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NOTIONS GÉNÉRALES

Définitioa des Chapelles papales. — Origine de ces Chapelles. — Stations : andens rites usités aux cérémonies pontificales. — Établissement des Papes à iyignon ; leur retour à Rome. — Institution des Chapelles papales palatines dans cette yille.

On appelle Chapelles papales^ les vêpres^ les matines ^ les messes chantées^ et les autres cérémonies ecclésiastiques auxquelles assiste le Pontife souverain , ou qu'il célèbre lui-même, d'après les vénérables rites de l'Église romaine^ eu présence des Cardinaux^ Patriarches, Archevêques, Évèques et Prélats, du plus grand nombre des Généraux d'ordres religieux , des premiers dignitaires de la cour papale, et de la Famille pontificale * (1). .

Cest dans les chapelles du palais apostolique où le Pape réside, ou dans les basiliques et les diverses églises de Rome, €[u'elles se tiennent dans des circonstances extraordinaires ^ et à

* Voir les Notes à la fin du volume.

( 2) des époques indéterminées ; le plus souvent à des époques fixes et solennelles, suivant Tordre ordinaire des fôtes de l'année. Elles sont annoncées par les Curseurs pontificaux , comme on le verra y et dirigées par les Maîtres des cérémonies^ avec le concours des ministres ou ofiiciers employés u ces chapelles, et celui des Chapelains Chantres pontificaux, sous Tautorité du Majordome, préfet des palais apostoliques.

Le ci'LTE EXTÉRIEUR dû à la divinité devait briller d'un vif éclat et se produire avec le plus de majesté et d'édification là où réside lauguste chef de TÉglise catholique. Nous savons que, dès les premières années du troisième siècle , le pontife romain saint Zéphirin , élu en 203 , voulut que lorsque FÉvèque célébrerait les saints mystères, les Prêtres fussent présents, comme les Évoques et les Prêtres devaient l'être pour assister le Pape quand il officiait. Dans les temps de persécution , les Pontifes , pleins de piété et de zèle , ne laissaient pas de célébrer les augustes cérémonies, soit dans les lieux les plus cachés des habitations particulières , soit dans des grottes ou dans les Catacombes, s'appliquant à le faire avec toutes les convenances et même la pompe que les malheurs des temps pouvaient permettre. En 233 , le pape saint Pontien fit confectionner en argent tous les vases sacrés, qui étaient soigneusement gardés dans les souterrains : le pape saint Etienne I.^' eut la tête tranchée, en 260, sur son siège pontifical , pendant qu'il célébrait les saints mystères dans les Catacombes. La persécution contre les chrétiens ayant pris fin en 311, après la victoire de Constantin, et ce prince magnanime ayant accordé le palais de Latran au pape saint Melchiade , et des revenus suffisants pour lui permettre de soutenir noblement la suprême dignité dont il était revêtu ; les Pontifes romains purent se montrer au monde dans toute la sublimité de leur caractère , et pour la plus grande gloire de Dieu , apporter à la célébration des cérémonies cette majestueuse splendeur qui ravive la foi des peuples et pénètre les assistants d'un religieux respect. Aussi , dès le quatrième siècle^ existe-t-il des monuments

certains qui attestent que les Pontifes se faisaient comme une couronne du clergé romain^ dont ils aimaient à être entourés dans Fexercice régulier de leurs fonctions sacrées^ soit aux messes solennelles^ aux stations^ soit aux nombreuses processions^ surtout aux principaux jours de fêtes qui appelaient les Romains à ces pieuses solennités , comme aussi les étrangers des régions lointaines. Les souverains Pontifes se rendaient ^ pour célébrer les cérémonies ecclésiastiques à des époques déterminées, comme aussi dans des circonstances extraordinaires^ à la basilique patriarcale (2) du Sauveur, appelée aussi de Saint-Jean-de-Latran ; à celles de Saint-Pierre-au-Vatican , de Saint-Paul sur la Voied'Oslie^ de Sainte-Marie-Majeure ou Libérienne, et de Saint- Laurent hors-des-murs , et dans plusieurs autres basiliques ou églises ayant des titres cardinalices. Ils imposaient aux sept Évoques des villes suburbicaires l'obligation d'y assister pour en accroître la pompe, et de célébrer chacun à leur tour, un jour de la semaine , sur l'autel papal (3) de la basilique Latérane : aussi Panvinius les appelle-t-il Evéques-Cardinaux j ou principaux Collatéraux du Pape , et Hebdomadiers ; Jean Diacre les appelle Epùcapi primœ Sedis. (Mus. Itah, tom. 2.)

Les autres basiliques patriarcales , en y comprenant celle de Saint-Laurent indiquée plus haut, furent dévolues, chacune d'elles, à sept Cardinaux-Prêtres des ^lises titulaires limitrophes, qui célébraient chaque jour la messe sur l'autel papal , où ils exerçaient les fonctions pontificales, quoique chaque basilique, y compris celle de Latran , eût son propre Archiprêtre , excepté celk» de Saint-Paul sur la Voie-d'Ostie et de Saint-Laurent hors-des-murs y qui avaient un Cardinal- Abbé. Il y avait aussi douze Cardinaux-Diacres régionnaires , qui étaient subordonnés aux six Cardinaux-Diacres palatins , dont le premier était le Cardinal- Archiprêtre de Sainte-Marie m Dominical qui devait chanter l'évangile à Saint- Jean-de-Latran ^ tandis que les autres ne le chantaient qu'aux stations.

Lorsque le Pape chantait la messe solennelle , qu'on appelle

anjourdhiii Pontificale, outre les Cardinaux, les Abbés des vingt abbayes privilégiées de Rome et des lieux voisins assistaient à l'auguste fonction. Le père Casimir, dans ses Mémoires historiques (Rome, 1736), énumère ces diverses abbayes, et fait connaître à ce sujet les différentes opinions des auteurs. Non-seulement ces Âbbés privilégiés assistaient anciennement le Pape quand il célébrait à Tautel majeur de Saint-Jean-de-Latran , mais aussi aux stations des basiliques plusieurs fois Tannée, et dans d'autres solennités indiquées par Panvinius (délie sette Chiese princip. di Borna). Ils devaient, en outre, assister aux processions qui se rendaient de l'église Saint-Pierre à celle de Latran , pour le couronnement du Pontife, et à celle qui se faisait de Saint-Jean à Saint-Pierre, pour la fête de saint Marc (4), à laquelle tout le clergé romain , les Cardinaux et le Pape assistaient. Chaque Abbé recevait pour son droit de présence, le presbytère (5) ou l'offrande de trois sous, que Panvinius évalue à quatre écus et demi d'or, tandis queSiacconius, dans la Vie de saint Sylvestre, leur donne une valeur plus considérable. Ces mêmes Abbés marchaient après les Cardinaux, et les Prélats des sept églises patriarcales, qui étaient le Prieur de la basilique de Latran , les Archiprètres de la Vaticane et de la Libériane , les Abbés de Saint-Paul et de Saint-Laurent hœ^s-des-Murs; ils étaient suivis par les sept Sous- Diacres, les Cubiculaires (6), l'école des Chantres, les Clercs; les supérieurs laïques, savoir : le Préfet de Rome, les sept Juges- Palatins, tels que le Primicerio^ le Priraicier des Notaires ouïe Doyen du Collège dos Protonotaîres apostoliques , premier dignitaire du Palais; le Secondicerio, VArcario, le Sacellario, le Protoscrinario, le Primicier des Défenseurs (Primicerio de Defensari), et YAminicolatore ^ on Nomenclateur, fonctionnaires dont Louis Galetti nous a fait connaître les attributions (7). Les Sénateurs, les Juges, les Avocats, les Scrinarii, les Barons romains , assistaient également aux cérémonies papales. Ces divers personnages ont, pour la plus grande partie , élu ou concouru à l'élection du souverain Pontife jusqu'au onzième siècle. {Mus. liai.)

Pour donner une idée des cérémonies observées dans la célébration des divins mystères]aux stations et aux messes solennelles, nous reproduirons ce que rapporte le même Galetti , dans son ouvrage del Primicerio deUa sania Sede^ etc.

« Lorsque le Seigneur apostolique y c'est-à-dire le Pape, se rendait à la station dans quelque église , avant d'aller à l'autel il était soutenu par les Diacres lorsqu'il entrait dans le Secretario, aujourd'hui Sacristie , placée , dans les anciennes églises , du côté des hommes , au fond de la nef, et au midi.

» Pendant que les Diacres allaient prendre leurs ornements, le Primicerio, le Secondicerio ^ le Primicier des Défenseurs, les Notaires régionnaires , le Sous-Diacre qui portait le Pallium, assistaient dans la sacristie le Pontife, que les Sous-Diacres régionnaires revêtaient de ses habits sacrés , pendant que les autres officiers les disposaient convenablement sur la personne du Pape , pour qu'il pût commodément, de temps en temps, s'asseoir, afin que, ex honorabili composilione exhiberetur circum^tantibus spectaculum reverendœ digniiatis , comme le dit le troisième Ordo romain. Quand le Pape était à l'autel , les officiers désignés plus haut montaient au trône pontifical, et quand il allait au Senaiorioy c'est-à-dire, au lieu destiné aux Magnais séculiers, il avait à droite le Primicier des Notaires , et à gauche celui des Défenseurs. Avant que Sa Sainteté se dirigeât du côté où étaient les femmes, elle recevait les oblations du Primicier, de celui des Défenseurs, et du Secondicerio ; ces trois personnages, dans les jours de fêtes, faisaient leur offrande à l'autel, après que les Diacres avaient fait les leurs. Le Pape retournait ensuite à son trône, et. il était soutenu squs les bras, en montant les degrés, par le Primicerio et le Secondicerio j comme nous le voyons aujourd'hui par les deux Cardinaux -Diacres assistants au trône. Après que l'Archidiacre avait mis l'eau dans le calice, le Diacre montait au trône, et alors le Primicerio^ le Secondicerio, le Primicerio des Défenseurs, les Notaires régionnaires, se rendaient à leur place ; quand l'Archidiacre avait donné la paix , ces mêmes oîd^

(6) ciers montaient ^à l'autel et se rangeaient dans l'ordre de leur dignité....

» Le canon de la messe terminé , et après que le Pape avait rompu l'hostie , ces mêmes fonctionnaires montaient de nouveau à l'autel, s'y plaçaient à droite et à gauche, suivant leur préséance; alors le Nomenclateur , le Sacellaire, le Notaire du vice Domino du Patriarcat de Latran , aujourd'hui le Majordome des palais apostoliques , y montaient aussi , et se plaçaient en face du Pontife , pour attendre qu'on fit connaître les personnages qui devaient , après la cérémonie , s'asseoir à table. Ceux appelés à celle du Pape étaient invités par le même Nomenclateur , et les convives du vice Domino l'étaient par le Notaire même dei ce dignitaire. Après avoir écrit les no^ns ils descendaient pour faire l'invitation, et le Pape, soutenu comme on l'a dit, descendait également de son siège, et allait donner la communion à tous ceux qui étaient dans le Senalorio; il communiait , comme le dit le troisième Ordo romain j principes populorum et matresfamilias eorum. Le Primicier , après avoir obtenu la permission du Pape, faisait signe aux Évêques et aux Prêtres de communier le reste du peuple.

» Après que les assistants avaient reçu la communion , le Nomenclateur, le Sacellaire, l'Acolyte qui tenait la patène, celui qui portait le linge pour essuyer les mains , et celui qui donnait l'eau, revenaient au trdne, où ils se communiaient eux-mêmes.

)) Aux vêpres du jour de Pâques , après différentes cérémonies, les fidèles et le clergé se rendaient à Saint-André ad Crucem , édifice bâti près le Vatican par le pape Symmaque, élu en 498, où , après le chant de quelques antiennes , les officiers de l'église, invités par le Notaire du vice Domino^ allaient se reposer et se rafraîchir à trois différentes reprises : la première boisson qu'ils prenaient était du Greco^ la seconde du Pactisiez et la troisième du Procoma ou Procovia; c'étaient différents vins ainsi appelés des lieux où on les i^ecueillaît (8). Après avoir restauré leurs forces, ils revenaient chanter vêpres; ils buvaient, comme on le

(7) disait, de data presbyterio. On continuait d'agir de la sorte le dimanche in Albis. On ajoute encore, dans le troisième OrdOj qu'après la lecture de l'évangile , le Pape, soutenu des deux côtés par le Primicier des Notaires à droite, et par celui des Défenseurs à gauche, descendait dans le SmatoriOj où étaient les Princes, pour recevoir les oblations; elles passaient des mains du Pape dans celles du Sous-Diacre régionnaire , qui les remettait à celui qui venait après lui, et celui-ci les plaçait dans un linceul soutenu par les Acolytes.... »

Nous lisons dans le livre intitulé Pollicitus, de Benoît, chanoine de Saint-Pierre et chantre de la sainte Église romaine, dédié à Guido di Castelli , cardinal de Saint-Marc , qui fut pape sous le nom de Célestin II, en 1143 , qu'à la station du Pape à Sainte- Marie-Majeure , le jour de Noël, après que Sa Sainteté était arrivée au milieu du presbytère , elle s'y arrêtait un instant : le Primicier lui Atait la mitre, et lui baisait l'épaule droite; il en recevait ensuite la bénédiction. Après avoir fini la messe , le saint Père , montant à cheval , revenait au palais de Latran ; le cortège marchait dans cet ordre : douze soldats (Draconarii) portaient autant d'étendards appelés banda; un cheval convenablement drapé, destiné au Pape, marchait derrière eux; venaient ensuite, précédés de la croix pontificale , les Évoques qui se trouvaient à Rome, les Notaires, aujourd'hui Protonotaires apostoliques, qui chantaient; les Cardinaux, les Sous-Diacres, l'Archidiacre, les Diacres, le Primicier, marchant tous deux à deux , et le Seigneur apostolique , derrière lequel le Préfet de Rome , à cheval , revêtu d'un manteau précieux , portant une chaussure dorée à un pied et une chaussure écarlate à l'autre; enfin , les Juges^ètus chacun d'un pluvial ou chape. On voyait la procession esrortée par les Dtrungarii, oa Préfets de mer { Préfet ti navali) ^ en pluvial, portant des bâtons; les Seigneurs, en manteau de soie , leur bâton à la main , chargés de diriger la procession et de veiller à ce que personne ne l'interrompit : il parait qu'ils remplissaient les fonctons des gardes-nobles d'aujourd'hui. Après que le Pape était

(8) arrivé à la basilique du pontife Zacharie (aujourd'hui Saint- Georges in Velabro)y il descendait de cheval aux applaudissements du peuple : le Primicier des Défenseurs et le Secondicerio, le prenant par la main ^ le conduisaient dans ses appartements ; là on distribuait les presbytères^ c'est-à-dire, les dons gratuits à ceux qui avaient assisté aux cérémonies : le Préfet avait vingt sous^ et la mairij c'est-à-dire, l'étrenne; le Primicier des Juges, quatre sous ; les autres à proporXion. L'école des Chantres avait aussi part aux offrandes. La distribution des presbytères achevée, l'on se mettait à table, les Évèques, les Cardinaux, à droite ; l'Archidiacre, le Diacre, le Primicier des Notaires, le Prieur de la basilique et le Prieur des Régionnaires, à gauche.

Le jour de la PuriGcation^ le Pontife allait à Sainte-Martine^ près Saint-Adrien , où était la collecte ou station ; il se rendait ensuite, déchaussé, à Sainte-Marie-Majeure: le Primicier lui tenait la chape par derrière, du côté gauche. Le matin de la fête de la Résurrection , le Pape allait dans la môme basilique, où était la station , et quand il arrivait ad Merulanam (9) , quartier de la ville qu'il traversait, il y trouvait un Notaire régionnaire qui disait à haute voix : Jube^ Domne, benedicere ; et après avoir reçu la bénédiction , il continuait en disant : Inecclesia Sanctœ- MaricBj in hac nocte baptisati sunt tôt masculi, et tôt feminœ; le Pape répondait : Deo gratias. Le Notaire recevait du Sacellaire une pièce de monnaie appelée bizanzio.

Quand le Pape, portant la couronne, revenait au palais de Latran^ il descendait de cheval; le Secondicerio lui ôtait la couronne, et'les Juges le conduisaient dans le Triclinium de la basilique Léonieni^l O), où étaient disposés onze bancs et une escabelle autour de la^ble du Pape, en mémoire des Apôtres assis à la table du Christ à la dernière Pàque ; cinq Cardinaux, cinq Diacres et le Primicier s'y asseyaient. Cet usage s'est perpétué, conune on le verra, jusqu'à ces derniers temps, le Jeudi saint et le Vendredi saint.

Les Papes remplissaient leurs fonctions ecclésiastiques dans les différentes basiliques et dans les églises de Rome, surtout dans

(9) la basilique Laiérane , siège de leur patriarcat ^ prèa de laquelle ris habitèrent pendant plusieurs siècles. Ils y résidèrent avec plus de splendeur lorsque , avant la moitié du huitième siècle , ils devinrent souverains temporels de Rome et de ses dépendances^ et acquirent d'autres domaines. C'est pour cela que leur cour , où s'accrut le nombre des magistrats et des fonctionnaires , se distingua plus tard par cet assemblage de pompe royale et sacerdotale, et ce caractère de grandeur et de majesté imprimé aux cérémonies religieuses , qui inspire le respect le plus profond , et qu'admirent les étrangers. L'usage des fréquentes processions explique naturellement le besoin de repos que devaient éprouver les Pontifes avant de commencer les fonctions saintes dans les églises stationnaires ; de là , la coutume de construire un lieu contigu aux églises , où , avant de se revêtir de leurs habits sacrés, ils se reposaient sur un lit, où des Cubiculaires nettoyaient leur chaussure : Cincius nous parle de l'usage où l'on était de leur laver les pieds avec de l'eau chaude , mêlée à des herbes odoriférantes; de là encore, celui de revêtir le Pontife de ses habits sacrés , dans une salle appelée salle des Parements ( caméra de Paramenti )j où était le lit des Parements j sur lequel on voyait les ornements du Pontife , et que nous retrouvons dans les palais apostoliques ; elle sert de sacristie au Pape , et la table sur laquelle sont placés les vêtements sacrés rappelle par sa forme l'ancien lit. Cette salle rappelle aussi l'ancien Senatorio, où les Pontifes recevaient les hommages des divers officiers régionnaires et des magistrats ; pieuse coutume que nous voyons se perpétuer dans Fobédience rendue au Pasteur suprême par les Cardinaux et les Prélats, dans les Chapelles papales. Enfin, ce rit constant et si respectable de l'adoration du Saint-Sacrement par les Papes dans les basiliques , avant de commencer les fonctions de leur ministère, rappelle l'ancienne coutume où ils étaient, en sortant du Secrétariat d'être précédés par la sainte Eucharistie , portée dans une châsse, qu'ils adoraient respectueusement (11).

