LA BELGIQUE SOUS LES CAROLINGIENS
§ 1. description des Pagi.
La situation intérieure de la Belgique fut profondément modifiée sous le gouvernement des Pépins et surtout pendant les règnes de Charlemagne et de son fils, Louis le Débonnaire. La Gaule romaine réagit bien plus sur la patrie des Francs qu'elle ne se laissa germaniser par eux. Deux grandes forces sociales, la religion et la civilisation, étaient de son côté. Elle avait en outre la langue écrite, le latin, qui se survécut pour ainsi dire à lui-même, en se corrompant, et qui s'avança sous la forme romane ou wallonne jusqu'au berceau même de la confédération franque.
Au lieu de s'opposer à cette espèce de conquête de leur pays, les Francs semblent, au contraire, avoir voulu la favoriser et céder la place aux envahisseurs. Leur goût pour les expéditions guerrières et les con-
quêtes matérielles, joint à leur désir de se créer des positions indépendantes, entraîna au dehors la partie la plus vigoureuse de la nation. L'élément barbare s'affaiblit à mesure que l'élément civilisé gagnait du terrain. Les hommes libres disparaissaient, et les serfs, qui formaient une population brute et peu intelligente, étaient incapables de résister à une transformation qu'ils ne comprenaient pas, et qui d'ailleurs devait leur sembler favorable. L'effet de ce mouvement de réaction sera plus facile à saisir, quand nous aurons fait la description du pays transformé, de ses pagi, de ses villas royales et de ses nombreux établissements ecclésiastiques.
Dès qu'un peu de jour commence à se faire sur la topographie politique de nos contrées, on voit paraître le Bracbant, le Teisterbajit, et YOsterbant. Ces dénominations semblent indiquer qu'il y eut d'abord de grandes divisions territoriales par banl 5 . Un autre système de division ou de subdivision se montre presque en même temps : celui des gaus ou gowen, devenus pagi sous l'influence gallo-franque. On est parvenu à tracer une géographie à peu près complète des pagi, en étudiant les actes des septième, huitième et neuvième siècles. Nous avons recueilli, tout ce qui a
1 TeitUrbant est probablement une forme corrompue de Weile rbant, par opposition à Oosterbant. Un auteur célèbre s'ex crime ainsi : « Bant limit< m signiflcat; sic Oisterb«nt et Westerbant appellaia qu» Austrovanti.im el Wcstrovantiam non bene efferuntaut scnbunt. Just. Lips lib. Il, c 13.» Le mot bant est quelquefois synonyme du mot payut; il signifie plus souvent U limite, la mark; par exempte, celle du Markgraviat d'Anvers.
DESCRIPTION DES PAUI. 9t
été publié sur ce sujet, et en y joignant les données éparses dans les chroniques, les chartes, les diplômes et les documents divers de l'époque, nous avons essayé de faire un tableau général de ce qu'était physiquement la Belgique sous l'empire carolingien; nous avons décrit successivement le Brabant, la Hesbaie, la Toxandrie, aujourd'hui Campine, le Masgau , le Luihgau ou pays de Liège, le Condroz, l'Ardenne, le pays de Lomme ou de Namur, le Hainaut, l'Artois, le pays de Terouanne,la Flandre et ses subdivisions.
Le Brabant, mentionné pour la première fois par saint Liévin, dans son épitre à Florbert, vers l'an 630 *, formait quatre comtés. C'est l'acte de partage de l'an 870 qui nous l'apprend ; mais il n'en dit pas davantage, de sorte que la situation de ces comtés est pour nous un problème. Tout ce qu'on sait, c'est que le Brabant s'étendait le long de l'Escaut, depuis Tamise, Temseca, jusqu'à la frontière du Hainaut près de Condé. Il était limité au sud par la Haine, à l'occident par l'Escaut, à l'orient par la Dyle, au nord par l'Escaut et le Rupel. La partie de la ville de Gand qui se trouve sur la rive droite de l'Escaut était située en Brabant : c'est ce qu'au-
' Impia barharico gens exagitala tumullu.
Hic Bracb.iiita furil, meque rruenta petit.
Le plu» am ieu monument historique dans lequel on trouve le nom du Bradant est une charte de Pépin, donnée l'an 750 en faveur de l'abbaye de Saint-Denis en France 'Wxstelain. Detcription de la Gaule Belgique, Lille. i:f»!, p H7.y
Dfc HISTOIRE DLS CAROLINGIENS.
jourd'hui même attestent le Hraband-dam et le brabandbruggc y à Gand *.
Des quatre comtés entre lesquels le Brabant se partageait, un seul est nommé dans l'histoire : c'est le comté d'Eenham *, dont l'antique château fut détruit, au commencement du onzième siècle, par le comte de Flandre 3 . Les autres sont absolument inconnus. Les comtés de Bruxelles et de Louvain existaient-ils déjà? On ne peut répondre à cette question que par des conjectures. Wastelain parle d'un pagus Senonagus ou de la Senne qui se serait étendu le long de cette rivière depuis sa source près de Soignies jusqu'à l'endroit où s'éleva la ville de Bruxelles. L'existence de ce pagus n'est fondée que sur un passage de Frédegaire où il est parlé de pago Senonago (ch. 48) ; mais il est assez douteux que ces mots s'appliquent aux rives de la Senne 4 . Il est fait mention de Brosella, qu'on sup-
1 Dans un diplôme de l'an 819, l'empereur Louis dit expressément : Et monasterio quod dicitur Gauda, quod situm est in pago bracbantense. (Mir., Opéra diplom., t. 1, p. 18.) Il paraît que le monastère de Suint-Ifovon fut primitivement établi au confluent de la Lys et de l'Escaut, sur le territoire du Brabant. (Wastelain, Detcriplion de la Gaule Belgique, p. 45i.)
* Baudouin de Lille, comte de Flandre en 10ù3, qualifie Eenham de caetellum antiquum. (Do Vadder. Origines de» dur» de Brabant, t I, p. i<ii, édit. de Paquet.) Ce château appartenait, au dixième siècle, à Godefroid d Ardenne, qui jr fonda une église collégiale. (Balderici chronicon Camer., p. 264 .)
