‹ Histoire des chapelles papalesChapitre 36 sur 60 · DES ORNEMENTS SACRÉS · texte numérisé non relu

DES ORNEMENTS SACRÉS

Note 5, page 92. — Voyez Insignes et Ornements du Pape.

DE l'insigne appelé FÉRULE.

Dans lenr prîse de possession , les soaverains Pontifes recevaient une simple férule , ou bâlon de correction ; de /er/o, je frappe, signum regUminis et correctionis ; on la considérait comme une espèce de sceptre pontifical. Cette coutume, tombée en désuétude, semble revivre encore dans l'usage où est aujourd'hui le premier Cardinal- Diacre de donner le signal des processions pontificales en prenant en main la férule, et prononçant la formule Procedamus in pace, que Catalani dit remonter à une si haute antiquité. Elle consiste en un petit bâton de bois, recouvert de velours rouge, garni d'argent. Les anciens Ordo romains donnaient au Primicier de l'école des Chantres , en signe de son autorité, un petit bâton, qu'il tenait à la main dans l'exercice de ses fonctions.

La crosse ou le bâton pastoral, qui ne pourrait d'ailleurs être, pour le Pontife romain, un signe caractéristique de son éminente dignité, comme le sont les clefs et la tiare, n'est plus en usage depuis long- temps.

Le bâton pastoral, qui a porté divers noms, a toujours été considéré comme le symbole de l'autorité. On l'appelait pet^am^ s'il était droit, et recourbé dans sa partie supérieure, parce qu'il ressemble, en effet, à la houlette du berger, ainsi recourbée pour saisir les brebis et les empêcher de s'égarer, emblème de la vigilance pastorale; ferula sambuca, s'il était droit sans aucune courbure, et terminé par une petite sphère surmontée d'une croix ( cette dénomination de sambuca ferait croire que ces bâtons étaient primitivement de simples tiges de bois de sureau, du mot latin sambucus); crocia, s'il avait la forme de la lettre T. La crosse des Évêques a remplacé aujourd'hui ces divers insignes. (Voy. Gavantus. ) Pendant long-temps, les souverains Ponli£es ont fait usâge àe \a ferula sambuca , comme le prouvent le portrait de saint Grégoire-le-Grand, en 590, conservé par Macri, et celui de saint Gélase, en 1118, conservé par Ciampieii dans sa Dissertation. {An. Rom. Pontif. utatur. bacu. Rom., 1790.) Les Ordo romains sont, du reste, formels sur cetle coutume, qui n'est plus observée aujourd'hui. Les auteurs italiens ne fixent pas l'époque où elle a cessé de l'être.

Le Dictionnaire de M. le chevalier Moroni ( art. Bacolo pastorale ) nous apprend que le souverain Pontife ne porte point de crosse. Innocent III en donne pour raison que saint Pierre, ayant envoyé son bâton à Eucher, premier évêque de Trêves, cette précieuse relique fut conservée dans cette ville, et Materre, son successeur, ayant été ressuscité par la vertu miraculeuse de ce bâton , il devint un objet de respect pour les habitants, qui ne voulurent point le renvoyer à Rome. Durand a prétendu que le Pape

ne se servait du bâton pastoral que dans les églises de Trêves. Il est plus raisonnable de penser que Tusage de la sedia, celui ou sont les Cardinaux de se tenir à droite et à gauche du Pape quand il marche, et les précautions qu'exige la falda, ne permettaient point au Pontife romain de se servir de crosse ou bâton pastoral.

Disons cependant, avec Innocent III, que le bâton pastoral recourbé dans sa partie supérieure, semble l'indice d'une juridiction bornéô, celle du Pape n'ayant pas de limites. Cette courbure, inclinée vers la terre, pourrait indiquer encore que l'autorité épiscopale, qui vient de Dieu, semble em*^ pruntcr aussi quelque chose à l'autorité des hommes, celle du Pape pouvant être considérée comme une émanation plus directe de l'autorité divine.

DU CHANOINE-ALTARISTE.

Note 7 , page 95.

Le Chanoine de la basilique Yaticane a pour fonction de veiller sur l'autel de la Confession {Ara majcima), sous lequel reposent les corps des saints Apôtres; de garder les clefs du tombeau, d'avoir soin de l'entretien des lampes qui brûlent devant les restes sacrés de saint Pierre et de saint Paul, d'être le dépositaire de la cassette qui renferme les pallium, etc. Tous les autels de la basilique et des souterrains sont placés sous sa surveillance; il doit les visiter trois fois la semaine. Si quelque partie de l'église venait à être profanée, ce serait à lui à la purifier, et à faire à cette occasion les prières prescrites par l'Église.

Les fonctions du Chanoine-Altariste sont clairement exposées dans la bulle de Benoît XIV, Rerum ecclesiasticarum origines» Quand les Évêques do monde catholique, se conformant aux instructions données par Sixte-Qnint dans sa bulle Romanus, du 20 Décembre 1585, se rendent à Rome pour faire connaître au père commun des fidèles l'état de leur diocèse, et visiter le tombeau des saints Apôtres, ils sont reçus dans la basilique par le Chanoine- Altariste, qui leur remet une attestation aux armes du Chapitre, que l'Évêque présente ensuite à la congrégation du Concile. En s'acquittant de cette obligation , les Cardinaux-Évêques donnent une offrande de deux écus , les Évêques un seul.

Page 1