‹ Histoire des chapelles papalesChapitre 15 sur 60 · SS · texte numérisé non relu

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Les Cardioaux n'assistaient pas seuls au concert dont noos avons parlé; la prélature, la noblesse romaine et les étrangers de distinction y étaient admis. En 1724 ^ les Princes de Barière^ et^ «n 1727^ la Princesse de Toscane , y assistèrent; en 1718, Jacques III , roi d'Angleterre, y avait également assisté.

Les Ordo romains font remonter l'origine de ces banquets au pontificat d'Innocent III, élu en 1198. Dans le second Ordo romain (Mus. ItcU.j tom. 2) nous lisoifs : îsto die^ statio aé S, M. Majorem ubi D. Papa débet missam eanlare cum scholis Clericorum^ et familia palalii; et Episcopus Albanensis débet facere cœnam optimam toti cwrÙBj et débet mittere ad curiam duo optima busta porcorum.... Dans le cérémonial publié par Grégoire X, nous lisons : Qm fimto, redeunt ad aulam Papm ubiparata sutU vina multa, et claretumj et species. On troute fréquemment désigné, dans les Ordo romams^ lasBollandistes, Martène, et Durand, sous la dénomination de ela/retwn, le vin qu'on employait. Enfin, nous lisons, dans l'auteur du CérémonicUj à propos de ces festins : Ponuntur deindè vinum, et confectùmes sive species j ut habent anliqui codiees. Il est permis de croire qu'on entendait par-là les divers fruits confits ou sucreries, ou bien k^ différentes qualités de poivre qu'on prenait après le repas, comme dans celui du jour de Pâques.

Béoédictioii le l'épie el la ekfeit.

L'usage de bénir une épée et un chapeau ducal , offerts ensuite à quelque prince chrétien , remonte au pontificat d'Urbain YL

Avant les matines de Noël , le Pape, en présence de tous les Prélats de sa maison , portant l'aube et une simple étole blanche, devant un autel dressé dans la salle des Parements, après avoir béni Fencens, récite les prières suivantes , et bénit Fépée et le chapeau.

f . Adjatorinm nostrum in Domine Domini 9 i). Qaifecitcœlametterram.

f. Dominus yobiscam , 1). Et cum spiritQ tao.

Oremua.

Benedicfire dignerU, quassamas. Domine JesuGhrUtei hune eiiseni îa defensiODem sfinctae RomaDae Ecclesi», et christiaDae reipublicae ^ ordioatam nostrae benedictioois of&cio ad viDdictam malefactorom, laudem yerô bouomm t ut per enm , qui te inspirante illo accingitnr , yim aeqnitatis exerceas, molemque iniquitatis potenter eyertaSy et sanctam Ecclesiam tnam, cjnaqae fidèles, quos , nt pretioso sanguine tuo rçdjmeres hodiè in terris descendere et carnem nostram sumiçre dignatus es , ab omni periculo protegas atque defendas , -et famulum tuum , qui hoc gladio in tuo nomine armatns erit , pietatis tnae ûrmâ custodiâ munias, illaesumque enstodias ; Qui yiyis , etc.

Quand le prince auquel ce chapeau était destiné assistait à cette bénédiction^ il revêtait la cotte ^ et se ceignait ensuite de Fépée bénite; il mettait la chape blanche, ouverte du côté correspondant au bras droit , tandis que TEmpereur , s'il était présent , prenait la chape comme celle des Ëvèques y ouverte par devant , et se couvrait du chapeau. Lorsqu'il chantait la cinquième leçon de matines, In quo conflictu^ il se découvrait, et avant de demander la bénédiction , il frappait trois fois la terre avec Fépée nue, et la remettait dans le fourreau après l'avoir trois fois secouée en Pair; il âtait la cotte et Tépée quand il l'avait chantée , et sortait de la chapelle, précédé des officiers qui portaient devant Iqi l'épée et le chapeau bénits.

latioes de M\.

On retrouve dans les anciens Ordo romaine l'ordre des offices tenus devant les Pontifes la nuit de la Nativité du Sauveur. Ils s'accordent à dire que les matines étaient chantées dans la basilique de Sainte-MaHe-Majeure; qu'on y omettait l'antienne invitatoire, pour signifier que les cris du divin Enfant qui naissait dans cette mémorable nuit étaient une suffisante exhortation adressée aux fidèles de se rendre auprès du berceau sacré , où les Pontifes passaient Iq nuit ; et qu'ils célébraient la messe dans la chapelle de la Crèche, ad Prœsepe.

