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DES BÉNÉDICTIONS DU PAPE

Note 19, page 114.

On les divise en bénédictions communes on ordinaires, en bénédictions solennelles, et en bénédictions données in arliçulo mortis. Les Papes don-

( 478 ) nent leur bénédiction avec les trois premiers doigts de la main droite, figurant ainsi les trois personnes de la sainte Trinité, savoir : le ponce, l'index et le doigt du milieu , les deux autres étant replia snr eux-mêmes. Les Prélats grecs donnent leur l)éoédiction en réunissant le pouce au doigt auriculaire, et figurant ainsi Valpha et Vomega, le principe et la fin de toute chose, qui est Dieu ; allusion à ces paroles de l'Apocalypse : Ego sum alpha et oméga, primas et novissimus, principium et finis. Les Évêques d'Occident bénissent avec la main ouverte.

Le Pape donne la bénédiction dans ses palais, à ses audiences publiques ou privées, dans ses visites apostoliques, et aux Chapelles papales, comme on le voit. Les fidèles de tontes les nations ambitionnent de recevoir la bénédiction de celui qui représente J&ns-Ghrist sur la terre, et ce semble être là une fonction particulièrement réservée aux Papes, qui, dès les premiers temps de l'Église, ont toujours été représentés bénissant le penple. Ils bénissent ceux à qui ils écrivent, ou à qui ils adressent certains actes émanés de leur autorité, en employant cette formule, salutem et apostolicam bene^ dictionem. C'est une opinion généralement admise, que celte l)enédlction pontificale efface les péchés véniels de ceux à qui elle est adressée, et qu'elle absout des censures, et même de l'excommunication majeure, si elle est donnée dans cette intention par le Pontife à celui qui la sollicite. De nombreux exemples historiques confirment cette opinion.

11 ne peut être ici question des objets de piété, tels que croix et chapelets bénits par le Pape, ou des fruits de la terre et aliments, qu'il bénit encore, non plus que des éléments conjurés ou des animaux malfaisants, que les Pontifes ont eu bénits pour les détourner des populations.

Nous n'avons rien à ajouter à ce qui est dit snr les bénédictions solennelles données du haut du balcon des basiliques, aux Jours indiqua, et auxquelles est attachée l'indulgence plénière.

Nous dirons seulement que le nom si pieux et si poétique de bénédiction Urbi et Orbi, généralement donné en France à cette bénédiction, n'est point exact ; aucune tradition ne le justifie, aucun liturgiste ne Fa employé, et l'on ne trouve rien , dans la formule de la bénédiction , qui l'indique ott l'autorise ; enfin , ce qui résout la question , c'est qu'on ne le trouve pas dans le Rituel pontifical. Les fidèles qui sont présents , et qui se trouvent dans les conditions requises, gagnent seuls Tindulgence plénière.

Les Cardinaux, les Princes, les Prélats, se trouvant en danger de mort, envoient leurs Gentilshommes demander au Pape, par l'intermédiaire du Maître de chambre de Sa Sainteté, la bénédiction apostolique, accompagnée de l'indulgence plénière dite in articulo mortis. Les Papes Paccordent aux Cardinaux, aux chefs d'ordre des maisous religieuses, et aux personnes distinguées par leur piété. Benoît XIV, par sa bnlle Pia mater, a accordé aux Évêques de toute la chrétienté le privilège de concéder et de faire concéder par leurs délégués cette indulgence aux fidèles en danger de mort ; et ils l'ont encore attachée à des ccpix et autres objets de piété, pour soutenir Ift

fol, et encourager ceux devant qui vont s'ouvrir les portes de l'éternité. Cette bénédiction, ainsi que l'indulgence, est accordée au Pape, in ex^ tremis, par le Gardinal-Grand-Pénitencier.

DE l'ordination DU PAPE.

Note 20, page 1 15.

Comme le dit l'historien des Chapelles papales, le Pontife romain peut être pris dans tous les rangs de la hiérarchie ecclésiastique, et, une fois, l'histoire des Papes nous montre un simple laïque élevé à la papauté en la personne de Jean XIX, en 1024. Dans les premiers siècles, peu de Sous* Diacres ont été promus au trône pontifical ; on choisissait plus souvent les Diacres que les Prêtres, et plus rarement encore les Évêques; telle était l'ancienne discipline, justifiée par les nécessités de ces temps reculés. Le Diacre élu n'était point ordonné prêtre ; il était seulement sacré évêque; mais nous voyons, comme le remarque Mabillon, que, dès le onzième siècle, Grégoire VII, simple diacre, fut ordonné prêtre, et, plus tard, sacré; il faut en direautantde Gélasell, qui, n'étant que diacre, fut élu pape, et reçut encore le sacerdoce avant d'être sacré évêque. Le premier Pontife romain revêtu du caractère épiscopal avant son élection, a été Forraose, évêque de Porto, élu en 890; on sait ce que les écrivains ecclésiastiques en rapportent. Ils nous font aussi connaître que saint Lin , avant d'être élu pape, avait été sacré évêque par saint Pierre ; mais il n'était attaché à aucune église en particulier.