Jusqu'au quatorzième siècle, on continua de célébrer les messes

( 10 ) et les stations, de faire les processions et les autres fonctions saintes d'après les anciens rites y à quelques différences près indiquées dans les Ordo romains; les changements introduits devinrent plus notables lorsque, après la mort de Benoit XI , on élut, en 1305 , pour son successeur, Clément V, qui était en France. Ce Pontife appela autour de lui les Cardinaux, établit ensuite le siège apostolique dans la ville d'Avignon , où résidèrent successivement six autres Papes. Comme il n'y avait pas de basilique , non plus que d'aussi nombreuses églises qu'à Rome, que le climat y était moins tempéré, on tint les Chapelles papales dans le palais apostolique : alors plusieurs saintes institutions de nos ancêtres tombèrent en désuétude , comme nous l'apprend Moretti (de PresbyL) L'usage de célébrer dans les chapelles du palais pontiGcai , si petites en comparaison des basiliques , prévalut , et on négligea la pratique si ancienne de faire les stations et autres cérémonies les jours de fêtes. Rappelons l'ancienne coutume où étaient les Papes, de prononcer des sentences dans leurs chapelles; ce qui leur donna ocx^sion de déléguer plus tard, pour connaître les procès et les juger, leurs Chapelains, qu'on appela Audùores causarum palatii apostolid , et Auditeurs de rote, comme le fait remarquer Garampi, qui, mentionnant une cause plaidée, en 1126, par les Clercs de la Fraternité romaine^ sous le pontiâcat d'Honorius II, remarque que les Recteurs, après avoir prononcé la sentence, ge$tœ rei ordinem Papœ seriatim in capella narraverunt. (keterum dotninus Papaj audita causa, benedicens eis laudavit et confirmavit. Pour ajouter à ce que nous venons de dire au sujet des Chapelles papales d'Avignon , nous rappellerons qu'en 1316, Jean XXII , évéque de cette ville , ayant succédé à Clément V , ce Pontife agrandit le palais épiscopal , en y comprenant l'église de Saint- Étienne, contiguë à la cathédrale, et en transférant la paroisse à l'église de la Magdelaine. Benoît XII assigna un autre palais aux Évèques d'Avignon, et 6xa la résidence du souverain Pontife dans l'ancien palais des Évèques , qu*il fit réédifier avec magnificence par l'architecte Obrério , consacrant ensuite , comme le

vealent plusieurs auteurs^ la chapelle que l'archevêque d'Arles, Galbert de la Valle, avait fait élever. On croit cependaut que la chapelle Majeure n'était pas encore bâtie, puisqu'on lit dans Fantoni (^Hist. d'Avignon)^ que Clément VI, successeur de Benoit XII , canonisa, le 21 Juin de la même année, saint Ives dans la salle du couvent des Dominicains, où déjà Jean XXII avait célébré la canonisation de saint Thomas d'Aquin. Le même Clément VI continua l'édifice du palais apostolique ; il fit construire au rez-de-chaussée la Grande chapelle du côté du palais de la Vice-Gérence. Innocent VI, en 1382, après avoir été élevé an pontificat , acheva ce palais dans sa partie méridionale , et fit bâtir la Grande chapelle supérieure. Urbain V lui succéda en 1 362, et contribua à l'embellissement du palais , en faisant construire l'appartement situé à l'orient, qui réunit la salle des Légats à la Grande chapelle. Ce fut dans ces chapelles du palais avignonnais , que les Pontifes qu'on a désignés , et Grégoire XI, le dernier des Papes qui résidèrent dans le Comtat, célébrèrent les fonctions sacrées , comme leurs prédécesseurs l'avaient fait à Rome , et donnèrent ainsi naissance aux Chapelles papales palatines tenues ensuite à Rome.

Le premier Pape qui introduisit l'usage des de ces Chapelles à Rome , fut Urbain V , au dire de Cancellieri et de Novaes. Ce Pontife, considérant la dignité papale comme exilée au-delà des monts, déclara aussitôt après son élection vouloir se rendre à Rome , véritable siège de l'autorité pontificale. C'est dans ce but que, sans s'arrêter à des avis contraires, il promulgua, le 10 Avril 1363, la constitution Tesltmonio fide dt'gno ^ et ordonna à Jean, évêque d'Orviète, son vicaire à Rome, de restaurer le palaisdu Vatican, agrandi par Nicolas III, en 1277, et presque ruiné par les suites désastreuses de l'absence des Papes depuis soixante ans.

Urbain V put accomplir le projet qui lui tenait à cœur, et qu'il avait exprimé dans une lettre écrite à Avignon le 29 Juillet 1366. Il fit son entrée à Rome au milieu des témoignages d'al-

légreflse du peuple , et fixa sa résidence au palais da Vatican , qui! restaura encore lui-même. Il ne put cependant y séjourner long-temps, à cause des guerres qui dévastaient FEspagne, le PoKugal^ la Navarre, la France et l'Angleterre : il voulait^ en sa qualité de père commun des fidèles , les apaiser; et c'est dans cette intention qu'en 1370, au milieu des larmes des Romains, il retourna à Avignon, où il arriva le 24 Septembre. La gloire de rétablir à Rome le siège apostolique était réservée à Grégoire XI, son successeur; ce qu'il fit avec bonheur le 17 Janvier 1377, en prenant possession du Vatican, où il mourut le 24 Mars de Tannée suivante.

Quoique Urbain V, dans son voyage en Italie, n'ait pas toujours habité Rome , puisqu'il demeura à Cornetto , à Viterbe et Montefiascone, on le considère comme le premier Pontife qui ait institué à Rome l'usage des Chapelles papales^ selon le rit observé h Avignon. On lit dans l'Orrfo JrF.% de Pierre Amélius, cité par Mubillon , que le pontife Urbain VI, successeur de Grégoire XI le 8 Avril 1378, ne tint pas l'office le dimanche des Rameaux y parce qu'il n'était pas encore couronné; mais qu'il distribua les palmes, et qu'il assista en chape rouge et en mitre blanche à la messe chantée par le Cardinal de Florence, dans la Grande chapelle du palais apostolique ; qu'il assista à la messe le mardi saint dans la Petite chapelle y ainsi qu'à la lecture de la passion et aux offices célébrés par les Cardinaux en sa présence. Ceci fait voir que déjà dans le palais du Vatican il y avait deux chapelles, édifiées probablement par Urbain V, qui fit diverses réparations dans le palais, comme on l'a dit, déterminé à établir sa résidence à Rome. Il est tout-à-fait présumable qu'il considéra comme un des objets de sa sollicitude, de faire construire, à l'exemple de ses prédécesseurs à Avignon, une chapelle convenable pour l'exercice des fonctions sacrées. Des témoignages non équivoques confirment encore l'établissemeiit des chapelles palatines , et attestent qu'après le couronnement d'Urbain VI , cérémonie qui eut lieu le 1 8 Avril , jour de Pâques , le Pape assista aux

(13 ) vêpres dans la chapelle Majeure du palais pontifical , où il réprimanda publiquement plusieurs Ëvèques.

Le successeur immédiat d'Urbain VI fut Boniface IX. Nous avons encore un fait historique relatif à la célébration des Chapelles papales dans le palais du Vatican , que Pierre Amélius nous a conservé en décrivant la canonisation de sainte Brigitte. Le samedi 7 Octobre 1391 , le Pontife procéda à la canonisation dans la Grande chapelle ^ qui avait été décorée de tentures et ornée de branches de myrte par le Maître de la Floreria (12) , et illuminée par quatre-vingt-neuf torches en cire de onze livres chacune y en présence des Cardinaux et dignitaires de la cour.

Il ne faut pas s'étonner qu'au retour des Papes à Rome , l'usage établi à Avignon se perpétuât dans cette capitale, puisque nonseulement l'église de Latran et son patriarcat étaient à demiruinés, mais encore la plupart des églises oii l'on faisait les stations l'étaient aussi, tant l'absence des Pontifes avait été désastreuse : on ne put donc pas reprendre celui de célébrer d'après r^ncien rit les fonctions sacrées. Sous le même pontificat d'Urbain VI, le déplorable schisme soutenu par les anti-papes avignonnais, de 1378 à 1417, qui rompit l'unité de l'Église, empêcha les Papes de résider constamment à Rome; ils étaient forcés de se retirer dans différentes villes, et ils n'eurent ni le temps ni la tranquillité nécessaires pour rétablir les anciens usages. Après queMartin V, dans la même année (1417), eut été élu Pape au concile de Constance, il se rendit à Rome, où, après avoir habité peu d'années le Vatican , il fixa sa résidence au palais Colonna , celui de sa famille , contigu à l'église des Saints-Apôtres , où il célébra plusieurs cérémonies ecclésiastiques. La rébellion des Romains força Eugène IV , son successeur immédiat , à habiter loin de Rome, de 1434 à 1442, et dans le petit nombre d'années qu'il demeura dans cette ville, tantôt au Vatican, tantôt à Saint-Chysogone in Trastevere , il ne put rétablir l'usage des chapelles palatines ni la célébration régulière des fonctions papales.

Nicolas V, élevé au pontificat en 1447^ rempli de zèle pour le culte divin et les cérémonies ecclésiastiques , après avoir réé« difié le palais habité auparavant par Nicolas IV , près la basilique Libérienne ( Sainte-Marie-Majeure ) , fit bâtir dans le palais du Vatican une chapelle publique consacrée au Saint-Sacrement^ où ^ par ses ordres y Angelico de Fiezole , dominicain , que l'Église regarde comme un bienheureux , peignit quelques traits de la vie du Sauveur et différents portraits d'hommes illustres contemporains. Cette chapelle^ où furent tenues les cérémonies papales jusqu'à ce que Siite IV eut fait bâtir celle qui porte son nom , et que nous admirons aujourd'hui ^ fut détruite par ordre de Paul III^ lorsque ce Pontife voulut faire redresser Fescalier royal du Vatican^ et bâtir la chapelle à laquelle il donna aussi son nom^ comme nous allons le voir.

Nous trouvons dans une lettre du pape Pie II, élu en 1468, écrite lorsqu'il était secrétaire apostolique de Nicolas V y et qu'on a imprimée dans l'édition romaine de ses célèbres Commentaires, un passage que nous reproduisons y et qui prouve Tordre et la dignité qui présidaient à ces cérémonies. « S'il vous était donné de voir le Pontife romain lorsqu'il célèbre ou qu'il assiste an services divins y vous avoueriez que ce n'est qu'autour de lui que se trouvent la splendeur et la magnificence ; vous verriez le Pape assis sur un trône élevé y les Cardinaux assis à sa droite , les premiers Prélats y debout y k sa gauche ; puis les Évèques , les Abbés mitres, les Protonotaires, les Ambassadeurs, les Grands, chacun à leur place ; d'un côté les Auditeurs , de l'autre les Clercs de la Chambre, les Procureurs des ordres, lesSous-Diacres, les Acolytes, les Cubiculaires , et les autres fonctionnaires en grand nombre, assis par terre : vous devriez dire que la cour romaine ^ale la hiérarchie céleste , puisque tout s'y trouve merveilleusement disposé dans l'ordre prescrit, de manière que les personnes pieuses qui contemplent ces cérémonies , ne peuvent que leur accorder leurs louanges et leurs suffrages. »

A Pie II succéda , en 1464, Paul II , remarquable dans l'his-

( 15) toire des Papes par sa grandeur d'âme et ses actions mémora^ bles. Il fit restaurer une précieuse tiare ; et afin que les Cardinaux pussent assister aux cérémonies, dont il voulait accroître la pompe, il leur accorda la calotte rouge (13), la mitre de damas blanc, des sièges plus élevés que ceux des autres prélats; en outre, l'usage des housses écarlate sur les mules qu'ils montaient quand ils se rendaient aux Chapelles pour les fonctions sacrées. C'est à son successeur, Sixte IV, qu'on doit l'établissement définitif des Chapelles papales dans les palais apostoliques : il éleva la magnifique chapelle qui porte son nom, et que Ton va décrire. Paul III et Paul V imitèrent l'exemple de ce Pontife , et embellirent les palais apostoliques en élevant d'autres chapelles dont on parlera aussi.

Salle Royale. — Chapelle Sixtine et chapelle Pauline da Vatican. — Restauration de celle dermke chapelle par Grégoire XYI. — Salle Ducale. — Chapelle Pauline duQuirinar.

Un bel escalier à deux rampes , ouvrage du Bernio , commandé par Alexandre VII , placé à l'extrémité droite du portique et de la colonnade de Saint-Pierre, conduit à la salle Royale y construite sous Paul III , et décorée de grands tableaux à fresque , représentant des faits mémorables de l'histoire des Papes j elle sert d'immense vestibule aux chapelles Sixtine et Pauline , construites dans l'intérieur du palais du Vatican , et dont les portes s'ouvrent sur cette même salle.

* Les motifs que nous avons indiqués dans la Préface nous obligent à réduire à sa substantielle expression la description de ces chapelles : elle suffira pour aUeindre le but que nous nous proposons. ( Voyez la planche, au commencement du volume f elle représente seulement le presbytère de la chapelle Sixlîne,)

( 16) Les différentes processions et cortèges que nous avons à décrire la traversent ; elle sert encore de réunion auK débiteurs des domaines de Saint-Pierre , qui vont, comme nous le verrons, payer leurs redevances la veille de la fête du Prince des Apâtres. La plus remarquable de ces chapelles fut construite en 1473, sous Sixte IV, qui lui donna son nom. Sa forme générale est un parallélogramme, sans pilastres, sans colonnes et sans autre ornement que les fresques. Elle est ornée, dans son pourtour, de grands piliers qui semblent diviser les murs, dont les intervalles sont remplis par de grandes et riches tentures, simulant des tapisseries de brocard d'or sur un fond rouge, bleu d'azur et blanc, varié dans les différents plis qu'elles présentent. Au-dessus de ces riches tentures on a placé, sur les deux grands côtés de la chapelle, douze tableaux représentant des traits d'histoire de l'ancien et du nouveau Testament , peints par les artistes les plus distingués du quinzième siècle ; au-dessus de la porte d'entrée, des fresques représentent la Résurrection du Sauveur j et la Défaite de Satan par saint Michel.

La voûte de la chapelle euéié tout entière peinte par Michel- Ange, sous Jules II, neveu de Sixte IV. Il prépara lui-même ses couleurs, et en vingt mois , se livrant pour la première fois à ce genre de peinture, il acheva cette grande et belle décoration. Il a tracé des arêtes supportées par des cariatides. Il y a six lunettes et six arcs doubleaux de chaque cdté ; on voit aux angles et aux lunettes des figures académiques d'un grand style , ces images célèbres des prophètes, Isaïe surtout, et les sy billes, d'un dessin plein de noblesse. Dans les tableaux qui décorent le plein de la voûte , il a représenté des sujets de l'ancien Testament : on remarque le Père étemel débrouillant le chaos ^ Adam et Eve dans le Paradis terrestre ^ désobéissant à l'ordre de Dieu; les Sacrifices de Caïn et d'Abeh Une étroite galerie pratiquée devant les croisées , permet de voir de près les fresques de la voûte.

Sous le pontificat de Paul III , Michel-Ange fit aussi l'immense fresque que Ton admire derrière l'autel, représentant le Jugement

( 17 ) dernier. Il y travailla trois ans : elle est regardée comme un chefd'œuyre. Il a placé au milieu de ce grand tableau Jésus-Christ avec sa divine Mère, environné des Apôtres et d'une foule d'autres saints. On voit au-dessus un groupe d'anges qui portent en triomphe les symboles de la passion ; plus bas est un autre groupe sonnant de la trompette pour faire sortir les morts de leurs tombeaux et les appeler au jugement; plus bas encore on voit plusieurs morts qui reprennent leur chair et leur forme primitive , quelques-uns qui font des efforts pour se débarrasser de la terre qui les couvre, et d'autres qui s'élèvent dans les airs pour aller au jugement. Mais ce qui donne plus de mouvement et d'expression à ce chef-d'œuvre, ce sont les anges qui aident les élus à monter au ciel, tandis que, d'un autre côté, les démons entraînent dans l'enfer les réprouvés , dont la vive résistance produit des combats terribles. Pour se conformer peut-être aux idées de son siècle, le peintre a placé au bas du tableau, à droite, Caron , qui charge sa barque de damnés pour les transporter aux enfers. Cette grande fresque a beaucoup souffert de l'action du temps et de l'humidité.

Les nudités de cet immense tableau attirèrent de sévères critiques au grand artiste : Messer Biagio, mattre des cérémonies, les dénonça à Paul III ; ce même Biagio était représenté dans la fresque, sous la figure de Minos, entouré d'un immense serpent, et au milieu des démons. Il voulait obtenir du Pontife que cette partie du tableau serait détruite; mais Paul III, voulant savoir où Michel-Ange avait placé son Maître des cérémonies, et apprenant que c'était dans l'enfer, il répondit que, s'il eût été rais en purgatoire, il y eût eu possibilité de l'en tirer; mais dans l'enfer , nulla est redemptio.

Adrien VI et Paul IV faillirent faire couvrir d'une couche blanche les peintures trop hardies, soit de la voûte, soit de l'immense fresque : on connaît la réponse altière de Michel-Ange à ce~ dernier Pontife. La sentence portée par ces deux derniers Papes allait être exécutée par Pie IV, élu en 1559 , lorsque les Cardi-

( 18 ) naui obtinrent que certaines parties de ces figures seraient seulement recouvertes de franges et de draperies; ce qui fut exécuté par Daniel Volterre.

La chapelle Siitine^ dans toute sa longueur^ a 180 palmes, mesure italienne, ce qui fait 4-0 mètres 21 centimètres; elle a en largeur 60 palmes, c'est-à-dire, 13 mètres 43 centimètres; le sol est orné de marbres de diverses couleurs formant d'admirables mosaïques', recouvertes toute l'année de tapis; on ne peut les voir que du Jeudi au Samedi saint. Dans l'axe de la porte d'entrée se trouve, adossé au grand mur de la fresque, un autel de marbre , de forme simple , dont le marchepied , de deux marches seulement, est également recouvert de tapis. Cet autel est dû à Benoît XIII, qui le consacra lui-même. On y voit six chandeliers et une croix , donnés par Léon XH ; aux fêtes solennelles, on substitue la garniture d'autel, plus riche, donnée par Pie VII : celle en argent massif, donnée par Benoît XIV, et celle en vermeil, par Pie VI, n'ont pu survivre aux malheurs des révolutions. Il n'y a point de tabernacle sur le marches de l'autel : on n'est point dans l'usage de conserver le Saint-Sacrement dans les chapelles des palais apostoliques où les étrangers sont admis , mais seulement dans une des chapelles secrètes (14) du palais où réside le Pape. Des deux côtés de l'autel sont deux, portes : celle de gauche n'est que simulée ; elle est ornée des armes de Clément XI , en mémoire des restaurations dont la chapelle Sixtine fut l'objet par les soins de ce Pape; celle de droite, du côté de Fépître, décorée des armes d'Alexandre VI, conduit à la sacristie, et à h petite salle des Parements^ qui a été embellie par Grégoire XVI. On place sur le retable de l'autel, en forme de tableau, une des belles tapisseries, sur laquelle est représenté, d'après les premiers peintres, le sujet de la fête que l'Église célèbre. Une haute balustrade à grille dorée, de 2 mètres environ de hauteur, partage inégalement la chapelle; une grande porte ornée de ciselures , aux armes du pape Innocent X , que Ton ferme pendant les prédications, sert de passage et établit

(19) la communication entre les deux parties de Tédifice. Les jamba^ ges et les (H*nements d'architecture de cette porte sont en marbre grée, travaillé d'après les dessins de Michel-Ânge; sur la corniche qui couronne le treillis on place des chandeliers , dont nous verrons le nombre varier suivant la dignité du célébrant.

La partie de la chapelle comprenant l'espace limité par la porte d'entrée et la balustrade à treillis, que n'a pu représenter la planche y est destinée aux étrangers^ aux dames, au corps diplomatique et aux princes , dont la tribune est à gauche en entrant , comme nous le verrons quand nous aurons à indiquer les motifs qui engagèrent un des derniers Papes à rendre publiques les fonctions sacrées Au-delà, l'espace comprenant les deux tiers environ de la chapelle , entre cette même balustrade et l'autel, forme le presbytère, destiné, avec le sanctuaire, à la célébration de l'office divin et aux dignitaires qui assistent aux cérémonies papales. C'est là que, jusqu'au pontificat de Pie VI, on a dépouillé le scrutin pour l'élection des Papes. Dans la partie du presbytère la plus rapprochée de la balustrade , s'élève , à 2 mètres environ du sol , la tribune des Chantres pontificaux. Il y a deux baldaquins de forme carrée daDs cette chapelle , celui qui domine l'autel , et celui du trâne , placé à côté de l'évangile, dont les tentures , aux armes du Pape régnant, sont en velours rouge ou violet, suivant la rubrique; le dossier du trône et la housse du grand fauteuil pontifical sont en étoffe de soie à fond rouge, blanc ou violet, lamée d'or ou d'argent, à grandes rosaces, comme nous le verrons dans la description des différentes Chapelles. A droite et à gauche du fauteuil papal sont deux sièges sans dossier , garnis d'étoffe rouge ou violette. Trois marches de marbre élèvent le sanctuaire audessus du presbytère. A gauche du trône, au niveau du sol, est un banc recouvert , devant lequel est une crédence , où l'on place le coussin et le livre du Pape, dans l'intérieur de laquelle se trouve une lampe pour allumer la bougie que nous verrons un Évèque assistant tenir devant le Pontife pendant les cérémonies ; de l'autre côté^ c'est-à-dire, à droite du trône, le long du mur auquel il est

( 20 ) ada6sé^ est placé on large banc à dossier^ recouvert de coosBins; il se continue jusqu'à une petite distance de la haute balustrade, ou il forme un angle , ainsi que le banc qui lui est parallèle ; ils décrivent ainsi Tenceinte de la chapelle, ou le presbytère. Le long de ces deux bancs régnent des degrés , comme le montre la planche; derrière le banc de droite on en yoit deux autres sans coussins. Enfin , un autre petit banc à côté de ces derniers, des crédences placées du côté de l'épttre, une chaire de médiocre grandeur, complètent la décoration du presbytère de cette simple mais majestueuse chapelle.

