LIVRE IV
Chapitre général tenu à Limisso. — L'Ordre arme des vaisseaux. — Les Hospitaliers rentrent dans la Terre- Sainte, et sont forcés de l'abandonner de nouveau. — Conquête de Rhodes. — Extinction de l'ordre des Templiers.
Les Hospitaliers qui s'étaient réfugiés dans l'île de Chypre , incertains de leur destinée, sans biens, sans maisons, dépouillés de tout, et la plupart couverts de blessures, se regardaient dans celte terre étrangère comme dans un exil : tous se reprochaient d'avoir survécu à leurs confrères.
Le grand maître, pour éviter l'entière extinction de son Ordre dans le Levant, lit une citation générale pour rappeler auprès de lui les Hospitaliers qui étaient dispersés dans la plupart des provinces de la chrétienté. Ils avaient ordre de se rendre à Limisso, où ce grand maître, par la même citation,
avait convoqué un chapitre général pour y délibérer, dans une si triste conjoncture , sur le parti que la Religion devait prendre au sujet de son établissement.
A peine ces ordres furent-ils arrivés en Europe, qu'on vit tous les chevaliers en mouvement : tous quittèrent avec zèle leur patrie, leurs commanderies ou les maisons de leurs parents-, nulle excuse sur le défaut d'argent ou de santé, personne n'eut recours à ces indignes prétextes.. Les vieux comme les jeunes accoururent le long des côles de la mer; et malgré l'éloignement des lieux d'où ils parlaient on les vit arriver bientôt les uns après les autres dans les ports de Chypre.
Depuis la fondation de l'Ordre, on n'avait point encore vu une assemblée composée d'un si grand nombre de chevaliers de différentes nations : tout l'Ordre était passé, pour ainsi dire, dans l'île de Chypre. Tous montraient une grande impatience de se venger des Sarrasins; mais comme il fallait donner une forme constante à ce nouvel établissement avant de recommencer la guerre, on examina d'abord dans quel endroit l'Ordre lixerait sa résidence.
Nous avons dit que le roi de Chypre leur avait assigné pour retraite Limisso, ancienne ville décorée d'un titre épiscopal, et située au côté méridional de l'île. Mais des corsaires arabes et sarrasins l'avaient ruinée depuis longtemps. Ce n'étau plus alors qu'un grand bourg ouvert de tous côtés; on voyait seule-
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ment au milieu un château assez fortifié classez garni d'artillerie pour empêcher l'abord et les descentes des corsaires. Quelques chevaliers, qui s'y trouvaient un peu trop à l'étroit, proposaient qu'on se retirât dans quelque port de l'Italie; mais le grand maître et les premiers de l'Ordre rejetèrent cet avis avec indignation. 11 fut arrêté qu'on armerait incessamment les vaisseaux de l'Ordre qui avaient passé les chevaliers, soit de la Palestine soit de l'Europe dans l'ile de Chypre; qu'ils s'en serviraient pour escorter les pèlerins, qui, nonobstant la perte de Jérusalem, ne laissaient pas de visiter les lieux saints, comme cela se pratiquait avant la première croisade, en payant aux infidèles le tribut ordinaire qu'ils exigeaient à l'entrée de cette ville.
On ne fut pas longtemps sans voir sortir de différents ports de l'île plusieurs petits bâtiments de différentes grandeurs , qui, dans les temps de passage, c'est-à-dire vers la tin des mois de mars et d'août, s'avançaient le long des côtes de l'Europe pour y recueillir les pèlerins, et qui, par le même esprit de charité , les ramenaient dans leur patrie. Des corsaires infidèles, accoutumés à faire leur proie ordinaire de ces pèlerins, tombèrent sur ces premiers vaisseaux de la Religion; mais ils trouvèrent des défenseurs dont ils n'avaient pas encore éprouvé la valeur et la résistance. Plusieurs de ces armateurs furent enlevés par les Hospitaliers, qui revenaient souvent en Chypre avec des prises considérables. Ils s'attachaient surtout aux vaisseaux du Soudan
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d'Egypte, l'ennemi déclaré des Hospitaliers. Ces prises augmentèrent insensiblement les armements de l'Ordre ; on bâtit depuis des galères , on construisit quelques vaisseaux ; bientôt il sortit des escadres considérables des ports de Chypre, et le pavillon de Saint- Jean à la (in se fit respecter dans toutes ces mers. Melcch-Seraph , irrité des prises que les Hospitaliers faisaient sur ses sujets, et de voir renaître, pour ainsi dire , un Ordre qu'il croyait avoir entièrement détruit, résolut d'en poursuivre les restes jusque dans l'île de Chypre, et de les en chasser. Il arma une puissante flotte chargée de troupes de débarquement-, mais des guerres civiles, qui survinrent dans ses États, l'y retinrent malgré lui, et la mort de ce prince, qui fut tué dans une bataille qu'il perdit contre les rebelles, délivra les Hospitaliers et les Templiers des périls d'un siège dans une place ouverte de tous côtés.
