DE LA COMMUNION A LA MESSE PONTIFICALE
Comme on le voit , Sa Sainteté se sert du chalumeau pour boire le précieux sang. Les laïques , d'après les anciens Ordo romains, usaient du chalumeau en buvant le précieux sang , dans la crainte de le répandre. Parmi les présents offerts aux églises, nous trouvons, au septième siècle, de l'or, de l'argent , de l'ivoire et des chalumeaux. Cette coutume cessa au douzième siècle avec la communion sous les deux espèces; elle s'est perpétuée aux messes pontificales.
Dans l'église Sainte-Marie i/i Cosmedin, à Rome, on voit une inscription qui annonce que Théobald, en 902, donna à l'église de Sainte- Valentine un calice en vermeil avec un chalumeau et sa patène. Charlemagne offrit un calice et le syphon , après la messe où il fut sacré à Saint-Pierre, le jour de Noël, par le pape Léon III. L'Abbé du Mont-Cassin se servait du cha-
( ^70 ) Inmeau. Rocca et d'autres considèrent le syphon ou chalumeau comme une imitation du roseau sur lequel fut fixée Tcponge présentée au Sauveur en croix. Cette explication s'accorde avec celle qui considère la communion du Pape comme représentant plus particulièrement la consommation de la passion du Christ.
Anciennement, les Cardinaux-Diacres étaient admis à la communion sous les deux espèces. Dans l'ancienne abbaye de Saint-Denis, le Diacre et le Sous- Diacre avaient ce privilège à la messe solennelle, comme à l'abbaye de Clairac , ainsi que les rois de France à la cérémonie de leur sacre. Le sixième Ordo romain dit que les Diacres, avant la communion, baisaient la face de rÉvêque , et le Sous-Diacre, la main ; aujourd'hui tous ceux qui reçoivent la communion de ses mains baisent seulement Tanneau. Paride de Grassis nous apprend que Léon X communia lui-même, à Bologne, tous les gentilshommes français qui accompagnaient François L»'
DE l'iTE^ MISSA est.
Note 17, page 111.
La plupart des auteurs liturgiques conviennent qu'il est pen de formules usitées dans nos rites sacrés dont l'origine paraisse plus évidemment profane que celle qui annonce dans nos églises la fin du sacrifice. On n'ignore pas que chez les païens, après l'immolation des victimes, un individu faisait entendre d'un lien élevé, comme le rapporte Apulé, la formule populis missio. Aux funérailles des Romains, la première des pleureuses, appelée Prœfica ( quia prœficiebatur ancillis, ut plagendi modum daret) an» nonçait la fin de la cérémonie, en disant : i//c*et ( ire licet). Nous lisons dans Virgile :
Lustravitque ofiros, dixîtque novissima'verba, (.£n. 6. )
On connaît la formule qui clôturait les séances du Sénat à Rome: Si vohis videtur, discedite guirites. 11 y avait donc, dans les assemblées religieuses et civiles des Romains , un ministre désigné pour annoncer la fia de la réunion.
Il n'est pas permis de douter que cet usage ne fût en vigueur dans les cérémonies égyptiennes, et l'on voit dès-lors quelle est sa haute antiquité. On assure avoir trouvé sur quelques fresques de Pompéia , une fêle ^yptienne dont l'hiérophante annonce la fin par cette formule, qui nous a été conservée : Le temple va se fermer. Quand des yeux chrétiens iront contempler les ruines de Pompéia et les explorer dans un but religieux, nous ne doutons pas que l'archéologie sacrée et l'histoire des rites ne puissent s'enrichir de quelque découverte. On pourra trouver dans les fouilles de cette intéressante ville quelques monuments qui expliqueront peut-être des faits jusqu'ici inconnus touchant les premières conquêtes du Christianisme. On n'a pas oublié cette croix sculptée en forme de bas-relief, trouvée dans la maison de Pansa , et sur laquelle les hommes les plus érudits n'ont en jusqu'ici que des conjectures à émettre. ( Voyez Mazois, )