Nous verrons , dans Fénumération des dignitaires de la cour romaine , quels sont les rangs qu'ils occupent sur les bancs de la Sixtine, dont nous venons de déterminer la position.

De la cliapelle Paaline, au Vatican.

Paul III, son fondateur, lui donna son nom, en la faisant construire à la place de la chapelle Majeure de Nicolas V , dont nous avons parlé : elle a 128 palmes de long (28 mètres 60 centimètres) et 43 de large (9 mètres 60 centimètres). L'autel est orné de deux grandes colonnes de porphyre , sur le fût desquelles étaient sculptés, en relief, deux empereurs qui se donnaient l'accolade fraternelle, allusion à la réunion des deux empires d'Orient et d'Occident. Ces deux colonnes avaient été prises aux thermes de Domitien , pour décorer une des chapelles de la basilique de Saint-Pierre. Paul III fit orner cette chapelle de deux grandes peintures à fresque , par Michel-Ange; Zuccari a peint la voûte. PaulV, Alexandre VIII, Benoît XIII, l'embellirent successivement ; Benoît XII la destina à être chapelle paroissiale de toute la Famille pontificale demeurant au Vatican.

Cette chapelle avait été détériorée par un incendie , et les peintures qui la décorent obscurcies par la fumée des cierges qu'on y allume pour les Oraisons de quarante heures et le monument du Jeudi saint. En 1837, le Pontife régnant voulut la rendre à son ancienne splendeur : de nouveaux jours furent pratiqués; le grand

( 21 ) tabernacle en bois ^ orné de glaces et de dorures du dessin du Bemin , placé au milieu de Fautel ^ fut enlevé ^ et remplacé par un très-beau tabernacle de marbre; de belles colonnes de granit, des marbres précieux, un beau tableau du Guide, représentant la Transfiguration du Sauveur; des peintures latérales s'harmo- Disant ayec les stucs anciennement placés, un carrellement en marbre et une belle balustrade, concoururent à l'embellissement de cette chapelle. En mémoire d'une telle restauration , les armes de Grégoire XVI furent placées sur les murs intérieurs, à côté de la porte, et une médaille en perpétua le souvenir : d'un côté elle porte l'effigie du Pontife, de l'autre la coupe de la chapelle , et on lit sur l'architrave de l'autel l'inscription suivante : GregorivsXVL resiilvit A. VIL S. Principatvs. On aperçoit le Pape , à genoux et en chape, ayant la tiare à ses pieds ; la Religion rayonnante lui apparaît, un ange lui présente un calice d'où s'élève une hostie, et on lit encore au-dessous l'inscription suivante : Sacrarivm Pavlinvm Pavlvs III. cond. Greg. XVI. rest. 1837.

Quand les conclaves se tenaient au Vatican , on dressait dans cette chapelle trois autels pour la commodité des Cardinaux et de . leurs conclavistes qui avaient à célébrer la messe ; elle est particulièrement destinée aujourd'hui à l'Oraison de quarante heures , commençant le premier dimanche de l'Avent, et célébrée ensuite avec pompe dans toutes les églises de Rome jusqu'à la même époque de l'année suivante.

La salle Ducale^ ainsi appelée parce que les souverains Pontifes y ont reçu, soit des princes souverains, soit des ducs, appelés Duchidimaggiorpotenza, est contiguë à la salle Royale; elle sert quelquefois au consistoire public , où les Cardinaux reçoivent leur chapeau. Jusqu'au pontificat de Grégoire XVI, la cérémonie du lavement des pieds s'est faite dans cette salle ; on y a tenu aussi plusieurs consistoires pour la canonisation des saints. La salle Ducale conduit à la grande salle des Parements; dans les fonctions solennelles, le Pape, accompagné de son cortège, sort, comme on le verra , de cette salle pour se rendre a Saint-Pierre.

( 22) Chapelle Pauline du palais Quirinal.

DeDi bras du magnifique escalier dont Fentrée est dans Félégante cour du Quirinal^ conduisent à cette chapelle; Tune des branches de cet escalier aboutit.à la salle Royale de ce palais ^ que Ton doit à Paul V^ qui la fit construire par Charles Mademe. Pie VII et Pie YIII ont tenu plusieurs consistoires dans cette salle ^ qui sert en général aux mêmes usages que la salle Royale du palais du Vatican. La chapelle Pauline du Quirinal est grande et bien éclairée ; elle prend le nom qu'elle porte, de son fondateur, Paul Y, qui la bénit solennellement le 25 Janvier 1616. Cette chapelle doit sa splendeur actuelle à Pie Vil , qui habita long-temps le QuirinaL

A la mort de ce grand Pape, arrivée le 20 Août 1823, le Sacré-Collége s'étant empressé de tenir le conclave an palais du Quirinal , la chapelle Pauline fut destinée au scrutin de l'élection du Pape ; et c'est dans cette chapelle qu'ont été successivement élus et adorés Léon XII , Pie VIII et Grégoire XVI. Les Cardinaux étrangers qui se rendent au conclave, et qui n'ont pu arriver le jour de la clôture, sont reçus dans la salle Royale; et c'est encore à la porte de cette salle que les Cardinaux chefs d'ordre don* nent solennellement audience aux Ambassadeurs des puissances.

RélablissemeDt de Tancien usage de célébrer les fonctions pontificales dans différentes églises de Rome. — Constitution Egregia de Sixte T. — Églises parliculikes regardées comme Chapelles papales.

Quoique les chapelles Sixtine et Pauline eussent été construites dans l'intérieur du Vatican , Sixte-Quint, promu au trône le 24 Avril 1585, voulut faire revivre l'ancien usage de célébrer les

(23) fonctions pontificales dans les sept basiliques de Rome^ et rendre ainsi de nouveau ces églises Tobjet particulier de la vénération des peuples , comme elles l'avaient été primitivement. C'est dans ce but, qu'après avoir assemblé les Cardinaux en consistoire, il leur exposa la nécessité de renouveler l'ancien usage , non-seulement pour accroître le culte religieux dû à ces basiliques et à d'autres églises, où les premiers Pontifes avaient coutume de se rendre pour célébrer les offices divins , faire leurs stations solennelles accompagnés du clergé et du peuple , et dans lesquelles plusieurs d'entre eux , principalement saint Léon I.®*" en 440 , saint Grégoire I ^ en 590 , prononcèrent leurs savantes Homélies; mais aussi afin de réveiller dans l'esprit des Romains et des étrangers le respect des anciennes traditions , en mettant sous leurs yeux l'exemple de l'auguste chef de l'Église, du Sacré-Collége , de la prélature, et de tous les personnages qui assistaient avec édification à ces cérémonies. L'église de Sainte-Marie du Peuple fut substituée, pour l'usage des stations, à celle de Saint-Sébastien, peu commode et trop éloignée. Les Cardinaux approuvèrent unanimement ces dispositions, et Sixte-Quint, le 13 Février 1S86, publia la constitution Egregia, dans laquelle il régla avec soin et prévoyance les rites des cérémonies , auxquelles il ne manqua jamais d'assister , même dans la mauvaise saison , voulant que la messe fût célébrée par un Cardinal dans les diverses églises désigiïées. Il ouvrit, pour rendre plus faciles les stations, des rues nouvelles, et rétablit les anciennes qui avaient été dégradées.

Voici l'ordre des Chapelles papales établies par Sixte-Quint dans sa constitution Egregia : le premier jour du Carême, Chapelle dans l'église Sainte-Sabine du Mont-Aventin ^ où le Pape distribuait les cendres; le premier dimanche du Carême, dans cette même église ; le deuxième , à Saint-Paul sur la Voie-dO^ie; le troisième, à Saint-Laurent hors-des-murs ; le quatrième, à Sainte-Croix de Jérusalem ^ où l'on devait bénir la rose-d'or; le cinquième , à Sainte-Marie-Majeure ; le sixième , à Saint-Pierre , au Vatican , où devait se faire la distribution des rameaux ; et le

jour de Pâques , à Saint- Jean-de-Latran , où Sixte-Quint voulait donner la bénédiction ; le jour de Noël, h Sainte-Marie-Majeure, comme aussi la fête de l'Assomption. Celles de Saint-Pierre , de Saint-Paul, de Saint- Jean-Baptiste, de saint Laurent, devaient être célébrées dans les basiliques bâties sous leur invocation; l'Ascension de notre Seigneur, la Pentecôte, la Toussaint, dans la basilique du Vatican. Les autres Chapelles papales devaient ^ avoir lieu dans les palais apostoliques, entre autres celle du Corpus Domini, la procession devant sortir de la chapelle Sixtine, et rentrer à l'église Vaticane.

Cependant, malgré les prescriptions de Sixte-Quint, on reprit peu à peu l'usage de célébrer la plus grande partie des fonctions sacrées dans la chapelle Sixtine, au Vatican, ou dans la chapelle Pauline , au Quirinal , â cause de la grande distance des églises que l'on vient d'indiquer ; et malgré l'autorité d'un nom si imposant, les dispositions de la bulle Egregia, â l'égard des stations à faire dans les anciennes basiliques , comme dans les temps antérieurs , furent négligées ; mais on continue d'observer encore celles des dispositions de cette bulle qui règlent la plupart des rites et cérémonies des Chapelles. Ainsi donc , le Pape et le clergé romain ne se rendent plus depuis long-temps aux anciennes Églises slationnaires ^ dont l'origine remontait aux premiers siècles du Christianisme. Clément XIV, et de nos jours Léon XII , ont voulu remettre en honneur cette ancienne dévotion. ( Voyez Chapelle papale du jour des Cendres. )

Outre les édifices consacrés aux cérémonies religieuses dans l'intérieur des palais apostoliques , nous savons que plusieurs Papes ont appelé du nom de Chapelles papales certaines églises où, accidentellement , ils ont eu à célébrer les fonctions sacrées : c'est ainsi que Sainte-Marie aux Martyrs (Panthéon) reçut le titre de Chapelle papale. Divers Papes ayant demeuré à Assise , la basilique Saint-François fut déclarée par Benoît XIV Chapelle papale et patriarcale. Nous lisons dans la Vie de Pie VII , par Pistolczi, que ce grand Pape , retenu à Savone, ville devenue

( 25 ) célèbre par le séjour qu'y fit ce Pontife , la cathédrale prit le nom de Chapelle papale , et les autorités françaises allaient assister, le dimanche^ à la messe célébrée en présence du Pape^ dans l'église de cette ville.

Quelques Papes ont célébré plusieurs fonctions saintes hors les murs de Rome : Benoit XIII voulut tenir plusieurs Chapelles à Bénévent; Benoit XIV et Clément XIII célébrèrent plusieurs cérémonies pontificales h Castel-Gandolfo ; Pie VI et Pie VII tinrent également plusieurs Chapelles papales, le premier à Vienne^ le second à Paris. L'histoire fait remarquer que Léon X et Pie VI se sont le plus distingués parmi tous les autres Pontifes par la splendeur , la dignité et la pompe , qui furent comme le caractère distinctif des cérémonies papales célébrées sous leur règne.

Dignilaires qui prenaient autrefois rang en Chapelle. — Princes sonyermns qu'on y a TUS assister. — Officiers ou ministres qui y concourenl. — Chant grégorien, réformé par Paleslrina, seul usité dans les cérémonies papales.

Avant de faire connaître ces personnages, rappelons qu'en 1587, sous le règne de Sixte-Quint, Laurent Vaccari grava sur cuivre la représentation exacte de la chapelle Sixtine, reproduisant, dans l'ordre de leur dignité et préséance, les divers fonctionnaires qu'on y voyait. La même gravure , sur une plus petite dimension , fut refaite par Juvara , et placée par Adami au commencement de ses Observations sur les Chapelles papales, publiées en 1711, Le P. Bonanni imita cet exemple en publiant sa Hiérarchie ecclésiastique, en 1720 : il reproduisit la description de la Chapelle papale de Paride de Grassis , célèbre maître des cérémonies sous le pontificat de Léon X, où nous voyons

( 26) qu'à quelques différences près ^ les dispositions de la Chapelle étaient les mêmes que celles d'aujourd'hui^ et que les dignitaires de l'ordre ecclésiastique et civil qui avaient le privilège d'y assister, y occupent encore à peu près les rangs qui leur étaient autrefois assignés.

Mais nous trouvons, de plus, dans la description de Vaccari^ qui remonte, comme on l'a dit, à 1587, vies Ambassadeurs des Princes, qui restaient debout, à droite du trône ponti6cal; les Ducs, les Ambassadeurs ecclésiastiques, ceux de Bologne et Ferrare, les Barons et Chevaliers romains; et, d'après Paride de Grassis, le Préfet de Rome, le Général de la sainte Église, le frère ou le neveu du Pape r^nant, les Princes romains, et en particulier les chefs des maisons Coloi.na et Orsini , qui occupaient une place sur le palier du trône. Nous trouvons encore une énumération de ces dignitaires dans les Prises de possession des Papes j de Cancellieri , et les anciens Rôles du Palais apostolique : parmi les magistrats romains mentionnés , on remarque non-seulement le Préfet, mais encore l'épouse de ce fonctionnaire, comme ayant sa part dans la distribution des cierges à la Chandeleur; en outre, les Seigneurs romains et les chefs des grandes familles de ilome assistaient aux fonctions sacrées. Mais, dès le commencement du dix-huitième siècle , le baronage romain cessa d'assister aux Chapelles. Sous le pontificat de Pie IV, l'Ambassadeur d'Espagne et celui de France ne pouvant s'accorder sur leur préséance respective, le Pape avait fait asseoir le premier avant les Cardinaux-Diacres , mais sur un siège beaucoup plus bas que le leur. Nous apprenons deSistini {Cappa Rossa, chap. xiii), que lorsque les Cardinaux portent la chape, ils ne doivent avoir personne à leur côté , excepté les Princes souverains. Ces questions de préséance s'étant renouvelées , sous Sixte-Quint, entre les Ambassadeurs d'Espagne et de France, à la canonisation de saint Diego, le Pape fit remplir les fonctions d'Ambassadeur par le cardinal espagnol Pierre Deza.

Dans les premières années du règne de Clément XI, les

( 27) Ambassadeurs ayant cessé d'assister publiquement aux Chapelles pontificales, où ils donnaient l'eau au Pape pendant la célébration des saints mystères, ou soutenaient les bords du manteau; plusieurs d'entre eux continuèrent d'y assister cependant , mafs d'une manière privée ; celui de Portugal se plaça , par permission du Pape , dans la tribune des Chantres. Le comte palatin de Massovia ( Pologne ) assista à la fonction le dimanche des Rameaux, debout, à côté de l'autel, du côté de l'épître. Jacques III, roi d'Angleterre, et sa famille, ayant fixé leur résidence à Rome sous Innocent XIII, en 1722 , ce Pontife fit construire, en dehors de la balustrade de la Sixtine, une tribune qui fut destinée à la famille royale d'Angleterre. Aux fêtes de Noël de l'année 1783, l'empereur Joseph II, et le roi de Suède Gustave III , assistèrent à Toffice de la nuit dans cette même chapelle, portant Fhabit de simple officier, sans distinction ni décoration, à genoux sur les degrés de l'autel, à droite; ils entendirent la docte Homélie de Pie VI , prononcée par ce grand pape après l'évangile. L'année suivante, Gustave III assista encore aux cérémonies pontificales de la semaine sainte , où il fut l'objet de toutes les distinctions compatibles avec Yincognito qu'il avait recommandé. Il admira sincèrement la dignité du Pontife et la majesté du spectacle religieux que présentait la métropole catholique; quoique protestant, il condamna ceux qui, sans en connaître l'esprit, faisaient une injuste critique des cérémonies ecclésiastiques. La religion étant nécessaire aux peuples comme condition sociale , il était convenable de l'entourer de tout ce qui peut la rendre plus auguste et plus imposante. On doit se borner à rappeler ici les hommages empressés dont les souverains de l'Europe entourèrent autrefois la personne du Pontife romain, et les exemples des Empereurs d'Allemagne, qui, en Chapelle, vêtus de la dalmatique diaconale, chantèrent l'évangile, soutinrent le livre , le corporal et le manteau du Pape , et versèrent Teau sur les mains du Pontife ; honneur qu'ambitionnèrent à leur tour plusieurs Rois pleins de piété, et nombre de Princes

( 28) souverains. Nous verrons les fonctions que remplissaient les anciens Empereurs aux matines de Noël.

Quant aux places assignées en Chapelle aux Princes souverains, les auteurs nous apprennent, Macri entre autres, qu'anciennement, si l'Empereur d'Allemagne assistait à la cérémonie, il devait prendre rang avant tous les Cardinaux ; les Rois ne marchaient qu'après le Cardinal-Doyen du Sacré-Collége , conformément au cérémonial romain. Lorsque, en 1495 , Charles YIII, roi de France, assista, le jour de saint Sébastien et de saint Fabien , à la Chapelle tenue par Alexandre VI dans la basilique de Saint-Pierre , il s'assit à côté du Cardinal suburbicaire doyen. Sous le pontificat de Clément VIII , en 1 600 , le duc de Parme et de Plaisance prit place après le dernier Cardinal-Diacre ; plus tard , en 1620 , le duc de Mantoue et le duc de Ferrare se placèrent avant le même Cardinal ; et Clément VIII voulut honorer les fils du Roi de Bavière , en les faisant asseoir , aux Chapelles papales, après les Cardinaux , et avant les autres Prélats et Évêques. Lorsque Clément XI baptisa et confirma, en 1702, quelques juifs, dont le parrain fut le Cardinal-Doyen, et la reine de Pologne , Marie Sobieski , la marraine; le Cardinal eut la préséance sur cette princesse , comme le premier du sénat apostolique , prince de l'Église pouvant être élevé à la dignité de chef suprême de la hiérarchie ecclésiastique et au gouvernement des États-Romains.

Dès le seizième siècle, les illustres familles Rezzonico, Patrizî, Altieri, Orsini et Colonna, ont été en possession de la charge éminento de Sénateur et de Prince assistant au trône; mais à l'avènement de Grégoire XVI, le prince Orsini ayant été fait Sénateur , ce Pontife déclara qu'à l'avenir les fonctions de Sénateur et de Prince assistant ne pourraient point être exercées par un seul dignitaire, et que la charge de Prince assistant resterait, sans aucune dérogation , dévolue aux chefs des familles Orsini et Colonna. Le prince Orsini prenant rang aujourd'hui dans les Chapelles papales, non comme Sénateur de Rome, mais comme

(29 ) Prince assistant, loin de confondre ces deux dignités y nous les distinguerons comme si elles étaient séparément exercées par deux représentants de la noblesse romaine, pour faire voir la différence de leurs attributions.

Enumérons maintenant et avec brièveté les autres fonctionnaires ecclésiastiques , les Chantres et ofBciers divers qui concourent à la célébration des Chapelles palatines.

La tenue des Chapelles papales , et tout ce qui se rapporte aux cérémonies pontificales, rentre dans les attributions du prélat Majordome. La garde des ornements du Pape, des autels, des vases sacrés, tentures, reliquaires de la sacristie pontificale, et de tout ce qui se rattache aux fonctions ecclésiastiques du Pape , est dévolue au prélat Sacristain , qui, depuis le pontificat de Nicolas IV, appartient à Tordre des Ermites de Saint- Augustin; il est ordinairement évêque de Porphyre, et assisté par un Sous-Sacristain du même ordre. C'est au prélat Sacristain que, par une disposition de Léon XII, est assignée la charge de Pasteur dans les palais apostoh'ques de Latran , du Vatican et du Quirinal , pour les besoins spirituels de tous les fonctionnaires et employés quelconques qui composent la Famille pontificale.

