CHAPITRE XIV
Home, qui étaicnl d’or, furent fondues par Néron (i) ; comment les anciens subsides , payés par l’État aux prêtres et aux vestales, leur furent supprimés; comment enfin, au grand scandale des dévots idolâtres, les biens immenses du clergé païen furent contisqués et vendus par tout l’empire , au proût du trésor public , ce qui fut l’objet des lamentables épîtres du préfet Symmaque à l’empereur Valentinien II !
Dès le milieu du cinquième siècle , les jurandes romaines étaient en pleine désorganisation. Tous ceuit qui en faisaient partie cherchaient à se dérober par la fuite et par l’exil volontaire aux charges accablantes qui pesaient sur elles. Nous avons cité les deux lois de l’année 412 et de l’année 44S, qui ordonnent aux rec^ leurs des provinces de faire saisir et ramener à Rome les membres des corporations fugitifs ; mais quand les institutions ne sont maintenues que par une pareille violence , elles sont vraiment mortes. Les jurandes tombèrent donc pièce à pièce avec l’empire , ou dit moins elles se détachèrent de Rome et de Constantinople , qui avaient été successivement leur centre administratif. Celles qui étaient faibles disparurent complètement ; celles qui étaient riches continuèrent d’exister pour leur propre compte. De ce nombre furent la corporation des boulangers et celle des bateliers. Les débris de cette dernière devinrent , dans tous les
(1) Ullimo templis compluribus dona delraxit, simulacraque ex auro vel argenlo fabricata conflavit; in bis Per natium deorum , quæ mox Galba resljluil. (Suelon. Tranquill. Ncr. Claud. Cæs., cap. xxvi.)
JURANDES ANTIQUES
porls de la Méditerranée et de l’Océan , des noyaux d’associations marchandes ; quelques-uns de ces comptoirs , établis sur les grands fleuves , donnèrent même liea à la fondation de villes devenues célèbres dans la suite; la commune de Paris, qui s’appelle la marchandise de Veau dans les chartes , a été dans l’origine un comptom romain établi dans la Cité (i).
(1) Ceci résulte clairement de Thistoire du commerce primitif de Paris, et de l'inscription suivante trouvée dans les fouilles faites en 1711, sous le chœur de Notre-Dame :
Tiberio Cœsare Aug. Jovi optirno Maxivio monumentum
NAUTÆ PARISIACI Publiée posuerunt.
(Dissert, de M. Le Roi sur l’origine de rhôtel de ville , dans riiist. de Paris de Félibien.)