XIV
prérogative affectée ou dévolue au Pontife suprême. Dans la première catégorie il faut ranger les Ordo romains ^ les CérémoniauXy le livre de Paride de Grassis, maître des cérémonies de Léon X (1) ; celui du bibliothécaire Giorgi (2) ; la Hiérarchie ecclésiastique j, de Bonani, ouvrage plein d'érudition et d'intérêt; le Thésaurus (3), d'Angelo Rocca, religieux augustin, sacristain du palais apostolique sous Clément VIII, écrivain fécond à qui la liturgie pontificale est redevable de tant de recherches curieuses; l'ouvrage du chanoine portugais Novaes (4), si utile pour faciliter les recherches; enfin,
(1) Diarium curiœ Romance, cum christiani Godofrini Hoffanni, Disserlatione de auctore diarii , ejusque vitâ , necnon diariis et lihris Cœremoniarum curiœ Romance prima vice. Ex M. S. cditum, etc. 1 vol. in-4.0 Leipsic , i73|.
(2) De Liturgiâ romani Pontificis in solemni celehratione missarum, 3 vol. in-4.o Rome, 1744.
(3) Thésaurus pontificiarum antiquitalum, necnon rituum ac cœremoniarum. 2 vol. in-folio. Rome, 1745. La bibliothèque da conveot des Augostins, à Rome, appelée bihliotheca Angelica, doit tout à la fois soa nom et sa fondation au P. Angelo Rocca , dont nous parlons. Ce savant religieux , à part Touvrage que nous venons de citer, est l'auteur d'une foule de traités , dissertations et commentaires sur les rites pontificaux , plusieurs fois cités dans les ChapeUes papales , et qui, réunis, forment plusieurs volumes in-folio, tels que : de sacrosancto Christi corpore romanis Pontificibus iler conficientibus prœferendo , commentarius , etc; de Calceis pontificiis , cruce insignitis , etc. , etc. 1 vol. in-folio. Rome, 1595. — De sacra summi Pontificis communione , etc. \ vol. ln-4.o Rome, 1610. La collection à peu près complète de ses œuvres, se trouve dans la bibliothèque de son ordre , à Rome.
(4) Jntroduzione aile vite de summi Ponte fi^i, o siano dissertazioni storico-critiche per servire d'intero rischiarimento a diversipunti nelle vite medesime conte nuti. Cominciando dalV elezione , coronazione , e possesso dé* Pontefici medesimi. Raccolte dal canonico Guiuseppe de IVovaes , patrizio portoghese.
Nous connaissons deux éditions de ce livre curieux ; et quoique la dernière, imprimée à Rome, à THospice apostolique, ne date ^ue de 1822, comme la première elle ne se retrouve plus dans la librairie marchande à Rome , où nous l'avons long-temps cherchée. Ce livre existe dans quelquesunes des bibliothèques publiques, notamment dans celle du noviciat des Jésuites. Nous devons à l'obligeance long-temps éprouvée de Mgr. Baldeschi,
(XV) les Trois Pontificaux ( Tre Pontificali) de l'érudit F. Cancellieri. Il faut mettre au nombre de ces écrivains , Benoît XIV et le cardinal Bona , qui , ne s'étant pas proposé pour unique but les rites usités dans les fonctions papales , ont cependant touché , dans leurs mémorables ouvrages , à une foule de questions liturgiques qui s'y rattachent.
Dans la seconde catégorie il faut ranger les traités particuliers d'un grand nombre d'écrivains , tels que plusieurs ouvrages spéciaux d'Angelo Rocca , cité plus haut ; de Carmeli (1), de Ciampini(2), de Cenni(3), de Fivisanni (4), de Moraès (5), jésuite portugais; du cardinal Garampi, auquel nous devons un Traité complet des Tiares pontificales ; de Samelli, dont les Lettres ecclésiastiques ^ plusieurs fois réimprimées, attestent le mérite. La liste des auteurs italiens qui ont écrit sur ces matières, serait presque inépuisable; leurs ouvrages formeraient à eux seuls une bibliothèque considérable ; on peut s'en convaincre en parcourant , à Rome , les rayons de celle du couvent des Dominicains et de celle des Augustins , qui nous ont paru les plus riches en livres de liturgie papale.
Si on groupait autour de ces écrivains qui se sont plus particulièrement occupés de rites sacrés usités dans les fonctions apostoliques, les Papes à qui nous devons les Consti-
chaDOÎDe de Saint-Pierre , l'exemplaire que nous avons en notre possession. Cet ouvrage otîre cet avantage, qu'il dispense d'un grand nombre d'autres, écrits sur la même matière, parce qu'il présente , outre de curieuses notions historiques, les opinions les plus accréditées de divers auteurs, et de précieuses indications bibliographiques.
