CHAPITRE VIII
Interprétation des inscriptions.
Voici quelques règles et quelques moyens généraux d'interprétation. Il faut se rappeler que les abréviations et les sigles exposés aux regards publics sur les monuments et les tombeaux n'ont pas une signification mystérieuse et difficile à trouver. Au contraire, ils indiquent des choses que tout le monde pouvait facilement deviner : c'est la judicieuse remarque de Maffei : Usitatas formulas, solemnia verba litterasque in oculos perpétua inciirrentes quivis ferme tune intelUgeret ac perciperet ; pubîicœ eruditionis ita fuit uniformitas et constaniia ut qiiœ in Africa, in Gallia, in Bacia marmoreis aut œreis tabulis commiitebantur iisdem ac qude Romœ contractionibus perscripta videamus eodemque se7isu adhibitisK De là, une première règle d'interprétation :
1° L'explication ne doit rien avoir de forcé, de tiré, et qui n'obtienne aussitôt l'assentiment des hommes instruits.
2° L'explication ne doit contenir ni formule inusité^ ni transposition de mots, mais être simple et d'une seule venue.
3® L'explication ne doit laisser aucun sigle sans le confronter avec le contexte et le corps de l'inscription.
4° L'explication ne doit admettre aucun sens qui répugne au genre particulier de l'inscription ; exemple :
antoni.no. avg. pic
pont. max. trb.
pot. cos. ii.
(( Antonino Augusto pio, Pontifici maximo, tribunitia potestate, consuli iterato, patri patriae, decreto publico. »
1 De Arte lapiduria, p. 29.
On expliquerait mal les sigles p. p. par ses mots prœfecto prsetorio ou patj'i patrum. Cette interprétation ne serait plus en harmonie avec l'ensemble de l'inscription ; les empereurs ne prirent jamais le titre de préfet du prétoire ou de Père des pères.
o» L'explication doit tenir compte de la place occupée par les sigles, et ne rien admettre, en les interprétant, qui soit contraire à cette place. Prenons pour exemple les sigles A. p., précédés d'un nom, comme dans cette épitaphe :