DE LA SEDIA GESTATORIA
Note 26 , page 57.
La plupart des auteurs italiens font remonter à Etienne II, cla en 752, l'usage de porter sur la sedia les Pontifes romains; d'autres le fotit remonter à des époques plus reculées; il en est enfin plusieurs, tel qu'Enodiiis, cvêque de Pavie, qui veulent que les premiers successeurs de saint Pierre, et l'Apôtre lui-même, aient fait usage de la sedia»
Mais l'opinion la plus probable est celle qu'a suivie M. le chevalier Moroni. L'élection d'Etienne II ayant comble d'allégresse le peuple de Rome, ce Pontife fut porté en triomphe sur les épaules et les bras de ses nouveaux sujets, aux acclamations de la multitude, jusqu'à la basilique de Latran. On retrouve ici une imitation de l'usage où étaient alors plusieurs nations, de porter sur le pavois celui qu'elles reconnaissaient pour leur roi.
On a vu dans cette coutume , qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours, nonseulement une suprématie d'honneur, mais encore un indice de cette vigilance pastorale qui doit être comme l'attribut du Pontife. Placé ainsi sur un siège élevé, il peut plus aisément fixer les yeux de ses enfants, et être vu de tous comme le fanal de la foi. Il ne faut pas oublier que si, dans les splendeurs du culte catholique, le Pape fait usage de la sedia, il va souvent Il pied, et quelquefois nu-pieds , visiter les basiliques et les autres lieux saints de la ville de Rome.
Il est inutile de rappeler que la sedia gestatoria n'est antre chose que le fauteuil pontifical de velours cramoisi, aux armes du Pape, placé sur un plan horizontal, lié par de fortes traverses de bois, recouvert de tapis cramoisis, et porté sur les épaules des Palefreniers pontificaux. Le taUeaa d'Horace Ver net, représentant Léon XII dans la basilique de Saint" Pierre, et les nombreuses imitations qu'on en a faites, ont généralement appris à connaître la manière dont le Pape est porté dans les grandes cérémonies religieuses.
DES FLABELLES.
Note 27, page 57.
Il est ioatile de rappeler ici que ces grands éventails à plumes de paon , appelés flabcUes (de fiare ou de ferre flatum ), étaient en usage depuis un temps immémorial en Orient , où on les faisait avec des feuilles de palmier; ils servaient pour rafraîchir l'air. On a trouvé sur des monuments étrusques des éventails semblables et de formes diverses; ceux en plumes de paon étaient les plus élégants; leur usage était répandu chez les Romains, \m avaient leurs flabellifères. Pendant les sacrifices et les repas, ces flabelles servaient à chasser les insectes et à rafraîchir Pair. Les enfants , par tendresse filiale, les agitaient pour procurer une agréable fraîcheur à leur père et mère.
Les liturgies orientales et les constitutions de saint Clément prescrivaient à deux diacres de se placer des deux côtés de Tautel pendant le sacrifice , pour écarter des saintes espèces les insectes et les corps étrangers. Ces larges éventails étaient une imitation des ailes des chérubins qui couvraient la face de Dieu , ou un souvenir de la descente du Saint-Esprit précédée de ce souffle véhément dont parle saint Luc. Ils ont été aussi en usage d'autres fois dans l'Eglise de France , au rapport de Durand de Mende. Dans l'Église grecque, à l'ordination du Diacre, TÉvêque lui remettait la flabelle, en signe da ministère qu'il avait à remplir. Saint Âthanase s'est servi des Ûabelles, que mentionnent les liturgies de saint Basile et de saint Chrysostôme, de même que les liturgies grecques et syriaques. Les Maronites et les Arméniens font usage des flabelles; mais elles ne peuvent être entièrement assimilées a celles dont nous parlons. Dans l'Église latine, les flabelles ne sont plus qu'une marque de distinction réservée aujourd'hui au Pontife romain. Le Grand-Prieur de Malte, l'Archevêque de Messine, l'Évêqnedtf Troie, en Apulie, jouissaient aussi autrefois de cette marque d'honneur.
Portées à droite et à gauche de la sedia dans les cortèges solennels qui accompagnent les Papes, elles ajoutent à l'effet imposant que produit le groupe pontifical. Dans les riches couleurs qui ornent les plumes de paon de ces grands éventails, la nature s'est plu à dessiner comme des espèces d'yeux, qui , au dire des écrivains italiens, sont l'emblème de ceux de tous les fidèles, fixés sur la personne du souverain Pontife, symbole tout ^ la fois de prudence et de vigilance. . ^v
DE l'cSAGB de sonner la CXOGUETlfi' A l'ÉLéTATION. '.
^ ' . Note 28, PAGE 6S.' ' . . .-.
. Od attjribue généralement l'usage de sonner la sonnette à 1 élévation, ^ !cardiDal Guido, l<^aten Allemagne, en 1J94,^ui le premier l'aurait faft nneCtre ep pratique à Col^f Be> d'autres lui donnent une date ub peu j^plj^ 'ancienne, ep Tattribuant au pape Grégoire IX^ qui régnait en 1227. Gett^ vcoutume» suivie apjoipr4'h^i dans toute la chrétienté, n'est point obseryàe
aax messes des Chapelles papales célébrées dans les palais apostoliques on dans les basiliques. Nous n'avons point trouvé la raison de celle différence ; elle peut être motivée par la présence du Pape, et , dès-lors, elle est une distinction honorifique.
La clochette avertit les fidèles d'adorer plus profondément l'auguste sacrement de nos autels. Les lévites sonnaient la trompette d'argent pour inviter le peuple juif a l'adoration. Dans les messes solennelles où le souverain Pontife officie, après l'élévation, les trompettes des Gardes-Nobles exécutent à Saint-Pierre de religieuses symphonies. (Yoj. les art Campana et Campanella, Dizion. du chevalier Moroni. )
DE l'évangile selon SAINT JEAN y A LA FIN DE LA MESSE.
Note 29, page 70.
Devant le Pape, dans les Chapelles ordinaires, le Célébrant ne récite point cet évangile à la gauche de l'autel , mais eu se rendant à la sacristie. I/usage de réciter cet évangile n'a pas été constant. Dans l'ordre des J<^uites, içs Prêtres liraient cet évangile, ou celui qui commence par ces mots : LoquerHt Jcsu ad turbaSf conformément à leurs constitutions. Saint Pie Y , -dans sa réformation du Bréviaire romain , avait ordonné la récitation de cet évah* gile, eu mémoire de l'incarnation du Verbe, et autrefois on vojtitdes fidèles qui avaient l'habitude de porterie commencement de cet évangile imprimé sur des bandelettes attachées autour de leur cou. (Y. Ga vantas.)