‹ Histoire des champignons comestibles et vénéneuxChapitre 35 sur 171 · POLYPORE DU MÉLÈZE. POLYPORUS LA1UC1S · texte numérisé non relu

POLYPORE DU MÉLÈZE. POLYPORUS LA1UC1S

Boletus laricis. Jacq. Miscell. t. 19. 20. 21. Bull. Champ. t. 293. — Boletus purgans. Pers. Syn. 551.

Ce polypore , vulgairement connu en pharmacie sous le nom d’ agaric blanc , offre à peu près la forme d’un sabot de cheval. Il est sessile , attaché latéralement , épais , glabre, un peu convexe, d’une consistance molle et coriace. Sa face supérieure est marquée de zones brunes ou jaunâtres ; sa face inférieure munie de tubes très- fins , trèsserrés et d’un jaune d’ocre. Sa pulpe est parfaitement blanche , d’une odeur forte , d’une saveur âcre. Il croît dans les Alpes sur les vieux troncs de mélèze.

On le trouve dans les officines sous des formes variées , mais ordinairement en morceaux arrondis ou anguleux, dont le parenchyme est blanc, léger, tendre, friable, d’une saveur d’abord un peu douce, ensuite amère, âcre et nauséabonde. Cette substance a été analysée dans ces derniers

temps par M. Bouillon-Lagrange et M. Braconnot ; elle fournit une résine particulière très-abondante et très-âcre, de la fungine, un extrait amer, une matière animale, divers sels et un acide libre.

Ce champignon , par sa qualité drastique et par son principe odorant très-exalté , doit être mis au rang des poisons. Lorsqu’il est frais, ses émanations sont dangereuses. Pris à une dose un peu forte, il excite violemment le canal alimentaire , et il peut produire de graves accidents.

Nous parlerons très- brièvement des vertus héroïques que les anciens ont attribuées à l’agaric blanc ; ce médicament, aujourd’hui tombé dans l’oubli, est rarement employé. Yogel le regarde comme un doux évacuant , donné à la dose d’un gros dans six onces d’émulsion ; mais il paraît , au contraire , agir d’une manière incertaine , provoquer tantôt le vomissement , tantôt les évacuations alvines, et imprimer un mouvement de chaleur et de spasme à tout le canal alimentaire. Au reste , la matière médicale est si riche en purgatifs plus fidèles et plus doux, qu’on peut fort bien se passer de cette substance, ainsi que des préparations surannées dont elle fait la base.

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