‹ Histoire des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 103 sur 171 · ŒUFS BROUILLÉS A\ X MOUSSERONS. — LE PATRE DES PYRENEES · texte numérisé non relu

ŒUFS BROUILLÉS A\ X MOUSSERONS. — LE PATRE DES PYRENEES

C’était dans les premiers jours de juin. Les brises imprégnées de l’arôme des fleurs se jouaient dans le feuillage

des hêtres et des châtaigners. Le soleil étincelait sur la glace des montagnes, et les torrents se précipitaient du haut des rochers avec un bruit sauvage , qui , d’écho en écho , allait mourir dans les vallons. Le pâtre Marcel était là , non loin de Barèges, avec son chien fidèle qui gardait son troupeau , taudis que lui cueillait de petits champignons tout blancs sur la mousse. Leur parfum se répandait au loin et charmait l’odorat.

« Comment préparez-vous ces champignons ? » lui dis-je. Il me répond à l’instant : Je les fais bouillir dans de l’eau après les avoir épluchés, et lorsqu’ils sont bien cuits, je les presse dans un linge, et puis je les tourne dans un peu de lait bouillant avec des œufs et du sel. Mes vaches et mes chèvres me donnent du fromage , et le torrent me fournit du vin. Voilà comme je vis dans le temps des mousserons. »*

Et Marcel agitait ses membres pour me montrer sa force et sa vigueur, et dans son œil satisfait on pouvait lire l’état de son âme.

Descendez jusqu’au bassin de Luz où tout s’anime de verdure, et gagnez la gorge imposante de Gavarnie; mais arrêtez-vous à Saint-Sauveur, vous trouverez dans tous les bosquets , et jusqu’aux bords du Gave , le mousseron à moitié caché dans l’herbe. Dans les Pyrénées-Orientales, il pullule également parmi les broussailles , et on en parfume les omelettes depuis Perpignan jusqu’au mont Canigou.

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