CHAPELLES CARDINALICES ET PRÉLÂTICES
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NoIioDS sor ces ChapeDes.
On appelle Chapelles cardinalices* , les messes et les vêpres chantées pontificalement par un Archevêque on un Ëvêcpie, en présence du Sacré-Collége , ou devant ceux des membres du sénat apostolique chefs d'une congrégation cardinalice , dans les diverses basiliques ou églises de Rome y pour solenniser quelques-unes des principales fêtes de notre Seigneur, ou honorer spécialement la mémoire de quelque saint ; pour célébrer les obsèques noveniUes du Pontife décédé, les diverses fondions ecclésiastiques qu'entratne la vacance du saint Siège, soit avant d'entrer en conclave, soit après y être entré; d'où il suit que les Chapelles cardinalices, comme les Chapelles papales , sont divisées en deux classes : celles qui sont appelées extraordinaires, ou motivées par des circonstances particulières , dont Tépoque n'est point déterminée ; celles , au contraire, que Ton tient à des époques fixes, et suivant l'ordre ordinaire des fêtes de Tannée.
Les Cardinaux-Archiprêtres titulaires des basiliques , les Cardinaux-Protecteurs des églises, monastères, collèges ouarchicon-
* Noas rappebns ce que nous ayons dit dans la Pïélaoe. Bf . le cheralier Moroiii traite avec une certaine étendue l'histoire de ces Chapelles. Nous ayons cru ne deToir reproduire ici que ce qui nous a paru le plus propre à intéresser les lecteurs français. fN. du T,J
( UQO ) fréries, et, à leur défaut, le Doyen du Sacré^ollége , fout les invitations d'usage. Autrefois le prélat Sacristain, archevêque de Porphyre, officiait aux Chapelles cardinalices ; aujourd'hui c'est un Archevêque ou un Évêque , désigné par le Sacré-Collége. Les Maîtres des cérémonies pontificales , le collège des Chantres pontificaux , les Chapelains du commun , les Clercs et autres officiers des Chapelles papales , assistent à ces Chapelles , où ils exercent leurs fonctions suivant les vénérables rites de l'Église romaine.
Chapelles cardinalices eitraordinaires.
On a déjà vu la description des obsèques novendiales, célébrées dans l'église y aticane , où assiste le Sacré-Collége (pag. 142), et Fon a aussi décrit la Chapelle cardinalice où le Cardinal-Doyen chabte la messe du Saint-Esprit , qui précède l'entrée des Cardinaux an conclave. Toutes les fonctions ecclésiastiques célébrées dans rintérieur du conclave en présence du Sacré-Collége, font partie de ces Chapelles ; telles que les cérémonies de la Semaine sainte, la procession du Corpus ^ faite dans l'enceinte du conclave, et la célébration de quelque fête particulière. C'est ainsi que le cardinal Rezzonico, qui était évêque de Padoue, et qui fut pape sous le nom de Clément XIII , célébra dans le conclave la fête de saint Antoine , patron de cette ville, et, plus tard, le cardinal d'Yorck , celle de saint Louis de Gonzague. Dans le conclave de 1823 , qui donna un successeur à Pie VU, les Cardinaux voulurent célébrer la fête de l'Exaltation de la sainte Croix. Dans celui de 1828, le cardinal Castiglione, qui fut élu pape sous le nom de Pie YIII, fit la fonction le mercredi des Cendres, et célébra les fêtes de saint Joseph et de l'Annonciation de la sainte
( 401 ) Vierge. Enfin y dans celui de 1830 à 1831 , dans lequel la tiare fut donnée au cardinal Capellari y aujourd'hui Grégoire XVI, on célébra en pompe la glorieuse octaye de Noël, et le Te Deum, qui termine à Rome les cérémonies de Tannée, y fut chanté en présence de tous les membres du conclave.