* E*l in territorio bracbantensi locus quem dieu ut Eiham, qui jampridem salis florueratteculariter et membris et colonis. (Charte d'immunités de Lieibert, évéque de Cambrai, dans Miraus, Diploma belg., 1. 1, p. 15! )
« Wastelain, Description de la Gaule Belgique, p. 465.
DESCIUPTION DES PAGI 9".
pose être Bruxelles, dans la vie de saint Vindicien mort en 695, suivant Haïrœus *, en 705, selon Ghesquièrc 3 ; mais le château de Bruxelles, qui aurait pu servir de résidence à un comte, ne paraît avoir été bâti qu'au dixième siècle *. Louvain n'apparaît dans l'histoire qu'en 884, avec la qualification de locus 5 , ce qui n'indique pas la résidence d'un comte; el quant à son château, on pense qu'il fut bâti par l'empereur Arnould, après la défaite des Normands, en 894, ou, plus vraisemblablement, par les comtes de Louvain, au siècle suivant 6 .
Il est fait mention d'un jmgus Rodanensis ou Rodinensis dans un acte de prestarie fait a la demande d'Eginhard, abbé de Blandiniuiii, en 839, et conservé aux archives de la Flandre orientale à Gand. M. Warnkœnig, qui a publié cet acte pour la première fois 7 , pense que le pagus Rodanensis est le pays de Rode, devenu plus tard marquisat de Rhode. Ce pays est trop petit pour qu'on puisse le considérer
» Chnm. BalJer.. I 1, c. ÎS. p. 5 ., edU. de \<,\'o ; Hi$l. de Bruxelle», par llenne et Wauters. !. I, p. 8.
* Chron. durum Brab , t. I. p. iù.
« Aela SS. BtUj. sel., t V, p i.04 et .'<::t.
* Schayes, Les Payx-Bat atant et pendant la domination romaine, t. 11, p. 442, é Ji-. «le IS*:i8. Une charte de l'empereur O'hon II, de l'an 97G, est datée de Bruoliula, ce qui doit faire supposer que dos lors re prince > «▼ait en palais. (M-r., Oper. diplom., t. I, p. 3H )
* In loco qui d'dtur Loven (Regin. chron., ann. 884 i
* Schayes, /. r . p. 446. L'existence du premier couiie de Louvain n'est constatée que par une charte de l'an 100:t. Voyez 31 moire $ur le$ comtes de Louvain jutqu'ù Gode froid le Barbu, par Einst, Liège, 18(7.
» Hiitoire de Flandre, t. I. p. 3iB.
comme un des quatre comtés qui composaient le Brabant.
Plusieurs localités de cette province, particulièrement celles où il y avait des monastères, sont mentionnées dans l'acte de partage du royaume de Lothaire, ce qui permet de leur supposer une certaine importance. Nous y trouvons Condé, Condatum *, situé au confluent de la Haine et de l'Escaut ; Antoing, Antonium; Leuze, Luitosa *; Soignies, Sumniacum; Meerbcek, Mervebecchi , près de Ninove; Dickelvenne, Ticlivinni, sur l'Escaut. Nivelles, avant la fondation de l'abbaye de Sainte-Gertrude, était l«*obablement une villa appartenant à Pépin de Landen;elle existait sous les Mérovingiens, puisqu'on trouve le nom de Mvialcha sur une monnaie mérovingienne. Charles le Chauve y fit frapper des deniers à la légende ISÏviella viens 5 . Le nom dWlost, qualifié de castrum, se trouve dans un diplôme du comte Rodolphe de l'an 870 4 . On rencontre aussi Vlierzele, Flithersala, et Gysenzele, Gisingarule, du pays d'Alost,dans un diplôme de Charles le Chauve de l'an 864 \ Un autre diplôme du même, de l'an 877 6 ,
« Voyez hulkens Trophttt de Bralxint. t. 1, p. 17.
* Fiscum nostrum qui >oratnr Lut!;osa in piigo Brj< liant. (Diplom do Oharlemagne. do l'an Hnî, dans Mnonia. Diplom Mg., t. III, p. H.
* Piot, Revue de numiimatioue, t. IV, p. .U»8; S hayes. Lu Belgique et Us Payi-Ba», t. III, p. **5
* Sanderus, Flandr. illuttr., t. II. p 193.
« Mir. Oper. diplom., t. I, p. -.6.
•Mir. ibid,K. I.p.BOÎ
nous parle de Goick, Gaugiaco, de Lennick, Liniacum, de Wambeek , Wambacis, Tubise, Tobacis , litre, Iturna, Rebeque, Bosbacis, Hennuyères, Hanuaria, Baulers, Solarium. Un troisième diplôme de Charles le Chauve, de Tan 880, nous apprend que Ville, Villa, aujourd'hui Ville-sur-Haine, était située in pago Bracbantense 1 , ce qui prouve surabondamment que la Haine formait la limite du Brabant et du Hainaut. Dans un diplôme de l'empereur Othon II, de l'an 976, on attribue encore au Brabant Hauthem, Holthem, déjà mentionné dans la vie de saint Liévin, Wetteren, villa Warminia, Leupcgom, Lapingehem, et Baclegem, Bamingehem *. Enfin l'évêque Lietbertus, en 1064, indique comme étant situées dans cette province, in pago Bracbanlensi, l'église de Melin près d'Ath, et la villa de Nieuwenhove près de Grainmont 3 : d'où l'on doit nécessairement induire qu'à celte époque moins reculée, les limites du Brabant étaient encore les mêmes. Moorscl et Ham, situés à peu de distance d'Alost, sont nommés dans la vie de sainte Gudule 4 ; Assche et Grimberghen, dans la vie de sainte Berlinde s ; Saintes, près de Hal, dans la vie de sainte Amelberge 6 ; Wavre, dans l'histoire des
> In pago Bragbantense, in loco qui dicitur Villa. fMir., Oper diplom., 1. 111, p. 10 ) » Mir. Oprr. dipl., t. 1, p. 3U.
» Mir. Ibid., t. I,p. 156.
* Acta SS. Delg. selerta, t. V, p. 6û9 et suiv.
s Acta Sanrt. ord. S. Bened., P. 1, sœc. III. p 16; D. Bouquet, t. III, p. 6Î6.
• Acta SS. Belg. ultet., t. IV, p. 639.
