‹ Histoire des Chevaliers de MalteChapitre 2 sur 25 · EP8H · texte numérisé non relu

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naissance pour ses services que le pape Anastase IV accorda à l'Ordre de nouveaux privilèges, et qu'il confirma les anciens, comme on peut le voir dans la bulle de ce pontife adressée au même Raymond.

Cependant ces guerriers, si tiers et si terribles dans les combats , devenaient d'autres bommes quand ils rentraient dans leur couvent. A peine avaient-ils quitté les armes , qu'ils reprenaient avec l'habit régulier tous les exercices de leur première profession. Les uns s'attachaient au service des malades, d'autres étaient occupés à recevoir des pèlerins; ceux-ci nettoyaient leurs armes, eu raccommodaient eux-mêmes les barnais de leurs chevaux-, et tous, dans ces différents emplois, conservaient un religieux silence et une espèce de recueillement , comme auraient pu faire des solitaires et des anachorètes : nouveau genre de vie bien rare et inconnu jusque alors , où , sans être ni entièrement attachés au cloître, ni aussi engagés dans le siècle, ils pratiquaient successivement toutes les vertus de deux états si opposés.

(1160) Comme nous n'avons pas entrepris d'écrire l'histoire du royaume chrétien *en Orient, mais bien seulement ce qui se rattache à l'histoire de l'Ordre des chevaliers Hospitaliers, nous passerons sous silence un grand nombre d'actions auxquelles ils prirent une part glorieuse. Nous citerons seulement une grande bataille que les chrétiens livrèrent pour faire lever le siège d'un château appelé Sucte ou ils avaient fortifié avec soin cette place,

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située dans le détroit des montagnes, et qui ouvrait une entrée facile dans la place de Damas. Ce combat fut un des plus furieux que l'on puisse citer; après des efforts inouïs, les chrétiens eurent l'avantage, et plus de six mille infidèles mordirent la poussière.

On ignore si le grand maître des Hospitaliers se trouva dans ce combat. Apparemment que son âge, de plus de quatre-vingts ans, l'en dispensa. Ce vénérable vieillard, couvert de blessures, accablé du poids des années, s'était relire dans la maison hospitalière de Saint- Jean de Jérusalem. Là, ce véritable soldat de Jésus -Christ se préparait a ce grand jour si redoutable même aux plus saints religieux. Ainsi finit ses jours, dans les bras de ses frères, Raymond Dtipuy, le premier des grands maîtres militaires, bien plus grand par une solide piété et par sa rare valeur que par sa dignité , et tel qu'on peut le comparer en même temps , et aux plus saints fondateurs des Ordres réguliers, et aux plus grands capitaines de son siècle. Les Hospitaliers et même tous les chrétiens latins de l'Orient, témoins de ses vertus, par une canonisation anticipée, le révérèrent comme un bienheureux, titre que la postérité" lui a confirmé.

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