Outre ces ChapeUes cardinalices, le Sacré-Collége se réunit «ncore , soit sur l'invitation du Pape , soit pour répondre à l'invitation de quelqu'un de ses membres , supérieur ou protecteur de quelque église , afin d'assister à certaines fonctions saintes. Nous indiquerons les suivantes :
La Ghapdie anniversaire en l'honneur des Pontifes décédés , tenue par les Cardinaux qui leur doivent la pourpre ; celle en l'honneur de Paul IV , dans l'église de la Minerve , instituée par saint Pie V , qui doit être célébrée en présence de la congrégation du Saint-Office ; celle pour un Cardinal décédé appartenant à cette même congrégation, célébrée dans la même église; celle pour l'anniversaire des Cardinaux défunts appartenant à la congrégation de Propaganda fide , et pour les bienfaiteurs de cette même congrégation , tenue dans l'église du collège de la Propagande; enfin, la Chapelle cardinalice pour les souverains et les reines décédés, qui se tient dans diverses églises, et celle pour la fête de sainte Lucie , tenue dans la basilique de Latran , pour demander à Dieu la prospérité du royaume de France, le 13 Décembre , jour anniversaire de la naissance d'Henri IV , qui donna au chapitre l'ancienne abbaye de Clairac *. L'Ambassadeur de cette puissance, accompagné de toute la légation, assiste à la fonction; il jouit dans le chœur des honneurs dus aux Cha-
* Cette ville, située sur le Lot , au diocèse d'Agen , doit son origine à une abbaye de Bénédictins , fondée par les anciens princes de Gascogne , qui fut sécularisée aous le pontificat de Clément YIII. En 1608 , Henri IV en concéda les revenus an Chapitre de Saint-Jean-de-Latran , qui entretenait dans cette abbaye plusieurs chapelains pour y faire le service divin. Le Chapitre vota à perpétuité la messe solennelle du 13 Décembre , décerna les honneurs canoniaux au Roi de France , et fit ériger , en Hionneur de l'illustre donataire , une très-belie statue de bronze , placée d'abord dans une chapelle de Téglise , et aujourd'hui à Tune des extrémités du portique de la basilique de Latran. f^' ^i* T.J
( A02 ) noines de cette basilique y et il reçoit à la porte les Cardinaux ^ qu'il remercie ensuite de leur gracieuse présence à la cérémonie. Les Ambassadeurs des puissances font chanter quelquefois des Te Deum solennels dans les ^lises de leur nation respective^ à Foccasion des heureux événements dont leurs gouvernements ont à remercier le ciel, tels que Tavéncment d'un roi ou d'un empereur, la naissance d'un prince vivement désiré , ce qui est plusieurs fois arrivé pour les dauphins de France. Ces réunions ecclésiastiques, auxquelles les Cardinaux sont invités, sont considérées comme Chapelles cardinalices. La plus solennelle de ces Chapelles, qui clôture celles qu'on appelle extraordinaires, est la fonction de béatification : nous en avons rendu compte en parlant des Chapelles papales extraordinaires ( pag. 169 ).
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lU.
Chapelles cardinalices ordinaires.
Vipres pour la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome^ 18 Janvier.
La première Chapelle , dans l'ordre des fêtes de l'année, est celle qui est destinée à célébrer le glorieux pontificat du Prince des Apôtres dans la ville de Rome , capitale de la chrétienté.
Cette Chapelle se tient dans la basilique de Saint-Pierre , à la chapelle du chœur. Le Cardinal-Ârchiprètre reçoit dans la salle Capitulaire ses illustres collègues , qui portent leurs insignes rouges, à l'exception de leur grand manteau , qui est de soie violette , tandis que celui de l'Archiprètre est rouge. Le cortège , pour se rendre à la chapelle du chœur, marche dans l'ordre suivant : deux Custodes de la basilique , en soutane de serge vio-
( Û03 ) lette et ceinture de soie de même couleur; le Collecteur des messes^ au milieu d'eux, même costume, parements de soie rouge, portant tous les trois des bâtons recouverts de velours rouge, aux armes du Chapitre; la croix capitulaire et les Acolytes; les^ Élèves du séminaire du Vatican, en cotte; les Clercs-Bénéficiers, les Bénéficiers et les Chanoines; quatre Bénéficiers et le Chanoine hebdomadier, en chape ou pluvial; enfin le Sacré-Coliége. Toute l'assistance ecclésiastique prend sa place ordinaire, et les Cardinaux occupent à droite et à gauche de Fautel les stalles supérieures. Les rites observés sont les mêmes que ceux des vêpres ordinaires chantées devant le Sacré-Coliége. Cette fête est une de celles où les musiciens et les chantres de la basilique exécutent les compositions religieuses les plus renommées , telles que celles de Pitoni et Jomelli.