On a plus particulièrement mentionné comme ministres sacrés employés aux Chapelles papales , les trois Chanoines des patriarcales : celui de Saint-Jean-de-Latran , comme Prêtre-Assistant; celui de Saint-Pierre, comme Diacre ; celui de Saînte-Marie- Majeure, comme Sous-Diacre, etc. Un Diacre et un Sous- Diacre grecs chantent , quand le Pape officie en personne , Fépître et Févangile en leur idiome, comme nous le verrons dans les Chapelles solennelles»

Sous le titre de Chapelles pontificales^ les anciens Râles des palais apostoliques du règne de Paul IV mettent au nombre des ministres de ces Chapelles : le Sacristain , le Palefrenier du Corpus Dominiy le Diacre, le Sous-Diacre, les Clercs, le Custode des livres , l'Écrivain du plain-chant ; et sous Clément XI , en 1700 ^ on y comprenait le Sous-Sacristain, trois Maîtres des céré^

(80) iDoaieS; des Clercs^ des Sous-Clercs^ rÉcrivain do chant figuré et le Gardien des peintures de la chapelle.

Ce fut Alexandre VII qui ^ voulant accroître la pompe des Chapelles papales^ décida que les trois Chanoines des patriarcales mentionnées plus haut assisteraient à la cérémonie ; et les réformes qu'il introduisit contribuèrent au but qu'il se proposait. Il augmenta les collèges et les attributions des Sous-Diacres et des Acolytes apostoliques qui ^ au nombre de huit ^ servaient le Pape dans les cérémonies pontificales ; la vénalité de ces charges avait introduit des sujets peu dignes dans ces collèges. En 1655^ ce Pontife substitua aux anciens Sous-Diacres^ des Auditeurs de rote qui avaient déjà depuis long-temps le titre de Chapelains y et ces prélats remplissent aujourd'hui les fonctions de Sous-Diacre apostolique dans les cérémonies pontificales; il assigna celles d'Âcolytcs aux Votants de la signature de justice^ qui continuent de les remplir, comme on le verra.

Les Chapelains du commun , qui remplissaient l'office d'Âcolytes quand cette fonction n'était pas assignée aux prélats Votants de la signature, font aussi partie des Chapelles papales. Des Clercs et des surnuméraires sont destinés au service de ces Chapelles; ils portent la soutane violette, le rabat, la ceinture et la cotte (15), et dans les cérémonies la soutane de serge rouge, comme les Maîtres des cérémonies du Pape. L'entretien des autels dans les palais apostoliques, l'emploi des bougies, la disposition des crédences , le prie-dieu et les coussins du Pape , le siège pour le Célébrant, l'encensoir, le soin de porter le missel, le livre des épltres et évangiles, constituent leurs fonctions. Nous trouvons dans Bonanni (Hier, eccl.) que les Clercs de la chapelle pontificale s'appelaient autrefois Clercs des cloches {Chierici campanari) ^ bien que dans les Chapelles papales on ait adopté l'usage de ne sonner aucune cloche; usage en vigueur, soit dans les chapelles palatines, soit dans les basiliques, aux messes solennelles. Cette dénomination vient sans doute de la coutume où était l'un d'eux de sonner la cloche pour appeler à l'office

( 81 ) quotidien les Chantres pontificaux^ et donner ainsi le même signal au clergé de l'église Vàticane. Elle peut venir encore deFusage où étaient les Pontifes , quand ils voyageaient, et se faisaient précéder par la sainte Eucharistie : un Clerc devait sonner une petite cloche (16) pour inviter le peuple à adorer le Saint- Sacrement , comme nous le voyons dans un ancien Cérémonial d'Avignon. L'un de ces Clercs devait être prêtre; il devait prendre sur le cheval , où elles étaient dignement placées , les saintes espèces , pour les porter avec respect à l'autel.

L'officier chargé d'allumer les torches dans les Chapelles papales, et les chandeliers placés sur la corniche de la balustrade de la chapelle Sixtine, et sur l'autel papal dans les basiliques , pour les cérémonies solennelles , fait encore partie des ministres employés aux Chapelles. Il convient de faire observer ici que les cierges de la balustrade de la chapelle Sixtine sont de cire blanche ou jaune , comme ceux de l'autel , suivant la rubrique. Si le Pape célèbre pontificalement, soit à la messe, soit à vêpres, qu'il dise la messe basse avant la procession du Corpus Dominij on allume les huit cierges; six dans toutes les autres fonctions papales, quand la messe est célébrée par uu Cardinal ou un Patriarche , et quatre quand l'office est célébré par un Archevêque ou Ëvêque, bien qu'il soit Assistant au trône.

Enfin , il faut encore comprendre au nombre des ministres employés aux Chapelles , les membres de Fancien Collège des Chapelains-Chantres ^ qui ont la principale part dans la récitation ou célébration de l'office divin.

Après la mort du Sauveur, les Apôtres introduisirent le chant dans l'Église naissante. Saint Augustin parle, dans ses Confes-z sionsj des salutaires effets que produisait sur les fidèles le chant des psaumes et des hymnes. Mais , peu à peu , le chant figuré fut mis en usage dans les églises d'Occident , jusqu'à ce que le pape saint Hilaire, au cinquième siècle , régularisa à Rome le chant ecclésiastique , qui , plus tard , fut réformé et perfectionné par saint Grégoire-le-Grand , élevé au pontificat en 890, CePon-

( 82 ) tife institua V École des Chantres , qui suivait le Pape partout où il allait célébrer ses fonctions sacrées ou assister aux processions et stations ; le chant romain fut appelé plain<hant ou chani grégorien. Nous ne pouvons rapporter ici ce que firent les Pootifes romains [mur Tamélioration du chant ecclésiastique; nous rappellerons Sffukmcnt qu'il doit beaucoup à Guy d'Arezzo^ auquel on attribue Tinvcntion du faux-bourdon ^ en usage dans les Cha- {K*ll(*s pa|mles ^ qui consiste dans une réunion de consonnances lié<*s entre elles par des notes musicales; d'autres attribuent cette invention 9 qui emprunte son nom à la langue française^ aux PontiIVs qui n^sidèrcnt h Avignon. Peu à peu , le chant ecclésiastique perdit son ancien caractère^ et il s'introduisit dans l'Église un chant peu en harmonie avec la sainteté du lieu. Le pape Marr(;l ^ en 1 55 S ^ frappé de la décadence de cet art , voulut le proscrire des cérémonies pontificales. Avant lui , Paul III et les Pères du concile de Trente avaient émis le même vœu. U eût été accompli si Pierre-Louis de Palestrina n'avait réformé le chant ecclésiastique en lui rendant toute sa noblesse et son ancien ca* ractère. C'est celui qui est en usage aujourd'hui dans les Chapelles papales^ réformé par saint Grégoire^ perfectionné par Guy d'Arezzo , corrigé et perfectionné encore par Palestrina (17) : excluant toute espèce d'instrumentation , il fait l'admiration de tous ceux qui l'entendent y par sa gravité et son harmonie , et contribue à la beauté de nos cérémonies.

L'office férial et commun pour les Chapelains-Chantres pontificaux dans les palais apostoliques y se réduisait aux fontions suivantes, sous le pontificat de Pie VI jusqu'en 1788 environ :

A sept heures et demie du matin, un des Clercs de la chapelle ( Chierici campanari ) sonnait la petite cloche du palais pendant un quart d'heure. Au dernier coup de cloche, les Chapelains, portant la cotte, venaient promptement se ranger sur deux ailes dans la chapelle , devant les Cardinaux. Un Ténor hebdomadier prenait l'étole et entonnait l'office ; on chantait ensuite la messe. A côté du banc des Cardinaux-Diacres, devant le pupitre

(38) en race du trône ^ on plaçait un siège sans bras et sans dossier, pour le Pape, s'il devait assister à l'office. Clément XI, Benoît XIV , Clément XIV, Pie VI et beaucoup d'autres anciens Pontifes qu'il est inutile de nommer ici, aimaient à y assister, et ^répondaient avec le chœur aux intonations des Chapelains- Prêtres.

Les souverams Pontifes étaient dans l'usage de se rendre, le samedi, pour les neuvaines de la Vierge, en récitant les litanies de la Mère de Dieu , à Sainte-Marie de la Victoire ou à Sainte- Marie des Anges y s'ils habitaient le Quirinal^ et à Sainte-Marie des Grâces^ s'ils habitaient le Vatican. Les Chapelains de se maine assistaient à la cérémonie ; le Ténor hebdomadier, portant l'étole, entonnait les prières, comme on l'a dit, et récitait les oraisons , auxquelles le Pape répondait comme les autres.

Parmi les ministres qui concourent encore aux Chapelles papales, il faut compter les Prédicateurs de ces Chapelles, dont les fonctions méritent de fixer notre attention , et les Curseurs ponti* ficaux , diargés de les annoncer.

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Des Curseurs pontificaux qui, en habit noir, revêtus d*nne longue soubreveste de serge violette \ parements de soie , portant \ la main un rameau d'aubépine, annoncent de vive voii, et par billet ou cédule, Theure des cérémonies papales. — Des Prédicateurs des ChapeHes. — Entrée des Chapelles palaces rendue publique pendant les cérémonies. — Costume obligé pour les étrangers qui y sont i

Les Chapelles papales, les consistoires et les autres fonctions pontificales et cardinalices, sont annoncés au nom du souverain Pontife, et, le siège vacant, au nom du Cardinal-Doyen , par des

( 36 ) ministres pontificaux appelés Curseurs apostoliques; d'après les instructions et les heures qui leur sont fixées par le Préfet des Maîtres des cérémonies.

Ce dernier prend directement les ordres du Pape , ou du Cardinal-Doyen quand le siège est vacant , et il les transmet , par cédule ou bulletin ^ aux Curseurs pontificaux , chargés de les porter aux Cardinaux, Patriarches, Évoques, Prélats dt fiocchetti *, aux Doyens des collèges, aux autres Prélats, au Prince assistant, aux Magistrats romains, au Maître du Sacré-Hospice, aux Généraux d'ordres religieux. Les Curseurs pontificaux remplissent leur mandat de deux manières : de vive voix , et en laissant la cédule ou bulletin qui indique les heures prescrites; ou simplement en remettant cette cédule, qui porte la suscription du Maître des cérémonies. Le premier mode est employé pour le Pape ; il reçoit la cédule ties Curseurs , qui la lui remettent à genoux. Les Cardinaux, les Prélats di fiocchetti ^ les Patriarches, le Prince assistant , le Sénateur de Rome , le Commandeur du Saint*Esprit, le Maître du Sacré-Hospice, reçoivent le bulletin et l'intimation verbale; mais les Evoques assistants, les Prélats orientaux , les Doyens des collèges prélatices , les Conservateurs de Rome et les Généraux d'ordres religieux , reçoivent seulement la cédule.

Lorsque les Chapelles et les autres fonctions papales sont précédées du chant des premières vêpres, le Maître des cérémonies, accompagnant au Magnificat l'Auditeur de rote , qui va offrir l'encens aux membres du Sacré-Collége , fait connaître l'heure de la cérémonie à chaque Cardinal et dignitaire qui doit assister à la messe pontificale du lendemain.

Anciennement, les fonctions des Curseurs apostoliques étaient

* Ce sont les quatre premiers membres de la haute prélature romaine ; ib peuvent avoir le caractère épiscopal ; les hautes fonctions qu'ils exercent conduisent au cardinalat. Ces Prélats sont le Gouverneur de Rome , l'Auditeur de la Chambre apostolique , le Tiésorier et le Majordome. Ils sont appelés dijîocchettî , à cause des housses et flocons violets que portent les chevaux de lear voiture. (JS. du TJ

(85) remplies par les Palefreniers pontificaux, et toutes les fois que les Papes sortaient , ils étaient précédés par quatre d'entre eux , portant des bâtons d'argent; aujourd'hui, deux Curseurs se tiennent debout à l'entrée du presbytère, aux Chapelles palatines , pour veiller à ce que les spectateurs observent le silence; autrefois encore, un d'entre eux restait debout en face du trône, pour être toujours prêt à recevoir les ordres du Pape, Ils portent , dans l'exercice de leurs fonctions en Chapelle, le bâton d'argent, qu'ils tiennent sous le bras dans les cérémonies funèbres. On les voyait autrefois dans les cavalcades ou dans les cortèges d'honneur. Quand les Papes, en voyage, se faisaient précéder par la sainte Eucharistie, deux Curseurs, une baguette rouge à la main, et deux Massiers, portant leur masse d'argent, tous à cheval, marchaient en avant. Leur chef, appelé Maestro^ a le privilège de se rendre chez le Pape pour lui porter les cédules ; nous le verroas aussi se présenter à Sa Sainteté quand elle traverse la salle Rople, la veille et le jour de la Saint-Pierre, pour citer les tributah^ de la Chambre apostolique qui doivent leurs redevances.

Pie VU et Léon XII fixèrent à quatre le nombre des Curseurs de premfôre classe, destinés au service des palais apostoliques; quatre autres leur furent adjoints, et leur nomination doit être approuvée par le Majordome.

On sait qu'autrefois les Diarii faisaient connattre, toutes les semaines , les Chapelles qui devaient être tenues par le Pape et les Cardinaux. Cette publication remonte à Clément XI, et telle est l'origine du Diario di Roma, Aujourd'hui , la célébration des différentes /bnc^tbns sacrées et des cérémonies papales est indiquée dans le Diario romano^ que publie chaque année l'imprimerie de la Chambre apostolique.

L'énumération de ces fêtes et les indications liturgiques qu'elles comportent, se trouvent particulièrement dans les cahiers ou livrets imprimés remis chaque année aux Cardinaux , et qui ont pour titre : Dmuneiatio dierum quibus hoc arino ***

( 36 ) Ca-pellm papales et cardinalitiw habeniur; et prœicriptio colomm guo8 iisdem diebus in cappts tnduunt Emi. et Rmi. Cardinales.

Prédicateurs des Chapelles papales.

L'usage de proDoncer des allocutions latines dans les Chapelles papales^ intrà missarum solemnia^ sur l'évangile du jour ^ remonte à des temps reculés; les anciens monuments en fournissent la preuve. Autrefois , les orateurs chargés de prononcer ces allocu'tions étaient désignés par le Confesseur du Pape , qui réunissait aussi les fonctions de Sacristain. Mais Honorius III ayant institué rémiuente charge de Maître du Sacré-Palais ^ en 1218, et en ayant revêtu la personne du saint fondateur de l'ordre des frères Prêcheurs; non-seulement le droit de désigneras orateurs des Chapelles papales lui fut dévolu y mais encore celui de déterminer la longueur des discours , de les examiner^ de les corriger , et d'en exiger une copie , afin de se convaincre que l'orateur, en le récitant, ne se permit aucune variation dans le texte déjà approuvé. Une constitution de Calixte III confère à ce dignitaire, qui doit toujours appartenir à l'ordre de Saint^Dominique , le pouvoir d'infliger des peines k celui qui aurait ainsi violé les règles prescrites, entre autres celle de le reprendre publiquement en présence de toute l'assistance, et de désigner un autre orateur pour le remplacer. Il a déclaré indigne du ministère de la parole en Chapelle, celui qui , témérairement et malicieusement , négligerait les corrections qui lui seraient indiquées et suivrait ses propres inspirations : Indignas censeatur adperôrandum^ ac excommumcationis sententiœ se subjacere eoipso noveritj a dit ce Pape. Dès l'année 1 437, le pape Eugène IV avait conféré toutes ces prérogatives au célèbre père Jean Turrecremata, qui occupait alors l'emploi de Maître du Sacré-Palais.

Disons quelques mots des orateurs anciennement désignés pour prononcer les discours en Chapelle. Nous ne mentionnerons pmnt les anciennes homélies prononcées dans la célébration des saints mystères par les Papes : cet usage s'est conservé seulement dans

(37) la cérémonie de la canonisation , ou ne se renouvelle qu'à de rares époques. Comme on Fa vu^ en 1839 et en 1840^ sous le pontificat du Pape régnant , après avoir consacré le nouvel autel de là basilique de Saint-Paul hors-des-murs , Grégoire XVI, portant ]a mitre et la chape, assis sur son trône, prononça l'allocution Sacra inter manumenta. 11 n'est pas pas douteux, d'après le témoignage des auteurs, qu'autrefois les sermons étaient prononcés en Chapelle par l'Évèque même qui disait la messe : entre autres exemples, on cite l'Évèque de JManfredonia ^ qui, en 1 523 , en présence d'Adrien VI , prononça un discours remarquable, qui fut imprimé à Rome par Aide Manuce. Les dimanches de l'A vent , le jour des Cendres, les dimanches du Carême, le Vendredi saint, les fêtes de l'Ascension , de la Pentecôte, de la Trinité et de la Toussaint, étaient les jours plus particulièrement désignés aux orateurs pour se faire entendre en Chapelle; du reste, les fonctions de Prédicateurs dans les Chapelles papales n'ont pas toujours été remplies par les mêmes personnages. Burcardo rapporte que le sermon du jour des Cendres appartenait au Grand-Pénitencier, qui célébrait la messe. Les autres sermons, dans les jours précités, étaient prêches par des Évêques: cet usage n'avait rien de fixe; le Maitre du Sacré-Palais désignait plus particulièrement ceux qui étaient au service du Pape et des Cardinaux, les Chanoines, les Bénéficiers des églises patriarcales et les Lecteurs de YArchigymnage romain.

Cependant saint Pie V, en 1566, voulut remettre en vigueur les anciennes coutumes , soit à cause de la dignité du lieu où ces discours sont prononcés , soit à cause du caractère de ceux qui les écoutent : il ordonna qu'à l'avenir les orateurs devaient être revêtus du caractère épiscopal , ou au moins distingués par la charge de Référendaires des deux signatures. Les dispositions de ce Pape ne furent pas long-temps observées, et son successeur immédiat, Grégoire XIII , apporta de nouveaux changements; mais peu à peu on vit le Maitre du Sacré-Palais reprendre ses anciennes prérogatives; et aujourd'hui, les Pontifes ayant gêné-

( 38 ) ralement décidé que les Prédicateurs des Chapelles seraient pré dans les ordres religieux^ les collèges ou séminaires de Rome, il ne reste plus au Maître du Sacré-Palais d'orateur à désigner. Les religieux des ordres mendiants récitent leur sermon y portant l'habit de leur ordre; les élèves des collèges et les Clercs réguliers, la chape de serge violette doublée en soie cramoisie et en hermine, suivant la saison , et le bonnet noir. Les discours ainsi prononcés par les élèves de ces divers collèges, sont imprimés et distribués, après la cérémonie, aux fonctionnaires qui y ont assisté.

L'orateur est présenté au Pape par son recteur ou supérieur; il offre, à genoux, à Sa Sainteté un exemplaire de son discours, élégamment relié, et il reçoit de ses mains une médaille en argent à son effigie. Si pour quelque motif Forateur désigné ne pouvait monter en chaire, il n'est pas permis au Maître du Sacré-Palais de choisir son remplaçant dans un autre ordre religieux ; il doit le prendre dans la même communauté ou dans le même collège.

On doit faire remarquer encore que, bien que Tidiome latin ait toujours prévalu dans la récitation de ces discours , les anciens Diarii nous apprennent qu'ils ont été plusieurs fois prononcés en grec ou en hébreu; par exemple, pour la fête de la Pentecôte, dans les années 1487, 1498 et 1630, et le dimanche de la Trinité de l'année 1497. On pourrait en citer bien d'autres exemples : on prêche en latin dans les Chapelles papales devant le souverain Pontife et le Sacré-Collège , non-seulement pour se conformer aux plus anciens rites, mais encore parce que cet idiome est le langage de l'Église , et du Pape, qui , présidant l'assemblée , représente l'Église. Les Prédicateurs prêchent en italien les mercredis et les vendredis du Carême; le Pape assiste à ces exercices d'une manière privée, c'est-à-dire, derrière des jalousies qui le dérobent à la vue des auditeurs, ou dans l'antichambre du palais, ou bien derrière les portes. Les Cardinaux, ainsi que tous les autres fonctionnaires des Chapelles papales , assistent à ces prédications; d'où il faut conclure que là où se montre le Pape

( 39) dans toute sa dignité, on ne doit faire entendre d'autre langage que l'idiome latin.

Nous verrons les rites observés par ces Prédicateurs en Chapelle dans l'exercice de leurs fonctions.

Admission des étrangers au Chapelles palatines.

