‹ Histoire des chapelles papalesChapitre 38 sur 60 · DES LITANIES DU COURONNEMENT · texte numérisé non relu

DES LITANIES DU COURONNEMENT

Les litanies du couronnement remontent, il n'en faut pas douter, à une époque très-reculée, que les Ordo romains n'assignent cependant pas. On sait d'ailleurs combien ce mode d'invocation est ancien dans l'Église, et surtout dans rÉglise orientale, à laquelle nous l'avons emprunté. La composition de ces litanies est à remarquer; elles contiennent le nom des saints de l'Église grecque, et ceux de ces deux vierges martyres, si chères à TÉglise romaine, dont la protection est si souvent invoquée par elle.

Le couronnement des souverains Pontifes n'était pas la seule cérémonie où l'on adressait à Dieu ces sortes de prières ; le Pontifical romain contient aussi des litanies pour le couronnement des empereurs, où se trouvent insérés les noms de saint Laurent et de saint Sylvestre, qui ne sont pas dans les premières dont nous parlons. Il y avait encore des cantiques d'actions de grâces, des invocations particulières, par versets et répons, qu'on appelait Louanges, rapportées dans les divers écrivains liturgiques.

Le cardinal Bona dit que ces sortes de prières appelées Louanges, adressées au ciel pour la prospérité des rois et des empereurs, étaient chantées à leur couronnement, et quelquefois devant leurs statues. Elles commençaient par ces acclamations victorieuses : Christus vincit, Chris tus régnât, Chrislus imperat. Elles furent répétées par le peuple , au couronnement de Charlcmagne , dans la basilique Yaticane, et c'est pour en perpétuer le souvenir que nos rois faisaient graver sur leur monnaie d'or et d'argent ces mêmes paroles en forme de légende. Elles figurent noblement sur l'obélisque delà place Saint-Pierre, à Rome : gravées sur un monument païen, en face du plus beau temple élevé à la gloire de la Religion , elles sont comme une protestation vivante du catholicisme victorieux contre le paganisme et l'enfer.

( k66 ) PE l'épitee et de l'évangile chantés en grec

Note 10, page 100.

La coutume de réciter Tëpitre et révangile en grec, est mention née par Nicolas l.«r, au neavième siècle. A Gonstantinople, ils étaient chantés en latin et en grec à la messe solennelle, quoiqu'ils ne fussent pas compris par tons, pour signifier Taccord des Latins et des Grecs. An concile de Ijjon , où la réunion des deux Églises eut lien , le pape Gr^oire X chanta la messe; répîtreet l'évangile furent chantés en grec; le Credo fut chanté en latin par les Cardinaux et les Prélats , et ensuite en grec par le Patriarche de G)nstantinop1e et les Évêques grecs de la Calabre.

Suivant Paride de Grassis, le Cardinal-Diacre chantait quelquefois l'évangile en grec à la messe du Pape ; les moines de Grotta-Ferrata * remplissaient aussi cet office. Sixte-Quint accorda le privilège de chanter l'un et l'autre à deux étudiants, diacre et sous- diacre , du collège Grec, institué par Grégoire XIII, comme on le voit encore aujourd'hui. A l'abbaye de Saint- Denis et au Mont-Cassin , l'éphre et l'évangile étaient autrefois solennelle* ment chantés en grec et en latin. ( Voyez les auteurs cités par Cancellierii Descriz* di ire Pont, )

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