Chapelle cardinalice et exposition du Saint-Sacrement j le jeudi de la Sexagésimej dans Véglise de Saint-Laurent in Damaso.
Le Cardinal- Vice-Chancelier, en sa qualité de commandataire de cette église , invite ses illustres collègues à la cérémonie. Après s'être réunis dans la sacristie, ils se rendent collégialement, précédés du Chapitre, à l'autel principal, après avoir adoré le Saint- Sacrement dans la chapelle où il est conservé; cérémonie qui s'observe à toutes les Chapelles cardinalices. Dès que le Célébrant a terminé la messe, on commence, par l'exposition du Saint- Sacrement, l'oraison de quarante heures.
Le souverain Pontife est dans l'usage d'aller, dans l'aprèsmidi de ce jour , accompagné des Prélats de sa maison , adorer le Saint-Sacrement dans cette église, dont les Chanoines sont ensuite admis au baisement des pieds de Sa Sainteté.
Chapelle cardinalice du dimanche de la Quinquagésims y dans l'église du Jesu.
Cette Chapelle a été établie en 1629. Le Cardinal-Doyen invite les autres membres du Sacré-CoUége , qui sont reçus à
( UOh ) la porte du couvent par le Général et les Pères Jésuites. Après Fcvangiie y celui des membres de la compagnie qui doit prêcher le Carême , prononce le discours. A l'offertoire on eiécute le motet Memor eslo verbi lui. Après la messe ^ on commence Foraison de quarante heures , qui dure jusqu'au mardi suivant. Le Sénateur et les Conservateurs du peuple romain assistent à la cérémonie? et le souverain Pontife se rend à l'église du Jesu dans cette période de jours pour y adorer le Saint-Sacrement. Sa Sainteté admet au baisement des pieds le Général et les Religieux de l'institut.
Chapelle pour la fêle de sainl Thomas d'Aquin y dans Véglise de la Minerve ^ 7 Mars.
Cette Chapelle fut instituée par Paul V, en 1555, et ce Pontife en inaugura lui-même l'institution en prononçant un éloquent panégyrique du Saint devant le Sacré-Collége. Par un privilège particulier, et pour honorer la mémoire du Docteur angélique, ce sont les Curseurs pontificaux qui annoncent la tenue de cette Chapelle cardinalice, ce qui lui a fait donner le nom de CapeUa semi-papale.
Toutes les années, le Sacré-Collége se réunit dans la sacristie de réglise de la Minerve, une des plus remarquables de Rome, où furent élus Eugène IV et Nicolas V; il y est reçu par le Cardinal titulaire, et il se rend processionnellement dans l'église où se tient la Chapelle. A l'offertoire on exécute le motet à quatre voixy O Docloroplime^ de Grandis. Après la messe, un Religieux dominicain prononce en latin le panégyrique de saint Thomas. Le Cardinal titulaire ne remercie point, selon l'usage, ses illustres collègues de leur gracieuse assistance, parce que cette Chapelle est considérée comme ayant été annoncée (intimala) au nom du Pape.
( tiOS )
Chapelle pour la fête de samle Françoise Romaine, dans l'église de sainte Marie- Nouvelle des Pères OlivetainSj 9 Mars.
Clément YIII ayant canonisé cette illustre servante de Dieo , l'honneur des dames romaines, cette Chapelle, à laquelle assistent, non-seulement le Sacré-Collége , mais encore le Sénateur et les Conservateurs , invités par le Cardinal-Protecteur de l'ordre des Olivetains, est tenue toutes les années d'après les rites observés en Chapelle cardinalice.
Chapelle de saint Pierre , martyr , dans V église de la Minerve ,
29 Avril.
Les Cardinaux de la congrégation du Saint-Office , les Consulteurs , les Assesseurs , le Maître du Sacré-Palais , et autres dignitaires de ladite congrégation , les Pères gradués de l'ordre des frères Prêcheurs , assistent à la cérémonie. Elle n'offre d'autre particularité que l'usage où l'on est de faire distribuer, après la messe, par de jeunes Clercs , aux membres du Sacré-CoIIége, un bouquet de fleurs artificielles et un rameau d'olivier bénit , en mémoire de rhéroïque constance du Saint à souffrir le martyre , et de la paix dont il jouit dans le ciel. On sait que cet intrépide Confesseur traça de son doigt, au milieu des tortures, les paroles du Credo j avec le sang qui s'échappait de son corps.