OS HISTOIRK DliS CAROLINIGKNï;.
miracles de saint Trudo 4 . M. Imbert signale encore, parmi les localités du Brabant, Cambrou, donné à l'abbaye de saint Denis en 750; Turneppe donné à l'abbaye de Gembloux en 950; Crombrugge, mentionné dans une charte de la même année; Matercn, donné a l'abbaye de saint Pierre en 998 ; Isque, mentionné dans une charte de Louis le Débonnaire ; Mortagne, château détruit en 928; Renaix, abbaye; Ecaussines, donné à l'abbaye de saint Denis en 950 ; Scorisse, déjà nommé en 822 ; Zellick, qui ligure dans une charte de 974 ; Escormais, mentionné dans une charte de 864 ; Baceroth ou Baesrode, donné à l'abbaye de saint Àmand en 822 *.
Il semble résulter de ces documents que la partie méridionale du Brabant fut peuplée avant le reste de la province. Cependant on trouve déjà le nom de Malines, Malinas, qui appartenait au Brabant, dans un diplôme de Pépin de l'an 753, cité par Grammaye \ et dans l'acte de partage du royaume de Lothaire, de 870. La première mention de Vilvorde, VUfurdo, remonte à l'an 700. Cette localité figure parmi les lieux donnés à l'église de S l *-Marie de Chèvremont par Pépin d'Herstal, et dans un diplôme de Charlemagne daté d'Herstal, 3 mai 779, qui approuve cette donation *. Steenockerzele et son château de Ham,
' Avta SS. Bt\$. telecl., t. IV, p. ÙV).
* Geographia pngorum, p. 82—109.
* Mit. uriis tlprov. ilechl., I. I. sect. 3.
* Mir. Opet. dij>l.,\. 1, p. *96.
DESCRIPTION DES P.iGl. 99
qui existe encore, rappellent bien certainement Ochinsala et Ham, donnés par Pépin d'Herstal à l'église de Saint-Trond l .
De même que le Brabanf, la liesbaie était divisée en quatre comtés, que l'acte de partage du royaume de Lothaire ne nomme point. Une charte de l'empereur Henri III, de 1040, désigne comme situé dans le Haspingau le comitatus flaspinga; c'est probablement la partie centrale de la Hesbaie 5 . Desroches 3 a cru reconnaître le deuxième comté dans le comitatus Nostenacum, mentionné dans une charte de l'an 946, parce que plusieurs des localités qui y sont énumérées semblent se rapporter aux environs de Jodoigne. Mirœus 4 pense que ce pourrait bien être Wassenacum, Wastines, situé entre Gembloux et Jodoigne. Le savant Wastelain 5 opine aussi dans le même sens; mais voici venir M. Grandgagnage, qui démontre, non sans apparence de vérité, que le comitatus Wastenacus, dont il s'agit dans la charte de 946, est le Gàtinois, où se trouvent des localités
1 In villa quœ cognominalur Ochinsala et in altéra villa qtise Jicitur Uam. (Vilatancti Trwtonis. op. Ghesquière, Â<t. SS. Belj. selectt, I. V, p. 4M
1 Crunitatum Arnoldi comkis, nomme Hnspingo, in pago Haspingow situm. (Mir. Opéra dipl., t. 1, p. îtii.)
3 Mémoire sur la question des contrées, cantons, pays, etc., des Pays- Bas, Bruxelles, 1771, p. 31.
« Diplom. belg., t. I, p. 140, note 6.
5 Description delà (Jrtule Belgique, iiugmentce par Pacquot, BruxHIe*. 1788, p. Î9C>.
dont les noms correspondent exactement à ceux du diplôme *.
Suivant Wastclaiu (page 210) et M. Imbert *, il faut placer dans la Hesbaie les comtés de Moilla et de Brugeron. Le premier nous parait fort contestable. On lit dans le testament du comte Evrard, de l'an 837 : « Et curtem nostram in pago Moila quai vocatur Helissem » Comme il y avait près de Tirlemont une abbaye de Prémontrés qui portait le nom de Heilissem, Wastelain en a conclu que le pagus Moila devait être cette contrée. Mais le comté de Moilla était dans le pays des Atluaires, et la curtis de Heilissem est probablement le village d'Elsem, près de Wassenberg *. Nithard parle d'un comitatus Moilla n et il le place dans la partie basse de la Meuse, le long de la frontière des Ripuaircs. Ce comté n'était autre, suivant M. Grandgagnage, que le pagus Muolla ou Muola cité dans deux diplômes de 898 et 1139 B . Brugeron est le nom donné par Wastelain au comté de Brunengerunz ou Brunengurt, situé près de Jodoigne, vers l'endroit où se trouve aujourd'liui
« Mémoire tur lesanrifns noms Je lievx, p. 112.
» Geographia pagorum, p. 11*. dans les Annales de l'université de Lo«vain, ann 1818-1819.
» Mir. Opéra dipl., t. I, p. *0.
* Moke, La Belgique ancienne, p. 458, note.
* Nith. hist., Itb. I, c.6.
* Voyei l'excellent mémoire de M. Ch. Grandgagnage sur Ut ancien» nom» de lieux, dans les Mémoires de l'Académie royale de Belgique, t. Î6, p. 106, 107 et 159.
DESCRIPTION DUS PAOI .01
Roux-Miroir *. Dans un diplôme de l'empereur Othon II, de l'an 984, il est fait mention du comitatus Brunengerunz *. Dans un autre diplôme de l'an 1036 on lit comitalum Brunengurt 3 . Le comité de Looz, Lossensis comitatus, en flamand Loeti, et le canton de Léau, pagus Lewenticum, dont il est fait mention dans une charte de Louis le Gros de l'an 882 *, faisaient également partie de la Hesbaie. Dans un diplôme de l'an 838, il est parlé (ÏHasnoch, super fluvio Merbate, in pago Ilasbaniensi seu Dyostensi 5 ; le lieu et la rivière sont aujourd'hui inconnus.
Les endroits qu'on peut regarder comme étant déjà déterminés à l'époque dont nous nous occupons sont principalement : Landen, berceau de la famille des Pépins 6 ; Wamont ou Wasmont, près de Landen, où l'on voit encore aujourd'hui un tumulus 1 ; Saint-Trond, Sarchinium, qui doit son existence à l'abbaye de ce
1 On trouve une description du comté de Brunengerunz, (Lins Gilles <i'Orv;i| ( , h 11. M, ad ann «099. cité par M. Grandçagnage dans le métnoiie susmentionné, p. t(T> et suiv.