(1) Sopra Vuso di bacciare i pedi al Papa; nelle sue Dissertazione fiiologiche, etc. 1 vol.in-4.o Rome, 1768.
(2) Dissertatio historica : an Pontifex romanus utatur haculo pas» torali. {Vome, I690,in-4.o
(3) De Osculo pedum romani Pontificis.
(4) De ritu sanctissimœ Crucis romano Pontifici prœferendœ , commentarius, 1 vol. in-*.© Rome , 1592.
(5) De Ornatu summi Pontificis.
(xy, ) tutions qui règlent et expliquent ces rites , les auteurs qut ont traité de l'élection des Pontifes romains , ceux qui ont écrit la volumineuse Bibliothèque des Conclaves y les orateurs qui ont prononcé des discours , pour la plupart conservés , soit avant l'élection , soit à la mort d'un grand nombre de Pootifes, on serait effrayé en considérant le nombre des volumes que nous devons à l'infatigable sagacité des auteurs italiens.
L'Église de France, qui, dans toutes les questions de liturgie générale , revendique pour elle tant d'écrivains éminents, n'a guère qu'un petit nombre d'auteurs à opposer à cette phalange. Citons comme le premier de tous, le plus savant des religieux, que Rome même nous envie, l'illustre Mabillon , à qui les sciences ecclésiastiques sont redevables de tant de précieuses découvertes dans les antiquités sacrées, consignées dans les Dissertatiom sur ks Ordo romains (1) ; les évêques de Saussai (2) et Suarès (3); l'oratorien Cabassut , qui a écrit sur l'élection des Pontifes romains et des Cardinaux ; le savant jésuite Garnier (4) , collègue et émule de Mabillon ; l'avocat-général Bignon , à qui nous devons encore un Traité sommaire de l'élection des Papes; le cardinal d'Ailly, qui a écrit aussi sur la même matière (5) , etc.
De tous ces écrivains , les plus récents remontent au dix-
(1) Musœum Italicum, seu collectio veterum scriptorum è bihlic thecis Italicis erutum. 2 vol. in-4.o Paris, 1687, 1689, 1704.
(2) De summi Pontificis deosculatione pedum,
(3) De FlahelUs Pontificiis. Vaisoo, 1662. 1 vol. iD-4.o— Nous devons encore à ce Prélat une dissertalioo intitulée : De Crocea veste Cardinal lium in conclavL
(4) Liber diurnus romanorum Pontificum , ex antiquissimo codicô M, S. nunc primiim in lucem éditas , cum notis et dissertât ionibuS' 1 vol. in-4'> Paris, 1680.
(5) De Electione summi Pontificis , speçtante ad coltegium Cardi-* nalium.
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huitième stôde j et qœlqaes-uns au seizième. Or , depuis l'une et l'autre époque y divers changements ont été introduits dans les cérémonies apostoliques. Dans ces derniers temps y Clément XIV et Pie VI ont modifié plusieurs anciennes coutumes , et^ de nos jours , Léon XII avait voulu faire revivre l'antique usage des stations , depuis si long-temps tombé en désuétude. Toutes ces. richesses d'érudition ecclésiastique , où l'on retrouve l'antiquité sacrée presque en entier, sont éparses dans de volumineuses collections que possèdent seules les bibliothèques de Rome ; la plupart de ces précieux ouvrages ne font plus partie du commerce de la librairie ; ils constituent comme un domaine exclusif rér serve aux hommes d'étude qui habitent la métropole de la chrétienté.
Réunir en un corps de doctrine et dans un ordre méthodique y à l'aide d'une table indicative , toutes ces doctes recherches , en les classant cependant dans Tordre alphabétique y et faire ainsi passer sous les yeux des lecteurs tous les faits qui se rattachent aux rites sacrés de la Uturgie papale , depuis les temps apostoliques jusqu'à nos jours ; était une œuvre aussi utile qu'honorable pour celui qui l'a f^treprise. M. Moroni a judicieusement étendu ses recherches; il a rattaché au plan de son Dictionnaire j qui embrasse l'histoire de la papauté et celle des institutions qu'elle a créées à Rome , les liturgies catholiques y les hérésies y les conciles^ les ordres religieux, les corps ecclésiastiques et civfls , tous les dignitaires faisant partie de la cour papale^ les collèges, les tribunaux, les basiliques, les collégiales ^ ainsi que les administrations romaines. Les hommes les plus éminents par leur science et leur dévouement à la Religion, qui ont appartenu aux diverses nations de l'Europe, y sont mentionnés ; les Ueux célèbres par les souvenirs religieux qu'ils rappellent, trouvent encore leur place dans cette longue galerie; enfin, l'histoire abrégée des principaux sièges de