Dans les premières années du dix-neuvième siècle, sous le pontificat de Pie VII, le désir de voyager, principalement en Italie, et d'assister aux cérémonies célébrées en présence du chef de la hiérarchie chrétienne et du Sacré-Collége , se répandit en Europe. Le Pontife qui régnait alors rendit publique l'entrée des Chapelles palatines pendant les fonctions sacrées; il fit placer hors de la balustrade de la Sixtine des bancs : ceux de droite furent destinés aux dames, ceux de gauche aux hommes, et une enceinte fut réservée au corps diplomatique ; les étrangers occupèrent aussi l'espace compris entre le côté intérieur de la balustrade et le banc des Cardinaux. Des Camériers secrets de cape et d'épée, des Bussolanti* et l'officier des Suisses, de concert avec les Curseurs , sont chargés de veiller au maintien du bon ordre dans la partie de la chapelle réservée aux étrangers ; deux soldats de cette nation, portant la hallebarde, sont placés à l'entrée du presbytère, un plus grand nombre à la principale porte d'entrée. Grégoire XVI a fait construire dans le fond et à gauche de la chapelle une nouvelle tribune pour les souverains, et c'est aujourd'hui la seule; elle offre diverses séparations qui permettent aux Princes d'assister commodément aux cérémonies papales : elle est ornée de tentures et de coussins de velours rouge à franges d'or; du Jeudi au Samedi saint ces garnitures sont enlevées , et les coussins remplacés par d'autres en soie violette, pour se conformer à la nudité et au deuil de l'Église, en mémoire de la mort du Sauveur. Chaque Prince qui assiste à la cérémonie est accompagné d'un Camérier de cape et d'épée et d'un Bussolante.

* Voyez la note sur la Famille pontificale.

Dans les Chapelles papales célébrées à Saint-Pierre, on dresse, comme nous le verrons, des tribunes et diverses enceintes réservées, gardées également par des Camériers secrets de cape et d'épée et des Bussolantij destinées au corps diplomatique, aux étrangers de distinction , et aux dames , qui obtiennent des billets du prélat Majordome: elles doivent porter, dans les Chapelles des palais apostoliques, comme dans celles des basiliques , un costume décent, une coiffe ou un bonnet et un voile sur la tète; le chapeau est interdit. Les hommes, qui sont admis sans billet, doivent être en uniforme ou en habit noir; ceux qui, désignés par le Majordome, vont recevoir au pied du trône , des mains du Pontife , les cierges bénits, les cendres , les palmes ou les agnusj doivent porter, s'ils sont ecclésiastiques, la soutane et le manteau; s'ils sont militaires, Funiforme, en ayant soin de déposer Fépée; s'ils ne sont ni l'un ni l'autre, ils doivent porter l'habit noir, culotte courte et bas noirs, boucles aux soulier»; ni les uns ni les autres ne doivent avoir ni gants ni chapeaux.

Faisons connaître ici, pour ne pas avoir à le rappeler plus tard, l'usage observé lorsque les étrangers de distinction sont admis à l'honneur de recevoir des mains du Pontife les objets bénits que nous venons de désigner : quand les dignitaires ecdésiestiques et civils de la cour romaine se rendent au trâne, comme on le dira, pour recevoir les palmes, par exemple; les Gardes-Nobles, les Curseurs et les Massiers se tiennent h distance; mais quand les étrangers s'en approchent à leur tour, les Officiers, Commandants, Exempts des Gardes-Nobles *, d'un côté ; les Curseurs et les Massiers pontiiicaux , portant leurs masses d'argent, de l'autre, se rapprochent et entourent le trône.

Autrefois, Feutrée des Chapelles papales n'était point permise aux femmes, tant les cérémonies pontificales étaient un objet de

* Les dénominations ^Exempt et de Cadet, usitées dans les régiments italiens , répondent à celles de colonel et de lieutenant -colonel en France. Nous appelions autrefob Cadets un gentilhomme qui servait librement dans un régiment pour s'habituer à la discipline militaire. (N» du T.J

(41) respect. Paride de Grassis rapporte qu'Isabelle d'Aragon Sforce y duchesse de Milan y demanda ^ en 1 S20 , sous le règne de Léon X^ d'assister à une Chapelle papale. Le Pontife^ désirant satisfaire sa pieuse curiosité, rendit un rescrit qui lui permit d'assister k une Chapelle tenue au Vatican le jour de la Dédicace de l'Église^ où tout fut disposé comme si lui-même et le Sacré-CoIlége eussent dd s'y rendre : un prie-dieu fut préparé pour la princesse devant le trône. La messe fut chantée par les Chantres pontificaux^ et ce fut un prélat de l'ordre des Évèques quiofficia* L'indulgence fut accordée pour la duchesse et pour toute sa suite. Nous dirons à cette occasion que la petite fenêtre que l'on voit aujourd'hui dans la chapelle Sixtine^ vis-à-vis le trône, éclaire un espace réservé destiné autrefois à des personnages qui demandaient d'assister aux cérémonies. Comme aujourd'hui l'entrée des Chapelles est libre, cette étroite enceinte dont nous parlons est occupée quelquefois par des religieuses étrangères, ou par le souverain Pontife lui-même, accompagné d'un Camérier secret et d'un Adjudant de chambre, lorsqu'il ne veut pas assister sur son trône aux matines de Noël, au chant de la Passion le Vendredi saint, ou à la lecture des Prophéties le jour suivant

Cortège du Pape lorsqu'il se rend ani Chapelles papales des diverses églises de Rome, appelé Treno di Cilla. — Aulre corlége, dil Treno Nobile. — Suile des Cardinaux et des prenûers dignilaires.

Anciennement, les Pontifes se rendaient , comme on Ta vu, aux fonctions sacrées à pied ou à cheval; plus tard, l'usage de la litière fut adopté; plus tard encore, celui des carrosses, en vigueur aujourd'hui, remplaça le premier.

Lorsque le souverain Pontife vent assister aux Chapdies papales tenues dans le palais qu'il habite, il se rend à pied de ses appartements h la chambre dite des Parements ou Ornements, contiguë à la chapelle, où Ton verra plus tard les dignitaires qui l'y reçoivent et les rites observés. Lorsque la cérémonie doit avoir lieu dans les basiliques ou dans les églises de Rome , cdie de Saint-Pierre exceptée , il monte en carrosse : le cortège qui l'accompagne est appelé train de ville (treno di eitta)^ ou improprement train de campagne ; c'est ainsi qu'il se rend aux Chapelles tenues aux fêtes de l'Annonciation et de la Nativité de la sainte Vierge, de saint Philippe de Néri et de saint Charles. Dans les Chapelles pontificales solennelles, telles que celles du couronnement et de la prise de possession de Saint-Jean-de-Latran , alors le cortège du Pape est appelé treno nobile , o semi publico : le Pape a deux Cardinaux dans sa voiture ; tandis que si le cortège est celui appelé train de ville ^ il n'a avec lui que que le Majordome et le Maître de chambre. Le premier cortège («reno dtcitta) est tel que nous allons succinctement le décrire : deux dragons à cheval ouvrent la marche ; ils sont suivi du Battistrada ou Piqueur à cheval, d'un frullone * du palais, à deux chevaux, occupé par l'Aumônier , le Fourrier majeur, FEcuyer majeur, suivi de deux Gardes-Nobles; vient ensuite un attelage à six chevaux, mené par de nobles Cocher et Écuyer ** à cheval; le premier conduisant les chevaux timoniers et l'autre les chevaux de la volée. Le Pontife, accompagné du Majordome et du Maître de chambre, est dans ce carrosse, qu'escortent à cheval, placés aux portières, l'Exempt et le Cadet des Gardes-Nobles et d'autres officiers du même corps; deux Palefreniers, portant l'ombrelle, suivent

* Espèce de calèche découverte à quatre roues , eu usage dans les cortèges des Papes , dont la partie antérieure va en diminuant. Le mot frullone en italien, signifie Blutoir. On les apipéie frullone du palais , ou frullone T^htïns.

** Les employés subalternes de la maison du Pape ne sont pas nobles de naissance; on leur donne ce titre à cause de la haute dignité de celui qu'ils servent. On dit également carozza nobile, equipaggîo nobile. (N* dm T,

(48) le cortège pontifical; vient ensuite une seconde voiture à six chevaux, moins ornée que la première, dans laquelle sont deux Camériers secrets participants , le Caudataire, le Porte-Croix ; elle est suivie d'un détachement de dragons. La troisième voiture, à quatre chevaux , est celle du Majordome : les Adjudants de chambre du Pape , un Chapelain ou Gentilhomme de ce prélat, en occupent les places. La quatrième voiture , attelée de quatre chevaux , est celle du Maître de chambre, dans laquelle sont placés un de ses Chapelains, le Gentilhomme avec le Familier secret (.Famigliare) et le Doyen pontifical. Le cortège est terminé par un fruUone palatin à deux chevaux, dans lequel se placent le Crédencier , son Adjudant , un Huissier de la Chambre, tous serviteurs du Pontife; enfin par des dragons à cheval. Le prélat Sacristain , en /ru/Zon^ palatin , et le Floriere (Garde-Meuble), précèdent le Pape dans le lieu où il se rend; et, au retour, ils font partie du cortège , prenant place après la voiture du Maître de chambre. Tel est le cortège appelé train de ville ou de campagne.

Celui qu'on appelle nohle ou demi-public^ se compose de quatre dragons à cheval, qui ouvrent la marche; suivent ensuite le Bat^ iistrada à cheval; le fruUone portant le prélat Aumônier; le Fourrier majeur, l'Ecuyer majeur; quatre Gardes-Nobles; le Crucifère (18), en mantellone^ tenant la croix pontificale sur sa mule blanche, escorté par l'Ecuyer du manège, l'épée au côté; un grand nombre de Palefreniers, portant le manteau et le rabat; le magnifique carrosse de gala du Pape, attelé de six chevaux, dont les harnais sont ornés de flocons de soie et d'or, conduits par les nobles Cocher et Ecuyer, richement habillés : le Pape occupe seul le derrière de la voiture; deux Cardinaux sont placés en face; le Doyen et le Sous-Doyen, en habit de ville, portant la bourse pour recevoir les placets,et l'ombrelle, marchant à pied, sont placés aux portières de la voiture; des officiers et un Exempt des Gardes-Nobles , à cheval , et un fort détachement de gardes , suivent le carrosse. La seconde voiture, attelée de six chevaux, dans laquelle sont le Majordome, le Maître de charabre et deux Camériers

(ftft)

secrets ; deux détachements de carabiniers et de dragons , avec leurs propres officiers; les deux carrosses de gala des Cardinaux qui sont avec le Pape. Les Caudataires^ les Adjudants de chambre du Pape , le Gentilhomme et le Maître de chambre du Cardinal^ prennent place dans la voiture du plus digne. Dans la seconde voiture des Cardinaux^ se placent leurs Caudataires et leurs Camériers. Le frullone du Majordome ou du Maitre de chambre^ dans lequel sont les Gentilshommes de ces prélats et un Famihcr secret du Pape; le frullone du palais, portant le Crédencier et son Adjudant; un Aide de chambre, attaché au service du Pape, et des dragons, terminent le cortège. L'attelage, les livrées, les carrosses, tout ce qui forme le cortège, est grand et magnifique, et cette pompe ecclésiastique réunit la richesse à la gravité. Les Doyens et les serviteurs marchent à pied à chacune des portières des carrosses de leur maitre; le frullone du prélat Sacristain et du Floriere prend , au retour, la place qu'il occupait dans le cortège décrit précédemment.

Enfin , le plus noble de tous les trains appelés publies , et le plus majestueux , était usité autrefois dans la cérémonie de la prise de possession : il en sera parlé ailleurs.

Aux anniversaires de l'élection et du couronnement du Pape dans les Chapelles solennelles , le Commandant-Général des troupes pontificales , avec les Adjudants-Majors, les Commandants et les Exempts des Gardes-Nobles, font partie du cx)rtége; les Palefreniers et les Sediarii qui doivent porter le Pape, doivent se trouver dans la première antichambre du Palais.

Avant que les carrosses fussent en usage, les Cardinaux montaient à cheval pour se rendre en Chapelle, accompagnés de leur cortège ; ceux qui étaient âgés et infirmes se servaient de litières. Si un Cardinal à cheval, entouré de son cortège et précédé des officiers de sa maison, portant les insignes de sa dignité, principalement la masse d'argent, rencontrait, en se rendant aux fonctions ecclésiastiques, un criminel condamné à mort^ il avait le pouvoir de le sauver et de briser ses fers. Mentionnons

( 45) ici que y jusqu'à la fia du dix-huitième siècle ^ un PalefreDier pontifical prenait note des Cardinaux qui assistaient aux Chapelles papales, pour faire ensuite à une partie de leur serviteurs la distribution de la siagnata ^ appelée dans les Râles du Palais apostolique j collation pour la famille des Cardinaux ^ consistant en pain, vin, fromage de vache; plus tard réduite à quinze baïoques (80 centimes environ , monnaie française), pour chaque Chapelle, payés tous les six mois. (Voyez la bulle de Benoit XIV , In Regimine, de 1745.)

Les Cardinaux se rendent aux Chapelles et aux autres cérémonies papales portant le costume rouge, rose pâle ou violet, selon l'époque (19). Leur cortège, formé de plusieurs voitures, se compose du Maître de chambre, du Gentilhomme, du Caudataire , du Camérier , du Doyen , enfin de plusieurs serviteurs à livrée faisant partie de la Famille cardinalice.

Ainsi accompagnés , ils se rendent ordinairement aux Chapelles en carrosse. Le Cardinal et le Maître de chambre se placent dans le premier; un second est destiné aux autres officiers; le Cardinal-Doyen et les Cardinaux princes de naissance ont une troisième voiture de suite. Les harnais de leurs chevaux sont tissés en soie rouge , ornés de franges de la même couleur. Autrefois les Cardinaux-Ambassadeurs et le Camerlingue de la sainte Église avaient le privilège de trois et même quatre équipages : le Doyen , à pied à la portière de droite , suivait le carrosse du Cardinal ; à la portière de gauche était le Doyen de la portière; les domestiques, en livrée, précédaient les voitures. Le Cardinal-Doyen , les Cardinaux-Princes et les Cardinaux marquis du baldaquin (20) , qui ont le privilège des insignes princiers , font tisser d'or et de soie les harnais de leurs voitures ; les autres n'emploient que la soie, certains même la laine, mais toujours de couleur rouge. Les Cardinaux réguliers n'ont jamais qu'une seule voiture de suite; tous ont pour signe de distinction l'ombrelle rouge que porte un de leurs laquais , ou qu'on place pliée au-dessus de leur voiture.

Dans les fêtes soleimelles, les Cardinaux sont accompagnés de

( W) leur cortège de gala, c'est-à-dire, de toutes leurs voitures de suite^ plus richement ornées que leurs voitures ordinaires, et leurs gens portent leur plus riche livrée.

Les Prélats di fiochetti et les Patriarches se rendent aux Chapelles papales en fruUone ; une voiture de suite les accompagne; les chevaux ont leurs harnais garnis de houpes de soie violette. Les Archevêques et Évèques n'ont qu'un seul carrosse, et les harnais sont de soie verte. Le seul Auditeur de la Chambre a le privilège de l'ombrelle violette , mais hors des palais apostoliques; les autres Prélats sont, pour la plupart , accompagnés d'un seul Chapelain , comme les Auditeurs de rote.

Le Prince assistant au trône, qui accompagnait autrefois le Pape à cheval quand il se rendait aux Chapelles, a aujourd'hui une seule voiture de suite ; les chevaux des deux carrosses ont leurs harnais garnis de soie bleue tissée d'or. Ce dignitaire a une troisième voiture de suite dans les solennités , et il est accompagné de deux Chapelains; son ombrelle est de soie bleue.

Enfin le Sénateur, se rendant aussi aux Chapelles papales, a deux carrosses, et trois dans les grandes fêtes; il ne se distingue du Prince assistant que par son ombrelle , de couleur jaune. Les Conservateurs de Rome et le Prieur des chefs de quartier peuvent avoir jusqu'à quatre voitures dans les grandes solennités; leur ombrelle est de couleur bleue; ils sont accompagnés, comme le Sénateur, de deux Chapes noires, et des officiers subalternes du Capitole, appelés Fidèles (21); mais le Sénateur a de plus les pages attachés à sa personne.

Le Maître du Sacré-Hospice n'a qu'une seule voiture, mais il a le privilège de l'ombrelle de soie bleu de ciel : il est reçu par quatre Suisses , et conduit en Chapelle à la place qu'il doit occuper quand il descend de voiture. Dans les processions pontificales du Corpus Domini, des canonisations, dans les processions qui précèdent le Pape quand il tient ou célèbre les Chapelles hors les palais apostoliques, tous les dignitaires dont nous venons de parler sont accpmpagnés de leur Maitre de chambre ,

( ^7) Gentilshommes^ Chapelains et Chapes noires; les Cardinaux sont, en outre , accompagnés de leurs Doyens. Si les Maîtres de chambre sont ecclésiastiques , ils portent la soutane et le manteau de soie, en été; en hiver, la soutane est en drap; s'ils sont laïques, ils portent l'habit de ville, l'épée au côté, et les manchettes en dentelles ; leurs Caudataires ont le rabat , la soutane et la ceinture violettes ; ils se recouvrent de la croccta * de serge de la même couleur, à capuchon et manches courtes. Quand les Cardinaux revêtent les habits sacrés propres à l'ordre auxquels ils appartiennent, les Caudataires prennent la cotte, pour assister, comme nous le verrons, aux Chapelles.

ÏII.

Énnmération hiérarchique des dignilaires qui assistent aux ChapeDes papales. — Ordre de préséance dans la distribution des cierges bénits, des cendres, des rameaux et des agnus faib par le Pape. — Rang qu ils occupent en Chapelle, d'après les dispositions pontificales.

Cardinaux de l'ordre des Évèques **, Cardinaux de l'ordre des Prêtres, Cardinaux de l'ordre des Diacres;

Patriarches : celui de Coiistantinople , d'Alexandrie , d'Antioche ^ de Jérusalem , et les autres sans désignation de préséance , s'ils assistent à la fonction *** ;

* Espèce de large pèlerine où est' adaptée une poche pour mettre le livre de prières du Cardinal.

* * Évêques des sept diocèses suburbicaires , réduits aujourd'hui à six , dont les sièges sont dévolus aux prélats de Tordre des Évéques du Sacré-CoUége. Ces sièges sont : Ostie et Telletri , Porto , Sainte-Rufûne et Çivita-Vecchia , Palestrina , Frescati , Albano. Les deux premiers évéchés sont assignés au Doyen et au Sous-Doyen des Cardinaux.

*** Celui d'Aquilée; de Yenise, le Patriarche des Indes et celui de Lisbonne, depuis la bulle de Clément XI , sous Jean Y, roi de Portugal. CJN, du T.J

Archevêques et Évoques assistants au trône; Archevêques et Ëvèques non assistants au trône : parmi ces prélats se placent les Archevêques et Évêques orientaux y qui font à Rome les ordinations d'après le rit de leur église^ tels que les Évêques grecs et arméniens ;

Les Abbés mitres^ précédés de FArchimandrite de Messine * y s'il est en Chapelle ^ et du Commandeur du Saint-Esprit '^'^;

Les Pères pénitenciers de Saint-Pierre, religieux conventuels, si la cérémonie papale a lieu dans la basilique de Saint-Pierre on de Saint-Paul hors-des-murs^ ou dans les chapelles du Vatican ou du Quiriual ; les Pères pénitenciers Dominicains , de Sainte- Marie-Majeure , si elle a lieu dans la basilique de ce nom ; enfin , les Mineurs réformés pénitenciers de Saint-Jean-de-Latran , si le Pape tient Chapelle dans cette basilique ; les conventuels seuls peuvent porter la barrette noire ;

Le Gouverneur de Rome ;

Le Prince assistant au trône ;

L'Auditeur-Général de la Chambre apostolique ; le Trésorier- Général du Pape, et la Chambre apostolique;

Le Majordome, préfet du Sacré-Palais apostolique;

Les Protonotaîres apostoliques et surnuméraires;

Le Régent de la Chancellerie ; l'Auditeur des contredits , s'il assiste k h fonction: quand le Préfet des brefs s'y rendait, il se plaçait après le Régent , autrefois après les Évêques non assistants ;

Les Généraux et Vicaires-Généraux des religieux mendiants ;

Le Sénateur de Rome, les trois Conservateurs et le Prieur des chefs de quartier (22) ;

Le Maître du Sacré-Hospice ;

* Sans nous arrêter à l'étymologie grecque de ce mot , non plus qu'aux différentes acceptions qu'on lui a données , nous dirons que X Arehimandrîte de Messine est un prélat né en Sicile , et désigné par le Roi de Naples pour représenter et défendre les intérêts spirituels de ses sujets auprès du Saint-Siège.

