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lection des souverains pontiies tut assujettie a icdiondes de nouvelles formes, qui devaient rendre ces élections moins tumultueuses. Nicolas II fit décider, dans un concile général, que désormais les cardinaux romains éliraient seuls les papes. Ces cardinaux, autrefois simples curés de Rome , devinrent ainsi en quelque sorte le sénat de l'Église , et prétendirent depuis être égaux aux rois et supérieurs aux princes.
Les évêques et les abbés se montraient moins Desordres dociles que les rois pour le Saint-Siège : ils
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regardaiont , ainsi que les Nobles , la guerre , le pillage, les violences, en un mol les ]>lus infâmes brigandages comme des droits iulu'rens à leur seigneurie : comment la puissance royale aurait-elle pu arrêter ces désordres, lorsque les fils du roi s'y livraient avec autant d'ardeur que les barons, et infestaient les grandes routes avec les seigneurs de Melun , de Montmorency, de Montgommcry, de Montfort, de Ferrières, de Glos, d'Eu, du Puyset, de Beaumont, d'Arqués, et cette foule de châtelains qui se combattaient sans cesse et n'entretenaient leur luxe grossier que par d'odieuses rapines ? La dévastation des campagnes et les gémissemens des peuples forcèrent cependant les rois et les conciles à tenter quelques efforts en faveur de l'humanité. Le concile de Clermont défendit les combats et le pillage, depuis le samedi au soir jusqu'au lundi matin de chaque semaine, ainsi que la veille et le jour de chacune des grandes fêtes de l'année : c'est ce qu'on appela la trêve du Seigneur. Ce décret fut aussitôt violé que rendu; et, pour comble de scandale, on vit Gérard, archevêque de Cambrai , s'opposer à son exécution , en le déclarant contraire aux droits seigneuriaux des évêques.
On eût dit qu'une sorte de pudeur, rappelant
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l'Évangile aux prêtais rassemblés en concile, La trêve du es ramenait a la justice; mais qu a peine séparés, le torrent des passions les emportait de nouveau. L'archevêque d'Arles, présidant un concile dans son diocèse , promulgua la trêve du Seigneur, la viola trois fois , parcourant les campagnes la lance au poing, et revint trois fois proclamer au pied des autels ses fautes et son repentir.
L'ambition, le luxe de la cour de Rome, la Naissance
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Simonie de plusieurs papes, 1 ignorance, 1 orgueil et les débauches d'un trop grand nombre d'évêques et d'abbés, excitèrent dans quelques esprits hardis une vive indignation. Les hérésies naquirent, et leur feu comprimé continua sourdement à s'étendre, couvert sous la cendre des bûchers. Bérenger commença dès ce temps cà professer des opinions contraires à celles de l'Église sur reucharistie ; il fut condamné et se rétracta; mais ses opinions se propagèrent, et depuis répandirent dans le Languedoc les germes des plus funestes dissensions.
D'un autre côté , tous les hommes qui avaient MiUce
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conservé quelques sentimens d humanité, de^rfceparun
. . ^ , bûcheron.
justice et de vraie piété, cherchèrent à se réunir, à se liguer pour défendre les opprimés, consoler les malheureux et poursuivre les brigands. Un simple bûcheron, nommé Durand,
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et que l'cquitc de l'Iustoire aiiiuil dû rendre |)lus eélèbre, conçut hi première idée de celle, association, dojit la paix était le but. L'agneau de Dieu devint le nom et l'étendard de cette confrérie ou plutôt de cette milice chrétienne. Un capuchon blanc couvrait leur armure; c'était leur signe distinctif. Un grand nombre de Nobles vertueux et de saints prêtres suivirent la bannière de Durand, prêchèrent la paix, et combattirent les féroces châtelains qui s'obstinaient à continuer leurs bri.<i:anda."res.
Depuis, la chevalerie française professa les mêmes maximes; d'illustres guerriers se déclarèrent les défenseurs du pauvre, de la veuve et de l'orphelin; et ces premiers preux de la France illustrèrent leurs noms et leur siècle, comme les premiers héros de la Grèce , en purgeant la terre de monstres et de brigands; mais cette gloire n'appartint véritablement (ju'au siècle suivant : jus(jue-là les vices et les crimes, a la faveur de profondes ténèbres, triomphèrent presque universellement des faibles efforts de la vertu.