* Mirai Opéra diplom., t. II, p. 807.
» Ibidem, t. I, p. 2G:l.
4 Beriholet. Histoire du Luxembourg, t. II, p. C8.
* Mir. Dipfom., t. 1. p 499.
* Landen, «fui fut s .ccigé et brûle plusieurs fois, en SSO par les Normans, en 10< 2 par le conile d'Ardennc, en et «ifiO r»r les Liégeois, en 13:1V par le tomte de la Marck, en 1 18.' par d'Arenderg, et peu d'années après par le duc de Saxe, conservait encore au div-icplieme siècle l'aspect d'une ville, ayant trois portes et des remparts munis de cinq tours. (Del vaux, Dklionnaire géographique de la province de Liège, i* p >i tie, p. 158.)
» Mir. Oper.dipl., 1. 1, p. 133-140.
nom «; Halmael, Halmala, près de Saint-Trond *; Halen, mentionné dans une charte de l'an 746, en même temps que Yelpen, Felepa, Mcerhout, Marholt, Schaflen, Schafnis, et Donck, Dungp*; Diest, Diosta, point de départ de Clilodion 4 ; Munster-Bilsen, Be~ Hsia, sur le Démer; Meldert, Mahlaria, où Pépin de Landen fonda le premier des monastères de la Belgique; Waremme, liorchworm ou Borchwarem, où se trouvent doux tumuli à côté de la chaussée romaine; WintershoYcn,t>fï/a</i )Yintrehovc, dont il est fait mention dans la vie de saint Landoald, vers 6o7 et dans un diplôme d'Othon II, de l'an 976 5 ; Tongrcs, la plus ancienne ville de la Belgique, détruite au sixième siècle par les Huns; Hermallc, Ilarimala, cité dans un diplôme de Lothaire, de l'an 844 °; Looz ou Borchloen, chef-lieu du comté de Looz qui existait depuis le neuvième siècle 7 .
Citons encore, d'après Imbert, Awaulia, Wanglie ou peut-être Awans, donné par l'empereur Lothaire à l'église d'Aix-la-Chapelle en 844 8 ; Geldonia, Jodoigne,
» Saint-Trond est qualilio de ulla nomint Sarvtnio dans un diplôme de l'an 7*0. (M r. Optr.difl., t. I, p. Vj3.j
• Mir. Oprr. dipl., t. I, p. IJG.
» Ibi l., p. 193.
• Suivant Des Hoches, Diest était connu sous le nom de Dtotta depuis io six icme sitcle. Wendelio rite un diplôme daté de Diosta en 898. Voir le mémoire de Des Roches sur la question des villes des Pays-Bas, Bnixellee, 1770, p. i*.
» Mirte: Optra dipl., 1. 1, p. 3H-3V5.
• ibid., p. 3:i7.
1 Robins, Topogr. comit. Louent , p. 116.
» Mir. Optr. dipl., t. I, p. 3J7.
DESCRIPTION DES PAG!. m
que Grammaye croit avoir été une résidence royale 1 ; Guigolonhian , Guighoven , mentionné dans une charte de l'empereur Othon*; Amanium, Amai, sur la Meuse 3 ; Uermez, probablement Hermée, mentionnée dans une charte de l'an 948 * ; Hildina, que M. Imbert suppose être Hesdam, sur la Mehaigne 5 ; ImburciOy appelé Islebruc par le même auteur 0 ; 0rpium, Orpe, aujourd'hui Orp-le-Grand 7 ; Torona, Tourinne, donnée au monastère de Saint-Vaast, en 673 8 , et Velm, mentionné dans une charte d'Othon II, de l'an 982 ».
La Toxandrie, située au nord du Brabant et de la Hesbaie, est cette vaste contrée qu'on appelle aujourd'hui la Campine, et qui, à cette époque, s'étendait vers le nord jusqu'au Teisterbant ,0 ; de l'ouest à l'est, depuis l'Escaut jusqu'au Masgau, pays riverain de la Meuse. Les pagi de Ryen et de Slryen, sortes de
1 Grammaye, in Gallo-Bra>>., p. 39.
» Mir. Oper.dtpl., t. 1, p. floit
3 Wastelatn, I)r$criptton de la Gaule-Belgique., p. SIS.
* li.r Oper. ,lt P lom.,t. I, p. 13*>-1 Vo.
* Imbert, Geographia pagorum, p. Il ; et 110.
• Ibidem.
' Grammaye, in Galio-Drabnnt., p.
• Mir Oper. diplom , t I, p. lî»
» Chron. Gottw., 1, voce Hnsbatua.
«• Le Teisterbant. d'à prés Wastelain , s'étendait cnîre le Leck, le Wahal et la Vieille- Meuse, depuis la joncttoîi de res mit-tes au couchant jusqu'auprès do B-.ircn à l'Orient. Il roiiietunt les villes de Duerstede, Dortttadium, et de Tiel, les forteresses d'Arkel, de Dordrecht, qu'on supjmse être l'ancien château de Dutfos, et lsseluior.de, à l'emlouciuire del'l>sel. (D*$cription d$ la Gaufc Belgique, p. 18 » .)
démembrements de la Toxandrie, se confondent souvent avec elle dans les monuments anciens, tant les limites qui les séparent sont peu déterminées.
Le premier, le pagus Riensium ou Renensium, correspondait à peu près à ce qu'on a appelé depuis le marquisat d'Anvers. Lierre, qui ligure sous le nom de Ledi dans l'acte de partage de l'an 870 faisait partie de ce pagus. Le testament de saint Willebrord'y place Anvers, Antwerpum castellum, dont il est fait mention dans un diplôme de l'an 725 5 , ainsi que Bouchout. Racwalde; Wyncghem , Winnelincheim; Vorsselaer, Furgalare. Dans une donation faite par l'évêque Aufridus a l'église d'Ulrecht, en 90 i, on désigne comme situés dans le comté de Ryen, iufra comitatum Rien nuncupatum, Westerlo, Odlobolo, Mierbeke, lloybelte et tturente *. Ces biens paraissent être ceux qui furent donnés en emphytéose par l'église dTlrecht a Richard de Mérode, en 1429, et qui sont situés à Westerloo, Oelegem ou Oclem, et Berchem 5 . Ln diplôme de l'an 1008 fait encore mention de Heist-op-den-berg, Heist et Heisten. et de Quaed-Mechelen, Madines,
1 Lierre doit son origine a saint Gotnmaire qui y bûlit une cellule vers ) an 7* 0. (Van Lom, Besïhryzing der stad Lier ) « M r. Opéra dipl , t. 1, p. H » Ibidem, p. 10.