** Prélat directeur et administrateur du ^aste hôpital du Saint-Esprit , à Rome.

CN. du TJ

Les Auditeurs de rote^ le Maître du Sacré-Palais ;

Les Clercs de la Chambre;

Les Votants de signature*, les Âbréviateurs du Parc-Majeur **j

Le Prêtre assistant, le Diacre, le Sous-Diacre , les Officiers de la Chapelle pontificale , les Maîtres des cérémonies ;

Le Sous-Maitre du Sacré-Palais, en l'absence du titulaire;

Les Camériers secrets participants , sur lesquels ont le pas ceux qui soutiennent la falda *** du Pape , s'asseyant sur les marches de l'autel , à droite et à gauche du Doyen de la rote, Cus* tode de la mitre pontificale ;

Les Camériers secrets surnuméraires, les Camériers d'honneur;

Les Avocats consistoriaui, les Chapelains secrets et d'honneur du Pape, les Cl^cs secrets de la Chambre, s'ils portent le mantellom ****; les Chapelains du commun, les Adjudants de chambre du Pape, les Btmolanii;

Les Procureurs-Généraux des ordres religieux mendiants et monastiques;

Le Prédicateur apostolique, de l'ordre des Capucins;

Le Confesseur de la Famille pontificale j de Tordre des Servîtes;

Les Procureurs des collèges;

Le père Sous-Sacristain des chapelles pontificales, reh'gieux augustin ;

Les Clercs delà chapelle; les Acolytes céroféraires, chapelains du conunun ;

Les Caudataires des Cardinaux ;

* Prélats Référendaires de la signature de justice et de la signature de gréée, deux tribanaux ou collèges dont les fonctions civiles , qui ne peuvent pas même être indiquées ici , ont été réunies aujourd'hui. Les Prélats qui ont voix délibérative , s'appellent Votants de signature; les autres , Rapporteurs ou Ponenti.

** Prélats de la Chancellerie chargés d'abréger les minutes des bulles, et qui exercent leurs fonctions dans une espèce d'enceinte , où ils sont comme parqués ; d'autres officiers de la Chancellerie étaient appelés Abréviateurs du Parc-Mineur, siégeant dans une enceinte plus petite ; ils n'existent plus aujourd'hui. fN. du T,J

*** YoyeK la note sur les insignes et ornements du Pape.

**«* Voyez la note sur le costume des Cardinaux et Prélats.

Les Maîtres-Portîers de la verge-roiige {virga rubea)^ Custodes de la croix papale y portant autrefois un bâton recouvert de velours rouge;

Les élèves du collège Germanique-Hongrois , en vertu d'un ancien privilège renouvelé par Léon XII ;

Les Curseurs pontificaux et les Massiers du Pape.

On doit faire remarquer que tous ces dignitaires^ moins les Pénitenciers et les élèves du collège Germanique^ se rendent à . Fadoration de la croix le Vendredi saint ^ et ont une place stable aux Chapelles papales.

Tous , dans l'ordre précité, vont au pied du trAne recevoir des mains du Pontife les cierges bénits , les cendres ^ les palmes et les agnus. Les étrangers de distinction admis à cet honneur, les suivent deux à deux ; ils baisent tous les pieds du Pape.

Nous verrons les rangs qu'occupent ces divers dignitaires dans les cérémonies, changer, soit dans les processions , soit dans les Chapelles solennelles, c'est-à-dire, celles où le Pontife officie personnellement , et suivant que les Prélats ecclésiastiques se revêtent de leurs habits sacerdotaux ou sacrés. -

Le Procureur-Général du fisc et de la Chambre apostolique, et le Commissaire-Général de la même Chambre , peuvent se rendre aux Chapelles papales. Dans les anciennes cavalcades, ces fonctionnaires marchaient ensemble ; aujourd'hui , dans les processions, ils prennent la droite après les Chapelains secrets, suivis des Avocats consistoriaux.

Voici maintenant les places occupées par tous ces dignitaires dans la chapelle Sixtine, sur les bancs dont nous avons fait connaître la disposition. ( Voyez la planche. )

Les Cardinaux-Évôques suburbicaires, et ceux de l'ordre des Prêtres, s'asseoient à droite du trône pontifical, du côté de l'évangile , sur le banc qui leur est destiné , adossé au mur ; les Cardinaux-Diacres, sur le banc parallèle, le premier des trois placés à droite en entrant dans la chapelle, et du côté de l'épître ; les deux Cardinaux-Diacres les plus anciens s'asseoient sur

l 61 ) le trûne^ à droite et à gauche du fauteuil papal; sur le palier et à gauche ^ le plusr ancien Cardinal de Tordre des Prêtres ; en l'absence des Cardinaux-Diacres, deux Cardinaux-Prêtres assisteraient le Pape. Paul II, en 1465, assigna aux deux Cardinaux-Diacres assistants la droite et la gauche du trône pontifical; ils s'asseyaient précédemment parmi les Auditeurs de rote , sans observer aucune prééminence , et sur des sièges sans bras et sans dossier; le premier Cardinal-Prêtre s'asseyait sur le trône, de manière à tourner le dos au clergé. Le Prince assistant se tient debout sur le palier, à droite du premier Cardinal- Diacre; les Patriarches, les Archevêques et Évêques assistants au trône, se placent sur leurs bancs: à gauche, du côté de Fépttre, et presque en face du trône, est placé le banc, fixé au mur, des Prélats di fiochetti; le Gouverneur de Rome s'y asseoit le premier, depuis Jules II : ce Pontife, voulant que ses ordres fussent plus promptement transmis au besoin , lui assigna cette place. A la gauche du Gouverneur s'asseoient l'Auditeur-Général de la Chambre, le Trésorier-Général, le Majordome, les Archevêques et Évêques non assistants , alors qu'ils ne seraient pas encore sacrés ; parmi eux se placent aussi les Évêques orientaux ; viennent ensuite les Abbés mitres , le Régent de la Chancellerie , les Protonotaires honoraires , les Abbés-Généraux des Chanoines réguliers et des ordres monastiques. Benoit XIV, en 1757, voulut que l'Abbé-Générar de la congrégation Hiérozolimitaine d'Italie prit rang parmi eux. Le Commandeur du Saint-Esprit porte la cape violette ; si le Président de la congrégation du Mont-Cassin, et l'Abbé de la basilique de Saint-Paul, qui est de la même congrégation, assistent en Chapelle, ils prennent la cape noire, tandis que les autres Abbés mitres, quand ils ne doivent pas se revêtir de leurs ornements sacrés , portent la soutane , la ceinture, la mantelletta de soie de la couleur de leur (Mrdre, et la croix attachée au cou, à l'aide d'un cordon vert, qu'ib cachent dans leur poitrine. Le seul Abbé des Chanoines réguliers de Latran porte le rochet, comme faisant partie de

riuilnl de son orJre; aprè$ ces derniers se placent les Généraux , les VicaireîJ-Gàîêraux des ordres mendiants^ selon la date de îtur elcviion . en i'bser>ant tootefob les prescriptions de la bulle Jo Fio V^ Dictna éispoi^fnie , du 27 Août 1368, qui assigne h preuuèr^ phof^ dans les Chapelles papales, dans les proces- ^ù'ns et dti» ks conciles ^ à Tordre des frères Prêcheurs. Par sufte d'un «ncien priviiè^, les Procureors-Généraux des ordres ttMi<is4iv{ae$ et mefidiuBils pramenl place en ChapeDe. En 1716, Ctèmcnl XI } appela « oon-seulemenl le Général des Minimes, ttwèi envvce le Prvvttfeur4îéfiêril du même ordre; en 1718, il acwdb b même Ct^eiar an Général et an Procureur-Général des Ftvn^ ik b Mervt de U Rédemption. Le 3 Férrier 1 82 1 , Pie VII étcvo^k . par un nscrrt . ce privilège aux Carmes déchaussés ; le Ifywtite TVCtKWt â ijùt entrer en Chapelle ks moines arméniens Ux{»tt4rà^>^ ^iS^ et k$ arméniecs de saint Antoine, abbé. En6n, 4f<vs v\^\<t. le Ptédicateur apœtolique et le Confesseur de kji f>«ïiv f^mi^>Mtf . :5elon les dispositions de Clément XUI, J^^ IT^.et k^ Prvvnrvur^ des collèges, prennent rang dans ces whSm^ t:h<itH^les.

IXit^Crv' k's C;irdinaux-Diacre$« dont noos aïons asagné la |4.MV. x^ trvmu^ le banc des Protonotaires apostoliques partie^il9% $itr kx)uel :j^ pLnv le Maitre de chambre du Pape s'il ^"«11 l^x^v^^^^inc; le$ Sumuménftires 5e placent ensuite. Sur la ll^^^^HK' umix^ ^hi lr\W« à la drv>ite dn Pape, s'asseoit le !t|V^\i^teur i î^ir la tr\Hsiênio . k«i Ottserrateurs de Home et le IHi^^Ml' ^k^ t'MV \le qiwrtKT* d'après une concession d'Innocent X. \,\^ MMttv du Ssi\ixMK>t^^v :«^ pfcKV. avant la cérémonie, hors \k^ l\MHv»n»e du Kïuh" \K^ C^rxiinaui-Pirêties, i droite du trAne; vl I ^u;^«d i^K^ w^nnKiHV. il ^ tient dekwt a rextrémité da \^\w ^Kv^t t'Ai\liiKiiu\4>Mctre$ : il a h snneillance de la Chapelle jHM^Iitk^lo \K i^kt AK vAtslr^ VU . et autrefois il y introduisait les iwvIvKv* ^^ix^iK^^^ Iv'îi \iï\iile«f^ de K4e s^asswient en aTant du \\\\\\W M« r^^Xx^ul vk^imV iWMvhe. et pwoai enx tes Maîtres du S^^ri^^ IVIsHt i (^ihh$ i|^^ K^ lX>;m de la rote se place au milieu

C 53 ) de deux Camériers secrets participants, sur les degrés de l'autel , du côté de l'évangile. Les Clercs de la Chambre , les Votants de signature, TAbréviateur du Parc-Majeur, s'asseoient sur les mêmes degrés du trône que les Auditeurs de rote , mais à la gauche du Pape; là aussi se place, en l'absence du titulaire, le Sous-Maitre du Sacré-Palais.

Le Prêtre-Assistant , le Diacre et le Sous-Diacre restent auprès du Célébrant , et , quand ils doivent s'asseoir , ils prennent place sur les degrés du marchepied de l'autel, tandis que le Célébrant est assis sur son "siége ou faldistorio (24)^ à l'angle de l'autel , à droite ; les autres Maîtres des cérémonies se partageant les différentes fonctions , le premier se place sur le palier du trône, debout à la gauche du Pape, qu'il ne quitte pas ; le second monte ou descend du trône , accompagnant les officiers de l'autel; le troisième assiste le Célébrant; les autres , réunis aux Surnuméraires quand ils n'ont pas de charge à remplir , se tiennent debout du côté de l'épître , réunis au Sous-Sacristain , aux Clercs, aux Sous-Clercs, aux Surnuméraires et aux Acolytes de la Chapelle , et se groupent autour des crédences.

A côté du banc des Prélats in fiocchetti^ et à droite, sont placés, sur de petits sièges isolés, les Camériers secrets participants, les Surnuméraires, les Camériers d'honneur et les Avocats consistoriaux , qui, antérieurement à une concession de Benoit XIV, en 1742, s'asseyaient sur le sol de la chapelle, comme le font aujourd'hui les Bussolantt. Deux de ces derniers officiers restent debout à l'entrée de l'enceinte de la chapelle; les Chapelains secrets et d'honneur, les Clercs secrets , les Chapelains du commun , les Adjudants de chambre , s'asseoient sur un des degrés qui élèvent le sanctuaire sur le sol du presbytère; l'Archiâtre pontifical *, qui est le dernier des Camériers

* Cest le premier médecia du Pape, qui a rang eu Chapelle ; les médecins ordinaires de Sa Sainteté sont Camériers. D'après le Bdie de la Famille pontificale , dressé par les ordres de Grégoire XVI, en 1831 , il n'y a que deux médecins de service attachés à la Famille, et un chirurgien substitut. fN, du T,J

necreU particîfMinU^ se place sur le gradio sof (les Cardinaui-Diacres. Le Mattre-Pôrtio* , Cnrtode de h croix papale^ se tient debout, à droite de Tautel, do oAlé de FéraiH gile, et près du mur de face; les Caudataires des Cardinaiii s'asseoient sur le second degré du banc de leurs ndbles patrons, et h leurs pieds.

Telle est la disposition des places qu'occupent respectÎTement les dignitaires qui assistent aux Chapelles papales. A rentrée de Feficeinte des bancs des Cardinaux, sont placés, comme on Ta dit , des Gardes-Nobles, des Bùssolanti^ des Curseurs pontificaux^ deux (f ardeihSuisses , pendant que les Massiers, à la balustrade, et d'autres Gardes-Suisses, en faction è la porte principale de la rliap<!lle, font oliserver le bon ordre.

Otiond les Chapelles papales se tiennent dans les basiliques, la tron|ie de ligne et la troupe civique occupent difTérents postes dans la nef, comme nous le verrons^ et concourent à la pompe des cérémonies.

^HWWHni»iiHiiii»nni»gnnnii»»it88iiîii»Hî»g»imn8»u»»i'>-

Vilf.

liMioniMi communes aux Chapelles papales. — Coslomes des CardinaiiX' Prflflls, el h^m orientaui. — Cortège du Pontife dans Imtérieur des palais apostoliques. — Rites observés pendant la célébralioa des messes on Chapelles devant Sa Sainteté. — Promotions des Ëvèqnes au rang d^iêques aMsistanls an IrAne. — Offrande des Cardinaux et Évéques, faite au officiers de la Chapelle, quand pour la premike fois ils y chantent la messe.

Lorsque le souverain Pontife tient Chapelle papale , les Cardinaux porl('nt leur rostumc rouge, violet ou rose pâle, suivant r<^po({ue de raiiné(^, comme on le verra : ils revèteut Thermine

(65 > depuis le 25 Novembre, fête de sainte Catherine, jusqu'aux fH^emières vêpres de TÂscension , a moins que le Pape ne Fordonne autrement ; le reste de Tannée ils ont leur camail de soie. Aux jours de pénitence et de deuil, ils portent leur vêtement violet, comme pendant le Carême et TA vent, excepté le troisième dimanche de TA vent et le quatrième du Carême , oiî ils prennent leurs insignes de couleur rose. Le costume des Cardinaux religieux est en laine, de la couleur de l'ordre auquel ils appartiennent ; tous ont lanneau cardinalice et la calotte rûuge. Les Patriarches, les Archevêques et les Evêques, la Prélat ure et les Avocats consistoriaux, assistent aux Chapelles portant leur cape (25) de laine violette avec l'hermine, ou simplement doublée de soie cramoisie. La cape des Cubiculaires et de tous les ofGciers de la maison du Pape, est rouge, doublée d'hermine ou de soie, suivant la saison ; celle des Bussolanti n'est garnie ni de soie, ni d'hermine; celle des Procureurs des collèges est de serge noire, doublée de soie de même couleur. Aux matines de Noël , le souverain Pontife portait autrefois son manteau de velours rouge ou de camelot , à capuchon.

Les Évêques et Prélats orientaux portent sur leur vêtement violet l'ancien manteau monastique, de la même couleur, appelé marduas ou mandia : il est ample , plissé par devant , fixé SUE la poitrine par une boucle ; quelquefois ce manteau est orné de lames d'or et d'étoffe blanche ; des bandes d'étoffe de la même couleur , bordées de rouge , placées à distance , entourent à l'intérieur cet insigne. Ces Prélats portent sur la tête le camaurq '^j ou simplement le bonnet noir à la romaine. Le manteau des Prélats arméniens est semblable, mais il est en soie, et retenu par une agrafe. Ces Prélats se couvrent comme les précédents. Les Évêques syriens ont une espèce de pluvial à capuchon, sans

* Bonnet noir et rond embrassant toute la tête. Les Papes portaient autrefois le camauro rouge bordé d'bermine. Depuis Clément XIV, cet usage n'existe plus. Pie yin, à cause de la faiblesse de sa santé, portait" cependant le camauro dans les derniers temps de sa vie. , C^^ ^ T,J

( 56 ) ornement^ et, suivant leur rit, ils ont constamment la tète couverte du eamauro noir. Tous les Prélats orientaux portent k luirbe.

Pour ne pus avoir à interrompre plus tard le récit que nous ferons, soit du cortège, soit des cérémonies de la messe ponti- (btttle duns les Clia|)elles solennelles, nous décrirons ici soccinctiiment le costume sacré de ces Prélats. Le premier qui vicfit d'Être indiqué peut Être considéré comme leor habit de cliœur ; le second est proprement Fhabit sacerdotal, que portent c(*N ÈvN|ueji lors(|ue les Cardinaux revêtent les ornements propres h leur ordre , comme on le verra. Les Évèques grecs portent leur tunique à manches brodées, parsemée de croix d'étoffe blanche ; leur pallium , tissé de laine blanche et orné de croix , est arrêté autour du cou, les extrémités sont pendantes; à m mnUm enlremMé h cet insigne , est attachée une thèque ou une croix , n*nrrrinant dos reliques. Leur mitre est en forme de tiare ou (couronne impériale dorée, ornée de croix, des emblèmes des ^Ivniigélistes et de tètes de séraphins. Les couleurs blanche et rouge sont les seules usitées dans le rit grec; la seconde est It couleur de deuil et de pénitence.

Les Évèques arméniens ont un pluvial sans capuchon, de forme ordinaire; la mitre est semblable à la mitre latine. Le pallium j long et large, entoure leurs épaules; la partie antérieure et postérieure est ornée décrois; un livre de prières est suspendu à leur ceinture. Les Évèques syriens ont la mitre et le pluvial comme dans l'Église latine; \e pallium ressemble, par sa longueur , au scapulaire des religieux , qui touche presque leurs pieds; ils portent sur leur poitrine la croix épiscopale ordinaire.

Le Diacre grec , que nous verrons chanter le saint évangile dans les Chapelles solennelles où le souverain Pontife célèbre, porte la dalmatique d'étoffe d'argent, ample et longue; une étole, ou plutôt une bande d'étoffe appelée orarium^ 6xée à l'épaule gauche , descend devant et derrière ; les extrémités sont garnies de trois glands d'or. Cet insigne, particulier au Diacre^

( 57 ) est entouré de petites dentelles d'or , et orné de trois croix et des mots grecs Ayto;^ Ayioç, Ayioç, qui rappellent la sainteté de celui qui exerce le ministère ^ et tout à la fois Fhymne éternel chanté par les anges dans les cieux. Le Diacre porte encore , à la place du manipule latin, sur la partie inférieure des deux avant-bras, des bandelettes en étoffe , ou des galons qui en font le tour. Le Sous-Diacre porte une tunique étroite et courte; une large bande d'étoffe d'argent lui ceint les reins : cette ceinture n'est autre chose que Yorarium du Diacre ; quand le Sous-Diacre est ordonné Diacre, l'Évèque délie cette zone ou ceinture, et rattache à l'épaule gauche.

Après la description succincte de ces divers costumes, revenons aux cérémonies qui précèdent la tenue des Chapelles papales.

Les Cardinaux , arrivés au Vatican pour assister à la Chapelle, s'arrêtent dans la salle Royale; ils déposent entre les mains de leurs Camériers leur chapeau rouge et la mantelletta; ils prennent leurs manteaux (cappa magna) et la barrette. Accompagnés de leurs Gentilshommes et suivis de leurs Caudataires, ils entrent dans la chapelle Six tine, arrivent dans le presbytère, et trouvent à l'entrée un Maître des cérémonies. Ils font une inclination k l'autel, saluent également à droite et à gauche leurs collègues, assis sur leurs bancs , qui se lèvent et restent debout jusqu'à ce qu'il soient eux-mêmes assis. Les Cardinaux prennent rang suivant leur ancienneté dans le collège et l'ordre auxquels ils appartiennent ; leurs Caudataires s'asseoient à leurs pieds ; sur les degrés de leurs bancs.