On lit dans Cencius Camérarius, qui écrivait son Ordo sous Célestin III, à la fin du douzième siècle, la description des cérémonies célébrées pendant cette sainte nuit de Noël.

Jn vigiliis Natmtatis Domim, in mane Dominus Pafa vadti ad basilicam S. M. Majùris pro caniandâ mùsà, et m siro pro celebrandis vesperis , et remanet ibinocle ipsâj et célébrât ibi vigtUas, et post vigiltas célébrât ibi miêsam ad prcBêepe^ uM quidqutd offertur, quamdiu dominus Papa tnissam celebraverit^ sive ad pedes ipsius Dominiy vel super allare, capellanorum estj excepta pane, qui est acolytorum, si recipere voluerini.

Le Cérémonial de Grégoire X ajoute :

5t verè Papa est Romm , factâ cœnâ in meridie, tadit eum famUia sua ad S, M. Majorem, et ibi dicit vesperas solemnes cum totâ curiàj uCdictum est, et ibi pemoctat, et cantat ibi matutinum in Eçclesiâ ipsâ; et très Cardinales-Episcopi, duo Diacanes et unus Presbyter juniores assistunt ei; et fit officium, %ê$ cantiuelur in ordine BreviarH, Cantat ibi Vmninus Papa missem de nocte ad allare, quod vocatur Prœsepcj et dùm exuit se, cantant capellani laudes matutinales coram eo; quibus dictis, vadit requiescere.

Le cardinal Stepkaneschi s'exprime k aoD tour de la manière suivante :

In vigilia Nativitatis Domini, slatio ad Sanctam-Mariam^ Majorem. Consueverunt Rçmani Poniifices hactentis pergere ad Sanctam-Mariam-Majorem , et cantare ibi missam de vigilia, et post rcBnam vesperas deeantare. Peraciis autem vesperis, datur potus in aula; et Dominus Papa remanebat ibi, et pemoctabat, et ibi stabat, toto ibidem apparatu curiœ existent e. Omnibus Os finitis, Dominus Papa prœparat se ad missam cantandam ad PrcBsepe....

Enfin, voici ce qu'écrivait Pierre Âmelius, sacristain d'Urbain V, qui mourut à Avignon eu 1370 :

In vigilia Nativitatis Domini non est sermo née missa. Vesperœ mandaniur. Potus fit in aula post vesperas. In matutinis verd. Papa venit indutus cappâ laneâ.... In prima missa nec in secunda, non dicitur Lœtatus sum. Item m prœsenti missa solus Pontifex communicat, et super altare; et sine calamo bibit sanr

( 388 ) guinem et nihil aliudj quia habet celebrare illam de ierliù; sed eum digitis bene tergat calicevn^ et cum aqua infra lavet digitas, fraut morts est in parvis missis. Notandum etiam^ quod si Papa $it RomcBj hanc missam débet celebrare ad Prœsepe Domini, it de sera ibi canlare vesperaSj et potum cuim Clericis et nobilibus urbis facere in aula.

Voici Tordre des cérémonies suivi aujourd'hui dans les palais apostoliques, quand on y chante les matines de Noël.

Les Cardinaux et toute la prélature romaine se rendent, & rheure fiiée, à la chapelle Siitine. Autrefois douze Bussolanti, tenant des torches allumées, se tenaient devant les bancs des Cardinaux : de grands chandeliers et des bougies placés des deux e6tés de la chs^pelle, remplacent maintenant ces torches. Les ornements de l'autel et du trône sont d'étoffe d'argent brochée d'or , et le tableau de la chapelle représente la Nativité du Sauveur. Les Cardinaux portent leur manteau rouge et le camail fourré d'hermine. Le Pape , précédé des Prélats de sa cour et d'un Clerc de la chambre , portant sur k pointe de Tépée bénite le chapeau qui l'a été aussi, se rend en Chapelle^ revètti de la chape d'étoffe d'argent, couvert de la mitre d'or; il portait autrefois le grand manteau de velours cramoisi, fourré d'hermine. Après une courte prière, faite sur son prie-dieu, le Pontife monte au trâne , et dit secrètement le Pater, VAve et le Credo; il entonne ensuite l'office par ces paroles : Domine, leibianea aperiesj etc. ; Deus, in adjutorium, etc. Deux soprani commencent l'invitatoire Christus natus est nobis; le chœur continue en contre-point. Après le psaume Venite , eccultemus, deux soprani entonnent l'hymne Jesu, redemptor omnium, composée par saint Grégoire, et l'antienne est chantée en contre-poinf; les autres, au contraire, en plain-chant. Après la troisième antienne du premier nocturne et le verset, le Pape, debout, récite le Pater ^ et donne l'absolution Exaudi, Domine.

