DE LA FLORERIA PONTIFICIA
Note 12, page 13.
Cest comme le Garde-Meuble pontifical, dont le chef, appelé Florière , veille à la conservation de tous les meubles , équipages , vêtements , effets mobiliers quelconques , provisions , etc. , des palais apostoliques. Le Garde- Robe du palais de Castelgandolfe, le Sous-Garde-Robe, le Mosaïciste, l'Horloger, et plusieurs autres employés subalternes, sont attacha à la Floreria pontificia.
bE^ COSTOHES DES CABDINACX , PRÉLATS, ETC.
Note 1 3, page 15.
jOû TOit dans cet ouvrage les ornements qne revêtent les Cardinaux aot dif^rses Chapelles papales. Il nous a paru utile d'entrer ici dans quelques détails plos circonstanciés sur les différents costumes des membres du Sacré- Collège.
Les insignes cardinalices sont, à proprement parler, la calotte, la barrette rouges,, et Tanneau de saphir; aussi tous les membres du Sacré-Collége les portent-ils toujours. La soutane et le grand manteau rouges ne sont portés que par les Cardinaui qui appartiennent au clergé séculier; ceux qui appartiennent au clergé régulier conservent la couleur de leur ordre ; ils ne portent pas les bas rouges, et ne prennent jamais l'habit de ville.
Ce dernier habit consiste en une soutanelle noire ou bronze , doublée et lisérée de rouge; bas rouges, chapeau ecclésiastique noir, à glands d'or, et quelquefois un manteau rouge, galonné en or, ressemblant un peu à la cape italienne, et qu'il ne faut pas confondre ayecle grand manteau de pourpre.
Le costume ecclésiastique est de deux espèces : l'habit de chœur , consistant en rochet de dentelle, mantelletta , mosctte de soie ou d'hermine, et le manteau rouge, appelé cappa magna y que les Cardinaux portent roulé derrière, et que le Caudataire a soin de déplier quand ils vont à l'obédience, et l'habit sacré, c'est-à-dire, la chape, la chasuble et la dalmatiquc, suivant l'ordre auquel les Cardinaux appartiennent.
Le mantelet, ou mieux la /7ia/ite//e//a cardinalice, qui consiste en une espèce de justaucorps sans manches, attaché seulement au cou, ouvert par-devant dans toute i>a longueur, dont les bords, libres et pendants, descendent au genou , est un signe de non juridiction ; aussi les Cardinaux ne la portent-ils pas pendant la vacance du siège.
La couleur ordinaire du costume des Cardinaux est le violet on le rouge; on verra dans quelle circonstance leurs insignes sont rose pâle. Leurs vêtements sont d'étoffe de soie unie ou à fleurs, ou d'une espèce de laine très-fine, espèce de serge ou de camelot léger; leur soutane ne peut jamais être de velours ni de satin ; la mantelletta ni la musette ne peuvent jamais être de drap. Lorsque les Cardinaux portent le violet, leur chapeau cardinalice,, de forme alongée , à glands d'or et bordé d'un galon d'or, doit être de la même couleur. Le violet est tout à la fois la couleur de pénitence et celle de deuil , avec cette différence que lorsqu'ils sont en deuil, ils ne doivent pas porter des glands d'or, et tous les parements et liserés sont de soie violette, au lieu d'être rouges; le noir, comme couleur de deuil, leur est interdit. Dans les églises dont ils sont titulaires, les Cardinaux déposent la mantelletta; ils portent l'étole sous la musette; le Pape seul la porte, à Rome, à découvert.
La mantelletta n'est pas seulement un insigne cardinalice, elle est aussi
(Û25 ) à l'usage des Évêques, dont Thabiide chœur ordinaire consiste dans le rochet et la mantelletta; elle est encore portée par les Prélats romains qui n'ont point le caractère épiscopal.
On divise à Rome tous les Prélats en deux grandes classes : 1 .^ Prélats di mantelletta : ce sont les membres les plus éminents de la prélature, tels que les (]ardinaux , les Archevêques et les Évêques, les Prélats di fiochctti, les Prélats assistants, les prélats Auditeurs de rote, les Prélats référendaires, elc. ; ils sont nommés pour toute leur vie, en vertu d'au bref, ou par un acte public émané du Cardinal-Secrétaire-d'État : ils portent les glands au chapeau et les bas violets, n'étant pas même revêtus du caractère épiscopal; 2.0 Vi êlaits di mantellone : ce sont tous les Camériers ecclésiastiques, les Chapelains et tous les Prélats domestiques attachés au service du Pape. Les Prélats ayant le caractère épiscopal portent seuls la croix pectorale.
Le mantellone consiste en une espèce de robe rouge, ou manteau fermé par-devant, à longues manches, qu'on laisse toujours pendantes. La prélature de ces derniers dignitaires peut cesser à la mort du Pape; ils ne peuvent porter qu'une simple colettine violette. Il faut faire remarquer ici que tous les ecclésiastiques, alors même qu'ils ne seraient pas prêtres, et qui sont attachés au service des Chapelles des palais apostoliques et des basiliques majeures, portent la soutane violette dans l'exercice de leurs fonctions.
