‹ Histoire des CarolingiensChapitre 21 sur 23 · II · texte numérisé non relu

II

m HISTOIRE DES CAROLINGIENS.

dite (Weimar, Gotha, Eisenach, etc.) un comte Louis, appelé le Barbu, qui fonda la dynastie des Landgraves de Thuringe, laquelle finit en 1247 par l'élection de Henri à l'empire, sur la demande du pape, en opposition à l'illustre Frédéric II de Hohenstaufen. On ignore l'origine de ce comte Louis, qui était venu de la cour de l'archevêque de Mayence. Jusqu'au siècle dernier, plusieurs auteurs se sont prononcés pour sa descendance du duc Charles 1 ; mais cette opinion n'a plus aujourd'hui de défenseur en Allemagne. M. Damberger notamment la considère comme une conjecture émanée de quelque hardi généalogiste.

Cependant les rapports intimes des Landgraves de Thuringe avec la maison de Louvain semblent donner à cette conjecture une certaine apparence de fondement. Adèle, fille de Lambert, comte de Louvain, et petite-fille de Lambert et de Gerberge dont nous avons parlé ci-dessus, épousa, vers l'an 1062, Othon d'Orlamond [Otho de Orlagemund), margrave de Misnie et de Thuringe a . De ce mariage naquirent plusieurs enfants, entre autres Adélaïde qui épousa Adalbert, comte de Ballenstedt, et fut mère d'Othon

i Ernst, dans une note de son Hittoire du Limbourg, 1. 1, p. 409, dit : C'est le sentiment de plusieurs écrivains français et même du P. Pagi, ad an». 990, n» 7, et de l'abbé Longuerue, Opuicul., t. Il, p. ÎI3, mais qui a été victorieusement réfuté par plusieurs savants français et allemands nommément par M. Senckenberg, au ch. î de ses Ftore$ ad hittor. gtrman. tt gallic. $par$i, dans les SHecla jurit et hittor,, qu'il a publiés en 1735, t. III, p. 10-48.

• Ernst, Mémoire sur let comttt de Louvain, p. 3ï.

de Ballenstedt et de Sigefïid, comte palatin du Rhin On voit, par une charte du 21 septembre 1062, que le margrave de Thuringe, Othon, et sa femme Adèle firent donation à l'église de Sainl- Servais de Maestricht des biens qu'ils possédaient à Weert et à Thile en Brabant a ; et, par une autre charte sans date, mais qu'on suppose être de l'an 1112, que Sigefrid, comte palatin du Rhin, parlant des abbayes d'Afflighem, près d'Alost, et de Laach, près d'Andernach, dit de l'une et de l'autre qu'elles font partie de son alleu 3 , ainsi que Hoverhoflen et Meilen en Brabant 4 . Le domaine de Laach lui était échu par succession d'Henri de Laach, comte palatin du Rhin, qui avait épousé en secondes noces Adélaïde, sa mère ; mais l'alleu d'Afllighem et les terres d'Hoverhoffen et Meilen en Brabant ne pouvaient provenir, comme Weert et Thile donnés à l'église de

1 Hahuit (Olto de Orlagetnunde, tnarchio Thuringis) uxorem nomine Adelam, de Brabantia, ex castello quod Loveue dicitur, qute pcpent ei très filias, Odam, Cunigundam, Adelheidem .. Adeleidis vero conjuncta luit Adhalberto comiri de Ballenstide, quem Egeno junior de Conradesburh ioterfecit : qui Adalbertus genuit ex ea Ottonem comitera et Sigefridum palatinum comitera. [Annal. Sax. } ap. Eccard, Corp. histor. medii aevi, t. I, p. 493.)

« Charte du 51 septembre 106î, rapportée par Bulken», Trophée» dt II rabant, t I, p. ï7, aux preuves.

* Uterque locus in allodio rneo situs erat. (Hontheim, lliitoria Treiirensii diplomatica, t. I, p. 492.)

4 Ego vero.... Hoverboffeet Meylen de Brabant addidi. 'Ibid., p. V»V. On lit encore dans une rharte de confirmation donnée par Henri V en <Mî: « De pjtrimomo suo Meylen snlicet in Brabant, 0\eil«nen et Geneheidon. » 'Acla acadtm. Paint , n» 30, p. IÎ6.)

4ï4 HISTOIRE DES CAROLINGIENS.

Saint-Servais par Adèle, que des comtes de Louvain et peut-être des princes carolingiens, par Gerberge, fille du duc Charles.

Il n'est pas sans intérêt de remarquer que le margraviat de Misnie et le landgraviat de Thuringe, dont l'histoire est si intimement liée à celle des derniers Carolingiens, sont passés dans la maison de Saxe et dans la branche Ernestine, dont un membre occupe aujourd'hui le trône de Belgique. Conrad le Pieux, comte de Wettin, que la tradition fait descendre de Wittikind, reçut, en 1126, aux droits de sa mère, l'investiture du margraviat de Misnie, que sa postérité possède encore ; et quant au landgraviat de Thuringe, il fut recueilli par Henri l'Illustre, de la même maison, dont la mère était sœur de Henri Raspon, dernier landgrave de Thuringe, élu empereur en 1247 et tué en 1218.

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