La discipline ecclésiastique a bien changé, puisque, dès la fin du treizième siècle, il était beaucoup plus ordinaire de choisir le Pape parmi les Évêques , et que, de 1592 à 1775 , on ne trouve que trois Papes élus qui ne fussent pas revêtus du caractère épiscopal. De nos jours on cite seulement Clément XIV , Pie VI et Grégoire XVI, qui n'étaient que simples prêtres à leur promotion à la papauté.

Quant aux rites usités dans l'ordination du Pape élu , suivant qu'il appartient à l'un des rangs de la hiérarchie sainte, nous renvoyons aux Ordo romains et aux Commentaires que nous en a laissés Mabillon. Nous nous bornerons à dire ici que, tout en se conformant aux dispositions du Po/ilifical romain dans la collation des ordres, l'élection conférant au Pape élu toute la dignité du suprême apostolat, alors qu'il appartiendrait aux rangs inférieurs de la hiérarchie cléricale, il n'en reçoit pas moins les honneurs qui lui sont dus.

Le Pape, suivant qu'il le juge convenable, peut recevoir le même jour ^ des mains du Cardinal le plus digne, tous les ordres sacrés, savoir : le sous« diaconat, le diaconat et la prêtrise; encore simple clerc, il porte l'aube , la chape et la mitre, dans la réception du sous-diaconat; il reçoit, assis sur son siège et portant la mitre, des mains du prélat qui lui confère le sacrement de l'ordre, le calice vide, la patène et les burettes, le livre desépîtres et le manipule,, signes caractéristiques des fonctions que l'Église assigne aux Sous»

Diacres. Lorsqoe le nouveau Pape est ordonné diacre, c'est encore assis sur son siège qu'il reçoit l'imposition des mains : le Célébrant seul porte la mitre ; les autres Cardinaux et Évêques vont lui imposer les mains après l'avoir déposée; accedentes cum reverentia, et delectis capitibus, dit le Cérémo» niai. Le Pontife élu , couvert de la mitre, et toujours assis sur son siège, ordonné diacre, reçoit les onctions sacrées, le calice avec le vin et l'eau, et la patène avec l'hostie, symbole du pouvoir que lui confère TÉglise d'offrir le 5alnt sacrifice. Â la communion, placé à côté du Célébrant, il reçoit le corps et le sang du Sauveur. Après la communion, le Cardinal-Célébrant est admis adosciiliim oris, Ainsi que les autres Cardinaux et Évêques; cenx-d baisent la figure, la main et les pieds du nouveau Pontife, qui, simple prêtre, donne, du milieu de l'autel, et ayant devant lui la croix papale, la bénédiction apostolique. Le Célébrant, fléchissant le genou , adresse à l'élu les souhaits ad multos annos, et ce rit s'observe , comme aussi celui de la bénédiction, à la collation des trois ordres, si le Pape les reçoit à plusieurs jours d'intervalle. Enfin, la formule usitée à l'ordination des Diacres et des Prêtres, Postulat à te Ecclesia, etc., est omise comme inutile : appelé à l'insigne honneur de gouverner l'Église de Dieu , Télu est digne d'arriver au faîte de la hiérarchie ecclésiastique.

On voit dans le texte les principales cérémonies du sacre du nouveau Pape, lorsque, simple prêtre , il est appelé au trône pontifical. Nous n'ajouterons rien au récit de l'auteur; nous dirons seulement, an sujet delà prérogative qu'a l'Évêqne d'Ostie de sacrer le Pape, question agitée par Mabillon lui-même, qu'elle se trouve résolue par ce passage si clair de saint Augustin , que nous trouvons dans Novaes : « Nec romance Ecclesix Episcopum ordinal, aliquis Episcopus metropolitanus, seddeproximo Oêtiensis episcopus ». Ce saint docteur écrivait ces lignes en 4t1. Quoique ce privilège se soit perpétué jusqu'à nos jours, et qu'il semble aujourd'hui un droit acquis au siège d'Ostie, plusieurs écrivains ont cru que, dans le principe, le titulaire de ce si^e remplissait les fonctions de métropolitain sans que ce fût alors un droit qui lui fut attribué. L'autorité de saint Augustin n'en constitue pas moins une espèce de prérogative en faveur de l'Évêque d'Ostie.

DU PRIVILÈGE DE l'ÉVÉQUE D^OSTIE DE SACRER LE PAPE. Note 21 , page 1 î6. — Voyez la note précédente.

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