Parmi les vêlements les pins usités comme insignes, portés par les fonctionnaires qui assistent aux Chapelles papales, le lecteur remarquera la cappa ; elle est quelquefois à l'usage du souverain Pontife. On a déjà vu que les Cardinaux la portaient toujours dans les cérémonies, comme les Évêques, les Prélats, les Chanoines et les Bénéûciers. La cape romaine actuelle, qui varie de forme, rappelle le manteau des anciens, appelé penula : ellf est remarquable par sou ampleur et sa longueur , portée par les Cardinaux; elle ressemble à une espèce de manteau, portée par les Évêques; elle est réduite encore à de plus plus petites proportions, portée par les Chapelains, les Camériers, les Aides de chambre, etc. Pendant le séjour des Papes à Avignon , le changement de climat fut cause qu'on ajouta un capuchon ; on y voit aujourd'hui le capuchon doublé de soie, de serge ou d'hermine, suivant la dignité des fonctionnaires et suivant la saison. Les Cardinaux ne relèvent sur leur tête le petit capuchon de leur manteau, que lorsqu'ils reçoivent le chapeau des mains du Pape, et les Pontifes relevaient quelquefois le leur dans l'hiver, en assistant aux matines de la nuit de Noël.
Il ne faut pas confondre ces divers manteaux dont on vient déparier, avec celui que portent les ecclésiastiques romains, appelé /*erra/uo/o/ze, ressemblant à celui de certains ordres monastiques, et celui qu'on appelle ferraiuoletto , qui est notre manteau court, en étoffe de soie, porté sur l'habit à la française par un Prélat ou un simple prêtre dans certaines circonstances.
On voit aussi dans le récit des cérémonies papales, des ecclésiastiques qui ont le privilège d'y assister on d'y remplir leurs fonctions, se revêtir de la
eotta : c^est , k proprement parler, le snrplis romain , ressemblant à ce que nous appelons rochet, mais beaucoup pins court. La cotta est artistement plissée par-devant -, la coltina n'en diffère qne parce qu'elle est sans manches, et qu'elle n'est point plissée ; elle est à l'usafe des Prêtres sacristains, 4es Chantres, des ecclésiastiques et des Clercs employés an service des églises.
La coUa est donc l'habit de chœur le plus usité à Rome. Le mot cotta, et, sans doal«, notre mot français cotte, iiérivent de xiTiAvtov, qui signifie petite tn nique, tunicella, qn'on dit un diminutif de x^'^*? ^'oà Ton fait •dériver le mot rochet, auquel d'autres anieurs ont donné une origine héhraïque. ( Voy. Ga van tus , voL 1. ) Les Étrusques aj^aient cotta ce que les Latins appelaient toge.
On connaît Télymologic du mot surplis, V-estis super pelles, d'où superpellicium; en français, surpelisse ou surplis, parce que les ecclésiastiques portaient cet habit de chœur sur une robe fourrée de peaux d'animaux; ce qui expliquerait pourquoi cette dénomination est inusitée en Italie j où le climat rendait les fourrures inutiles.
Quelques auteurs ont pensé que, dans la primitive Église, les ecclésiastiques, sans distinction, portaient des habits de peaux de bêtes , en signe de pénitence, rappelant ainsi le vêtement d'Adam après son péché , la ceinture de peau du Grand-Prêlre, celle de saint Jean-Baptiste. L'anmussedes Chanoines serait comme une imitation de ces anciens vêtements de peau.
La cotte, le surplis, l'aube et le rochet, n'ont eu évidemment dans le principe qu'une origine, et sans doute qu'une forme commune qui a snccessi* ment varié. Saint Jérôme ne nous laisse pas ignorer que les Évoques, les Prêtres, les Diacres, portaient des habits blancs de lin dans l'exercice de leurs fonctions. Le pape Nicolas I.»** confondait sous la dénomination de lineœ togœ, ces difTérenls vêtements ecclésiastiques , dont la forme , quoique modifiée, rappelle toujours la croix du Sauveur, que le prêtre retrouve sur presque tous ceux qu'il revêt dans l'exercice de ses fonctions^ comme une perpétuelle exhortation d'imiter ce divin modèle. Leur couleur blanche rappelle la simplicité, la candeur et la charité évangélique ; leur ampleur , la charité de Dieu, qui doit être abondante, vita clericalis in operibus lar^; la longueur de l'aube, la persévérance finale; enfin , la charité, qfdr couvre une multitude de péchés, comme ces insignes couvrent les habits ordinaires.
On voit encore d'autres ecclésiastiques assister aux fonctions ^ portant la soprana; c'est une soutane sans manches qui recouvre la première, et à laquelle sont jointes deux bandes d'étoffe de soie ou de laine, de quatre à cinq pouces de largeur, fixées aux épaules et retombant jusqu'au bas des jambes.
Dans la description dp cortège qui accompagne le Pape lorsqu'il va prendre possession de Saint-Jean-de-Latran (voyez pag. 126), on remarque des Prélats portant des chapeaux pontificaux et d'autres des chapeaux demipontificaux. Ces chapeaux, de forme alongée, recouverts de drap noir.
( 427 ) doublés de soie violette ou cramoisie, différent entre eax par le nombre de» cordons et des glands violets, verts on ronges, qoi les garnissent, suivant la dignité des Prélats qui les portent