‹ Histoire des chapelles papalesChapitre 37 sur 60 · DU PALLIUM · texte numérisé non relu

DU PALLIUM

Note 8 , page 96.

Quelques auteurs font remonter l'usage du pallium jusqu'aux temps apostoliques. Nihil antiquius veste illd Sacerdotali prœsulis nostri, dit Eusèbe de Césarée , qud in signum plenissimœ potestatis primas Linus amictus est, oui, et typum dédit, et nomen, ut à veteribus accepimus Sacerdotibus , quam appellavit et Pallium, Nous savons qu'en Orient c'était, dans l'origine, un manteau de laine que les empereurs de Constantinople donnaient aux Patriarches, et que ceux-ci portaient comme une

marque de leur pouvoir. Plus tard , les Patriarches le donnèrent aux Arche-* vêques seulement, et on considéra cet ornement comme une confirmation de leur juridiction métropolitaine. Aujourd'hui le palUum est un insigne commun à tous les Évêques d'Orient, qui le reçoivent à la cérémonie de leur sacre. DansTOccident, cet insigne a été spécialement réservé, comme symbole de leur juridiction universelle, aux souverains Pontifes, qui ont le pnvilége de le porter toujours et partout, semper et ubiguè, et qui ont accordé aux Archevêques et à quelques Évêques le privilège de le porter dans Texercice de leurs fonctions épiscopales.

Le 21 Janvier, fête de sainte Agnès, les religieux du couvent qui porte le nom de cette sainte, offrent, à VJgnus Dei de la grand'messe, deux petits agneaux blancs sans aucune tache. Ces agneaux sont ornés de guirlandes de fleurs et de rubans. Après Vlte^ missa est, on les met sur Tautel, l'un du côté del'épître, et l'autre du côté de l'évangile, chacun sur un coussin de damas blanc bordé d'une crépine et d'un galon d'or ; on chante ensuite l'antienne Stans à dextris ejus agnus nive candidior. L'antienne étant achevée, le Célébrant les bénit, et récite l'oraison suivante : AdjiUo^ rlum nostrum, etc, Deus, qui per Mosen faniulum tuum Pontificibus tabernaculo inservientibus indumenta instituisti, et per sanctos Apos^ tolos tuos Sacerdotibus et PrœsuUbus evangelicis vestimenta sacra providisti; effunde tuant sanctam benedictionem super hos agnos de quorum vellere sacra pallia pro summis Pontificibus , Patriarchis et Archiepiscopis conficienda sunt, ut qui eis utuntur una cum plèbe commissa, perveniant adœternarn beatitudinem, per intercessionem beatœ Agnetis et mérita Domini nostri Jesu Christiy etc.

Ces deux agneaux sont confiés ensuite à un Maître des cérémonies de SaintJean-de-Latran , qui, accompagné de plusieurs officiers de la basilique, se rend au Vatican , pour mettre aux pieds du Pape les deux agneaux : le Pontife les bénit.

Le Camerlingue des Sous-Diacres apostoliques fait porter ces animaux aux' religieuses du Saint-Sacrement, chargées de les garder, de tisser la laine destinée aux pallium, et de confectionner ces insignes. Ces pallium sont exposés, la veille de saint Pierre, sur le tombeau des bienheureux Apôtres, dans la basilique Yaticane.

Le Pape accorde cet insigne aux Archevêques promus aux si^es de la chrétienté; il Faccorde aussi aux Évêques, comme récompense de leurs vertus et des services rendus à l'Église. Il y a des sièges épiscopaux dont les titulaires, par une faveur spéciale, jouissent du droit de porter le pallium; nous citerons, pour la France, les Évêques d'Autun et du Puy. Les auteurs liturgiques font connaître les motifs de cette concession.