Cependant le dernier Cardinal-Diacre , qui doit chanter la première leçon, accompagné d'un Maître des cérémonies, se place

( S89 ) devant le pupitre^ au milieu du presbytère^ et demaude par ces mots : Jubé, Domne, hemdicere, la bénédiotion au Pape. On chante les leçons d'Isaïe sans titre ^ parce que^ comme l'explique Ruiz^ jam non per prophetas^ sed m Filio Deus loquitur. Les autres leçons sont successivement chantées per les autres Cardî^- Baux-Diacres, et, en leur absence, par les derniers Cardinaux- Prêtres. Le chœur répond toujours : Dio grattas , et commence ensuite les répons modo andante.

Au troisième nocturne on trouve répétés les Alléluia, qui annoncent les temps de grâce, et les joies de l'Église en célébrant l'anniversaire de la naissance du Sauveur. La troisième leçon du troisième nocturne est chantée par le Pape lui-même ; avant de la commencer il demande à Dieu sa bénédiction , en disant : Jubé, Domine, benedicere, et non Jubé, Domne, pour signiOer qu'il n'a auprès de lui aucun supérieur à qui il puisse la demander.

Après cette dernière leçon, l'Auditeur de rote, faisant h génuQexion à l'autel et au trône, porte au Pape Fintonation du Te Deum : le Pape la répète , et le chœur exécute , en chant figuré, l'hymne de la reconnaissance. Après l'oraison récitée par Sa Sainteté, et le second Dominas vobiseum, deux soprani chantent le Benedicamus. Dès que l'office est terminé, on con»roence la messe de la nuit , chantée par le Cardinal-Camerlfngue delà sainte Église^ d'après le rit ordinaire, a laquelle assiste: le Pape.

■esse de la nuit de Noël.

Les Pontifes romains chantaient autrefois les trois messes que l'Église célèbre à l'occasion de la naissance du Sauveur : la première à Sainte-Marie-Majeure, après matines; la seconde, au point du jour, dans l'église de Sainte-Anastaste , dont on fait mémoire ce jour-là ; la troisième, enfin , la messe du jour, dans l'église de Saint-Pierre, où l'on plaçait devant le tombeau des Apôtres un grand phare d'argent, où brûlaient mille trois cent soixante-deux bougies. Il arrivait quelquefois , à cause de l'éloignement des lieux

( »90 ) ou de la mauvaise saison ^ que les Pontifes , après avoir célébré à Sainte-Anastasie ^ revenaient à Satnte-Marie-Majeure pour y chanter la dernière messe ^ comme nous l'avons vu faire de nos jours sous le pontificat de Léon XII, aux époques les plus rapprochées de nous.

La première messe a été ordinairement célébrée dans la chapelle Sixtine après matines , par le Cardinal-Camerlingue. Il arrivait quelquefois que le Pape n'assistait pas aux matines, mais seulement à la messe , qu'il commençait avec le Cardinal-Célébrant , au pied de l'autel : on chantait autrefois le Gloria m ex^ eelsiê également en grec à cette première messe. Aux paroles da Credo, Et incamatus est, le Pape se met à genoux, ainsi que toute fassistance. Le motet Quem vidisti poêtores, de Vittoria, est exécuté & l'offertoire. Après la messe , le Pape donne la bénédiction ordinaire , qui n'est point suivie de la promulgation de l'indulgence, à cause de la bénédiction solennelle donnée après la troisième messe , à laquelle est attachée l'indulgence plénière. Le Pape sort de la chapelle, précédé de la croi^, de l'épée et da chapeau , portés par un Clerc de la chambre.

