PRÉFACE. IX
tète des forces organisées les plus considérablai et qui joint à l'unité de but l'unité de pouvoir et l'unité d'action^ toute politique prévoyante et sensée ne peut cherdier son succès le plus certain et le plus prompt que dans la coalition des forces organisées de l'Europe, c'est-à-dire dans l'alliance et la conservation des gouvememens établis. Si la révolution intervenait dans la lutte que l'Occident commence contre la Russie, son apparition seule serait pour nous un aflàiblissement imméaiat et livrerait à l'empereur Nicolas les forces organisées de l'Allemagne. Les révolutions par elles-mêmes, nous ne le savons que trop, ne peuvent être des forces, puisqu'elles sont des désorganisations; elles ne deviennent des forces que le Jour où, manquant leur but apparent et trompafit les espérances de ceux qui les ont excitées , elles tombent aux mains des dictateurs qui les domptent. Dans l'état actuel de l'Europe, on peut dire que la puissance de l'empereur de Russie et l'esprit révolutionnaire sont deux termes corrélatifs. Quai^ la révolution se lève, l'influence et la puissance de la Russie grandissent; quand la révolution s'apaise, quand elle devient raisonnable et^patiente, le crédit et l'action de la Russie sur le continent diminuent. 11 n'y a, nous le savons bien, dans la situation de l'Europe, que trop de provocations à l'esprit révolutionnaire; il y a de grandes souffrances cbez des peuples intéressans, et il est des aspirations légitimes et généreuses auxquelles nous