OREMUS
Domine. Jesn Christe, rex rrloriosissime martyrum atque confitentiimi corona, qui disposltione mirabili sacra corpora tuorum militum, qui pro tua fide ac nomine sanguinem suum fuderunt. in hoc loco per sanctos ancelos tuos custodire dignatus es. illosque hujus urbis luee dilectir Jérusalem circa muros constituisti custodes, quorum spiritus in cœlis tota die ac nocte non cessant laudare nomen tuum, concède nobis, ut, sicut sacras ipsorum rehquias visitamus, ita semper eorum triumphis gloriemur, et jugi prœsidio tueamur.
Domine, Jesu Criste, qui servorum tuorum martyrum sepulcra régis, aulis reddis clariora, ubi sacros cineres et ossa, quondam Spiritus Sancti viva templa, veneramur, da ut, sicut ipsi per tuam fidem et caritatem de tuis hostibus, sacrae tua? Passionis imitatores effecti, palmam moriendo reportaverunt, ita nos eorum meritis et intercessione ab hostium mentis et corporis insidiis liberemur, et ad paradisi gloriam perveniamus œternam ; Qui cum Deo Pâtre, etc.
antérieure. Lorsque l'an 66 de notre ère, sous le consulat de C. Lecanius Bassus et de Licinius Grassus, Néron se donna le barbare plaisir de faire éclairer ses jardins avec des flambeaux vivants, il y avait environ cinq ans que saint Pierre était de retour à Rome. Le zèle de l'Apôtre avait formé de nombreux prosélytes; et cette Église qui naissait sous le coup des orages avait dû cacher son existence et ses mystères à la police du farouche empereur. Il est donc extrêmement probable que la Gatacombe Yaticane servit de refuge à nos pères avant d'être leur sépulture.
Quoi qu'il en soit, la persécution éclate; et une immense multitude de chrétiens sont mis à mort au Vatican, dans les jardins, dans le Cirque et près de laNaumachie de Néron ^. On conçoit que les frères durent chercher le lieu le plus voisin pour les inhumer. Aussi toute l'antiquité vénère dans les Grottes Taticanes les reliques augustes de nos premiers martyrs. Terre sacrée du Vatican, colline la plus respectable du monde après le Galvaire! oui, vous deviez boire les prémisses du sang chrétien, comme le Golgotha avait bu le sang divin.
Saint Pierre, qui avait souvent habité cette Gatacombe, visité, consolé, baptisé, instruit, nourri du pain des martyrs et abreuvé du vin des vierges les fervents chrétiens dont elle était l'asile, vint y reposer après sa glorieuse confession. Dès lors une immense célébrité, une vénération profonde, constante, universelle fut
1 Er?o abolendo riimori Nero siibdidit reos et quœsitissimis pœnis affecit, quos per flagitia iiivi?os, vulgiis Christianos appellabat. Iiritur primo correpti qui fatebantur ; deiade indicio eorum multitudo ingens haud perinde in crimine incendii quam odio generis humaiii convicti sunt. Et pereuntibus addita hulibria, eto. — Tacite, Ann.^ lib. XV, cap. xliv.
acquise au premier cimetière chrétien. Les papes à l'envi voulurent être inhumés auprès de leur chef et de leur modèle. Les princes et les princesses, les rois et les reines, les empereurs et les impératrices de toute nation, les consuls, les sénateurs, les rejetons des plus anciennes familles romaines ambitionnèrent la même faveur.
Parmi les papes je citerai seulement les saints Lin, Anaclet, Évariste, Sixte P% Télesphore, Hygin, Pie, Éleuthère, Victor, Fabien, Jean 1", tous martyrs ; et les saints Léon L"", Simplicius, Gélase II, Symmaque, Hormisdas, Agapet, Grégoire le Grand, Boniface IV, Dieudonné, Eugène I", Yitalien, Agathon, Léon II, Serge I", Grégoire II, Grégoire III, Zacharie, Paul I", Léon III, Léon lY, Nicolas I", Léon IX et Félix IV.
Parmi les empereurs, les rois et les reines : Honorius, Valentinien, Ûthon II, Cedwella, roi des Saxons occidentaux; Conrad, roi des Merciens ; Offa, roi des Saxons; Ina, roi des Anglais ; la reine Eldiburge, son épouse ; la princesse Marie, fille de Stilicon et épouse de l'empereur Honorius; sa sœur, la princesse Termantia, l'impératrice Agnès, l'infortunée Charlotte, reine de Chypre, et enfm la grande comtesse Mathilde.
Parmi les personnages illustres : Junius Bassus, préfet de Rome, de Tancienne famille Junia ; Probus, préfet du prétoire; les consuls Olybrius etProbinus, Livia Primitiva et un grand nombre d'autres qu'il serait trop long de nommer.
Tous ces princes du monde, venus longtemps après les persécutions, voulurent avoir dans la Catacombe de superbes tombeaux. Il en est résulté une modification considérable du plan primitif. On ne trouve plus, dans les Grottes Vaticanes, ni les étroites galeries, ni
les modestes loculi, ni les petites cryptes des autres cimetières. Ajoutez qu'en remplaçant la Basilique Constantinienne par l'église actuelle, on a bouleversé la Catacombe, obstrué ou détruit un certain nombre de galeries, et enfoui une foule d'inscriptions, de tombes et de monuments non moins précieux pour la science que pour la piété*.
Cependant les souverains pontifes ordonnèrent à Michel-Ange et aux autres architectes de conserver intacte la portion du pavé de Tancienne église qui couvrait les grottes. Soutenu par des pilastres et des éperons, ce pavé supporte des voûtes puissantes d'environ quatre mètres de hauteur et sert de plain-pied à l'église souterraine située au-dessous de Saint-Pierre.
Au bas de l'escalier circulaire on trouve la Chapelle de la Confession. Elle forme une petite croix latine dont la tête correspond directement à l'autel papal de l'église supérieure. Toutes les parois sont ornées de marbres précieux, de stucs dorés, de bas-reliefs en bronze, représentant les différentes actions de saint Pierre et de saint Paul. Sur l'autel on vénère deux portraits fort anciens des mêmes Apôtres, peints sur argent. L'autel même, oh j'eus le bonheur de célébrer la messe, inspire un profond respect, car il touche immédiatement à la châsse dans laquelle reposent les corps des illustres fondateurs de l'Église.
Malgré les changemenls dont j'ai parlé, les Grottes Vaticanes conservent encore une foule d'inscriptions anciennes, de mosaïques, de peintures, de bas-reliefs, d'urnes et de tombeaux d'un égal intérêt pour l'artiste et pour le chrétien. Entre ces derniers, le sarco-
1 Romasuhterr., lib. II, c, iv, p. 143.
phage de Jimius Bassiis est un des plus remarquables, tant par son antiquité que par le fini du travail et par la poésie chrétienne de l'ornementation.
Il forme un carré long en marbre de Paros. Sur la frise on lit l'inscription suivante :
IVN. BASSVS VC QYI YIXIT ANXIS XLII. MEN. II. IX
IPSA PR.EFECTVRA VRBI. XEOFITVS HT AD DEVM.