Les liturgistes nous apprennent la signification mystique atta-^ chée aux rit de la célébration des trois messes te jour de Noët^ qui ont toutes les trois une mystérieuse signification. Celle qu'on chante la nuit, après le Te Deum, à matines, rappelle la gêné* ration du Fils de Dieu, qui fut de toute éternité, avant toute créature qui pût louer Dieu, et c'est pour cela que le chant des laudes suit immédiatement. Cette première messe nous rap< pelle encore l'état des hommes avant la loi, plongés dans les ténèbres, comme le dit Isaïe: Populus gentium qui ambulabat in ienebris, etc. La seconde messe, dite à l'aurore, nous rappelle le commencement des temps , où la lot de grâce fut donnée : le Christ nous l'apportait; mais nous n'avions pas encore la pléni* tude de cette grâce; aussi l'Église nous l'annonce-t-elle en disant: Lux fulgehil hodiè. Enfin, la troisième messe du jour est comme la manifestation des temps des grâces abondantes, auxquelles nous

( 391 ) fait participer Jésus-Christ dans sa naissance^ et TÉgiise le proelatiit en disant qu'un enfant est né pour nous : Puer natus êsl nobiê. On a voulu voir également dans ces trois messes les trois naissances symboliques du Sauveur : la première^ qui le fait résider dans le chaste sein de Marie ; la deuiième, qui le fait nattre dans TAme des justes ^ et la troisième^ enfin , qui le fait nattre de toute éternité dans le sein du Père. La dernière messe rappelle plus particulièrement cette glorieuse filiation : saint Paul, dans TépUre, nous entretient de l'étemelle génération du Fils de Dieu, el saint Jean , dans son évangile , dissipe les nuages et soulève le voile qui couvre .ces mystérieuses révélation».

Comme la messe peut être célébrée en Chapelle papale avant minuit par un Cardinal qui n'a pas toujours observé la loi du jeûne , il nous semble opportun de rapporter ici teituellement à ce sujet l'opinion de Benott XIV , dans son bref Quodam de more ; nous conservons la traduction italienne de M. le chevalier Moronn

Noto i quanto ogni anno euccede m Roma nella eapella Pan» iifijcia nella notte di Natale, celebrandosi nella medesma la mena delta mezza notte, e non celebrandosi eempre da eki nel giorno précédente êi è astenuto dal mangiare. Âlcuni hanno ecritto, che ogni anno si fa la êpedizione dal Papa di un brève di dispensa : ma cid non é vero. Ma sapendo il Papa V ora in cui si célébra la messa, e sapendo che chi la célébra non ha sempre manienuto il digiuno, e nuïla di cià partando, e nulla su cià disponendo, e lasciando correre, subentra una certa tacila dispensa, che assicura la coscienza di chi célébra la messa in quella nottè, dopo aver mangiato, corne da Noi ampiamente si è dimostrata nel nostro trattato De Synodo dioecesana. Cià si permette, essendo troppo necessario che in quella notte non si tralasci nella Cappella del Papa la sagra funzione, non essendo cosi facile di trovar eempre un Cardinale y che non ostante l'età in cui per lo più siritrova chi è decorato délia detta dignité , possa mantenere il digiuno naturale dalla notte precedenta all'altra, in cui eanta la messa

( S92 ) mUa Capella. Si aggiunge, ehe non è m veruna maniera prali" çaHky il commnwiare la messa dopo la mtzza notie^ mentre ni Oêmtano i Cardinali, gli Arcivesconij t % Vescwij che debbùno nella mattina ieguente tomare in ora competenie aile altre fwnr zioni délia Capella (del solenne pontificale ché tanta il Papa), il che non fanno senza aver prima dette le tre messe nélle loro Capelle privatCj corne da Noi si è ampiamente discorso nel noslro trattato De Sjnodo diœcesana.