Vêpres solennelles pour la fête de Pâques , dans la basilique Sainte-Marie-Majeure.
Les Cardinaux se rendent à ces vêpres solennelles dans leurs carrosses de gala, accompagnés de leur grande livrée. Cette Chapelle cardinalice se tient d'après les rites ordinaires, et n'offre aucune particularité remarquable.
Chapelle pour la fête de saint Yves, dans V église de VArehigymnase romain j, 19 Mai.
Les Avocats consistoriaux invitent le Sacré-CoIlége et les autres Prélats à la cérémonie , à laquelle assistent les Procureurs des
( U06 ) collèges , les Magistrats romains et les Lecteurs de l'Université. Après réyangile^ un jeune ecclésiastique prononce le panégyrique du Saint , et on exécute le motet de Palestrina , Isle est qui ante Deum. Après la fonction , on distribue aux assistants de petits bouquets de fleurs naturelles.
Vêpres de VAscension^ dans la basilique de Latran^ et vêpres de saint Jean-Baptiste.
Ces vêpres sont solennellement chantées dans cette basilique, en présence du Sacré-GoUége et de tous les membres du Chapitre, d'après les rites observés en Chapelle cardinalice.
Vêpres solennelles pour la fête de saint Pierre et de saint Paul, dans la basilique Vaticane^ et Chapelle cardinalice pour Voctavej le 6 Juillet.
Quand le pape Benoit XIV voulut rendre aussi solennelle qae possible Foctave de la fête de ces Apôtres, qu'il avait instituée, il ordonna que les secondes vêpres de la fête seraient chantées solennellement dans la basilique Vaticane, à l'autel de la Confession. Il ordonna, en outre, par sa bulle Admirabilis, que l'octave des saints Apôtres serait clôturée par une messe cardinalice, célébrée à Saint-Jean-de-Latran , où sont conservées les têtes de ces illustres Confesseurs de la foi , voulant ainsi accroître de plus en plus le culte voué par les Romains à leurs glorieux patrons. Cette Chapelle est considérée comme semi-papale ^ et annoncée par les Curseurs pontificaux. Après la messe on vénère les têtes des deux Apôtres, et dans l'après-midi le Sénateur et les Convervateurs du peuple romain vont honorer dans la basilique ces insignes reliques, d'après les intentions de Benoit XIV.
Chapelle pour la fite de saint Bonaventure^ dans V église des douze Apôtres^ 14 Juillet.
Sixte-Quint, voulant rendre hommage à la mémoire de saint Bonaventure, qui avait appartenu à son ordre, le déclara doc-
( 407) teur de FËglise^ et fonda uq collège auquel il donna un Cardinal pour protecteur , et qu'il plaça sous Finvocation du Saint. Il voulut^ en outre, qu'une congr^ation de Cardinaux lui désignât le meilleur moyen pour honorer chaque année sa mémoire. C'est pour répondre à ces pieux désirs que, le 14 Juillet 1588, fut tenue pour la première fois la Chapelle dont nous parlons, usage régulièrement sui?i à Rome depuis le pontificat de ce grand Pape.
Chapelle pour la fite de saint Vmeent de Paulj dans V église des Pères de la Mission^ 19 Juillet
Elle se tient d'après les rites ordinaires : les Prêtres missionnaires reçoivent les membres du Sacré-Collège; les Clercs de la Propagande assistent à cette cérémoniie.
Vêpres pour la fêle de sainte Marie-des-Neiges, dans la basilique de Sainte- Marie 'Majeure^ 5 Août. — Secondes vêpres de VAssomption.
C'est dans la chapelle Borghésienne de Sainte-Marie-Majeure qu'on chante solennellement, en présence du Sacré-CoIlége et du Chapitre, les premières vêpres de la fête. Pendant le chant des psaumes, on jette alternativement du haut de la voûte, tantôt du jasmin, tantôt des roses blanches, pour rappeler le prodige de la grande quantité de neige tombée le 5 Août, sous le pontificat du pape Libère, en 366, sur le terrain où fut construite la basilique dédiée à la Mère de Dieu , dont les litanies sont chantées après les vêpres.
Les secondes vêpres de la fête de FAssomption de la sainte Vierge sont chantées, en présence du Sacré-Collége, dans la même chapelle de la basilique Libérienne.
Chapelle pour la fête de saint Louis, 25 Août.