Quand le Pape tient Chapelle ailleurs que dans les palais apostoliques, les Cardinaux n'attendent pas le Pontife dans le presbytère, mais ils se rendent, en arrivant, dans la sacristie des diverses églises où doit avoir lieu la cérémonie , et où le Pape prend la chape et la mitre , comme dans la salle des Parements. Porté sur la sedta (26) , ayant à droite et à gauche deux Camériers portant les flabelles (27) , accompagné des Prélats de sa maison , des dignitaires , des magistrats romains que nous retrou-

(58) verons en plus grand nombre dans les processions des Chapelles papales solennelles^ enfin ^ des membres du Sacré-CoUége^le Pontife se rend à l'autel principal y où il fait son adoration y et monte au trône pour assister à la messe chantée par un Cardinal ou par mi Évèque y suivant les rites que nous ferons bientôt connaître.

Mais lorsque le Pape se rend de ses appartements dans les chapelles des palais qu'il habite ou dans la basilique Vaticane^ voici le cérémonial observé :

Avant la fonction ^ le Majordome , le Mattre de chambre, le Gouverneur de Rome, le Sénateur et les Conservateurs , le Prieur des Chefs de quartier , FAumônier , le Sacristain , les Camériers secrets, ecclésiastiques participants; le Fourrier majeur, FÉcuyer majeur, les Camériers secrets, surnuméraires et d'honneur, les Clercs secrets et les Bussolantij se réunissent dans les antichambres pontificales.

A l'heure fixée , le Préfet des Maîtres des cérémonies vient avertir le Maître de chambre que tout est prêt pour la fonction. Ce dernier Prélat entre dans l'appartement du Pape pour l'inviter à se rendre en Chapelle : un Adjudant de chambre revêt aussitôt le Pontife du rochet et de la mosette, et lui donne son chapeau *. On se rend dans la salle des Parements , ou sacristie pontificale.

Dans toutes les Chapelles papales des palais apostoliques , le Célébrant, assisté du Diacre et du Sous-Diacre ainsi que de tous les officiers de l'autel, se rend dans la chapelle avant l'arrivée du Pape : le Célébrant , qui est toujours un Cardinal ou un Évèque , portant la mitre et revêtu des ornements épiscopaux , salue l'autel et le Sacré-Collége , et s'asseoit sur son fauteuil ou faldistorioj recouvert d'une étoffe de la couleur du jour; c'est là qu'il attend le cortège papal, entre le Diacre, le Sous-Diacre et le Prêtre-Assistant. Le souverain Pontife, arrivé dans la salle des Parements, où se trouvent réunis les personnages que

* Voir la note sur les insignes et ornements du Pape.

( 59) nous allons faire connaître^ passe dans une pièce voisine ^ où , avec l'aide du second Maitre des cérémonies y il prend la falda j et y rentrant dans cette salle y il dépose la mosette ; assisté des deux Cardinaux-Diacres, il prend l'amict, l'aube, le cordon, l'étole, la chape et le formai, insignes qui lui sont tour à tour présentés par les Abréviateurs , les Votants de signature , les Clercs de la Chambre ; le preipier Cardinal-Diacre lui met enfin la mitre sur la tète, et au moment où le premier Maitre des cérémonies prononce h haute voix le mot Extra , le cortège se dirige vers la chapelle Sixtine , où , entrant par la porte placée du côté de l'épitre , les Prélats et fonctionnaires qui le forment saluent l'autel, le Célébrant, le Sacré-Collège, et se rendent k leur place, excepté ceux qui doivent demeurer auprès du Pape, comme Dous le verrons.

Voici l'ordre du cortège :

Les Chapelains du commun , les Clercs secrets, les Chapelains d'honneur et secrets, les Avocats consistoriaux , les Camériers ecclésiastiques d'honneur et participants, les Abréviateurs du Parc-Majeur, les Votants de signature, les Clercs de la Chambre, les Auditeurs de rote, les trois Conservateurs avec le Prieur des Chefs de quartier , le Sénateur et le Gouverneur de Rome, le Chapelain secret, qui porte la mitre précieuse du Pape, qu'il place sur l'autel, du côté de l'évangile, pour la reprendre après la cérémonie; le dernier Auditeur de rote, portant la croix papale, au milieu de deux Maîtres-Portiers : l'image du Christ restant toujours tournée du côté de Sa Sainteté , cette croix est placée du côté de l'évangile et adossée kh muraille; le Préfet des cérémonies pontificales; enfin le Pape, au milieu des deux Cardinaux- Diacres qui portent les bords de la chape ; deux Protonotaires apostoliques participants ou deux Auditeurs de rote, qui soutiennent les bords de la falda; l'extrémité de la chape est soutenue par le Prince assistant, le Sénateur ou le premier Conservateur; le Doyen de la rote, qui doit prendre la mitre du Pape^ au milieu de deux Camériers secrets devant soutenir plus tard

( 60 ) les bords de la falda; TAiiditeur de la Chambre, le Trésorier et le Majordome^ les Patriarches, Archevêques et Ëvèques assistants au trône; le Commandeur du Saint-Esprit, lesProtonotaires apostoliques, participants et surnuméraires; les Adjudants de chambre , et un Balayeur secret (Scopalore)y qui va se placer à côté de la petite chaire de la chapelle , suivent le souverain Pontife dans Tordre qu'on vient d'indiquer. Le Pape entrant dans la chapelle , après avoir donné sa bénédiction au Célébrant , aux Cardinaux-Diacres, aux Cardinaux-Prêtres et aux Cardinaux-Évèques, qui la reçoivent debout, la tète découverte et inclinée , se met à genoux sur son prie-dieu , placé devant Fautel, où il demeure quelque temps en prière^ après que le second Cardinal-Diacre lui a ôté la mitre , qu'il remet au Doyen de rote , à genoux derrière Sa Sainteté , ainsi que les deux Camériers secrets, les Patriarches, Archevêques et Évêques assistants.

Da commencement de la messe à roiïertoire.

Après avoir fini sa prière, le Pape s'approche de Tautel, commence la messe, et récite l'introït avec le Célébrant, qui est à sa gauche. Les Cardinaux et la prélature le récitent également; les Avocats consistoriaux et les Cubiculaires doivent le réciter à genoux. Après VIndulgentiam ^ le Célébrant prend le manipule, et continue l'introït avec le Diacre et le Sous-Diacre d'office , tandis que le Pape le termine avec les deux Cardinaux-Diacre^ > qui se sont rapprochés de Sa Sainteté.

L'introït terminé, le premier Cardinal-Diacre remet la mitre au Pape, qui, bénissant de nouveau le Sacré-Collége, monte sur le trône , assisté des deux Cardinaux , des Auditeurs de rote et des Camériers , qui soutiennent la chape et la faldiu Le premier Maître des cérémonies doit rester constamment debout à la gauche du Pape, sur le palier du trône. Les Chantres de la chapelle ont entonné l'introït , et , après le verset du psaume , ils commencent le Kyrie ^ alors que le Pape s'asseoit sur son fauteuiL

(61) Cependant les Cardinaux-Évêques, Prêtres et Diacres, revêtus de leurs manteaux traînants , leur barrette et calotte rouge à la main, pendant que leurs Gaudataires restent debout devant leur banc, vont, par ordre d'ancienneté, un à un, rendre au Pape l'obédience ordinaire. Après une profonde inclination à Fautel, chaque Cardinal en fait une au Pape, au pied du trdne, lui baise la main, à demi-cachée sous la frange de la chape, fait sur la plate-forme du trône une profonde révérence au Pontife, salue les deux Cardinaux assistants , assis à droite et h gauche de Sa Sainteté, et descendant par côté les degrés du trône, il revient à son banc. Dès que le premier Cardinal-Prêtre a rendu son obédience , il se place à côté du Pontife , baisant son anneau ainsi que la petite cuillère de vermeil qui lui est présentée , dans la navette , par le second Maître des cérémonies , à genoux ; ce dernier, après avoir reçu la bénédiction du Pontife, porte Tencensoir au Diacre d'offlce, qui le remet au Célébrant pour encenser l'autel. Le premier Cardinal-Prêtre , après avoir salué le Pape, revient à son banc, et le Sacré-Collége continue de rendre son obédience. Quand les Cardinaux de l'ordre des Prêtres l'ont rendue, les deux Cardinaux-Diacres assistants, qui n'ont pas leurs manteaux déployés pour agir plus commodément, descendent du trône pour l'offrir aussi à leur tour; ils remontent ensuite , et se placent à côté du Pape. Ce témoignage de respect profond dû au souverain Pontife ne lui est rendu par les Cardinaux que lorsqu'il porte la mitre ou la chape ; on ne rend pas l'obédience aux messes des morts, aux matines, à l'office du Vendredi saint , et dans toute autre cérémonie où on l'a déjà rendue une fois dans la même journée. Dans toutes les Chapelles papales, les Cardinaux sont obligés d'aller baiser les mains du Pape , alors même qu'ils arriveraient quand la cérémonie de l'obédience serait terminée.

'Le chœur continue le chant répété du Kyrie pendant que le Pape reçoit ainsi l'obédience ; un Maître des cérémonies avertit le premier Cardinal-Prêtre de se rendre au trône, où, à genoux

( 62 ) sur le gradin y il encense è trois reprises difTérenteSy poar la première fois , le Pape ^ assis sur son trône, portant la mitre. Les bords de la chape sont soutenus par les deux Cardinaux-Diacres assistants , aCn que Sa Sainteté ait le bras plus libre pour bénir le Cardinal qui lui a ofTert Fencens, et qui ta immédiatement se réunir au milieu de la chapelle à ses collègues, qui, a jant quitté leurs bancs et rangés en cercle , récitent le Kyrie et ensuite le Gloria, comme le font, & leur place, les autres Prélats. Cepaidant le Célébrant n'entonne le Gloria que lorsque le Pape, après que le Cardinal-Diacre lui a ôté sa mitre, récite, debout, Fintroït; un Patriarche, un Archevêque ou un É?6que assistant tient, devant le Pontife, le livre à genoux, pendant qu'un autre Patriarche ou un Évèque assistant tient la bougie. A la fin du Gloria, les Cardinaux sont bénis par le Pape, et reviennent à leur place; le premier Cardinal-Prètre va s'asseoir sur Tescabelle placée à gauche de sa Sainteté , sur le palier du trône, le visoge tourné vers l'assistance; il tient sa barrette à la main, tandis que l(*8 horrettes des deux Cardinaux-Diacres sont entre les mains de leurs Caudotaircs, assis sur le marchepied du banc des Cardinaux-Diacres; les Auditeurs de rote, le Maître du Sacré-Palais, les CIcrcj de la Chambre, les Votants de signature, les Abréviat(îurs du Parc-Mojeur, placés à côté de la chaire , viennent s'asseoir sur Tavant-dernier degré du trône et de l'autel. Le Diacre, le Sous-Diacre et le Prêtre assistant d'office, sont également assis sur la première marche de l'autel , comme le Doyen de la rote, du côté de l'évangile, entre deux Camériers secrets. Sur le banc placé entre l'autel et le trône, et adossé au mur, comme on l'a dit, sont assis les Patriarches, Archevêques et Évèques assistants; les autres dignitaires occupent en Chapelle les places respectives, telles que nous les avons fait connaître.

Les Chapelains-Chantres ayant terminé le Gloria , et le Célébrant ayant récité l'oraison du jour , un Acolyte céroféraire lui soutenant le missel , le Sous-Diacre d'office fait la génuflexion & l'autel et au trône, se place à côté du banc des Cardinaux-

(63 ) Diacres , et chante l'épttre. Dès qu'il l'a terminé , il va baiser les pieds du Pape^ et se rend à côté du Célébrant, toujours placé en face du trône et devant son fauteuil^ qui lit l'épttre dans le missel , que le Sons-Diacre lui présente ; ensuite deux hautescontres entonnent le graduel , que le chœur -continue , mais qu'il n'achève que lorsque le Pape a kii-méme fini l'épître et l'évangile, et béni l'encens, comme il Fa déjà fait. Cependant lesAudiditeurs de rote, les Votants de signature, les Abréviateurs, faisant une génuflexion à l'autel et au Pape , se retirent , et vont se placer à côté de la chaire. Le Diacre d'office monte sur le trône, baise les pieds du Pape, retourne à l'autel, où il récite, à genoux, le Munda cor meum; se relevant, il prend le livre des évangiles, se présente de nouveau devant le trône, et , à genoux sur le premier degré avec le Sous-Diacre à sa gauche, il demande la bénédiction, en disant: Jube^ Domne ^ benediçere; le Pape répond : Dominm sit^ etc., et le bénit. Ensuite, accompagé de deux Céroféraires et du Thuriféraire , il va en face de l'autel chanter l'évangile; le Sous-Diacre porte ensuite le livre à baiser au Pape; alors le Cardinal-Prètre assistant, descendant du trône, encense, debout et trois fois, le souverain Pontife, qui est également debout et sans mitre. Lorsque le Pape a été ainsi encensé, chacun s'asseoit à sa place dans l'ordre déjà décrit , et le premier Cardinal-Prètre quitte le trône et se rend à son banc pour entendre le sermon prêché en Chapelle, suivant les rites que nous allons faire connaître.

A la fin de l'évangile, chanté par le Diacre, le Prédicateur, accompagné par un Maître des cérémonies, monte les marches du trône, baise les pieds du Pape, qui est assis, et lui dit, en restant à genoux : Jubé, Domne ^ benedtcere; le Pontife répond : Dominus sit in corde iuoyei le bénit trois fois. L'orateur adresse ensuite au Pape ces paroles : Indulgentias ^ Pater sancte; le Pontife répond : Trtginta annorum, ou bien en fixant le nombre d'années que nous indiquerons , et qu'il a l'habitude d'accorder spécialement à chaque^ fête de l'année où il tient Chapelle.

L'orateur^ se leTant ensuite ^ fait les génuflexioDS ordinaires • il salue le Célébrant^ monte en chaire, accompagné par un Maître des cérémonies ; il récite, à genoux, VAve^ Maria, selon Fancienne coutume des orateurs, sacrés de ne commencer jamais leur discours qu'après avoir invoqué la sainte Vierge. Au pied de la chaire, un religieux du même ordre tient! la copie du discours, pour aider, au besoin, la mémoire de celui qui parle, tandis qu'une autre copie est entre les mains du Mâitre du Saoré-Palais ou du Sous-Maitre, afin de s'assurer que le discours prononcé est en tout semblable à celui qui leur a été soumis , et se conforma ainsi aux prescriptions de Calixte III.

Pendant que l'orateur récite YAve, Maria j les Hassiers qui sont aux portes de la balustrade, les ferment, afin que personne ne puisse entrer dans le presbytère ni en sortir, et que l'orateur et les assistants ne soient point distraits ; ils les rouvrent à la fin du discours, au moment où le Diacre, récitant le Confitear au pied du trône, fléchit le genou aux mots : et iibij Pater ^ et te y Pater, et que l'orateur, faisant en chaire deux génuflexions quand il nomme le Pape, prévient les assistants que le souverain Pontife leur accorde un certain nombre d'années d'indulgence et autant de quarantaines, les invitant à prier Dieu pour Sa Sainteté et l'Église; il termine, à cette fin, par la formule suivante , imprimée , que lui présente un Maître des cérémonies : Sanctùsimm in Christo pater et Dominus noster Dominus ( Gregorius) divinâ providentiâ Papa (XVI), dat et cancedit omnibus hic prœsentibus annos triginta ( ou le nombre d'années voulues, suivant la circonstance ) , et totidem quadragênas de verâ indulgentiâ in forma Ecclesiœ consuetâ : rogate igitur Detm pro felici statu Sanctiiatis Suce et sanctœ Matris Ecclesiœ.

Après la lecture de cette formule, le souverain Pontife se lève, et, récitant les prières d'usage, il bénit l'assistance; l'orateur descend de chaire, et, précédé du Maître des cérémonies, rentre dans la sacristie.

(65) Le Célébrant entonne le Credo ^ cpe les Cardinaux récitent eu milieu de la chapelle^ de la nième manière qu'ils ont déjà récité le Gloria; ils fléchissent le genou à VlneamatuSj au moment où le souverain Pontife^ debout sur son trAne^ récitant aussi le symbole, le fléchit également. Les Cardinaux, après avoir été bénis par le Pape, retournent à leurs bancs, comme le font les Prélats assis sur Favant-dernière marche de l'autel et du trAne. Le chœur continue le Credo ^ et, à Ylncamaius j tous les assistants s'inclinent profondément, excepté ceux qui sont debout^ qui fléchissent le genou, tels que le Prince assistant, le Mattre du Sacré-Palais, les Clercs, les Céroféraires, les Acolytes, et les Officiers de service du Célébrant, placés près des crÀlences^ du côté de répttre.

De Mertoire à TéléTatioB.

Après le Credo ^ les Prélats assis sur les marches du trdne et de Fautel se lèvent, et les Chantres commencent rolFertoire, ou on motet, qui est le plus souvent de Palestrina. Après que le Célébrant a pris la mitre et qu'il s'est lavé les mains, un de ses Gentilshommes lui versant l'eau, il se lève de son fauteuil, se découvre, et, béni par le Pape, monte à l'autel, assisté du Diacre et du Sous-Diacre. Le Pontife bénit Fencens pour la troisième fois : Fencensoir , porté au Diacre par un Maître des cérémonies, est remis an Célébrant, qui encense l'autel ; cependant le Sou^ Diacre, le voile sur les épaules, avait reçu, placé à gauche de Faute! y la bénédiction sur la burette renferment l'eau pour le sacrifice, qu'il avait montrée au Pape en fléchissant le genou; et quand le Célâirant a fini l'encensement, et qu'il a été encensé deux fois par le Diacre, il reprend sa mitre et se lave les mains, comme la première fois. Le premier Cardinal-Prètre, assisté du Mattre des cérémonies^ à qui il remet sa barrette et sa calotte, descendant du trône et recevant l'encensoir des mains du Diacre , encense, à genoux, pour la troisième et dernière fois, le Pape, m sur son fauteuil et portant la mitre*

f 66 ) Macri^ parlant de ce triple eDcensement offert au Pape, s'exprime ainsi : Pmtifex quando in CapeUa papaU asiùtù ad tntêsamj semper est mitratus et pluviali indutus , qui quando débet $edendo incensari tune ob reverentiam cathedrcB^ qm est prima $ede$, thurificatur à Cardinali amstente genuflexo, et quando erectus incematur^ tune idem Cardinalii fonctùmem iUam exercet erectus. Ce rit se trouve aussi dans YOrdo ramam da cardinal Cajetan , où on lit : Episcopus vel Sacerdo^Cardmalit qui ministrat , incensat tantum Papam genuftexus, ri Papa $edet. Il n'est ici question que du premier encensement , d'où oo conclut que ce rit était en usage avant le treizième siècle , époque h laquelle écrivait ce Cardinal. D'autres auteurs expliquent le rit de l'encensement en disant que , dans le souverain Pontife on reconnaît, non-seulement la suprême dignité de chef de l'Église catholique, mais aussi l'autorité souveraine d'un prince temporel. Le même usage s'observait à l'égard des Archevêques de Milan , et on prétend qu'il n'a été établi que lorsque à la dignité épiscopale ils réunirent l'exercice de la souveraineté temporelle sur le duché de ce nom.

