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sénateurs tous ceux qui avaient été vigintivirs. Alors il ne se présenta plus personne, et, pour rassurer les candidats contre le danger de devenir sénateurs, on fut obligé de faire, en l’an 13 av. J. -G., un décret par lequel le viginlivirat fut réservé aux chevaliers. Une devait plus conduire au Sénat que ceux qui obtiendraient ensuite une autre charge. Mais la difGcullé se trouvait déplacée. On eut des candidats aux charges triumvirales, mais on n’en eut pas pour le fribunat. Auguste fut réduit à faire tirer au sort les anciens préteurs de moins de 40 ans, et ceux qui amenèrent les mauvais numéros furent tribuns de la plèbe. Au Sénat, chacun était sénateur malgré lui. Quoique le prudent politique eût restreint cette assemblée à 600 membres, il avait bien de la peine à la réuuir. 11 finit par dispenser les sénateurs de plus de 35 aus d’assister aux séances
11 ne pouvait pas toujours recruter le tribunat par la voie du tirage au sort. Pour encourager les candidats à s’y présenter, il prit, en faveur de cette magistrature, la mesure qu’il avait prise en faveur du vigintivirat. Si les candidats de l’ordre des sénateurs manquaient, il nommait tribuns des chevaliers romains, en leur promettant qu’à l’expiration de leur magistrature, ils pourraient, à leur choix, devenir sénateurs ou rester chevaliers®.
Le régime de Tibère et de Caligula n’était pas fait pour inviter les grands de Rome à entrer au Sénat. Celte assemblée devint la chambre des travaux forcés de la politique. Vcspasien, petit-fils d’un centurion de Réate et fils d'un publicain, refusa longtemps de de-
1 Dion C., liv, 26. — 1 Suétone, Oclape, 4ü.
mander le laticlave. Il serait resté chevalier, sans les instances de sa mère, plus ambitieuse que lui *. Claude, ne pouvant vaincre l’aversion générale de ses sujets pour les affaires publiques, finit par priver de la dignité équestre des chevaliers qui refusaient de devenir sénateurs*.
Qu’on était loin du temps où, les yeux fixés sur Rome, centre de toutes les ambitions, l’aristocratie équestre des municipes disputait à la noblesse de la grande ville les charges curules et les places au Sénat 1 Sans doute, l’ardeur des brigues, la corruption électorale, les luttes souvent sanglantes des comices étaient un emploi fort mauvais de l’activité politique. Mais enfin, c’était la vie. Sous l’Empire, au contraire, tout semblait mort auprès du Palatin. On fuyait le Sénat, parce qu’on y redoutait le contact venimeux des délateurs et la présence du despote, qui glaçait tout de terreur autour de lui. Heureusement, la Rome impériale gardait encore quelques étincelles de son ancien courage militaire.