‹ Histoire des chevaliers Romains considérée dans ses rapports avec les différentes constitutions de RomeChapitre 15 sur 36 · SG · texte numérisé non relu

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HISTOIItE

teurs et l’armée des combattants, quoique tout-à-fait distinctes, avaient des cadres correspondants. Comme dans le tschinn de Russie l * , les grades des deux hiérarchies étaient équivalents. La mesure commune de leur valeur, c’était la fortune inscrite sur les listes du cens d’après lequel on classait les citoyens et les soldats.

« C’est le cens, dit Sénèque, qui élève un homme à » la dignité de sénateur. C’est le cens qui distingue le >> chevalier romain de la plèbe. C’est le cens qui dans » le camp amène les promotions. C’est d’après le * cens qu’on choisit un juge au Forum 3 . » La hiérarchie militaire des Romains et même celle des fonctions publiques doivent donc nous offrir des grades équivalents au rang des iribuni ararii ou des centurions civils. Les tribuni ararii, dans la hiérarchie judiciaire, sont placés entre les chevaliers romains, qui furent appelés juges i/uadringénaires à cause de leur cens de quatre cent mille sesterces 8 , et les juges ducénaires nommés par Auguste. Ils étaient donc des irecenarii comme citoyens de la seconde classe et nous devons retrouver un grade de l’armée et un échelon des fonctions publiques qui porte ce nom.

Dans l’armée, le grade de centurion était, en général, inférieur au rang du simple cavalier romain 4 . Mais l’égalité s’établit entre la dignité de chevalier eguo

1 Léouzod Le Duc, Russie contemporaine, administration, S 3,

Paris, 1854. — ’ Sénéque, Controverses, u, éil. Elzevir, 1 619, t.in,

p. 124. Censusin caslris ordinem promoeel. Celle expression con-

vient spécialement à l'avancement des centurions. Cf. Pline le

jeune, i, epist., 14. tin. — 5 * * Inscriptions de Mention, 1048, 4; cl.

Gruter, 431, 7. — M’olybe, vi. 39, n° 12; cola résulte de la com-

paraison des deux soldes. Cf. t. i, p. 182-183.

publico el certains grades élevés. Dès l’an 152 av. J.-C., les tribuns militaires portaient l’anneau d’or, comme la chevalerie sénatoriale des six premières centuries*. En 70 av. J.-C., trois sénateurs ou chevaliers pédaires, nommés sénateurs par Sylla, sans avoir exercé une charge curule, sont élevés par les comices au rang de tribuns militaires 2 , et, dans la loi Servilia de repelundis, le litre de tribun d’une des quatre premières légions est mis sur le rang des magistratures sénatoriales 3 . César désigne plusieurs fois les tribuns militaires et les préfets de son camp sous le nom de chevaliers romains 4 . Audessous de cette chevalerie sénatoriale, les centurions de primipile acquirent aussi au temps de César le rang équestre, et même, par un abus qui flattait la vanité militaire, le droit de porter l’anneau d’or 5 . Un capitaine gagnait à la fois au prix de son sang la fortune et le titre de chevalier G , Le général accompagnait chaque promotion d’une libéralité qui élevait la fortune du centurion au niveau du grade obtenu. Ces

' Appieil, Du rebus punicis , vm, 104 ; cf. t. i ,r , l. Il, 3, § 2. p. 218, sur l'anneau ti'or. — 1 Cic., /« Kcrr., aet. i, 10. — 1 Lex Servilia. Dans Egger, Lui. serin, vet. reliquat, p. 231. Cf. l'ro Clucnlio, cil. 54. — 4 César, De beltu llallico, ni, 7, 8 el 10. Oc bcllu civili, i, 77. — 6 Ovide, Amours, iii, eleg. 8.

Ecce recens dires parla per ruinera ceusu Præferlur uobis su n g ut ne pus lus eques.

Liera inan us cui nunc sérum mate convenit auront Scuta tulil

Discile qui sapilis nonquw nos sciants inertes Sed trépidas acies et fera castra sequi Proque bono rersu primant deducite pilum.

Cf. Martial, vi, 58. — 6 Ovide, Ibid., s. 54 v Pussidel inventas sanguine miles opes. Cf. Fastes, iv, vers 377.

cadeaux étaient pris, au temps de la République, sur la caisse militaire que les généraux remplissaient avec le produit de la vente du butin '. Sous l’empire, le fisc fut à la fois la caisse militaire et la cassette impériale. Chaque promotion d’un officier faisait de lui un donataire du fisc et un obligé de l’empereur*. L’exemple le plus frappant de ces avancements lucratifs est celui du centurion Scæva, que César fît passer du huitième rang au grade de primipilaire, en lui donnant 200,000 sesterces 8 . Scæva devenait ainsi chevalier romain, c’est-à-dire possesseur d’une fortune de 400,000 sesterces. II faut en conclure que, comme centurion du huitième rang, il en avait déjà possédé 200,000 et qu’il avait été ducémire. César l’avait promu de deux classes à la fois Mais, ordinairement, avant de devenir centurion de primipile, c’est-à-dire chevalier, ou d’être décoré de Yequus publiais, on passait parle grade de centurion trécenaire, comme le montrent plusieurs inscriptions 4 . On a cherché à expliquer ce titre de trécenaire, soit par la

1 Cic., In Verrem, ad. n, lib. ut. 80. — ‘Suétone, Caligula , 38. — ‘César, De bello civili, m, 53. — 4 .Muratori, Inscriptions. p. nlxxiii, n°4 :

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