On ne vit briller en France , pendant cette longue nuit, aucune lumière. Le seul Français cité alors comme lettré fut saint Odillon, qui institua la fête des morts. A l'extrémité de l'Europe, Etienne, roi de Hongiie, ])héno-
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mène pour son siècle , rédigea des lois et composa des livres. Pendant le règne de Henri, on vit neuf papes dans l'espace de trente années , et dans l'Orient neuf empereurs ou impératrices. Le sceptre d'Allemagne fut porté par les empereurs Conrad II et Henri III avec un éclat que ternirent bientôt les tristes jours de leur successeur Henri IV. Ferdinand-le- Grand illustra l'Espagne par ses exploits contre les Sarrasins. L'Angleterre, (jui devait se voir prochainement conquise par un Normand, était alors plus asservie que paisible sous l'autorité de Canut et de saint Edouard. En Ecosse, les crimes et les discordes civiles souillèrent les règnes ensan.frlantés de Macbeth et de Malcolm. Le Nord, cessant de conquérir et de ravager le reste de l'Europe, était livré aux guerres intestines. La Suède obéissait à des princes braves, mais obscurs, tandis que deux Canuts, jMagnus et Suénon, jetaient en Danemarck quelque lustre sur l'autorité royale. La Pologne, conduite par le sceptre belliqueux des rois Misislas, Casimir et Boleslas, sortait de la barbarie. Enfin, la France, si malheureuse par la faiblesse dç son roi et par les discordes de ses grands, imposait cependant quelque respect au monde, par la célébrité des chevaliers normands et par l'iieu-
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i'L'use It'inérité de plusieurs grands capiuiiaes, (els (pic Foulques - Néra , Gcoiïroi-Marlel , Hugues, comle de Damniartin , Guillaume-le- Conquérant, et les connétables Albéric et Montmorency, dont l'épée fit de la charge de connétable la première dignité du royaume. Mort Le roi Henri, brave comme eux, mais mallieureux dans presque toutes ses guerres, ne survécut pas long-temps au sacre de son fils. L'année d'après, atteint d'une fièvre à Vitry, il but un verre d'eau glacée, et prit ensuife une forte purgation , qui lui avait été ordonnée. Ce prince mourut le jour même, soit par l'effet de l'eau froide, soit par celui de la médecine; le bruit courut qu'il avait été empoisonné. 11 fut enterré à Saint -Denis. Sa vie avait duré cinquante-quatre ans et son règne vingt-trois.
Après la mort de sa première femme Matliildc, qui était nièce de l'empereur Henri 111, et dont il n'eut pas d'enfans, ce prince voulait former de nouveaux nœuds. Les mœurs du siècle le jetèrent dans un grand embarras. Lié de parenté avec presque tous les princes de son temps, Henri craignait que, sous ce prétexte', Rome ne le menaçât de ses foudres; et, pour éviter ce danger, il chercha une épouse en Moscovie , pays dont les lus-
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toriens de l'Europe parlent à cette époque pour la premiùie fois. Cette vaste contrée , récemment chrétienne, était seulement connue par l'effroi que ses armes avaient déjà plusieurs fois inspiré aux empereurs grecs. La princesse moscovite, qui devint alors reine de France, était fille du czar Jéroslaw et se nommait Anne; elle donna au roi trois fils: Philippe, qui lui succéda; Robert, qui mourut enfant; et Hugues, qui devint comte de Vcrmandois, en épousant l'héritière de ce fief.
Le roi confia la tutelle de son fils et la régence du royaume à son beau-frère Baudouin, comte de Flandre. La reine Anne , devenue veuve , se retira d'abord à Senlis , où elle bâtit l'église de Saiiit-\ inccnt; depuis elle épousa Raoul de Péronne, comte de Crespy. Comme ils étaient parens, le clergé les excommunia tous deux ; mais ils bravèrent l'excommunication : la mort seule rompit leurs liens, et Anne, devenue veuve une seconde fois, retourna en Moscovie, où elle finit ses jours.
Dans ces temps de désordres, il suffisait, pour qu'un prince parût digne de louanges , qu'il fût brave et religieux : aussi, malgré la révolte de Henri contre son père, ses rigueurs pour son frère, ses injustes entreprises sur les Etats de Guillaume, son pupille, et sa mauvaise
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foi dans les traités, dont il iul puni pai- de fréqucns revers, les clironicjucs du temps en parlent avec éloge : a c'était, disent-elles, un roi belliqueux, dévot et ami des gens doctes, n Elles ne parlent point de sa justice : cette vertu semblait, comme la vérité, exilée de la terre.
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