CHAPITRE XV
aod
païennes. Parmi eux se mêlaient les prêtres de Cybèle, qui formaient dans le clergé païen, ou, pour parler plus historiquement, dans le callége des prêtres, une congrégation de religieux mendiants. Minutius Félix les mentionne dans son livre intitulé Octavius (i); Tertullien leur reproche, dans V Apologétique, l’effronlerieavec laquelle ils rôdaient au tour des hôtelleries (i), et Juvénal , qui n'est pas suspect en ces matières , les représente ivres et couchés sous les tables dans les auberges de bas étage , parmi les bravi , les matelots, les voleurs, les esclaves fugitifs, les valets du bourreau et les fabricants de cercueils pour les pompes funèbres de Rome (5).
Les choses restèrent en cet état , c'est-à-dire les pauvres, encore peu nombreux, n’eurent aucun hôpital où se réfugier durant les premiers siècles de l’ère vulgaire (a). Les chrétiens multipliaient bien les aumônes
(1) Mendicantes vicatim deos ducunt. ( Minuc. Felic. Octav. , cap. 24.) Tertullien rend le même témoignage : « Non enim sufficimus... diis vestris mendicantibus opem ferre. >» (Apologet., cap. 42.)
(2) Majestas quæstuaria efficitur, circuit cauponasreligio mendicans. (Tertull., Apologet., cap. xiii.)
(?) Permixtum nautis et furibus ac fugilivis.
Inter carnifices et fabros sandapilarum.
Et resupinati cessantia tympana Galli.
(Juven., Satir. viii, v. 173, 174, 175.)
(4) Il est sans exemple, dans toute l’antiquité, qu’on ait jamais établi quelque part un lieu de refuge pour les pauvres. Thucydide mentionne , dans l’histoire de la guerre du Péloponèse, une sorte d'hospice bâli près du temple de
LES MENDIANTS
et nourrissaient les nécessiteux de leur bien ; mais ils n’étaient pas encore les maîtres, ils n’étaient pas encore les plus nombreux, ils ne pouvaient pas agir collectivement, publiquement, légalement, mais seulement un à un , isolés , chacun pour son compte. De son côté le clergé païen, qui avait d’immenses richesses territoriales, lesquelles provenaient d'abord des dotations perpétuelles payées par le trésor , et dont l’institution légale remonmit, pour l’empire romain, à Numa , ensuite , des héritages et des legs innombrables qu’il recueillait, n’eut jamais l’idée d’organiser un service quelconque de charité publique ; et lorsque vers la fin du quatrième siècle , Symmaque adressait à Valentinien II , à Théodose et à Arcadius ces deux lettres célèbres sur le culte du paganisme qui tombait en ruines (i), dans lesquelles il se plaints! amèrement de ce que les empereurs avaient confisqué les biens des prêtres et des vestales , saint Ambroise , dans la première de ses deux réponses à Symmaque , adressées à /
Junon à Mégare; m^>s cet hospice, bien que les lits eq fussent consacrés à la déesse, n'élail autre chose qu’une auberge: wxoJéjavjïav npbi tw 'Hpat'w xxTixyùyiov Stxy.oaicav ■xoâûv, 7tavT«X^ xiixiw ocxiî/jtaTa îxov jtirwôsv xai xvotdsv,... x).lv«s x«T«axgvxff«vT£S, àvéôeaav r^"Hpcç,.. (Thucyd.,lib. III, cap. 68.) /
(1) Hoc miseriores (sacerdotes) sunt, quibus subsidia vêlera decepla sunt... Agros etiam, virginibus et minislris deficienlium volunlale legalos, fiscus retentât. Oro vos, justitiæ sacerdotes (Valentinian., Theod. et Arcad.), ut urbis vestræ sacris reddatur privata successio. (Symmach^ epistül. lib. X, epist. uv.)