Après l'encensement du Pape par le premier Cardinal-Prètre, qui reprend sa place sur le palier du trdne , le Diacre l'encense à deux reprises différentes seulement, comme aussi les deux Cardinaux-Diacres assistants, faisant chaque fois la génuflexion quand il passe devant le Pontife. Tous les Cardinaux et les dignitaires qui assistent à la Chapelle, se lèvent ensuite; les premiers mutent leur calotte dans la barrette , qu'ils donnent à leurs Caudataires , assis sur la marche inférieure pour ne point gêner l'encensement de leurs nobles patrons, qui se saluent réciproquement avant d'être encensés par le Diacre d'office. Les Chantres finissent l'offertoire quand il ne reste que peu de Cardinaux à encenser, et le Célébrant, averti par le Maître des cérémonies qui l'assiste , entonne la préface. Le Diacre règle sa marche de manière h se trouver au milieu de la chapelle lorsque le Célébrant chante le Graiias agamus Domino, et il incline la tète ; le Maître

(«7) des cérànonieâ qui raccompagne avertit chaque Cardinal de rheure des vêpres et matines^ ou de la ChapeOe que le Pape doit tenir le lendemain , si toutefois il y a lieu à le faire^ comme on Fa déjà dit. Après- avoir encensé tous les Cardinaux, le Diacre racense aussi les dignitaires d'un seul trait, dans Tordre suivant : les Patriarches, les Archevêques et Ëvèques assistants, le Gouverneur, le Prince assistant, FÂuditeur de la Chambre, le Tré-^ sorier, le Majordome, les Ëvèques non assistants, le Commandeur du Saint-Esprit, les Abbés mitres, les Protonotaires apostoliques participants et honoraires, les Généraux d'ordres religieux, le Sénateur, le Conservateur de Rome, le Prieur des Chefs de quartier, le Maître du Sacré-Hospice, lés autres Prélats dans Tordre de lair dignité, le Prètre-Assistant et le Sous-Diacre d'office j enfin, arrivé à Tautel, le Maître des cérémonies encense le Diacre, qu'il a accompagné dans Texercice de sa fonction. Si le Célébrant chantait le Sanctus avant que Tencensement ne fût fini, le Diacre ne l'achèverait pas, et il reviendrait immédiatement à Tautel comme aussi, si la préface se prolongeait, il offrirait Tencens aux autres fonctionnaires qui assistent aux Chapelles papales, et qui ont droit à recevoir la paix, dans Tordre que nous ferons connaître.

De rélératioo à la eommamon.

Un peu avant le Sanctus j les Cardinaux, bénis par le Pape, descendent, pour la troisième fois, au milieu du presbytère pour réciter ensemble le Trisagitm^ qi^ les Prélats répètent à leur place. Ils reviennent ensuite à leurs bancs, et se mettent à genoux, après avoir été de nouveau bénis par Sa Sainteté, qui descend du trône, tandis que le chœur chante YHosanna in exceUiSj pour aller se mettre à genoux devant son prie-dieu, placé par deux Clercs de la chapelle au milieu du presbytère. Le Pontife est suivi par les deux Cardinaux assistants et les Auditeurs de rote : les premiers soutiennent les bords de la chape, et les seconds Textrémité de la fdda^ ainsi que deux

(68) Gamériers secrets; ces derniers se placent derrière le P&pe, oà Yient se mettre également à genoux le Doyen de la rote^ qui reçoit la mitre que le second Cardinal-Diacre dte au Pape; les deux Cardinaux assistants vont s'agenouiller deyant leurs bancs ^ à leurs places respectives; les deux Maîtres des cérémonies disposent convenablement an Pape la chape et la falda, et le premier lui dte la calotte blanche au moment de FâévatioD. Le Prince assistant reste à sa place sur le trdne/ mais les Patriarches et les Ëvèques assistants vont se ranger deux à deux derrière le Pontife ; après les Auditeurs de rote^ et ib se mettent à genoux. Avant la consécration ^ les Massiers ouvrent les battants de la porte de la balustrade^ qu'on tient à demi-fermée pendant la cérémonie^ et les Suisses tirent la portière ou rideau de la grande porte d'entrée; quatre Chapelains du commun^ sortant de la sacristie, portant des torches allumées, vont entourer Fautel, sur les marches duquel ils s'agenouillent. Pendant que le Célébrant élève et montre l'hostie et le calice , on suspend toute espèce de chant , on n'agite aucune sonnette (28) ; seulement, un Maître des cérémonies, à genoux du câté de Pépitre, encense les saintes espèces, et les Gardes-Nobles se mettent i genoux, déposant à terre leiu^ épées et leurs chapeaux; les Suisses se découvrent également, et posent seulement un genou à terre, pendant que toute l'assistance, à genoux , reste profondément inclinée.

Le premier Maître des c^émonies , qui avait dté au Pape sa calotte, la remet à Sa Sainteté après l'élévation, et le premier Cardinal-Diacre, revenu avec son collègue auprès du Pontife, lui remet sa mitre. Le Pape remonte sur son trAne , où il reste debout sans mitre jusqu'à ce que le Célébrant ait consommé les espèces sacramentelles.

Après l'élévation, les Chantrejj ont contii^ué le Benedicius, qui dure jusqu'à ce que le Célébrant entonne le Per (ymnta sectUa qui précède le Pater. Pendant l'oraison dominicale, les Cardinaux reviennent pour la quatrième et dernière fois au milieu

( 69 ) du presbytère; ils adorent^ à genoux^ le Saint-Sacrement^ et se relèvent ensuite pour répéter VÂgnus Deij quand le Célébrant a chanté le Pax Domini sit semper vobiscum; après avoir adoré de nouveau le Saint-Sacrement et reçu la bénédiction du souverain Pontife^ ils reviennent à leur place. Le premier Cardinal- Prêtre^ le manteau traînant, accompagné par un Maître des cérémonies, va à l'autel, où, après s'être agenouillé k côté du Célébrant, il se lève, baise lautel, reçoit le baiser de paix, qu'il porte au Pape sur son trône; il le donne encore aux deux Cardinaux assistants , qui, descendus du trône, ont fléchi le genou devant l'autel, et sont ensuite remontés pour la recevoir l'un après Fautpe. Le premier Cardinal-Prêtre revient à son banc, où il trouve le Prêtre-Âssistant qui a quitté l'autel , et auquel il donne la paix ; ce dernier la porte au Cardinal-Doyen , au second Cardinal-Prêtre , qui la donne à son voisin ; les Cardinaux se la communiquent les uns les autres, se saluant réciproquement ajH'ès l'avoir reçue : c'est ainsi que font tous ceux qui la reçoivent et qui la donnent , en disant : Pax iecum ; celui qui la reçoit r^Kmd: Et cum spiritu (uo. Le Prêtre-Assistant porte ensuite la paix au premier des Cardinaux-Diacres, afin qu'il la transmette à ses collègues; il la porte au plus ancien Patriarche, Archevêque ou Ëvêqqe assistant , qui la donne également aux Prélats du même collège ; ensuite au Gouverneur, au Prince assistant, enfin au Maître des cérémonies dont il est accompagné. Les autres dignitaires de la Chapelle reçoivent réciproquement la paix dans Tordre suivant : l'Auditeur de la Chambre apostolique, le prélat Trésorier, le Majordome , les Évêques non assistants, les £vêques orientaux, le Commandeur du Saint-Esprit, les Abbés mitres, les Généraux et les Procureurs-Généraux d'ordres religieux , le Prédicateur apostolique, le Confesseur de h Famille pontificale j .les Procureurs des collèges, qui se la donnent mutuellement. Le même Maître des cérémonies la porte ensuite au premier Protonotaire , au Sénateur de Rome ou au premier Conservateur , qui la donne à ses collègues; ce dignitaire la porte encore au

(70) Mattre du Sacré-Hospice , aux Auditeurs de rote^ qui doivent h donner aux Clercs de ia Chambre^ aux Votants de signature ^ aux Âbréviateurs; le même Maître des cérémonies la donne an Doyen de la rote^ au premier Mattre des cérémonies^ au premier Camérier secret et aux autres Camériers y aux Surnuméraires y aux Avocats consistoriaux /au premier Chapelain secret^ qui la donne & ses collègues; les Clercs secrets la reçoivent des mêmes Chapehins y et ceux-ci la donnent aux Chapelains du commun et aux Adjudants de chambre. Quand le Prètre-Assistant est revenu à Tautel, il donne la paix au Diacre^ celui-ci au Sous-Diacre^ qui la donne au Maître des cérémonies^ et ce dernier à ses collègues y qui y avec les Clercs de la Chambre et les Acolytes céroféraires^ sont placés en rang pour la recevoir l'un après l'autre.

fin de la messe.

Lorsque le Célébrant a consommé les saintes espèces, \» Chantres entonnent la communion , qu'ils continuent jusqu'à ce que, pour la troisième fois, il ait lavé ses mains. Après avoir remis la mitre , il lit la communion , pendant que les assistants restent assis. Après le Dominm vobiscum et la dernière oraison, pendant laquelle on se tient debout, et quand le Diacre a chanté Vltûj mùsa est y le Pape, auquel les deux Cardinaux assistants soutiennent les bords de la chape avec le preitiier Protonotaire , prononce le Sit nomen, et donne la bénÀliction.

Le Célébrant commence l'évangile selon saint Jean (29), qu^il continue en quittant Fautel , et se rend , accompagné de tous les o£6ciers, à la sacristie, où il l'achève* Cependant le Pape descend du tréne , bénit le Sacré-ColIége , fait son œ^aison à genoux sur le prie-dieu au milieu de la chapelle, et, précédé des mêmes dignitaires qui l'ont accompagné, il revient dans la salle des Parements pour déposer ses habits sacrés , et rentrer ensuite dans ses appartements.

Promotion des Évèq&es an rang d'Ivéqnes assistants an trône.

C'est pendant la célébration des Chapelles que le Pape est dans l'usage de désigner les Prélats qu'il vent élever an rang d'Évéque assistant au trdnè (30), institution que nous devons à Jules III. Après l'épitre et l'évangile ^ ou tandis qu'on chante le Credo, le Maître des cérémonies se rend au banc des Évèqoes pour annoncer^ au nom du Pape^ au Prélat que Sa Sainteté l'a promu au rang d'Évèque assistant. Le Prélat se lève^ se rend devant l'autel , oà il fait une première génufleiion ; se tourne yers le Pape^ devant lequel il en fait une autre^ et arrive au banc de ces dignitaires ^ où il prend la dernière place. Cette distinction pontiâcale est suivie de l'envoi du bref qui confère à l'Évèque désigné la dignité d'assistant Le Pape donne également ce titre à des Évèques qui ne sont point présents en Chapelle , et auxquels il envoie le bref; ils se rendent sans aucune cérémonie au banc qui leur est réservé. Il faut indiquer ici qu'en l'absence de Sa Sainteté^ ces Prélats se placent en Chapelle parmi les Évèques non assistants, dans l'ordre de leur promotion à l'épiscopat Si le Pape ne peut se rendre à la fonction, le Prince assis* tant et les magistrats romains ne sont pas tenus d'y parattrer Le premiei^ Maitre des cérén^onies demande aux Cardinaux chefs d'ordre^ réunis en Chapelle, la permission de commencer la messe, qu'on célèbre en l'absence du Pape comme les messes épiscopales ordinaires. Le Prédicateur doit, après les^mon, annoncer l'indulgence accordée par Sa Sainteté, que le Célébrant promulgue après la messe. Quant aux autres fonctionnaires que nous avons fait connaître, notamment les Prélats romains, ib sont tenus d'assister à la célébration des Chapelles , alors que le Pape en est empêché, ou qu'il est même absent de Rome.

Vépftt ea Glnpelle papale.

Le chant des vêpres '^ àam les palais apostoliques est précédé des mêmes cérémoQies que les Chapelles papales où Ton célèbre la messe. Les dignitaires de la cour romaine arrivent au Vatican en carrosse , accompagnés de leurs serviteurs ^ comme nous Favons déjà fait connaître. Sa Sainteté se rend de ses appartements dans la salle des Parements , et de là en Chapelle , précédée et suivie du même cort^e.

Le souverain Pontife, revêtu de la faida, de Faube et de la chape, portant la mitre d'or, entre dans la Chapelle par la porte ordinaire, et bénit le Sacré-Collége. Après une courte oraison sur son prie-dieu, il monte au trône, reçoit Tobédience des Cardinaux; il se lève ensuite, et, récitant tout bas le Pater et ÏÀw^ il entonne quelques instants après les vêpres par le Deus^ in adjutoriumy assisté de deux Cardinaux-Diacres, des Patriarches et Ëvêques assistants, dont l'un tient le livre et l'autre la bou« gie* Une haute-contre entonne la première antienne, que le chœur doit continuer en contre-point. Après le psaume, le premier Cardinal-Prêtre va s'asseoir ^ur le paUer du trâne^ le man* teau déplié , la barrette à la main.

A la fin du dernier psaume, et après qu'on a répliqué Fantienne, une haute-contre faisant deux génuflexions. Tune à l'autel, l'autre au Pape, qui se lève alors de son fauteuil, récite le capitule. Sa Sainteté se rasseyant, deux hautes-contre» entonnent l'hymne, après laquelle elles chantent le verset et entoih nent le Magnificat ^ quand le Doyen des chantres a commencé Tantienne, pendant laquelle le Pape a béni l'encens. Aux première» paroles du Magnificat , le Pontife se lève, fait sur lui le signe de la croix, descend du trône,, bénit les Cardinaux, et va encenser l'autel, sur lequel deux Auditeurs de rote et un Maître

* k Rome , les premières vêpres sont les plus solennelles , et ce sont les seules auxquelles , en général , assiste le Pape , soit dans les palais apostoliques , soit dans les basiliques. C^- du T,J

(70 des céréraoDies ont étendu une surnappe. Les deux Cardinaux- Diacres soutiennent les bords de la chape du Pontife; deux Auditeurs de rote et deux Camériers, la falda. Arrivé au pied de Fautel , le Pape, qui reçoit l'encensoir du premier Cardinal-Prètre, encense la croix et Fautel en récitant le Magnificat; il rend ensuite Tencensoir au même Cardinal, revient au milieu deTautel^ où il dit le Gloria Patri^ et reprend la mitre des mains du second Cardinal-Diacre.

Le Pontife remonte sur son trône, où il est encensé par le premier Cardinal-Prètre , qui, reprenant ensuite sa place devant le Pape, reçoit lui-même Tencensd'un Votant ^e signature, accompagné d'un Hattre des cérémonies ; le même Prélat l'offre ensuite aux deux Cardinaux-Diacres et à tous les membres du Sacré- Coll^e. Le Maitre des cérémonies prévient les Cardinaux de Fheure à laquelle doit se tenir la Chapelle papale du lendemain , comme nous l'avons déjà dit précédemment. Les Chantres ne doivent commencer le Gloria Patri que lorsque les Cardinaux- Evèques et Prêtres ont été encensés, afin que le prélat Votant puisse s'arrêter au milieu de la chapelle , et y faire une inclination profonde, avant d'aller encenser les Cardinaux-Diacres. On réplique l'antienne du Magnifierai pendant que le même Prélat encense les Evêques assistants , le Gouverneur et le Prince assistant Quand l'antienne est terminée, le Pape se lève de son fauteuil, et, sans mitre, il récite l'oraison; deux hautes-contres chantent le Benedicamus , auquel le chœur répond. Sa Sainteté entonne le Sit nomen Domini^ etc. , et donne ensuite la bénédiction à toute l'assistance; reprenant la mitre des mains du Cardinal-Diacre, elle descend du trône, et, après une courte prière sur le prie-dieu, elle revient, précédée du cortège ordinaire, dans )a salle des Parements.

Si le Pape n'assiste point aux premières vêpres chantées en Chapelle, c'est le Cardinal qui doit célébrer la messe le lendemain, qui tient l'dfice.

Le cérémonial de ces Chapelles, que nous venons de décrire^

(74) servira de règle à toutes les Chapelles papales de même espèce, tenues pendant l'année aux époques déterminées^ et pour lesquelles nous indiquerons seulement les différences essaitielies à connaître^ ou les faits divers qui peuvent ifj rattacher.

Quand un Cardinal de l'ordre des Prêtres chante pour la première fois la messe en Chapelle papale^ il donne 59 écus et 2S baïoques ( 320 fr. y valeur française ). Cette somme est distribuée aux divers officiers de la Chapelle. Ces mêmes officiers ont droit à une rétribution semblable quand les Cardinaux de l'ordre des Prêtres passent dans celui des Évêques^ et chantent pour la jH-emière fois la messe en Chapelle. Il a été d'usage^ jusqifaa commencement de ce siècle^ que^ lorsqu'un Cardinal rentrait dans son palais^ après avoir chanté la messe en Chapelle papale^ il trouvait dans ses antichambres un Massier pontifical^ et uo Familier^ ou serviteur des palais apostoliques^ qui lui présentait une tourte ( crostata o toria ) ; le premier lui disait : (c Notre Sei^ » gneur apostolique vous envoie la gêteau ordinaire, pro missâ y> bene cantàtà )). L'Éminence donnait un écn d'or au Massier et l'étrenne au Familier.

Les Archevêques et Ëvêques assistants ou trdne pontifical donnent aux officiers de la Chapelle, quand ils chantent la première messe, la somme de 52 écus et 45 ba'ibques (283 fr. 30 c. ) S'ils sont promus au rang des Patriarches, ils paient, pour la même occasion , la somme que donnent les Cardinaux euxmêmes.

Le prélat Sacristain envoie, quelques jours avant la tenue des Chapelles , aux Évêques et Cardinaux désignés pour chanter la messe , le missel dont ils doivent se servir h l'autel ; ib paient chaque fois 5 pauls (2 fr. 50 c.) pour les burettes {per le an^ polline). Le Pape seul se sert, dans les Chapelles où il célèbre, d'un pupitre ou porte-missel j les Cardinaux et les Évêques ont, pour soutenir le livre , un coussin de la couleur du rit. Le missel et le livre des épttres et des évangiles sont couverts d'une étoffe de même couleur; elle est tissée de soie et d'or dans les grandes fêtes.

Ces divers Prélats font apporter de leur palais leurs ornements et leur argenterie ; la sacristie pontificale supplée à ce qui pourrait manquer.-

On yerra plus tard dans la description des Chapelles, suivant Tordre successif des fêtes de l'année^ celles où les Cardinaux- Éyècpies et les Cardinaux-Prêtres sont tour à tour appelés à célébrer^ de même que les Patriarches et Ëvèques assistants au trône. Le Pape^ dans le cours de Tannée, câlèbre trois messes pontificales en Chapelle (Pâques, saint Pierre, Noël); les Cardinaux trente-trois, et tes Patriarches et Ëvèques assistants, sept. Les Cardinaux créatures du dernier Pape décédé, c'est-à-dh«y qui lui doivent la pourpre, célèbrent aux anniversaires de son avénanent au pontificat et de sa mort. Les Cardinaux archiprètres des basiliques patriarcales , célèbrent aux Chapelles des fêtes de la Chaire de saint Pierre à Rome, de saint Jean et de FÂssomption, dans les basiliques Vaticane, Latérane et Libérienne; le Camerlingue de la sainte Église, aux anniversaires des derniers Papes décédés , et tient l'office de la nuit de Noël ; le Carr dinal Grand-Pénitencier, le jour des Cendres , le Vendredi saint , le 2 Novembre ; le Doyen du Sacré-Collége, le Jeudi saint et le jeudi du Corpus Dominiy à moins que le souverain Pontife ne veuille lui-même dire une messe basse avant la procession. En général^ ààush&foniificais solennels, cet éminent dignitaire remplace, au besoin , le Pape absent. Les Cardinaux titulaires chantent la messe en Chapelle le jour de FAnnonciation et de la Nativité de la sainte Vierge; les Cardinaux protecteurs, c'est-à-dire, ceux sous le patronage desquels sont placées certaines églises, tiennent Foffice dans ces églises; comme, par exemple, le jour de saint Charles Borromée, en Chapelle papale tenue dans l'église de ce nom.

On compte cinq offices de matines et neuf vêpres solennelles, en y comprenant les premières vêpres papales de la veille de saint Pierre et de Noël , les seules où le Pape tient aujourd'hui Foffice en personne , dont on verra plus tard le cérémonial.

TenniDond ici Texposé des cérémonies communes am diverses Chapelles papales, en disant qu'on ouvre les deux battants de la porte de la balustrade de la Sixtine y et qu'on tire le grand rideau de la porte d'entrée y quand le Pape bénit Fassistance , après le Confiteor, comme à l'élévation de la messe. Quand il n'y a pas de sermon prêché en Chapelle, le Célébrant, après la bénédiction de Sa Sainteté, tout comme en l'absence du Pape, lit h formule d'indulgence que nous avons rapportée.

Avant de faire connaître en particulier ces diverses Chapelles dans l'ordre des fêtes de l'année , nous devons décrire les Chapelles extraordinaires qui se tiennent à des époques indéterminées : dans la première , le Cardinal élu Pape , appelé ainsi au trdne, reçoit l'onction sacrée, s'il n'est pas évéque, et la triple couronne ; il tient ainsi lui-même sa première Chapelle papale.

Les Chapelles extraordinaires sont l'objet de la seconde partîa de ce livre.

SECONDE PARTIE

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