Judicum dre a riaa reevj nueit
laisser en souffrance pendant un an, les affaires d’une espèce déterminée. Les juridictions des quatre décuries n’étaient plus distinctes, parce que leur composition était identique. Il n’y avait plus, à la lin du règne d’Auguste, que des chevaliers romains dans les quatre décuries, et, plus tard, lorsque Caligula institua la cinquième décurie, ce fut pour alléger le travail des quatre premières *. Cette décurie nouvelle ne se composa, comme les autres, que de chevaliers romains 1 * 3 * 5 .
Pourquoi donc les sénateurs d’un côté, de l’autre les tribuns de la solde et les ducénaires, avaient-ils été dispensés du service judiciaire des décuries, et pourquoi les chevaliers les y avaient-ils remplacés? Les juges des décuries jugèrent les causes politiques et criminelles 3 , dans les tribunaux des enquêtes perpétuelles établis au forum d’Auguste, jusque vers l’an 8 ap. J.-C. Mais, vers cette époque, la juridiction de ces tribunaux disparut, et fut partagée entre le tribunal des centumvirs et le Sénat. Les causes criminelles de vi, de veneficio, de sicariis et pan'icidio furent portées devant le tribunal des centumvirs partagé en quatre sections de 45 juges siégeant à la basilique Julia *. Les causes politiques de majestate, de repetundis, de peculatu, de nmbitu furent portées devant le Sénat, quand l’empereur ne s’en réservait pas
1 Suétone, Vie de Caligula, 16. Pline, II. X., xxxm, 8. — * MalToi, ilusæum Veronense, inscripl Urnes varia-, p. 371, inse.. 4:
C. Melellio C. fit. Pomp. Marcelline eq. H. eq. P. judici r.r v dec.
inter seteclos il rir (J. flam. Dioi Trajani, palruno colleyiorum
omnium, palronu colonie:.
5 Suétone, Auguste, 32. — * V. plus haut, Causes centumvirales. Pline. II. X., xxix, 8.
la décision. Quelquefois même, une simple cause criminelle fut jugée par le Sénat sur un ordre impérial 11 n’y avait plus de raison pour les sénateurs de figurer dans les décuries où l’on prenait les juges, puisque le Sénat lui-même était devenu un tribunal 1 * * 4 .
D’un autre côté, une révolution économique assez brusque, qui suivit la conquête de l'Egypte, et la longue paix du règne d’Auguste, ne laissèrent plus guère que des chevaliers dans la décurie des tribuns de la solde et dans celle des ducénaires. Nous avons montré que les tribuns de la solde étaient les citoyens de la seconde classe, dont la fortune était estimée 300,000 sesterces, et les ducenarii, ceux de la troisième classe, dont le cens était de 200,000 sesterces. Qu’un changement général dans les rapports des valeurs vînt à doubler le prix des propriétés, ceux des tribuns de la solde et des ducénaires, dont la fortune était en immeubles, devaient voir leur cens porté au-dessus de 400,000 sesterces, et par conséquent devenir chevaliers. C’est ce qui arriva. L’Egypte était alors le pays le plus riche du monde. Le trésor de Cléopâtre, apporté à Rome par Octave, après la conquête d’Alexandrie, jeta tant d’argent dans la circulation de l’Italie 3 , que l’intérêt de l’argent baissa de 12 à 4 pour cent 4 , et que le prix des marchandises et des propriétés doubla 5 . Le propriétaire qui, avant la bataille d’Actium, était porté sur la liste du cens au nombre des ducénaircsou des tribuns de la solde, dut, à l’un des re-
1 Suétone. Tibère , 30 : Prœfeclum a lie de vi et de rapinis reum
causant in senalu dicere coegit. cf. Pline le jeune, n, ep. 9, n“
21-23. — ’ Walter, Geschicbte des rœmischen llechts, p. 243. —
x Suétone, Vie d'Octave, 41. — * Dion Cassius, u, 21, éil. Gros,
t. vu, p. 174. — * Orose, vi, 19.
HISTOIIIE
censemenls qui suivirent le triomphe d'Octave, être inscrit parmi les chevaliers romains. Comme la pais du monde sous Auguste soutint et accrut la valeur des biens, on peut dire que, si les deux dernières dêcuries judiciaires finirent, sous son règne, par ne plus compter que des chevaliers parmi leurs membres, ce n’est pas que les tribuns de la solde et les ducénaires en aient été exclus, c’est qu’ils furent élevés par une cause générale à la fortune et à la dignité équestres.
Si l’ordre équestre devenait très-nombreux, à la fin du règne d’Auguste et dans les premières années du règne de Tibère, il était aussi très-mélé. Dion Gassius, et Appien nous parlent d'affranchis, possédant déjà avant la bataille d’Aclium, des fortunes de 200,000 sesterces 1 (50,000 drachmes) ou mémo, dès le temps du second triumvirat, le cens équestre, la fortune de 100,000 drachmes 2 (400,000 sesterces). A plus forte raison y avait-il, sous Auguste et sous Tibère, beaucoup d’anciens esclaves qui avaient la fortune des chevaliers, et qui prétendaient jouir des privilèges et exercer les droits attachés à ce titre. Des hommes libres, qui n’avaient pas le cens équestre, élevaient les mêmes prétentions. Pour bien distinguer l’ordre des chevaliers, du reste du peuple, en l’an 23 ap. J.-C., sous le consulat d’Asinius Pollion et d’Antistius Vêtus, il fut défendu de porter l’anneau d’or à quiconque n’aurait pas la qualité d’ingénu, et le cens de 400,000 sesterces, et ne descendrait pas d’un père et d’un aïeul du côté paternel, ayant possédé la même qualité et la même fortune, avec le droit de s’asseoir en vertu
' DionC., 1 , 10, èd. Gros, t. vu p. 2S-29. — * A|>|iiuii, G. cio., iv, 31. Dion Cnssiiis, xlii, IG.
de la loi Julia, sur les 14 bancs du théâtre réservés aux chevaliers. L’anneau d’or, qui jusque là était une marque ordinaire, mais non pas un signe distinctif de la qualité de chevalier, fut usurpé alors plus que jamais par les affranchis, parce que désormais le port de cet anneau prouvait un titre et conférait un droit. Au temps de la censure de Claude, lechevaliep Flavius Proculus déféra à son tribunal quatre cents faux chevaliers, qui avaient pris illégalement l’anneau d’or '. Claude fit vendre comme esclaves les affranchis coupables de celle usurpation 2 .
C’était alors un principe du gouvernement, (}’exclure les chevaliers provinciaux de la judicature 3 * , comme on excluait les affranchis de l’ordre équestre. Il y avait, depuis Auguste, dans le monde romain près de cinq millions de citoyens Il devait donc se trouver dans les provinces un grand nombre de Romains de la première classe, qui connaissaient mal la langue et le droit de Rome. Aussi Tibère refusait à sa mère Livie l’inscription, qu’elle demandait, d’un citoyen nouveau sur le tableau des juges 5 . Au temps de Sénèque et de Pline, on considérait encore, au moins en principe, un affranchi comme indigne du rang équestre' 1 , et un citoyen nouveau, comme incapable de la judicature 7 .
Mais les chevaliers des quatre décuries se plaignaient que le choix trop restreint des juges rendit leur besogne trop lourde. Les devoirs du jury étaient si cn-
1 Pline, H. A’., xxxm, 8. — * Suétone, Clumle , 2."«. — 1 Pline,