Si l'Archevêque qui vient d'obtenir le pallium est à Rome, au premier Cardinal-Diacre est dévolue la fonction de le lui mettre. On porte \e pallium sur l'autel. Après la messe, le Cardinal reçoit le serment de l'Archevêque futur, qui est revêtu de ses ornements pontificaux; il ne porte cependant n|

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gants ni mitre. Ensaite le CélébraDt se lève, et tncl le pallium sur les épattles du noovel Archevêque, en disant : jéd honorent omnipotentis Dei^ et heatœ Mariœ semper virginis, atque heatorum apostolorum Pétri et Pauli, nec non Ecclesiœ N., tibi commissœ , tradimus tibi pallium de corpore heati Pétri sumptum, in quo est plenitudo Pontificalis officii tum Patriarchalis , tum Jrchiepiscopalis^ ut ittaris eo intra Ecclesiam tuam certis diebus , gui exprimuntur in privilegiis ab Apostolica sede concessis. In nomine Patris, etc.

Après que l'Archevêque a reçu lepallium^ il monte à Fautel, et donne la béuédiction au peuple.

La formule ci-dessus dit que le pallium est pris du corps de saint Pierre., pour montrer qu'il n'appartient qu'au Pontife romain de le donner, en vertu de cette souveraine juridiction qu'il a reçue de Jésus-CIhrist pour gouverner son Église. On pourrait dire encore que ces mots renferment une allusion à l'usage rapporté plus haut, de déposer les pallium sur le tombeau des saints Apôtres.

En général, les Archevêques sont éloignés de Rome lorsqu'ils sont promus à leur siège ; dès-lors, dans le consistoire où ils sont préconises, les Avocats consistoriaux demandent au Pape, dans les formes voulues, le pallium pour les Prélats désignés.

he pallium, placé au cou de l'Archevêque, rappelle rhnmililé profonde du Sauveur. On veut aussi qu'il marque la vigilance pastorale, l'eicellence des vertus qui doivent briller dans le premier pasteur d'un diocèse. Le pallium est de laine, et posé sur les épaules du Prélat, parce qu'il est, d'après la touchante pensée de saint Isidore dePéluse, comme le symbole de celte brebis perdue que le bon Pastenr charge sur ses épaules et ramène au bercail.

Saint Léon-le-Grand a énuméré les significations mystiques du pallium. Innocent III dit, en parlant de cet insigne : In lancî siquidem asperitas, in candore benignitas designatur,,., lanâ non cujuslibet animalis sed ovis tantum efficitur^ quœ mansuetum est animal ^ undè propheta: « tamquam ovis ad occis ionem ductus est ».

lue pallium a subi de grandes variations dans sa forme. Le jésuite Marcns Léopolus [de Auct, et usu pallii) porte à neuf palmes la dimension de cet insigne, sur lequel étaient autrefois des croix rouges; il a eu la longueur de la chasuble, plus longue anciennement qu'aujourd'hui ; il faisait plusieurs fois le tour du cou, et entourait même les épaules; plus tard, sa forme fut successivement modifiée, comme on peut le voir, dans la basilique Vaticane , sur les monuments des papes Urbain VI, Boniface IX, Martin V, Eugène IV et Sixte IV. Le pallium de ce dernier est à peu près semblable à celui de nos Archevêques. On ne le porte jamais que sur la chasuble.

Thomassin a traité fort au long des fonctions que les Archevêques peuvent exercer avant la réception de cet insigne. Le pallium d'un Archevêque ne peut point servir à un autre, et il ue peut pas l'emporter avec lui s'il est

( 465 ) promu à un autre siège. A Alexandrie, le pallium qu'une tradition an- ' cienne dit avoir appartenu à saint Marc FeTangéliste, était transmis cependant à son successear; il en était de même à Trêves pour celai de saint Materne. Un métropolitain ne peut pas célébrer avec le pallium d'un autre ; il peut le porter dans toute sa métropole, quand il officie in pontificalihus ; au lieu qu'un Évêque à qui cet insigne est accordé ne peut le porter que dans son diocèse ; s'il renonce au siège, il renonce au pallium, qai ne peut être prêté, ni servir à d'autres. Quand cet insigne ne peut plus servir à cause de sa vétusté, il doit être brûlé. Et cineres ponuntur in sacrarioy dit un décret de la congrégation des Rites.

Les pallium épiscopaux étaient conservés autrefois avec le plus grand soin, enveloppés dans un voile de soie, et ils étaient gardés dans des vases d'argent. Saint Anselme, évêque de Cantorbéry , est cité pour la vénération avec laquelle il reçut et garda le pallium,

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