* Ibid., p. î>î.
* Mir. Dipl. belg., lib. Il, p. 2Î3. Westerloo et Meerheck ont conservé leurs noms ; Odlobolo peut Cire devenu Oelem ; Hoybeke parait être Uoboken , et Bu renie pourrait bien être Berchem.
DESCRIPTION DES PAGl
comme faisant partie du Waverwald situé dans le comté d'Anvers «.
Le pagus striensis correspond au pays où sont situées aujourd'hui les villes de Berg-op-Zoom, de Bréda et deGeertruidenberg. Il comprenait une partie du Beierland. Un diplôme de l'an 966 place Berg-op- Zoom. non dans le comté de Stryen, mais dans la Toxandrie * , ce qui indique bien que ce comté n'en était qu'une subdivision.
Le comté de Mansuarie, pagus Mansuarinsis, dont il est fait mention dans le diplôme de Robert, de l'an 746 3 , parait avoir été une troisième fraction de la Toxandrie A . Resserré entre le Démer et la grande Nèthe, il confinait au pays de Ryen vers l'ouest, au Masgau vers l'est. Schaften, Schafnis, et Meerhout, Marholt, cités dans le même diplôme, faisaient partie de ce comté. Butkens pense que l'emplacement où fut construite l'abbaye d'Everbode, Averbodium, y était également compris 5 .
Indépendamment des endroits précités, le testament de saint Willebrord mentionne comme situés dans la Toxandrie, Wadradoch, super flumine Dulh-
» Quod totum Waverwald appellatur in comitatu qui Antwerf dicitur situm. (Mir. Oper. dipl., t. I, p. 53.)
* Iïercditas sa notas Gcrtrudis sita in pago Tessandria super fluvio Struona, in villa quao dicitur Bergom. (Mir Optra dipl., t. I, p. 6 :>».)
* lstn loca supra dicta sunt in pago Hasbaniensi et Mansu.innsi. (Mir Oper. dipl, 1. 1, p 493.)
« M. Imbert le place dans la Hesboie. (Geogr. pagor., p. 59.) #
* Cette abbaye ne date que du douzième siècle ; son acte de fondation est de l'an 1136
mata, probablement Weerdt, ou Valkenswaard sur la Dommel; Busloth, Boxtel; Bobanschot, sans doute Boekholt, ou Boeschot, suivant M. Imbert; Pieplo, aujourd'hui Poppel; Uineslothen ou Heinesloth, probablement Einthout , ou Eynschot sur la Dyle , d'après M. Imbert; Alpheim, aujourd'hui Alphen, entre Turnhout et Bréda 1 ; Diosna , super fluvio Digena, probablement Dyessen, ou Dilsen près de Maeseyck.
Des Boches cite encore d'autres documents dans lesquels il est fait mention de quelques localités de la Toxandrie telles que Buel, Budelio, entre Hamont et Weerdt * ; Vorst, villula Forest, à peu de distance de Westerloo 3 ; Erpel, Herpina, au pays de Bavestein ; Rosmalla et Ortina, aux environs de Bois-le-Duc; Peelt, Palati *; Norderwyck, Aorthrevic, et Edeghem, Edingehem*; Tessenderloo et Hamme, aux sources de la Nèthe 6 . Enfin Gheeî, villa de Gheel, est cité comme existant au septième siècle dans la vie de sainte Dymphne 7 .
* Alphen, dans Je pagus Toxandria, occupe l'emplacement de VAlbiniana des Romains; il est nommé aussi pur Eginbard, dans son histoire de la translation des s mils Martyrs, édit., Teulet, p. 3*4.
* Mir. Oper.dipL, t. I, p. 496.
* Traditione» Laurùhamemt», ex chron Gottw , t. II, p. 796.
* Mir Oper. dipl., t 1, p. 34V
* Cet endroit est mentionne dans la vie de saint Trudon (Imbert, Gtograph pagor., p.7l;Des Roches, Mémoire $ur laquettiondet contrttM, etc., p. 34 et 35.)
' Ghesquière, Aeta Sonet. Belgii ulecta, t. V, p. 407.
Le Masgau s'étendait sur les deux rives de la Meuse depuis Visé jusqu'au Teisterbant; il confinait vers l'est aux pays des Hipuaires et des Attuaires, du côté de l'occident à la Hesbaie, à la Mansuarie et au pays de Ryen et de Stryen. Il était divisé en deux parties : la partie haute, ou Masau superior, était comprise entre Visé et l'embouchure de la Roer; la partie basse, ou Masau subterior, se prolongeait jusqu'aux environs de Bois-le-Duc. On ne connaît pas exactement sa limite septentrionale *.
Visé, Velsatum, qui formait la limite méridionale du Masgau supérieur, est nommé dans l'acte de partage de l'an 870 *. Si l'on en croit les historiens liégeois Fisen et Bouille, la première église de Visé avait été fondée par Berthe, fille de Charlemagne, et consacrée par le pape Léon III. Eginhard parle d'un domaine royal appelé Vuasidium, situé dans la Hesbaie. M. Teulet, traducteur de ses œuvres, a pensé que c'était Visé, et en a conclu que la Hesbaie s'étendait jusque sur la rive droite de la Meuse 3 . C'est une erreur évidente : le Vuasidium d'Eginhard, appelé Wasiticum dans un diplôme de l'an 814, et Wasidio dans YAmplissima coUeclio de
1 Hadr. Vales, Nolitia Galliarum. p. 361 et suit.; Chron. Gottwic; Wastelain, Des Roches, etc. M. lmbert conteste la division du Masgau en supérieur et inférieur.
* Liugas quud do ista parte Moss est, et pertinet ad Velsatum. (Bal us., U II, p. MV.
» LnctMvrt» i'E'jinhard traduites tn français, note de 11 page 315.