Le grand maître, pour prévenir de pareils desseins de la part de Melech-Nazer, successeur de Seraph, demanda au roi de Chypre la permission de fortifier Limisso, et il l'obtint sans peine d'un prince à qui rien ne coûtait que l'argent. Les Hospitaliers employèrent ce qu'ils en avaient pour élever du côté de la mer quelques bastions de terre. Le grand maître travailla ensuite au rétablissement de la discipline régulière, que l'exercice continuel des armes, les combats, les courses, et même le pillage et le butin , avaient fort affaiblie.
La plupart des chevaliers, enrichis des prises
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qu'ils faisaient sur les infidèles, au lieu d'en porter le produit dans le trésor de l'Ordre, suivant leur devoir, employaient souvent dans le luxe ces biens qu'ils s'appropriaient.
Pour réformer ces abus , on tint deux chapitres généraux. Il fut défendu à tout Hospitalier militaire d'avoir plus de trois chevaux de service pour sa personne, ni d'en monter qui eussent des harnais enrichis d'or ou d'argent.
Jean de Villiers étant mort, les Hospitaliers mirent en sa place Odon de Pins , de la langue de Provence, originaire d'une maison illustre.
Le pape l'ayant appelé à Rome, à la suite des murmures de ses chevaliers , qui se plaignaient qu'il négligeât trop les armements, il mourut en chemin.
(1298) Les Hospitaliers lui donnèrent pour successeur frère Guillaume de Villaret, de la langue de Provence, grand prieur de Saint-Gilles, et qui était actuellement dans son prieuré.
Il ne se pressa point de partir pour l'île de Chypre ; il voulut visiter par lui-même tous les prieurés des langues de Provence, d'Auvergne et de France, et par de si dignes soins il rétablit la discipline régulière.
Le grand maître se rendit ensuite à Limisso, où il conclut une ligue avec Gazan , khan des Tarlares.
Les Hospitaliers, qui, dans cette ligue, n'avaient pour objet que de chasser les infidèles de la Terre- Sainte, y rentrèrent sans obstacle à la tête d'un corps de cavalerie que Gazan leur donna pour les sou-
tenir. Ils trouvèrent le pays ouvert, les villes, ou pour mieux dire de simples bourgades, sans fortilications, Jérusalem sans murailles et sans habitants chrétiens-, personne en apparence qui s'opposât à leurs conquêtes : mais ce qui en causait la facilité produisit dans la suite l'impossibilité de s'y maintenir.
Les Hospitaliers, charmés d'avoir pu pénétrer jusque dans la ville sainte, songeaient, pour s'y maintenir, à en relever les murailles. Mais le khan des Tartares, ayant été obligé de repasser l'Euphrate, de rentrer en Perse et de marcher contre des rebelles qui s'étaient prévalus de son absence, rappela de la Palestine toutes les troupes qu'il avait soumises aux ordres des Hospitaliers; et après leur retraite il n'y eut pas moyen, avec les seules forces de la Religion , de tenir la campagne contre les armées des Sarrasins. En effet, leur Soudan rentra aussiiôt dans la Palestine, et au bruit de sa marche à la tête d'un puissant corps de troupes, et sur les nouvelles qu'il s'avançait droit vers Jérusalem, les Hospitaliers, qui y étaient entrés en conquérants, lurent obligés d'en sortir presqu'en pèlerins.
Les Hospitaliers, rebutés des mauvais traitements qu'ils recevaient du roi de Chypre et de la dureté de sa domination ; se voyant d'ailleurs comme relégnés dans un bourg, et sans un port nécessaire à leurs armements , étaient convenus d'abandonner un séjour si incommode, dans le dessein de se rendre
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maîtres , dans le voisinage de la Terre-Sainte , de quelque île où l'Ordre, sans avoir à répondre qu'à ses supérieurs, pût aller à la mer et remplir les obligations et les devoirs de son état.
Le grand maître, l'esprit rempli d'un aussi grand dessein , et qu'il tenait fort seeret, jeta les yeux sur l'île de Rhodes , peu éloignée de la Palestine, et qui avait un port exeellent. Celte île, de la dépendance de l'empire deConslanlinople, aétait sentie, comme la plupart de celles de l'Archipel, de la révolution arrivée dans celte capitale par la conquête qu'en avaient faite les Fiançais et les Vénitiens.
Après plusieurs révolutions , les seigneurs de Gualla, gouverneurs de Rhodes, s'étaient érigés insensiblement en souverains de cette île.