S'il n'y a point dans le Sacré-Collége un Cardinal-Protecteur de la couronne de France qui puisse inviter à la cérémonie ses illustres collègues, c'est le Cardinal-Doyen qui fait l'invitation ^
( 408 ) et qui reçoit dans la sacristie ses illustres collègues, de coDcert avec FÂmbassadeur de France et les Chapelains royaux de l'église. Cette Chapelle cardinalice remonte à lannée 1623; le corps diplomatique est dans l'usage d'y assister. On exécute à roffertoire le motet de Palestrina, Iste est ante Deum.
Les révolutions politiques suspendirent pendant vingt ans la célébration de cette Chapelle , qui ne fut reprise que sous le règne de Louis XVIII et le pontificat de Pie VIL
Le souverain Pontife, accompagné de son train de campagne, va rendre hommage à la mémoire du saint Roi, et adorer le Saint-Sacrement, dans la chapelle dédiée à ce pieux monarque, dans l'après-midi du jour de sa fête. Sa Sainteté est reçue sur le perron de Féglise par l'Ambassadeur et la légation de France, et par les Chapelains; elle admet ensuite les uns et les autres au baisement des pieds , dans la sacristie de cette église.
Chapelle pour la fêle de V Invention de la Croix, 14 Septembre, dans l'église de Saint-Marcel des Pères servites.
Sixte-Quint , par la bulle Egregia, avait institué une chapelle cardinalice le 3 Mai, jour de l'Invention de la sainte Croix „ dans l'église de Sainte-Croix de Jérusalem , bâtie par seinie Hélène, et où se conservent les précieuses reliques du bois sacré de la rédemption ; mais l'éloignement de cette église fit réunir cette chapelle à celle qui est célébrée dans l'église de Saint- Marcel.
La messe est chantée dans la chapelle appartenant à l'archiconfrérie de Jésv^ crucifié, où l'on vénère le miraculeux crucifix conservé intact au milieu des flammes qui ravagèrent et détruisirent de fond en comble l'église de Saint-Marcel, le 23 Mai 1519. Les Chapelains-Chantres pontificaux exécutent , à l'offertoire , le motet de Palestrina, Nos autem gloriari oportet, et les membres de l'archiconfrérie offrent aux Cardinaux un rameau de fleurs artificielles , et ils en reçoivent un écu d'or. Le Cardinal le plus digne distribue ensuite à de jeunes filles le brevet qui leur assure
( 409 ) la dotation que leur concède, pour leur mariage, Farchiconfrérie du Divin crucifié.
Vêpres pour la Dédicace de la basilique de Latran, 9 Novembre, et de la basilique Vaticane, 18 Novembre.
On chante solennellement les yèpres à l'autel Papal , dans la première de ces basiliques : les Cardinaux occupent les stalles de* droite; les Chanoines celles de gauche. Après la cérémonie, le Cardinal-Ârchiprètre remercie ses illustres collègues.
Les vêpres de cette fête sont chantées dans la chapelle du chœur , à Foccasion de la dédicace de la seconde de ces basiliques. Dans la matinée , le Cardinal-Ârchiprètre de la Vaticane officie pontificalement dans la mèmechapelle, où la messe est exécutée en musique. Lorsque le Pape habite le Vatican, il est dans Fusage de se rendre à la fonction, accompagné des Cardinaux palatins et des Prélats de sa chambre : il porte la mosette et Fétole, et occupe la première stalle canoniale, surmontée d'un baldaquin. C'est le Cardinal le plus digne qui récite, avec le Pape, l'introït, le Gloria, le Credo, le Sanctus et ÏAgnus Dei. La Garde-Noble et la Garde-Suisse font leur service à la porte de la chapelle.
Chapelle pour la fêle de sainte Catherine, 25 Novembre, dans réglise de Sainte-Catherine ai Funari.
C'est dans l'enceinte du cirque Flaminius, dont les ruines ont abrité long-temps de pauvres ouvriers qui fabriquaient des cordes, qu'est située cette église, qu'on appelait autrefois Sainte-Catherine de la Rose. Saint Ignace, ayant obtenu de Paul III, en 1539, de restaurer cette église , y fonda , sous la direction des religieuses de saint Augustin , un conservatoire destiné aux jeunes filles qui couraient des dangers dans le monde. La grand'messe est chantée en présence du Sacré-Collége, et à l'offertoire on exécute le motet de Palestrina , Veni, sponsa mea. Après la fonction, les Cardinaux font leur offrande pour l'entretien du précieux conser vatoire de Sainte-Catherine.