108 HISTOIRE DES CAUOLING1KNS.
Martène et Durand, n'est autre que Wasseige, où fut signé le second diplôme de l'an 746 1 .
Près de Visé, dans la commune de Bombaye, en flamand Bolberg, est un hameau appelé la Tombe, auquel se rattachent des traditions historiques. On rapporte qu'en 562, les Huns traversèrent le Rhin et se répandirent tlans le pays jusqu'à la Meuse. Sighebert, roi d'Austrasie, marcha contre eux, et leur livra bataille dans la plaine située entre la Meuse et les villages de Mouland et de Bombaye. Le fort de l'action eut lieu à l'endroit auquel on donna depuis le nom signiticatif de la Tombe *. A peu de distance de la est une vallée qu'on appelle Chilberî grebbe, par contraction sans doute de Sigeberl grebbe, fossés de Sighebert 3 .
Un peu plus bas, sur la Meuse, se trouve un autre endroit non moins célèbre : c'est celui où se rencontrèrent Charles le Chauve et Louis le Germanique, en 870, lorsqu'ils eurent une entrevue à mi-chemin de Herstal a Meersen. On a longtemps cherché cet endroit; M. Caumartin nous semble l'avoir trouvé 4 . Il indique, à égale distance de Herstal et de Meersen, une sorte de promontoire s'avançant dans la Meuse, sur lequel est bâti le château de Navagne, dépendant
' Grandgagn.ge, Mémoire tut le* auciriu nom* de lieux, p. iî et. 23 ; Vo- <abulaire de$ anciens noms Je lieux, p. 1%.
1 Bouille, H moire de Liège, t. 1, p. 16
• Caum&rtin, Promenade* dan* le* environ* de Vite, p. 11. Liège, 180 i.
* Ibidem, p
DESCRIPTION DES PAGÎ. log
de la commune Je Mouland. On donne à cet endroit • le nom de ÏElft ou Helven, qui a un rapport incontestable avec helft, halfweg, moitié, mi-chemin.
Le Masgau supérieur contenait encore Maeslricht, Trajectum Mosœ, où saint Servais avait transporté le siège épiscopal de Tongres, et dont Eginhard dit que c'était un endroit peuple et commerçant 1 ; Meersen, Marma, lieu célèbre comme résidence royale *. Elsloo, appelé Haslou par les chroniqueurs, où s'établirent les Normands à l'époque de leurs invasions 3 ; Susteren, Suestm, abbaye fondée par Pépin d'Herstal, et Eyck ou Alden Eyck, Evha, autre abbaye située près de Maeseyck. Ernst place également dans le Masgau superior le pays de Fauquemont, et celui de Dalhem en partie *.
Du Masgau inférieur on ne cognait guère que le monastère de Bergh, dont il est fait mention dans l'acte de partage de l'an 870, Blerick, près de Ruremonde 5 , et Ganglude, Gangelt, qu'Eginhard désigne comme un domaine royal 6 . Eginhard fait aussi men-
1 Estqne haliiiniitium et praecipue nogocialorum multitudine frequealisstœus (Emli , De translat. martyr. Marcel, et Petr., I. IX, c. 81 )
■ Meersen exis «ituVjà sous les Mérovingiens, si l'on en croil Eccard. (Comment, de rebut Franc Orient., Il en est fait meulion dans un acte de l'an 847, coneentut apud Mannum. Mir. DipL. t. I, p. 53.)
» Un diplùme île Lolhairo de l u» fc60 est date d'AIsloo : artum AUIoq palatio regio. Codex Laurish. dtplom., édit. Lameil, 1. 1, p. 54.)
4 Hiitoiredu Limbourg.i. l,p. 314 et «$28. Voyez aussi l'intéressante monographie de M. Rahbcnl cck, Histoire du comté de Dalhem. Bruxelles, 18Si.
« Ulangge in pago Mosao. (Chron. Gotlwic, t. 1, p 6&i )
• Hittoire de la tranilvtion de» SS. Martyr», liv. VI, chap. 67 ; dans l'édition de i8oti do M. Teuiet. p. 3 'i.
110 HlSTOlftE DES CAROLINGIENS.
tion d'un, village appelé Gheule, situé entre Maestricht et Meersen et qui porte encore aujourd'hui le môme nom 1 . Il appartient plutôt au Masgau supérieur; mais Kessel, Castellum, ancien fort romain, reconstruit par Julien, est du Masgau inférieur, ainsi que Wilre, Walare.
Le pays de Liège {Luihgowe ou Luihgau, qu'on a traduit par Leuhius *, Leuchius, Leochensis, Liuvensis, et puis Liugas, Leugas, pour aboutir à Liège), s'étendait le long de la Meuse depuis le Condroz jusqu'à Visé. « Il était situé, dit M. Grandgagnage, presque en entier au nord de l'Emblève, à l'est de l'Ourthe et de la Meuse; la portion qui se trouvait à l'ouest de ce fleuve ne devait guère comprendre que Liège et ses plus proches environs 3 . »
Le Luihgau faisait partie du pays des Ripuaires, dont il parait avoir été un démembrement. C'est pour cela sans doute qu'il est appelé pagellus Leuhius dans un diplôme de l'an 779. Le pagus liipuariorum se divisa d'ailleurs en plusieurs pagelli; dans le partage des États de Lothaire il est désigné comme formant cinq comtés, in Ripuarios comitalus quinque. M. Pertz trouve
1 Histoire de la translation des SS. Martyrs, liv. VI, chap. 67.
• On lit dons un diplôme de l'an 77y : Angelgiagai in pagtllo Leuhio. (Mir. Qptr. dtrlom., t. I, p. 490.}
» Vocabulaire des anciens noms de lieux de la Belgique orientale, par Ch. Grandgagnage. Liégo, 1859, p. 4L II paraît certain que la ville de Liège a pris naissance sur la rive droite de la Meuse, dans le pays essentiellement germanique des Ripuaires. Le nom de cette ville ne peut donc pas provenir du mol latin Legia, qui est l'appellation donnée a un petit ruisseau de la rive gauche.