Après que le grand maîlre eut côtoyé l'île, reconnu ses ports et ses forteresses, et qu'il se fut instruit du nombre de ses habitants, il se disposait, après cette expédition , à partir pour aller rendre compte au pape du projet qu'il méditait, et pour tâcher d'obtenir de ce pontife et des princes d'Occident les secours nécessaires pour celte entreprise; mais il fut arrêté par une longue maladie, qui se termina par sa mort.
(1308) Le chapitre, persuadé que Foulques de Villarel, son frère, n'ignorait rien de ses desseins les plus secrets, et que par sa valeur il était trèscapable de les faire réussir, jugea à propos de le nommer pour son successeur, (le ^rand maîlre ne se vit pas plutôt revêtu de cette dignité, qu'il s'em-
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barqua sur les galères de son Ordre , et passa en France pour y conférer avec le pape et le roi touchant l'entreprise de Rhodes , dont le dernier grand maître lui avait confié le dessein.
11 y avait plus d'un an que Jacques de Molay, d'une maison illustre dans le comté de Bourgogne, et grand maître de l'ordre des Templiers, pour satisfaire aux ordres du pape, s'était rendu dans la ville de Poitiers, où était alors la cour de Rome.
Aussitôt après son arrivée, Villaret tit demander une audience secrète au roi et au pape; il leur fit part du projet de l'entreprise sur l'île de Rhodes, en leur faisant remarquer toute l'importance de ce point, qui deviendrait un entrepôt pour toutes les croisades et pour toutes les flottes chrétiennes qui passeraient en Orient; mais il ajouta que les forces de son Ordre n'étaient pas suffisantes pour une si haute entreprise, et qu'il ne s'y engagerait pas s'il n'étaitassuré du secours du père commun des fidèles, et de celui du plus puissant roi de l'Europe. Le pape et le roi promirent de grands secours , et le pape avança à l'Ordre une somme importante de ses propres deniers , pour lever des troupes. Afin de mieux cacher le secret de cette entreprise, on publia une croisade générale pour la Terre-Sainte, et le rendezvous fut fixé dans le port de Brindes, à l'extrémité du royaume de Naples. Il y vint tant de pèlerins , <pie les chevaliers de Saint-Jean , pour ne pas s'embarrasser d'une foule inutile, choisirent seulement les plus nobles et les mieux armés. La flotte chré-
tienne aborda d'abord au port de Lirnisso en Chypre, embarqua les chevaliers qui s'y trouvaient, puis reprit la mer, et le grand maître fit débarquer à Rhodes, sans y trouver une grande résistance, ses troupes, ses vivres et ses machines de guerre.
11 eut ensuite à soutenir un grand nombre de combats avec des chances diverses; l'empereur grec avait envoyé de puissants secours aux gouverneurs de Rhodes, et les Sarrasins y débarquèrent aussi des troupes.
Celte guerre dura quatre ans, et comme chaque jour l'armée chrétienne se trouvait diminuée par le départ successif des croisés, elle se trouva bientôt réduite aux forces de l'Ordre. Le grand maître, qui assiégeait Rhodes, était lui-même assiégé par les Grecs et les Sarrasins, qui lui fermaient les passages pour recevoir les vivres ou pour aller au fourrage ; à force d'habileté et de courage, Villaret para à tout.
Il emprunta des banquiers de Florence des sommes considérables, et avec ce secours et l'argent qu'il tira des commanderies d'au delà de la mer, il leva de nouvelles troupes, paya les anciennes, et, après les avoir laissées se rafraîchir pendant quelques jours , déterminé à vaincre ou à mourir, il sortit de ses retranchements, marcha droit aux ennemis, et leur présenta la bataille.
De part et d'autre, il y eut beaucoup de sang répandu; le grand maître y perdit §es plus braves chevaliers; mais les Grecs et les infidèles, ne pou-
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vant résister à une valeur si opiniâtre, abandonnèrent le champ de bataille; et plusieurs Sarrasins, désespérant de résister aux Latins, gagnèrent le bord de la mer, s'embarquèrent et portèrent les premiers dans les îles de l'Archipel, et le long des côtes de la Lycie , les nouvelles de leur défaite.
Le grand maître continua le siège avec une nouvelle ardeur. Après qu'il eut gagné les principales fortifications de la place, les chevaliers, à la tête des troupes, montèrent à l'assaut, et malgré une grêle de flèches et de pierres que les assiégés lançaient contre les assaillants, le grand maître vit ses étendards arborés sur le haut de la brèche et ses chevaliers maîtres de la place. Les autres forteresses subirent la même destinée: toute l'île se soumit à la domination des Hospitaliers; et pour monument éternel d'un» conquête si utile à la chrétienté, et si glorieuse à i'ordre de Saint-Jean, toutes les nations, de concert, donnèrent à ces Hospitaliers le nom de chevaliers de Rhodes.