■esse pontificale du jour de Ml

C'est encore dans les anciens Ordo romains qu'il nous faut étudier les rites de la messe pontificale du jour de Noël : nous avons déjà dit où elle était célébrée. Le chanoine Benoit trace la route que suivait le Pape en se rendant à Saint-Pierre : Ubi est statie y dit-il , et ibi hxmorificè caniatur missa ', cum omnibus ordinibus sicut deeet, et débet ibi accipere soronam in capite sm, et per mediam urbem^ cum processione redire ad palatiumj perficere festum coronœ. Le Pape, se rendant à la station^ recevait les hommages des Cardinaux et des Magistrats romains , qui adressaient en public leurs vœux et leurs prières pour le Pontife régnant, qu'ils venaient saluer : Tempora bona habeaSj, disait le Pontife en les bénissant ; et ils répondaient : Tempora hena habeamtis omnes; exaudi Christe^ disait le clergé; et les Notaires régionnaires répondaient : Domino nostro à Deo dêereto swnmo Pontificiet imiversali Papm vita; les Cardinaux ajoutaient : Deus^ conservet eum^ et viv^cet eum; ils répétaient trois fois: Salvator mundij tu illum adjuva; trois fois encore : Sancta Maria, tu illum adjuva. Cet ancien rit , pratiqué le jour de Noël quand le Pape allait dans la basilique, est analogue à celui qui était observé le même jour par les Empereurs grecs à l'égard des Patriarches, dans l'ancienne église de Constantinople, comme nous Tapprend le père Goar, érudit dominicain, dans un manuscrit de la bibliothèque royale de Paris , sous le titre Acclamatio.

L'éloignement des lieux et les incommodités delà aiisen enga-

gèrent les Papes à chanter la troisième messe à Sainte-Marie- Majeure ^ et non à Saint-Pierre. En entrant dans le presbytère de la basilique Libérienne, le Pontife romain recevait des mains d'un Chapelain de l'église une canne, au sommet de laquelle était placée une bougie allumée , dont Sa Sainteté se servait pour mettre le feu à des paquets d'étoupes , attachées aux chapiteaux des colonnes , imitation de cette pluie de feu qui doit mettre fin au monde.

Voici, du reste, le texte si plein de naïveté des divers Ordo romains, nous retraçant les rites sacrés de la solennité de Noël:

Intereà Archidiaconus cum Diaconilms et Subdtaconilms in filo stantibus ad dexteram juxta altare, et Noiarii deorsum in choro pluvialibus induti stantes, ÀrcJudiaconus alla voce cum omnibus dicit : Exaudi Christe. Respondent Noiarii : Domino nostro N. , a Deo décrète summo Pontifici, et universali Papœ, vita. Tribus vicibus dicit Archidiaconus cum suis; tribus mcibus respondent Notarii •• Tu illum adjuva , sancta Maria. Respondeni similiter de unoquoque choro. In fine Kyrie, tribus vicibus Archidiaconus cum Diaconibus et Subdiaconibus j et accipiunl très soUdospro laude.

Pierre Amelius ajoute :

In hac missa communicant omnes in Christo verè famulanles, quidignitate episcopali non sunt constitutif qiumiam taies per se celebrare populo tenentur.

On a déjà vu au commencement de cet ouvrage quelques-uns des rites observés au couronnement. Le Pape désignait à la messe ceux qui devaient être invités à sa table; il donnait des presbytèresj et se rendait h la basilique du pape Zacharie.

Le chanoine Benoit s'exprime ainsi :

Cum autem venit Pontifex ad basilicam Zachariœ papœ, anleqiuim descendatj descendunt Cardinales ad faciendum laudes. Tune prior Cardinalis Sancti-Laurentii foris muroSj depositâ mitrâj dicit : iuhe y Domne, benedicere; Pontifex benedicit eumj quialtâ voce dicit : Summo et egregio, ac ter beatissimo

( 894 ) papœ N. y vita. Respùmdent Cardinales omnes : Deus conserret éum et viviBcei eum^ tribus vicibus Salvator mundi. Cardinales respondent : Tu illum adjuva ^ et vicibus tribus : Sancta Maria ^ tu ilium adjuva ^ per omnem chorum sanctorum, très sanctos. In fine omnes Sancti adjuvent illum, tribus vicibus. Kyrie ^ tribus vicibus. Etpro laude accipiunt très solidos. Jvâices vero se reprœsentant, et dicit primicerius : Jubé, Domne, benedicere. Pontifex benedicit eum, et alla voce dicit : Hune diem. Respondent judices : Multos annos, tribus vicibus. Tempera bona habeas. Respondent judices : Tempera bona habeamus omnes. Tune Dominus Pondfex descendit de equo. Primicerius defensorum, et Secundicerius suscipiunt eumper manus, et ducunt usquè in cameram.