Vêpres pour la fête de Noël, dans la basilique de Sainte-Marie- Majeure j et Chapelle cardinalice pour la fête de saint Thomas de Cantorbért/j 29 Décembre.
Ces TÔpres sont chantées solennellement à Tautel Papal de la basilique^ en présence des Cardinaux, revêtus de leurs insignes de pourpre, et qui se sont rendus à la cérémonie accompagnés de leurs livrées de gala.
Le surlendemain, on chante solennellement, en présence du Sacré-Collége , les secondes vêpres en l'honneur de saint Jeao , apôtre et évangéliste , dans l'église de Latran.
Grégoire XIII ayant fondé le collège Anglais, et le Cardinal de Norfolck ayant fait élever, comme dépendance du collège, l'église de Saint-Thomas , nous apprenons de Buccardo que la Chapelle en l'honneur de ce Saint fut tenue pour la première fois en 1502.
Pendant le séjour de Jacques III à Rome, le Pape Clément XI fut, en 1722, célébrer une messe privée sur l'autel du saint Confesseur , pour l'heureuse délivrance de la reine , épouse du monarque dépossédé.
Les révolutions suspendirent pendant quelque temps la célébration de cette Chapelle, et , en 181 5, le cardinal Pacca , préfet de la sacrée congrégation de FImmunité ecclésiastique , la fit tenir dans l'église de Saint-Sylvestre in Capite^ l'ancien collège Anglais n'étant pas encore restauré. Les Prélats , les Votants et les Consulteurs de la congrégation , assistent également à la cérémonie , pour rendre honneur à la mémoire de l'intrépide défenseur des immunités ecclésiastiques. A l'offertoire on chante le motet de Palestrina , Hic est verè Martyr.
Chapelles prélatices.
Les Chapelles prélattces ne sont autre chose que les messes chantées pontificalement par un Archevêque on Ëvèque, suivant l'ordre des cérémonies de l'église , assisté des ministres ou ofGciers des Chapelles cardinalices et des Chantres pontificaux^ en présence des membres d'un des collèges de la prélature romaine y soit à l'occasion des funérailles solennelles ou des anniversaires funèbres^ soit enfin pendant l'octave de saint Pierre et de saint Paul. On peut encore les diviser en Chapelles extraordinaires et en Chapelles ordinaires.
Les Chapelles extraordinaires sont celles que l'on tient en particulier à l'occasion de solennelles funérailles : c'est ainsi qu'autrefois tous les Prélats romains, à cheval, assistaient aux obsèques des Cardinaux ; il en a été de même à l'occasion de celles de certains princes souverains décédés à Rome. Les divers collèges prélatices assistent aussi aux funérailles des premiers dignitaires de la cour pontificale, et les Ëvêques se rendent solennellement à celles du prélat Majordome. C'est toujours un Évêque , le prélat Aumônier, le prélat Sacristain ou les Camériers secrets, qui chantent la messe.
Quelquefois les souverains ^Pontifes ont voulu honorer d'une manière particulière quelques Prélats , et ont ordonné la tenue d'une Chapelle prélatice à l'occasion de leur décès : c'est ainsi que Clément XI fit célébrer les obsèques de Mgr. Rigi , archevêque de Catane et patriarche de Constantinople.
Les Chapelles prélatices ordinaires sont celles ordonnées par la bulle de Benoît XIV, Admirabilis j, qui établit l'octave de
( A02 ) noines de cette basilique y et il reçoit à la porte les Cardinaux , qu'il remercie ensuite de leur gracieuse présence à la cérémonie. Les Ambassadeurs des puissances font chanter quelquefois des Te Deum solennels dans les ^lises de leur nation respective^ à l'occasion des heureux événements dont leurs gouvernements ont à remercier le ciel, tels que l'avènement d'un roi ou d'un empereur, la naissance d'un prince vivement désiré , ce qui est plusieurs fois arrivé pour les dauphins de France. Ces réunions ecclésiastiques , auxquelles les Cardinaux sont invités , sont considérées comme Chapelles cardinalices. La plus solennelle de ces Chapelles, qui clôture celles qu'on appelle extraordinaires, est la fonction de béatification : nous en avons rendu compte en parlant des Chapelles papales extraordinaires ( pag. 169 ).