Les premiers soins de"VilIaret furent de rétablir les murailles et les fortifications de la ville de Rhodes, qu'il avait ruinées pendant le siège : il fit ensuite entrer tous les vaisseaux 'de la Religion dans le port; on les arma aussitôt, et on les chargea de troupes el de munitions de guerre et de bouche : le grand maître monta lui-même la flotte et mit à la voile. De toutes les conquêtes que les anciens Rhodiens avaient faites, ou des colonies qu'jls avaient établies en différentes contrées, il n'était resté
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jusque alors dans leur dépendance et sous leur domination que huit ou neuf petites îles voisines , ou, pour mieux dire, des rochers et des écueils, qu'on appela en ce temps-là les îles des Rhodiens: telles étaient les îles de Nisara, de Leros, de Calamo, d'Episcopia, de Calchi , de Simia, de Tilo et de Cos ou Lango. Il n'en coûta au grand maître, pour y faire reconnaître son autorité, que de se présenter devant ces îles.
Le grand maître, après avoir établi son autorité et un bon ordre dans toutes ces îles, revint avec joie à celle de Rhodes. Il espérait y goûter dans un doux repos les premiers fruits de sa victoire , lorsqu'il se vit allaqué par un ennemi redoutable, et qui lui fut suscité par les corsaires et les autres mahomélans, qui, de concert avec les habitants grecs de l'île de Rhodes, l'avaient défendue contre les chevaliers. Ces infidèles, après leur défaite, avaient gagné les côtes de Lycie , d'où ils se dispersèrent en différents endroits, et une partie se réfugia dans les Étals d'Ottoman , où ils portèrent leurs plaintes et leur misère.
Osman ou Ottoman , lige de empereurs turcs de ce nom, régnait alors dans une partie delaRilhynie, province de l'Asie Mineure. Ce prince prit en main la protection de ces réfugiés, et résolut de chasser les chevaliers de l'île de Rhodes avant qu'ils eussent eu le temps d'y affermir leur domination.
(l310)Ce prince chargeaune floltt» de ses troupes, débarqua dans l'île, s'avança du côté de la capitale
et en forma le siège. A peine le grand maître avaitil eu le temps d'en relever les murailles, et les bastions et les fortifications n'étaient pas encore rétablis. L'expérience fit voir en cette occasion qu'il n'y a point de fortifications plus sûres pour une place de guerre que la valeur et le courage de ceux qui la défendent. Les chevaliers soutinrent plusieurs . assauts. Les Turcs dans ces attaques perdirent beaucoup de monde; et Ottoman, si heureux dans toutes ses entreprises, échoua dans celle-ci , et fut obligé de lever le siège et de se rembarquer.
Le grand maître ne vit pas plutôt les Turcs rembarques, que, pour mettre à l'avenir la ville de Rhodes hors d'insulte, il en fit terrasser les murailles, et y ajouta de nouvelles fortifications. Il donna ensuite tous ses soins à y rétablir le commerce, qui, avant la guerre et même de tout temps, l'avait rendue une des plus florissantes villes de l'Asie.
L'éclat de cette conquête et la nouvelle de la levée de ce siège passèrent bientôt en Occident : ce fut le sujet d'une joie universelle dans tous les Étals chrétiens. Elle fut suivie d'une comparaison qu'on faisait entre les deux Ordres militaires qui n'était pas à l'avantage des Templiers. On disait que les Hospitaliers n'avaient jamais voulu abandonner l'espérance de chasser un jour les infidèles de la Terre- Sainte ; qu'ils étaient restés pour cela dans l'Orient ; que la conquête qu'ils venaient de faire d'une île aussi considérable que celle de Khodes assurait un
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port commode à toutes les croisades; au lieu que les Templiers, par leur retraite précipitée en Europe et dans leurs commanderics , et par la vie molle et délicieuse qu'ils y menaient, semblaient avoir renoncé à leur vocation et laissé pour toujours les saints lieux en proie aux Turcs et aux Sarrasins. Ces discours, qui n'étaient pas dénués de vérité; d'autres encore plus odieux et qu'on répandait sourdement, engagèrent le roi de France à poursuivre l'extinction de cet Ordre.
Nous n'entrerons pas dans le détail du procès dirigé contre les Templiers, et qui se termina en 1312 par l'annulation de l'Ordre, et l'année suivante par le supplice des chevaliers.
On adjugea aux chevaliers de Rhodes tous 1rs biens des Templiers, à l'exception de ceux qui se trouvaient dans les Espagncs, et qui, par une destination particulière, devaient être appliqués à la défense du pays contre les Maures, qui occupaient encore le royaume de Grenade. Toutefois une grande partie de ces biens fut prise par le roi de France, sous prétexte de payer les frais du procès des Templiers, et les Hospitaliers eurent beaucoup de peine à obtenir une petite partie de ces biens, dans ce royaume, ainsi que dans tous les autres pays de la chrétienté.