Quand le Pape rentrait au patriarcat de Latran , \t donnait à tous ceu% qui Favaient accompagné un double presbytère, comme le jour de soit couronnement. On servait ensuite un brillant festin dans le Triclinium, auquel le Pape et la cour pontificale assistaient. Sa Sainteté était seule à sa table; les tables des convives étaient placées à droite et à gauche< Les Cardinaux et le» autres Prélats conservaient leur mitre et leurs habits sacrés; un Cardinal- Diacre, en chape, faisait la lecture. Les Chantres qui avaient exécuté des hymnes pendant le repas, venaient baiser les pieds au Pape , et en recevaient une coupe de vin et une pièce de monnaie. Les Cardinaux conduisaient Sa Sainteté dans ses appartements. Réunis aux autres Prélats , ils montaient à cheval , et , la mitre sur la tète, ils rentraient dans leurs habitations. Aujourd'hui les premières vêpres de la fête, la messe pontificale, célébrée au Vatican, et les vêpres cardinalices, chantées à Sainte - Marie- Majeure, ont remplacé les anciens rites usités à Rome à la fête de Noël.

La basilique de Saint-Pierre, dans laquelle le Pape officie, est décorée comme dans les plus grandes fêtes de l'année ; la ibapelle de la Pitié sert de salle des Parements. Les Cardinaux , Prélats et dignitaires, suivis de leurs livrées, se rendent dans leurs carrosses de gala, à Saint-Pierre. Le Pape arrive dans cette chapelle accom-

( 896 ) pagné des Prélats domestiques , et y prenant la chape d'argent et la tiare ^ il monte sur la sedia, que recouvre le grand dais Qottant^ d'étoffe d'argent , et que soutiennent les Référendaires de signature ; les Gamériers secrets portent les Qabelles. Au sortir de la Chapelle^ le Pape est reçu par le Chapitre de Saint-Pierre^ qui se mêle au cortège , lequel est tel que nous favons décrit pour la cérémonie du jour de Pâques. On voit dans ce cortège le Clerc de la chambre , portant Fépée et le chapeau bénits. Les Chantres entonnent l'antienne Tu es PetrtAs. Le Pontife adore le Saint- Sacrement devant la chapelle de ce nom ; il remonte sur la sedia, et arrive à l'autel de la Confession , où il fait sa prière. Il se rend ensuite au trâne de tierce, où il reçoit l'obédience des Cardinaux et fait sa préparation ; il se revêt des ornements sacrés , et commence la messe , en suivant le cérémonial que nous avons rapporté. Aux paroles des deux évangiles latin et grec , Et Verbum caro factum est, le Pape et toute l'assistance fléchissent le genou , comme aussi aux paroles Et mcamatm est , du Credo. A l'offertoire , on exécute le motet Uodil nebis cœlorum Rexj de Nanino. Les Cardinaux-Diacres 9 le Prince assistant, le Sénateur de Rome^ les Conservateurs du peuple romain , le Prieur des Chefs de quartier , le Maître du Sacré-Hospice , reçoivent la communion des mains de Sa Sainteté. Après Vlte^ missa est, le Pontife donne la bénédiction solennelle, et le Cardinal-Évêque assistant publie l'indulgence plénière. Le Pape lit l'évangile Cùm natus esset Jésus; et avant de saluer l'autel , le Cardinal d'office lui âte le pallium et le manipule , qu'il laisse dans un bassin de vermeil placé sur l'autel , et lui remet la mitre d'or. Sa Sainteté descend de l'autel , quitte la mitre , fait sa prière , reprend la tiare , s'asseoit sur la sedia j et reçoit l'offrande du Chapitre de Saint- Pierre.

