POSITA EST IBI QVE FVIT CVM MARITO AN XI
(( Moi, Saturninus, ai acheté de Sixte une place à deux tombes, pour deux écus d'or, sous le grand luminaire, où a été déposée celle qui fut avec son mari quarante ans. »
Cette inscription, non-seulement indique l'existence des luminaires dans les Catacombes, elle apprend encore que la même crypte en avait plusieurs. La nécessité de renouveler l'air dans ces lieux de réunion plus nombreuse explique ce fait, d'ailleurs assez rare. Les Actes des Martyrs ne sont pas moins formels. Nous voyons, sous Dioclétien, sainte Candide et sainte Pauline précipitées vivantes'dans les (Catacombes de la Voie Aurélienne par le luminaire de la crypte ^.
Enfin j'aime à citer, comme témoignage du même fait, les paroles si connues de saint Jérôme. On est heureux de les relire dans les profondeurs des Catacombes et de retrouver, tels qu'il les a décrits, les lieux qu'on parcourt quinze siècles après son passage : (( Quand j'étais à Rome encore enfant et occupé de mes
1 Sanctam vero Candidam atque virginem Paulinam, per prœcipitium, id est per luminare ovji^tœ, jaf^tantes, lapidibus obruevm\\.Xocl,ms. Petr. et S. CseciU
études littéraires, j'avais contracté avec d'autres jeunes gens de mon âge, livrés aux mêmes travaux que moi, l'habitude de visiter tous les dimanches les tombeaux des Apôtres et des martyrs et de parcourir assidûment les cryptes creusées dans les profondeurs de la terre, qui offrent de chaque côté d'innombrables sentiers qui se croisent en tous sens, des milliers de corps ensevelis à toutes les hauteurs, et oii il règne partout une obscurité si profonde qu'on serait tenté d'y trouver l'accomplissement de cette parole du prophète : Vivants, ils sont descendus dans l'enfer. Ce n'est que bien rarement qu'un peu de jour, pénétrant par les ouvertures laissées à la surface du sol, adoucit l'horreur de ces ténèbres à mesure qu'on s'y enfonce en marchant pas à pas et en rampant sur la terre; on se rappelle involontairement ces paroles de Virgile : Partout Vobscurité profonde et le silence même épouvantent V imagination ^
Maintenant que nous connaissons la forme des cwbicula, il reste à dire un mot de leur origine et du respect dont ils furent environnés. Sous le rapport de rétendue, les cubicula peuvent se diviser en trois classes, les petits, les moyens et les grands. Afin de ne pas les confondre, nous laissons aux premiers le nom général de cubicula, les seconds s'appellent cryptes ou grottes, les troisièmes chapelles ou églises. Les premiers doivent leur origine à la piété des familles ou des particuliers. De là, ces inscriptions si fréquentes : Cnbiculum Domitiani, Cubiculum Gaudenti, Cubiculum Aureliœ^ Cubiculum Germv.lani : Cubiculum de Domitien, de Gaud^nce, d'Aurélia, de Germulanus. On les trouve
1 Horvoruhique oniwos,siwul ipso sileyitia terrent. — In Ezech., c. XL. Voyez aussi Prudfnge, Perisfeph., hym. xi.
plus fréquemment à la fin du troisième et dans le cours du quatrième siècle qu'aux époques antérieures. De là encore ces inscriptions gravées sur de simples luculi :
DAFNEN VIDVA Q. CV.V VIX...
ACLESIA MHIL GRAVAVIT A...
« Dafnis, veuve, qui, pendant sa vie, ne fut en rien à charge à TÉglise. »
REGINE VENEilEREXTI FILIA SVA FECIT
VENE REGINE MATRI VIDVE QVE SE