‹ Histoire des chapelles papalesChapitre 39 sur 60 · DE LA PRÉGUSTATION DES ESPÈCES SACRAMENTELLES · texte numérisé non relu

DE LA PRÉGUSTATION DES ESPÈCES SACRAMENTELLES

Note 11, page 102.

n était d'usage, dans les banquets royaux, au rapport des anciens historiens, d'avoir des officiers pour goûter les mets, afin d'écarter tout soupçon d'empoisonnement. Les Romains les appelaient Prœgustatores , et leur

* Il est peu d'étrangers qui, visitant les environs de Rome, n'aient Toohi, en allant à Frcucati^ ou au retour , monter sur la colline élevée de Tuseulumi qu'habitait Gicéron , pour redescendre ensuite à Tabbaye de Grotia-FerraUt, à laquelle une image miraculeuse de la sainte Yierge, trouvée dans une grotte défendue par une porte en fer , aurait , dit-on , donné son nom. On sait Torigioe de cette abbaye , fondée par saint Pïil et saint Barthélemi , moines grecs de Tordre de saint Basile, en 1000 environ; et Ton n'ignore pas non plus combien sont célèbres dans l'art de la peinture les admirables fresques de Dominiquin que l'on voit dans la chapelle de saint Nil , conliguë à Téglise du monastère. L'abbaye est desservie par des moines basiliens , qui suivent avec rigueur la règle de saint Basile, et sa liturgie , à laquelle on les dit fort attachés. C'est probablement le seul lieu du monde où les rites de l'ancien évéque de Césarée soient encore en vigneur. En assistant à une des fêtes solennelles dans l'église du collège Grec , à Rome , on peut se convaincre des différences notables de la liturgie grecque , proprement dite , et de celle de saint Basile. Lorsque nous avons visité l'abbaye de Grotta-Ferrata , dont les vastes bâtiments ressemblent à un vieux cb&teau démantelé du quinzième siècle, nous avons été frappé de l'espèce d'abandon dans lequel nous l'avons trouvée ; il y avait à peine une douzaine de religieux. Ce monastère possède une bibliothèque riche en manuscrits grecs et latins <

( 467) chef 9 dans la maUoo des emperears, s'appelait Prùcurator prœguita^ torum. Qaadé fut empoisoDoé per Halotum spadonem prœgustalorem (Sueton., Claud., ch. 44.) Ed 1B40, oa a àécouyeri à Gïrvetrl Tioscrip* tion suivante : M. Claudius Jug» lib. prœgustat. triclinar. proc, à mu^ neribus proc, aquar. proc, Castrensis.

Gomme autrefob oo a eu sacril^emeat mêlé le poison an pain et an yia qni devaient servir à la messe, le Cérémonial des Évêqnes prescrivait, quand l'Évêque chante la messe , qne le pain et le vin fussent goûtés par le Crédender et le Sacristain. Quelque chose de ces anciens rites se retrouve dans l'usage oà Ton est de présenter aujourd'hui à TÉvêque deux hosties sur la patène ; il choisit cdle qu'il destine au sacrifice.

Plusieurs écrivains cités par Fleury disent qu'un Sous-Diacre attenta , par le poison, à la vie du pape Victor II, à l'aide du pain et du vin qu'employait ce Pape à la messe. Un moine dominicain fut faussement accusé d'avoir voulu empoisonner Henri YII, à la messe. En 1479, un moine augnstin, Gonzalez de Gastiglio, fut empoisonné à l'autel. On ne peut douter malheureusement que, dans des temps plus rapprochés, on n'ait voulu commettre ces sacrilèges attentats.

Page 1