Le cortège se remet en marche : le Clerc de la chambre reprend le chapeau et l'épée , qu'il a tenus, pendant la communion, du côté de l'èpitre , sur les marches de l'autel. Le Pape revient à la chapelle de la Pitié , où il quitte les ornements pontificaux ^

( 396 ) placé ensuite devant le lit des Parements , il reçoit , par Forgane di| Cardinal-Doyen^ au nom du Sacré-Collége, les souhaits et les félicitations de tous ces éminents Prélats : le Pontife répond gracieusement aux vœux qui lui sont exprimés, et, accompagné de ses Prélats domestiques , il rentre au Vatican.

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Chapelle papale pour la fêle de saint Etienne, premier martyr, et de saint Jean révangéliste.

Les anciens Papes avaient Thabitude de se rendre ce jour-là, à cheval, dans l'église de Saint-Étienne, au mont Célius, pour y célébrer la messe et y tenir la station.

Depuis long-temps la fonction de ce jour se tient dans la chapelle Sixtine , en présence du Pape. Les ornements de l'autel et du trône sont de couleur rouge ; c'est un Cardinal de l'ordre des Prêtres , qui chante la messe. A Toffertoire on exécute le motet de Palestrina , Cùm autem esset Stephanm , dont les dernières paroles, obdormivit in Domino j que l'on chante avec lenteur, sont pleines d'harmonie. Le sermon est prononcé par un Clerc du collège Anglais, qui publie l'indulgence de trente ans, accordée par le souverain Pontife.

Le surlendemain de la fête de Noël, la Chapelle papale en l'honneur du Disciple bien-aimé se tient également dans le palais apostolique. Les ornements de l'autel et du trône sont les mêmes que ceux de la veille ; un Cardinal de l'ordre des Prêtres chante la messe. Le motet exécuté à l'offertoire. Hic est beatissimtis Discipulusj est de Palestrina ; le sermon est prononcé par le Procureur- Général des minimes de saint François de Paule, qui publie enr suite l'indulgence de trente ans.

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xnvi.

Premikes Tèpres pour la fête de la Gircondsion. — Te Deum dans Féglise

Les premières vêpres de la Circoncision sont chantées dans le palais qu'habite le Pape : les ornements de la chapelle et du trâne sont d'étoffe d'argent ; le tableau de l'autel représente la Circoncision du Sauveur.

Après le chant des vêpres, le Pape, assis sur son trâne, assisté des Cardinaux-Diacres, et en présence du Cardinal-Camerlingue, qui remplace le premier Cardinal -Prêtre, et de deux Notaires de la chambre , reçoit le serment de deux nouveaux Conservateurs de Rome, et quelquefois du Prieur des Chefs de quartier, si son élection concourt avec l'époque dont nous parlons. Sur une estrade peu élevée est placé le livre des évangiles , à côté du Pape , et les nouveaux magistrats, successivement appelés par l'Avocat fiscal , lisent la formule du serment , baisent le livre et le pied du Pape. Si le souverain Pontife n'assistait pas à la cérémonie , les nouveaux magistrats prêteraient leur serment entre les mains du Cardinal- Camerlingue.

Le Pape, après les vêpres de la chapelle Sixtine, accompagné de son cortège de ville , se rend à l'église du JesUj où l'on chante le Te Deuniy pour remercier Dieu des grâces accordées pendant l'année , dont le terme est tout-à-fait prochain. Sa Sainteté porte la mosette et l'étole, les Cardinaux leur habit de chœur; l'église est magnifiquement ornée et somptueusement illuminée. Le Général de la compagnie de Jésus reçoit à la porte de l'oratoire de la congrégation des Nobles les Cardinaux ; le Pape est reçu à la grande porte de la maison Professe^ contiguë à l'église, par le Cardinal le

( 398 ) plus digne ^ qui ouvre la portière du carrosse, accompagué du Général, de tous les Pères gradués de la compagnie , et des Religieux , qui tous portent un cierge allumé , et forment le cortège: on entonne le Te Deum dès que le Pape est arrivé au milieu du presbytère, et s'est agenouillé sur son prie-dieu. Après le chant du cantique, le Pape va à Tautel encenser le Saint-Sacrement, et le Cardinal-Célébrant , ayant récité Toraison, monte à Faute], et donne la triple bénédiction à Fassistance et au peuple , qui se porte en foule à cette cérémonie religieuse , laquelle est la dernière de Fannée.

QUATBIÊIE PARTIE.

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