Chapelles cardinaliees ordinaires.
Vêpres pour la fête de la Chaire de saint Pierre à Rome^ 18 Janvier.
La première Chapelle , dans l'ordre des fêtes de Tannée, ^ celle qui est destinée à célébrer le glorieux pontificat du Prince des Apôtres dans la ville de Rome , capitale de la chrétienté.
Cette Chapelle se tient dans la basilique de Saint-Pierre , à la chapelle du chœur. Le Cardinal-Ârchiprètre reçoit dans la salle Capitulaire ses illustres collègues , qui portent leurs insignes rouges, à l'exception de leur grand manteau , qui est de soie violette , tandis que celui de l'Archiprètre est rouge. Le cortège , pour se rendre à la chapelle du chœur, marche dans Tordre suivant : deux Custodes de la basilique , en soutane de serge vio^
( 41i ) gièrent saint Pierre et saint Paul, et que Ton visite encore* Cette partie de la ville était inhabitée sous les anciens Romains; elle présentait une longue voie qui conduisait au Champ-de-Mars. On veut encore, d'après une pieuse tradition , que saint Jean et saint Luc aient habité ce souterrain , que ce dernier y ait commencé les Actes des Apôtres j et que saint Paul y ait écrit son Epitre aux Hihretix.
Chapelle prélattce^ 3 Juillet.
Les prélats Clercs de la chambre tiennent cette Chapelle à Saint-Pierre-aux-Liens, {basilique Eudoxienne), où l'on conserve précieusemoit les deux chaînes réunies miraculeusement en une y et qui servirent à lier le Prince des Apôtres dans la prison de Jérusalem et dans la prison Mamertine de Rome. Les fidèles sont admis à baiser ces chaînes ce jour-là, et le jour de la fête, le l.^Août.
Chapelle prilatice j 4 Juillet.
La cérémonie a lieu en présence des prélats Votants de signature, dans l'église de Saint-Pierre in Carcere, élevée sur l'ancienne prison Mamertine ou Tullienne y où furent détenus, l'an 66, avant d'aller au martyre, saint Pierre et saint Paul , et où ils convertirent saint Procès et saint Martinien , leurs geôliers. La prison , à deux étages, existe sous l'église, et l'on voit encore des vestiges de ces fameuses Scalœ gemoniœ par où les Romains descendaient leurs prisonniers dans les profondeurs de ces cachots souterrains , construits de gros blocs de tuf , dans le flanc de la montagne : les cadavres étaient , plus tard , jetés au dehors , sur les degrés de ces escaliers qui aboutissaient au Capitole. La tradition chrétienne a consacré ces lieux , où l'histoire profane nous apprend que Jugurtlia , prisonnier du peupîe romain , mourut de faim , où furent étranglés les complices de Catilina , qui , du fond de leur cachot , pouvait entendre la voix accusatrice de Cicérop. Tibère y fit poignarder Séjan.
Chapelle prélatice ^ 5 Juillet.
Le Collège des Prélats du Parc-Majeur tient Chapelle k Saint- Pierre m Montorio ( Morts aureus j à cause de la couleur jaune du sable de cette colline , sur laquelle Tapdtre saint Pierre fut cruci6é ^ la tète en bas : c'est l'ancien nion.t Janicule ). La tradition veut que ce soit sous le gracieux petit temple bâti par le Bramante^ au milieu d'une des cours du couvent des Mineurs observantins qui desservent l'église, que saint Pierre ait été martyrisé. On voit l'excavation revêtue de marbre où aurait été implantée la croix. Cette tradition paraîtrait ne pouvoir se concilier avec celle qui fait mourir saint Pierre au Vatican. ( Voy. la note S y de la première partie).
Le 6 ^ Chapelle cardinalice pour la fin de l'octave y k Saint-Jeande-Latran y comme nous l'avons dit ( pag. 406. )
Ainsi y comme on le voit y chaque jour de l'octave , le saint sacrifice de la messe est offert en Chapelle prélatice dans une des églises consacrées par la piété des fidèles à honorer plus particulièrement la mémoire des saints Apôtres , et où l'on retrouve les premiers vestiges de cette religion naissante qu'ils fondèrent , et qui ne doit pas périr.