DESCRIPTION DES PAGÏ. 111
ces comtés dans les pagi de Juliers, de Tolbiac ou Zulpich, de Cologne, de Bonn et de l'Eifel *. Indépendamment de ces comtés, l'acte de 870 fait mention du pagus de Liège, Liugas, et des districts d'Aix-la- Chapelle et de Theux 2 . Suivant Besselius 3 et le curé Ernst 4 , le pagus de Liège embrassait vers l'orient toute la contrée où se formèrent tant le duché de Limbourg que les districts de Theux et d'Aix. Des Roches pense aussi que le pays de Liège comprenait la partie du Limbourg où est située Aix-la-Chapelle 5 .
La démonstration d'Ernst ne laisse rien à désirer. Cet auteur prouve de manière incontestable que longtemps après la création du district d'Aix, on désignait encore comme faisant partie du pagus de Liège, Wandre 6 , Mortroux 7 , Fouron, Courtil 8 , Soiron, Soumagne 9 , Iteren.Vals, Epen, Fauquemont 10 , Geinraenich
1 Scilicet pagos Juliaeensem, Coloniensem, Tulbiacensem, Bonnemem sive Aregowo et Eifelgowo. {Script., t. I, p. 488, note.)
* Liugas quod de bta parte est, districtum Aquense, districtum Tectis.
* Prodromut chron. Gottwic, p. 056.
' Histoire du Limbourg, t. 1, p. 315, publiée pir M. Lavalleye.
6 Mémoire sur la question des limites des diverses contrées des Pays-Bas, couronné eu 177o, imprimé a Bruxelles en IT7I.
• In pago Leurhio, in comiiatu SigirharJi in villa vocata Wandrio. (Diplôme de l'an 905, dans le Codex diplomaticus d'Ernst, t. VI, p 89.)
7 In comitatu Leuchia Morlanum. (Dipl.de Pou 910; Mir. Op. dipl., t. I, p. S64.)
• Pago Luihgowi, in comitatu Rtcherii, Furon, Curcella. (Diplôme de l'an 9t>6 ; Ernst, Cod. dipl., p. 9ft.)
9 Villas quoque Soron et Solmaniam in pago Lewa in comitatu.... sitas. (Diplôme de l'an 1005 ; Ernst, Cod. dipl., p 99.)
10 In villis Harine, Vais, Apine, Faikenberg habuimusin pago Liugowe et in comitatu Dietbaldi comitis situm. (Diplôme do 1041 ; Ernst, Hist. du Limbourg. t. I, p. 317-UiS. noie deM. La\ulleje ,
iii HISTOIRE DES CAROLINGIENS.
et Wâlhorn *. Quelques-uns de ces endroits touchent pour ainsi dire à Aix-la-Chapelle, et figurent dans des chartes de la même époque comme appartenant à ce district ; d'autres sont nommés parmi les localités du Masau supérieur. Quant au bourg et à la forêt de Theux, Tectis, ils sont expressément placés in pago Luviensi par deux diplômes de Louis et de Charles le Simple des années 908 et 945 *.
L'histoire de la fondation d'Aix-la-Chapelle vient d'ailleurs à l'appui de ce que nous avançons. Charlemagne lui-même raconte que s'étant égaré de ses compagnons, dans une partie de chasse, il découvrit par hasard les thermes et l'ancien palais qu'autrefois Granus, un des princes romains, frère de Néron et d'Agrippa, avait fait bâtir. Ces constructions étaient en ruine et tombaient de vétusté. Il trouva, à l'endroit où il s'était assis et sous le pied de son cheval, les sources d'eau chaude ; c'est ce qui l'engagea à relever les thermes, à fonder en cet endroit un monastère et à y faire bâtir un palais 5 . Celte circonstance prouve bien que la ville appelée Aquisgranensis n'existait pas avant que Charlemagne eût découvert les thermes de Granus, qu'il n'y avait pas non plus de palais portant
1 Adjacens Giminiaro et Harvia, tu c< mitatu Teubatdi. (Diplôme de l'an tOi?.) In villi? Harvia [Walhorn) et Vais in pago Leuva et in eomitMu Tietbaldi (Diplôme de l'on 1059; Ernst, Codex diplomaties, pp. 103 et 105.)
• Mirai Opéra diplom., t. I.p. 34 et m.
* Caroli llagni Srrmo de fundatione Aquiegranentit baeilira Mariante, ap B.iImz., Op r. diplom., t. 1. p. H.
alors ce nom; qu'à plus forte raison le districlus Aquisgranemis était inconnu et que le canton d'Aixla-Chapelle faisait partie d'un pagus voisin, ou de deux pagi, le Luihgau et le Masgau.
On a pu voir, parce qui précède, que les lieux nommés dès le temps des Carolingiens sont nombreux dans le Luihgau. La ville de Liège, si l'on en croit M. Henaux *, était déjà riche et peuplée au temps de Pépin d'Herstal, et de l'évêque Hubert. Le même auteur ajoute que, depuis longtemps déjà, Liège était la résidence de Pépin et des grands d'Auslrasie. Ces assertions nous paraissent un peu hasardées. Nicolaus, dans les Aeta saneti Lambert i â , appelle Liège viculus, un petit village. Les annales d'Eginhard disent vicus, et celles de Lorsch vieux publieus 3 . C'était donc un village appartenant au fisc, et qui se transforma en ville, lorsque le siège épiscopal de Tongrcs y fut établi. Les habitations de la famille carolingienne étaient à Herstal et à Jupille. Nous nous occuperons ultérieurement des villas princières ou royales qui existaient dans le pagus de Liège.
En remontant le cours de la Meuse et à peu de distance de Liège, on trouve, entre ce lleuve et l'Ardenne, le Condroz, qui, d'après les Annales de Saint- Bertin (année 839), formait un comté, eomitatns Con-
• Histoire du pays de Liège, 1S5I, p. 4ï.
» Cito par M Polain, Histoire de l'ancien payt de Liège, t. I, p. 6i. » Ann 169, celebravit Karolua Pascba in Leodico vico publico. (Peru, If on. Germ. htst., t I, p. 143.)
dorosto. Huy, Dinant, Celles, Cellœ, Marche, Marca y sont les principales localités de ce pays dont il soit lait mention dans les monuments anciens. Quelques auteurs pensent que Huy formait un comté particulier; cette opinion est fondée sur un diplôme de Brunon, archevêque de Cologne, de l'an 953 *. On a même prétendu que ce comté existait depuis l'an 779 *. Il paraît certain du reste que Huy est une des plus anciennes villes de la Belgique; M. Gorrissen, d'après Melart, prétend que l'église de Huy fut bâtie par saint Materne, en 318 5 . Toutes les traditions relatives à saint Materne sont fort problématiques ; mais Schayes fait remarquer que Huy est déjà mentionné comme ville par l'anonyme de Ravenne, qui vivait au neuvième siècle.
