellement son suzerain, il fit entrer une partie de ses troupes dans le duché de France , et força par cette diversion le monarque français à revenir défendre ses propres domaines.
Les succès de cette campagne furent balan- Trè« ces, et la révolte de quel([ues seigneurs cieter- g,\eicv mina Louis à conclure une trêve avec l'Angleterre. La contestation relative à Toulouse resta indécise. Richard, second fils du monarque anglais , reçut la promesse d'épouser une fille de Louis et d'obtenir pour apanage le duché d ^iuicnnc.
Le mi- de l'Europe se vit alors troublé par* q.i.i. ii.la rivaliU de plusieurs piétendans qui se dis- raresputaient la chaire pontificale après la mort d'Anastase IV et d'Adrien IV, successeurs d'Eugène III.
L'empereur Frédéric Barbcrousse se déclara en faveur d'un pape élu sous le nom de Vic-
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tor. Son concurront, Aloxandi'o 111, proL-laino par une aulie faction , fut appuyé ])ar les vœux des rois de France et d'Angleteirc. A icior ol)- (int une décision favorable à sa nomination dans un concile tenu à Pavie, où se trouvèrent les rois de Hongrie, de Bohème et de Danemarck.
Les ambassadeurs français et an.«:lais lui refusèrent leur assentiment. Son rival Alexandre vit sa nomination confirmée par les conciles de Beauvais et de Toulouse. Les Espagnols y grossirent son parti. Alexandre , vaincu en Italie, se réfugia en France % et du sein de cet asile, il excommunia son adversaire.
L'empereur d'Allemagne, pour terminer ces dissensions, proposa, sans succès à la vérité, le moyen le plus propre à multiplier les dillicultés et à les rendre inextricables : c'était d'élire un troisième pape.
N..QVMU A cette époque la reine Constance, proieclouisapn-^ tricc déclarée d'Alexandre, mourut, et Louis