L'origine de Dinant remonte, dit-on, à une église consacrée à la Vierge par saint Monulphc, évéque de Tongresoude Maestricht, en 558, et a une autre église bâtie en 604 par saint Perpétue, également évêque. Ce qui est certain, c'est que l'église de Notre-Dame à Dinant (Saneta-Maria in Deonant) ligure dans l'acte de partage du royaume de Lotliaire. M. Grandgagnage cite, d'après Ritz, une charte de l'an 824 dans laquelle il est fait mention de Dinant, in vico Deonanti *. On
1 Reddidlt ... in psgo eonriustrio locum qui dicitur villa in romitatu Haio (Marlene et Durand, Veter. $cript. collect., t. 11. p. W.)
* Melart. Histoire de la ville et du château de Huy, p 5 et stiiv.)
* Histoire de In tille et du château de Huy. Huy, 1839.
* Mémoire tur les anciens noms de lieux, p. 125.
DESCRIPTION DES PAGI. 1t5
trouve le nom de Deonant sur des monnaies mérovingiennes *.
Marche, comme l'indique son nom, était située à l'extrême frontière du Condroz. Ce lieu est désigné comme villa dans l'histoire des miracles de son patron, saint Remacle, mort en 668 ou 669 *.
A l'orient du Condroz et au sud du pays de Liège était le comté d'Ardenne, pagws Ardueimensis, comprenant, d'après Bertholct, tout ce qui a composé le marquisat d'Arlon, la prévôté de Luxembourg, les terres situées aux environs de l'Eltz, de la Wiltz, dë l'Our, de l'Ourthe, de l'Emblève, de la Semoy, de la Lesse et d'une partie de la Sure. A l'Orient de l'Ardenne se trouvait le Carascow pagus, qui doit sa célébrité à l'abbaye de Prum, et le Bedensis pagus, pays de Bitbourg , non moins connu par l'abbaye d'Echternach qui y était située.
La partie méridionale du Luxembourg, qui fut longtemps considérée comme belge, était divisée entre les pays de Voivre, Wabremhpagus, ci de Moselle, Maselgowe. Des Roches indique comme étant compris dans le pays de Voivre, appelé ducatus Waverinsis dans un diplôme de Charlemagne, et comme endroits déjà nommés à cette époque, Iszich, près de Luxembourg; Juvigni, Juveniacum, non loin de Montmédy; Chiny, Chiniacum, et surtout Ivois, aujourd'hui Ca-
* Guillemot, Catalogue de» légende» de» monnaie» mtrotingienn»». La Rochelle, 18*5. » Âct SS. Belg.tei., l. I, p iSO.
rignan, déjà connu des Romains sous le nom d'Epoissus. Dom Germain qualifie cet endroit de villa publica. Le roi Théodoric y séjournait, dit-il, lorsque saint Colornban alla le trouver ! . Suivant un acte cité par Hontheim, il parait qu'Ivois portait le titre de comté, comitatus lvotio. Cet auteur pense que les environs de Luxembourg formaient un autre comté du pays de Voivre sous le nom de Metthingow. Il y aurait donc eu deux comtés dans ce pagus, comme l'indique l'acte de partage de 870, Wavrense comitatus II.
Le Maselgow, ou pagus Maselgowi, sort un peu de ce que nous pouvons appeler pour cette époque la Belgique. Dans ces limites cependant on peut citer Grevenmacliern, Mcringum près de Kœnigsmachern, Wasserbillicli, et ïhionville, qui fut, sous Charlemagne, une des principales villes de l'empire, et où des plaids généraux furent tenus par Pépin et Louis le Débonnaire.
Du reste, on trouve dans TArdenne un grand nombre d'endroits déjà nommés à l'époque dont nous nous occupons et même antérieurement. Arlon, Orolaunum, était déjà une localité considérable sous les Romains. Son territoire, dans l'acte de partage de l'an 870, est distingué du pagus Wabreusis et du comitatus Maslinsis. L'auteur de la vie de saint Maximin, écrite en 839, qualifie Arlon de locus et de castellum 4 ; mais dans
' Mabillon, De re diplom., 1. IV, a« 135.
* Voir Schayos. Le$ Payt-Bas avant et durant la domination r&maine, t. II, p. 48."..
une autre légende de saint Maximin on se sert du mot oppidum f . Si l'on en croit Dom Germain, il y avait à Arlon une villa royale et même un palais, jucundum palatium *.
Nassogne, connue par deux lois des empereurs Valentinien, Valens et Gratien, qui y furent données au quatrième siècle, devait avoir conservé quelques traces de son antique splendeur. Une église collégiale y fut fondée par Pépin d'Herstal. Suivant De wez, Nassogne avait encore au treizième siècle l'aspect d'une ville 3 .
Bastogue, Bastonica ou Belsonacum, est mentionnée dans une charte de l'empereur Charles le Gros , de l'an 887 *. Wastelain attribue son origine à une villa regia, où Childebert tint un plaid en 585.
Vianden aussi avait un château, construit depuis le septième siècle, et dont, suivant Schayes, les seigneurs portaient le titre de comte 5 . M. Prat cite encore comme châteaux connus au neuvième siècle et antérieurement Douzy, Stenay, Amberloux, Berg, La Roche, Neufchàteau, Bouillon, Chatelet-haut , Salm-château, Hesperange, Rollé, Houflalize, Rochefort, Chiny, Orchimont, Mirwart, Koerich, Luxembourg, Wiltz, Sensenruth, Heisdorf, Pittange et Falkenstein 6 . Nous nous occuperons ultérieurement
» Bolland., t. VII, Maii.
* Mabillon, De re diplom., I. IV, n« 7.
3 Dictionnaire géographique, au mot Nassogne.
* Ernst, Hiitoire du Limbourg, t. VI, p. 86.
s Schayes, Lei Paya-Ba$,etc, L II, p. 485.
* Etudes *ur t orthographe et l'étytnologie des noms de lieux dans le Luxem-